Cap sur les îles Lau
Lorsque l’on regarde les Fidji sur une carte du monde, on n’aperçoit généralement que les deux îles principales, Viti Levu et Vanua Levu, les seules suffisamment grandes pour être visibles à cette échelle. En réalité, l’archipel compte plus de 300 îles, qui méritent toutes le détour. Mais pour les plaisanciers, il n’est pas toujours simple de les découvrir…
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Publié le
30/07/2026
Par
Graham Shaw
Où : Archipel des Lau, Fidji, Pacifique Sud
Multicoque : Hélia 44
YouTube : @WESail
La plupart des plaisanciers qui transitent dans cette région naviguent vers l’ouest, profitant des alizés et des courants depuis les Tonga, les îles Cook ou encore la Polynésie française. Une fois les formalités d’entrée effectuées aux Fidji, revenir vers les Lau implique donc de remonter contre le vent et le courant, une navigation longue et peu adaptée aux multicoques de croisière modernes.
Existe-t-il une solution ? Warren et Erica en ont trouvé une… plutôt inhabituelle. Après avoir passé l’essentiel de la saison cyclonique du Pacifique dans les îles Yasawa occidentales, à proximité d’un abri de Viti Levu, où ils pouvaient rapidement rejoindre un abri si nécessaire, une dépression tropicale s’est intensifiée entre les Fidji et le Vanuatu pour devenir le cyclone Vaianu. Dès les premières alertes, l’équipage de Va rejoint la marina de Vuda afin d’y affronter la tempête. Grâce à une préparation minutieuse et au travail des équipes de la marina, leur Hélia 44 sort indemne du passage du cyclone.
Mais, une fois le cyclone dissipé, une opportunité inattendue se présente. Alors que les alizés soufflent presque toute l’année d’est en ouest, les vents générés par un cyclone tournent dans toutes les directions. A l’arrière d’un système descendant vers le sud, ils deviennent temporairement... d’ouest. Exactement ce qu’il faut pour rejoindre les îles Lau !
Profitant de cette fenêtre météo inhabituelle, Warren et Erica mettent aussitôt les voiles. Malgré une mer encore formée par la houle résiduelle, ils effectuent toute la traversée avec un vent de travers arrière et en profitent même pour remplir le congélateur grâce à un gros thon pêché en route.
Leur première escale les conduit à Fulaga, une île spectaculaire ceinturée d’un récif corallien. Après avoir franchi la passe et mouillé l’ancre, ils rejoignent le village pour participer à la traditionnelle cérémonie du sevusevu, durant laquelle ils offrent une racine de kava au chef de la communauté avant d’être officiellement accueillis sur l’île. Et quel accueil ! Comme dans d’autres régions isolées du Pacifique, le couple est rapidement « adopté » par une famille du village. Leur hôte enseigne à l’école locale, qui connaît justement quelques problèmes électriques. Boîte à outils en main, Warren remet rapidement l’installation en état : une belle façon de remercier cette communauté pour son hospitalité.
« C’est vraiment le paradis, je n’ai jamais rien vu de tel », s’enthousiasme Warren. Quant à Erica, en approchant de l’île, elle lance : « On peut rester ici pour toujours ? »
A vrai dire... nous les comprenons parfaitement.