Un hiver aux Caraïbes
La transat de Kookaburra en chiffres ? 2 200 miles parcourus, 188 poissons volants échoués sur le pont, 68 quarts de nuits effectués, 26 h de navigation au moteur, 25 bières descendues, 17 jours de mer, 4 empannages assurés, 5 grains tombés sur la tête, 3 bancs de dauphins croisés et… 0 poisson pêché ! L’équipage a touché terre aux Saintes en Guadeloupe. Arrivés au petit matin dans une baie idyllique, Pierre et Sylvie sont heureux de cette belle traversée et de cette aventure commencée en juillet dernier depuis le bassin d’Arcachon. Et on peut dire qu’ils profitent pleinement de leur catamaran pour explorer les îles de la mer des Caraïbes ! Derniers moments avant la Colombie, puis la traversée du canal de Panama…
1
/
1
Publié le
02/04/2026
Par
Mary Nicholas
Numéro :
236
Parution :
Avr.
/
Mai.
2026
Où : océan Atlantique
Multicoque : Venezia 42
Blog : www.polarsteps.com/PierreGry/11465680-kookaburra-met-les-voiles
Authentique, rurale, cette île nous a tous charmés par ses plages, sa douceur de vivre et la gentillesse des habitants. Marie-Galante se résume à trois petits bourgs, 10 000 habitants, sans oublier ses champs de canne à sucre, qui produit de l’excellent rhum... Nous découvrons l’îlet Cabri, l’anse du Pain de Sucre, la plage de Pompierre – autant de sites, de petites randos et de mouillages tels qu’on peut les rêver, et sans trop de monde !
Kookaburra a fait plusieurs séjours dans la baie de Pointe-à-Pitre (à quai, au corps-mort ou à l’ancre, tout était sympa !).
Un bon point de départ pour visiter la luxuriante Basse-Terre et l’autre aile du papillon, Grande-Terre. Les équipiers qui nous rejoignent se succèdent jusqu’au
9 décembre... Puis il est temps de se mettre en pause tous les deux, Sylvie et moi, à Pointe-à-Pitre. Nous y avons découvert les chanté nwel, une tradition très courue pendant les fêtes pour chanter des cantiques religieux de Noël sur de la musique antillaise.
Quelques jours plus tard, Martinique, nous voilà ! Halte au Marin et séquence nostalgie pour Pierre, qui a adopté Kookaburra ici-même en janvier 2021. La marina est devenue immense, les locations de catamarans innombrables…
Nous fêtons Noël aux Tobago Cays dans les îles Grenadines : tout est bleu, bleu, si bleu ! Nous ne sommes évidemment pas seuls, il y a beaucoup de bateaux, mais nous avons trouvé, ô miracle, une bouée à peu près tranquille. Les fonds marins dévastés par le cyclone Beryl en juillet 2024 se reconstruisent peu à peu. C’est le royaume des tortues et des raies léopard dans des eaux cristallines !
Nous dégustons de délicieuses langoustes grillées sur la plage le 25 au soir, pas mal… Après Noël aux Grenadines, nous nous posons deux semaines en Martinique pour accueillir avec une immense joie et beaucoup d’émotion Claude, maman de Sylvie, 91 ans, et François, le frère de Sylvie, seul visiteur à nous avoir rejoints déjà deux fois dans cette aventure !
Je profite que Kookaburra soit à l’ancre pour faire quelques bricolages indispensables – nettoyage du dessalinisateur, réparations électriques, remplacement de la pompe à eau d’un moteur, etc.
Nous sillonnons la Martinique : visites de distilleries (avec dégustation, bien sûr !), du Musée de la banane (fort intéressant), de Fort-de-France, Saint-Pierre. Au programme également : baignades avec marche dans les belles eaux des plages du sud, découverte des excellents planteurs et de la cuisine créole... Bref, le temps a vite filé.
Après une deuxième escale aux îles Grenadines, nous amarrons Kookaburra à un corps-mort dans le port du Marin en Martinique et partons avec notre nouvel équipage en ferry pour la Dominique. Avec ses montagnes, sa végétation luxuriante et ses belles cascades, l’île regorge de beaux itinéraires. Malheureusement, Kookaburra n’a pas supporté notre absence d’une semaine. Il a rompu ses deux amarres trente minutes avant notre retour au corps-mort, en raison du vent important et de l’usure prématurée des amarres due à un anneau de corps-mort rouillé. Il s’est pris dans la bouée du voilier voisin qui a stoppé sa course ! Pas de dommage, plus de peur que de mal. Nous avons expliqué à Kookaburra que nous ne l’avions pas abandonné et lui avons assuré que nous doublerions les amarres une prochaine fois ! Le moment est ensuite venu pour nous de préparer la prochaine étape, direction la Colombie. Trois jours de navigation tranquilles et de quarts paisibles nous ont conduits, en route directe, vers l’île néerlandaise de Bonaire, qui a un parc marin réputé pour ses fonds. Equipés de nos masques et palmes, sur plusieurs spots, nous avons vu des tortues, des raies, beaucoup de poissons et de beaux coraux. La navigation suivante va nous amener à Cartagena en Colombie.