Le rendez-vous est fixé au milieu des immenses halls de Guy Couach, à Gujan-Mestras, sur les rives sud du bassin d’Arcachon. Ici, le site est tellement vaste que Joana Grönewald, responsable de la communication de Veya Yachts, m’envoie une localisation Google pour m’indiquer le point de rendez-vous pour les visiteurs. On comprend rapidement que Guy Couach n’est pas un chantier comme les autres, puisque les halls accueillent aussi la construction de vedettes militaires et d’unités destinées aux administrations. Ici, c’est remise du passeport contre un badge visiteur, confidentialité oblige.
Nous sommes le 15 juin, exactement un mois avant une échéance importante : la mise à l’eau du premier Veya 53. Dans quelques semaines, la coque #1 quittera discrètement le chantier pour rejoindre Toulon, avant de faire sa première apparition publique lors du Cannes Yachting Festival en septembre.
Notre visite débute avec Florent Battistella, PDG de Guy Couach et de fait président de Veya Yachts, accompagné de Joana. L’ambiance est studieuse, mais l’enthousiasme est palpable. Partout autour de nous, les équipes s’affairent ; les électriciens croisent les menuisiers, tandis que les techniciens peaufinent les derniers détails avant l’échéance de juillet.
Une nouvelle ligne de production 100 % Veya
Sur les lignes de production, l’outillage des MY de Fountaine Pajot installé en 2022 a disparu – jusqu’à l’année dernière, Guy Couach assurait ici l’assemblage des MY de Fountaine Pajot. Le dernier MY6 attend encore son départ sur le terre-plein. Désormais, la ligne est entièrement consacrée à Veya Yachts. Un changement qui illustre parfaitement l’évolution stratégique engagée entre les deux partenaires. Car l’histoire de Guy Couach et des multicoques s’est donc écrite il y a quelques années suite à un accord de production de la gamme complète des MY. Aujourd’hui, la joint-venture à l’origine de Veya va plus loin ; d’abord, elle scelle la disparition des powercats estampillés FP – mis à part les très grandes unités de 70, 80 et 110 pieds dérivés des versions voile – et ensuite, elle prépare une véritable passation à l’issue de laquelle Guy Couach devrait piloter à 100 % Veya Yachts.
Je découvre donc une nouvelle chaîne, celle du Veya 53 qui devrait être en mesure d’assembler d’autres (prochains) modèles. 4 coques – bientôt 5 – sont déjà en production. Florent, industriel averti, note les améliorations à apporter pour que la production soit plus fluide, rapide et efficace. Rien ne lui échappe. Pendant la visite, il repère immédiatement plusieurs optimisations possibles sur la ligne d’assemblage, qu’il partage aussitôt avec ses équipes.
La coque #1 est pontée, motorisée, câblée… mais pour l’heure, difficile d’imaginer que ce vaste assemblage de composites, de cloisons encore nues et de mobilier en cours d’installation représentera bientôt l’un des nouveaux acteurs du marché des powercats premium. Malgré les plafonds encore ouverts et les protections recouvrant une partie des équipements, les volumes apparaissent déjà impressionnants.
Le PDG me guide naturellement vers ce qui sera bientôt le carré. La distribution des aménagements privilégie une circulation de plain-pied ; « c’était un point essentiel dès le départ du projet », souligne Florent. Je découvre la cuisine ouverte, implantée dans le prolongement du cockpit, lequel plongera littéralement dans la mer grâce à ses marches qui courent sur toute la largeur du powercat. Les déplacements promettent d’être particulièrement fluides, tandis que les nombreux angles arrondis témoignent d’une vraie réflexion sur la sécurité en navigation. Un détail qui paraît anodin à quai, mais qui prend tout son sens lorsque la navigation devient agitée.
La timonerie intérieure profite d’une excellente visibilité panoramique : j’apprécie les vitrages frontaux inversés, qui deviendront sans doute une des signatures de la marque. Ici, pas de cabine Propriétaire avant qui obligerait à abaisser le tunnel entre les coques, mais une coque bâbord entièrement dédiée – cette coque #1 est une version 3 cabines.
Florent me demande de ne pas hésiter à formuler des remarques. Une occasion que je saisis immédiatement : le plan de travail du futur bureau me paraît vraiment trop bas pour être utilisé confortablement. Quelques secondes plus tard, le bureau d’études et les menuisiers sont déjà consultés. L’histoire dira si ma suggestion survivra jusqu’au salon de Cannes… En attendant, la salle d’eau occupe une surface rarement rencontrée sur un powercat de cette catégorie. Quant au lit de 2 x 2 m, il confirme l’ambition clairement assumée de proposer un excellent niveau de confort.
Dans la coque tribord prennent place les deux cabines invités, tandis qu’une cave à vin est prévue entre les deux espaces. Un équipement qui illustre parfaitement le positionnement premium revendiqué par la marque.
La visite s’achève naturellement sur le flybridge. Depuis le hangar ouvert au nord, on voit le bassin d’Arcachon – la mer est là, toute proche !
Pour Guy Couach comme pour Veya Yachts, cette première mise à l’eau marque bien davantage que la naissance d’un nouveau modèle : elle ouvrira un nouveau chapitre industriel. Rendez-vous à Cannes pour découvrir si les promesses entrevues entre ces murs se confirment sur l’eau.
Guy Couach : Plus de 130 ans d’histoire de construction navale
Fondée en 1897 sur le bassin d’Arcachon, l’entreprise Guy Couach débute par la fabrication de moteurs marins, avant de devenir l’un des principaux constructeurs français de vedettes rapides et de yachts haut de gamme. Installé à Gujan-Mestras, le chantier développe progressivement un savoir-faire reconnu dans le travail des matériaux composites, les structures sandwich et les coques à haute vitesse.
Au-delà de la plaisance, Guy Couach construit également des vedettes professionnelles et militaires destinées aux marines, aux garde-côtes et aux administrations du monde entier. Cette double activité lui permet de maintenir un niveau d’exigence particulièrement élevé en matière de qualité, de fiabilité et de procédés industriels.
Aujourd’hui, les infrastructures de Gujan-Mestras couvrent plusieurs dizaines de milliers de mètres carrés, permettant de construire simultanément des yachts custom ou en petite série comme le MODX 70, des unités professionnelles et, désormais, après les MY de Fountaine Pajot, les premiers modèles de la nouvelle gamme Veya Yachts.
Veya 53 : Un nouvel acteur sur le marché des powercats premium
Premier modèle de la jeune marque française Veya Yachts, le Veya 53 vise directement le segment très disputé des powercats premium de 50 à 55 pieds.
Dessiné dès l’origine comme un catamaran à moteur, il privilégie une circulation de plain-pied entre cockpit et carré, une suite Propriétaire occupant une coque entière (version 3 cabines), un vaste flybridge et des espaces extérieurs particulièrement généreux. Son aménagement met l’accent sur la convivialité et la vie à bord, avec une cuisine largement ouverte sur le cockpit, des volumes remarquables et une finition résolument haut de gamme.
Le premier exemplaire sera présenté en Première Mondiale au Cannes Yachting Festival.
Constructeur : Veya Yachts
Architectes : Berret-Racoupeau Yacht Design
Longueur hors-tout : 16,10 m
Longueur à la flottaison : 15,60 m
Largeur : 7,96 m
Tirant d’eau : 1,10 m
Déplacement lège : 27,3 t
Motorisation : 2 x 400/550 ch diesel
Carburant : 2 x 1 000/1 400 l
Eau : 700 l
Cabines : 3/4
Prix : 1 910 000 € HT
www.veya-yachts.com


