Sur le marché de l’occasion, les catamarans de moins de 13 mètres récents sont peu nombreux… et souvent affichés à des tarifs proches du neuf. Parmi eux, le Leopard 42 mérite l’attention, ne serait-ce que parce qu’il passe le relais au Leopard 43, faisant de lui désormais un catamaran de deuxième main. Conçu dès l’origine pour séduire aussi bien les Propriétaires que les sociétés de location, et diffusé à plus de 200 exemplaires, ce modèle bénéficie déjà d’une offre bien étoffée dans les petites annonces. Ses principaux atouts ? Une conception robuste et une praticité largement éprouvée. Alors, ce modèle lancé en 2020 représente-t-il déjà une bonne affaire ?
Infos pratiques
- Le chantier : Leopard 42 (2021)
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Le Leopard 42 n’est pas une simple évolution du 40 ; il marque une véritable rupture stylistique au sein de la gamme. Inspiré du Leopard 50, il adopte en effet des vitrages latéraux continus, un rouf redessiné, un espace lounge au niveau du rouf et une nacelle nettement plus lumineuse. En termes de design, les lignes sont modernes, mais manquent un peu d’originalité. Reste que l’objectif des concepteurs était clair : conserver l’ADN marin propre à la marque tout en répondant aux attentes d’une nouvelle génération de Propriétaires, plus sensibles au confort de vie à bord qu’à la seule performance sous voile.
Une construction conçue pour durer
Avec ce modèle, Leopard reste fidèle à la recette qui a fait sa réputation. Les catamarans de la marque sont tous construits par un chantier créé en 1991 au Cap par John Robertson et Jerry Caine ; de fait, Robertson & Caine s’est imposé en trois décennies comme l’un des plus importants constructeurs de catamarans au monde (3 000 unités mises à l’eau), en grande partie grâce à son partenariat historique avec Moorings et Sunsail. Cette clientèle professionnelle impose un cahier des charges très exigeant : les multicoques doivent supporter des milliers d’heures de navigation, des équipages parfois peu expérimentés et des rotations intensives. Le Leopard 42 profite ainsi d’une structure particulièrement rigide. Le chantier a notamment renforcé les liaisons coque-pont, développé l’utilisation de l’infusion et intégré une poutre métallique dans la structure avant afin de limiter les déformations de l’ensemble. Les quillons sont, quant à eux, conçus pour céder en cas d’échouement violent sans compromettre l’intégrité des coques. Cette robustesse structurelle explique en bonne partie l’excellente réputation dont bénéficient les Leopard sur le marché de l’occasion. Les brokers spécialisés soulignent régulièrement la bonne tenue de ces unités dans le temps, même lorsqu’elles proviennent de programmes de location.
Plus Propriétaire que charter ?
Le Leopard 42 a bien sûr été décliné sous les appellations Moorings 4200 et Sunsail 424. Pour autant, il ne faut pas le réduire à un simple multicoque de location. La version Propriétaire à trois cabines, sans doute la plus recherchée, consacre toute la coque tribord à une vaste suite comprenant un grand couchage, un bureau, de nombreux rangements et une salle d’eau confortable. La luminosité impressionne grâce aux immenses vitrages latéraux et aux ouvertures ménagées jusque dans les jupes arrière. Autre point appréciable : la grande casquette avant qui ombrage les vitrages faciaux du rouf.
A bord, on retrouve ce qui fait la personnalité des Leopard modernes : une circulation particulièrement fluide entre le cockpit, la nacelle, le pont avant (directement accessible via la porte frontale) et le lounge installé au pied du mât. Cette multiplication des espaces de vie permet aux équipages de s’installer selon les conditions du moment, un vrai plus en navigation comme au mouillage.
Contrairement à certains concurrents qui recherchent avant tout le volume intérieur, le Leopard conserve un dessin équilibré avec des coques qui restent relativement fines. Son ratio voilure/déplacement de 9,07 m2/t n’en fait pas un foudre de guerre, certes… mais cette valeur reste plus flatteuse que celles de ses concurrents directs - Astréa : 8,74 m2/t ; Lagoon 42 : 7,77 m2/t et Bali 4.2 : 7,46 m2/t.
