Dans la voiture qui nous mène à Lorient, il y a cette petite tension au creux du ventre. Vous savez, celle des grands jours : premier rendez-vous amoureux, départ en transat, entretien pour le job de vos rêves... Ce mélange d’excitation, d’impatience, de légère appréhension aussi, devant l’importance de l’évènement. Un rêve de gosse. Vous allez monter à bord d’un des plus grands trimarans de course actuels. De la catégorie qualifiée « Ultime » pour la prochaine Route du Rhum. Quatre-vingt pieds en solo, ça vous dit ? Bon d’accord, vous ne serez pas vraiment seul à bord et il n’est pas question de fermer les yeux une seule seconde au risque d’en perdre une miette, mais on peut rêver, non ?
1
/
1
Publié le
16/12/2016
Par
François Trégouët
Numéro :
167
Parution :
Oct.
/
Nov.
2014
Voilà, vous êtes là sur le ponton. Intimidé. Malgré l’invitation de Lionel Lemonchois à monter à bord à votre guise, vous n’en faites rien. Enfin pas tout de suite. Profiter de l’instant. Votre regard part de l’étrave, parcours les 24 mètres du long flotteur bâbord qui vous fait face, jusqu’au tableau arrière. Prendre la mesure, estimer l’échelle, suivre les circuits de manœuvres, admirer chaque pièce custom, avoir le souffle coupé par les longues étraves acérées. Observer l’équipage se déplacer, repérer les zones où l’on peut mettre les pieds, les « ficelles » qu’il vaut mieux éviter. Allez, …