Fin 2012, Lagoon frappe très fort en présentant deux modèles avec un mât repoussé à l’arrière du rouf : le 39 et le 52. Le plus grand des deux adoptait logiquement des lignes plus harmonieuses grâce à des superstructures mieux intégrées. Quant aux étraves « diamantées » à l’angle supérieur, elles offraient une petite touche sportive bienvenue… Le Lagoon 52 s’est posé pendant presque 10 ans comme le plus grand catamaran de la marque qu’on pouvait manœuvrer en famille, sans l’aide d’un skipper pro. Tout juste sorti des chaînes de production, ce modèle décliné en version SporTop (sans flybridge) à partir de 2016 devient un catamaran d’occasion diablement séduisant.
Infos pratiques
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Le Lagoon 52 est donc initiateur d’une nouvelle génération bien plus innovante que les précédentes nouveautés du chantier. Ce modèle remplace le 500, diffusé à 150 exemplaires, et reste fidèle à la philosophie Lagoon – confort maximum pour la vie à bord, facilité de manœuvres, hublots de rouf verticaux –, il va en effet beaucoup plus loin avec son gréement reculé : le mât n’est plus posé devant le rouf mais au-dessus, ce qui impose une structure ad hoc, soit une poutre en acier galvanisé intégrée à un renfort en composite dont les efforts sont repris sur les cloisons et les coques. L’idée de départ est d’optimiser les performances tout en simplifiant la vie de l’équipage. Les avantages théoriques sont nombreux – plus d’allongement de grand-voile, poids mieux centrés donc moins de tangage, moins de compression avec des angles d’haubanage plus ouverts, donc profil plus petit et moins lourd, bôme plus courte pour des empannages plus simples et des prises de ris plus faciles, voiles d’avant plus grandes et plus polyvalentes, et donc foc autovireur efficace. Pour Marc Van Petheghem du cabinet VPLP, le mât reculé se traduit également par « des étraves plus fines, un arrière plus porteur, mais aussi une meilleure visibilité vers l’avant ».
Convaincant dès 10 nœuds de vent
Trois configurations de gréement ont été proposées : standard, grand-voile à corne et pack VMG avec génois à recouvrement et trinquette amovible sans bas étai fixe ni réglable. Lagoon recommandait la combinaison Code 0 et spi asy plutôt qu’un seul gennaker ; avec du recul, il s’avère qu’au moins une voile de portant est indispensable pour booster ce catamaran qui se révèle plutôt performant et confortable en mer pourvu que le vent dépasse 10 nœuds. Dans des conditions de petit médium, nous avions relevé lors de notre essai longue durée en avril 2013 (un convoyage de La Grande-Motte à Palma de Majorque) une vitesse moyenne de 6 à 8 nœuds, et même 9 à 12 par bonne brise. Le constructeur proposait deux motorisations (2 x 57 ou 2 x 80 CV). Une grande majorité des modèles vendus ont été équipés des moteurs les plus puissants, configuration que nous vous recommandons pour propulser sereinement un catamaran de plus de 20 tonnes à vide.
Des versions pour tous les goûts
A bord de la version originale avec flybridge – baptisée F à partir de 2016 –, le barreur se retrouve sur un véritable pont supérieur avec une barre qui pivote à bâbord ou à tribord pour une vision optimale. Toutes les manœuvres sont intelligemment agencées et accessibles depuis ce poste de barre haut perché. La version SporTop reprend un plan de pont plus standard avec un poste de barre et de manœuvre à mi-hauteur. Dans tous les cas, le cockpit immense est entièrement dédié au farniente. Son agencement reste parfaitement en accord avec ce qui se fait aujourd’hui ; seules les marches des jupes arrière, un peu courtes, trahissent un peu l’âge de ce plan VPLP. Quatre versions d’emménagement de trois à six cabines étaient disponibles. On remarque au centre de la nacelle l’inhabituelle épontille, bien camouflée dans un habillage blanc. La cuisine en L est renforcée par un îlot central. En option, un petit frigo d’appoint était disponible au milieu du plan de travail. Le constructeur a prévu une table à cartes centrale face à la route – il manque juste un vrai siège navigateur. Si la suite Propriétaire occupe classiquement l’arrière tribord des modèles concernés, la cabine arrière bâbord mérite la visite : autonome, elle est accessible directement depuis le cockpit. La finition est partout soignée, avec des options séduisantes comme le système vidéo/son avec écran amovible. Tous les organes techniques ont été bien traités (repérage des fonctions, espace prévu pour les opérations de maintenance). A noter également une gestion électrique innovante (en 2012) grâce à un écran tactile et des interrupteurs sans fil. Ce multiplexage a d’ailleurs été repris sur tous les grosses unités du Groupe Bénéteau.
Conclusion
Certes, le Lagoon 52 n’a pas pulvérisé les records de vente des Lagoon 450 et 380 (respectivement 1 000 et 900 exemplaires vendus), mais, avec près de 200 paires de coques fabriquées, on peut estimer que ce modèle de presque 16 m a connu un succès commercial plus qu’honnête. Certains reprochent au 52 son allure massive ; c’est vrai que la version F bardée de ses toiles de protection sous une bôme perchée à une hauteur indécente pose question sur les plans de l’élégance et du fardage… mais jetez un œil à la version Sportop et vous conviendrez que le Lagoon 52 peut se la jouer séducteur – en plus de se réapproprier sa bôme ! Dans les faits, c’est tout de même la version F qui s’est largement imposée dans le paysage – soit plus de 90 % des modèles vendus. Du côté des versions d’emménagement qui distribuent 3 à 6 cabines, le choix est plus ouvert.
En plus d’être un catamaran éprouvé grâce à une large diffusion auprès des particuliers comme des professionnels, le Lagoon 52 est logiquement bien présent sur le marché de l’occasion : une recherche rapide nous a permis de recenser 10 modèles, mis à prix de 700 000 € HT pour les premiers millésimes à 1 200 000 € HT pour un des tout derniers exemplaires construits.
Les points à vérifier
Pas grand-chose à signaler pour ce modèle encore très récent, puisque les tout premiers exemplaires fêtent tout juste leurs 10 ans… Mis à part les inévitables petits soucis de neuvage, le Lagoon 52 s’avère être un catamaran plutôt fiable et robuste. Quand on achète un catamaran de plus de 50 pieds pas neuf mais presque, on a donc l’avantage de disposer d’une unité tout juste rodée et prête à (re)partir, mais le budget est tout de même conséquent – c’est une bonne raison de contrôler avec soin les fonds et la structure, au besoin avec l’aide d’un expert maritime, afin de s’assurer que le bateau n’a pas subi de fortune de mer – collision, échouement, envahissement d’eau. A bord d’une unité âgé de plus de 6/7 ans, on inspectera l’état du jeu de voiles. Si elles ont été beaucoup utilisées (locations et ou navigations océaniques), les voiles peuvent en effet être proches de la fin de vie – plutôt 10 ans en général. Le reste des équipements réclame (toujours !) un examen attentif, mais il n’y a pas grand risque de mauvaises surprises.
Plate-forme idéale pour la vie à bord
Nombreuses versions disponibles
Version flybridge peu élégante quand les bâches de protection sont en place
Peu de versions SporTop sur le marché de l’occasion
Fiche technique
Architectes : VPLP
Design : Nauta Design
Longueur hors-tout : 15,85 m
Largeur : 8,60 m
Tirant d’eau : 1,50 m
Déplacement lège : 22,5 t
Grand-voile : 97 ou 107 m2
Foc autovireur : 59 m2
Code 0 : 154 m2
Spi asymétrique : 255 m2
Motorisation : 2 x 57 ou 80 CV
Carburant : 992 l
Eau douce : 960 l
Matériau : sandwich balsa/polyester
Production : environ 200 exemplaires de 2012 à 2021
Prix occasion : à partir de 700 000 € HT