Des qualités marines indiscutables
Si le constructeur Robertson & Caine a toujours privilégié le confort, ses Leopard revendiquent un bon comportement en mer – à ce titre, le 42 démontre rapidement qu’il possède de réelles qualités marines. Il s’agit bien d’un multicoque capable d’enchaîner les milles dans le confort, quelles que soient les conditions. Les essais réalisés lors de son lancement (voir MM206) l’ont montré : le Leopard 42 apprécie le vent établi. Dans une vingtaine de nœuds, il tient facilement des moyennes comprises entre 8 et 9 nœuds sans solliciter excessivement l’équipage. La barre reste plutôt légère, les mouvements sont doux et le comportement demeure particulièrement rassurant lorsque la mer se forme. Lorsque le vent mollit, le Leopard 42 n’est plus aussi véloce ; il réclame une bonne dizaine de nœuds pour s’exprimer pleinement. Beaucoup de Propriétaires choisissent d’ailleurs d’équiper leur catamaran d’un Code 0, voire d’un gennaker, afin d’améliorer les performances dans les petits airs.
Le poste de barre participe à une maîtrise aisée du catamaran ; installé à mi-hauteur sur tribord, il bénéficie d’une excellente visibilité sur les voiles et le plan d’eau, tout en facilitant les manœuvres de port. Toutes les drisses, bosses de ris et écoutes reviennent à portée de main, ce qui permet à une personne seule d’effectuer la plupart des manœuvres sans quitter la barre. La position de ce poste de barre permet de rester en connexion avec l’équipage resté dans le cockpit arrière, tout comme avec ceux qui sont installés sur le lounge.
Une valeur sûre sur le marché de l’occasion
Le Leopard 42 bénéficie aujourd’hui d’un avantage assez rare : il est suffisamment récent pour conserver une présentation proche du neuf, tout en étant assez diffusé pour offrir un véritable choix sur le marché. Entre 2021 et 2025, 208 exemplaires sont sortis des ateliers de Robertson & Caine. Une production importante qui garantit déjà un marché de l’occasion relativement actif. On trouve aussi bien les versions Propriétaire ayant navigué en famille que les tout premiers millésimes issus des flottes Moorings ou Sunsail. Contrairement aux idées reçues, ces dernières ne sont pas forcément à écarter. Les sociétés de location appliquent généralement des programmes d’entretien très rigoureux, même si une inspection minutieuse reste évidemment indispensable avant tout achat (voir encadré). Comme souvent sur les modèles très récents, les décotes restent limitées, même si le marché commence progressivement à retrouver un certain équilibre après les excès observés à la sortie du Covid. Un ajustement des prix est encore à prévoir, mais la revente dans quelques années devrait être facile, surtout pour les versions trois cabines, très recherchées.
Reste à l’acheteur d’aujourd’hui à bien définir son programme. Une version sortie de charter séduira par son prix plus accessible, mais présentera souvent davantage d’heures moteur et un équipement plus standard. A l’inverse, une unité de Propriétaire offrira fréquemment des options intéressantes (dessalinisateur, panneaux solaires, électronique complète, sellerie améliorée…) et un état intérieur plus flatteur.
Conclusion
Avec ce 42, Leopard est parvenu à moderniser son image sur son marché d’entrée de gamme sans renier ce qui fait sa réputation. La qualité de construction reste au rendez-vous, les volumes sont généreux sans tomber dans l’excès, la circulation à bord est particulièrement réussie et les qualités marines figurent parmi les meilleures de cette catégorie de catamarans de croisière. Sur le marché de l’occasion, le Leopard 42 coche donc beaucoup de cases. Pour un programme de grande croisière familiale, voire de tour du monde, il constitue aujourd’hui l’une des valeurs les plus sûres de sa génération.
Pour quel programme ?
Le Leopard 42 séduira avant tout les équipages qui recherchent un catamaran capable d’enchaîner les milles sans mauvaise surprise. Les amateurs de performances pures trouveront plus vif ailleurs, mais ceux qui privilégient la sécurité, la robustesse et une excellente qualité de vie à bord ne seront pas déçus. Un support particulièrement crédible pour un grand voyage en famille.
Les points à vérifier
Le Leopard 42 est encore un modèle (très) récent ; il ne souffre donc pas de défauts chroniques clairement identifiés. En revanche, quelques points méritent un examen attentif.
Comme souvent sur un catamaran ayant navigué en charter, les moteurs Yanmar 45 ch doivent être examinés avec soin. Le nombre d’heures importe finalement moins que la qualité de l’entretien. Un historique complet des vidanges, remplacements d’échangeurs, coudes d’échappement et révisions des saildrives constitue un véritable atout.
Le gréement dormant est naturellement à contrôler, de même que l’accastillage – poulies de renvoi, bloqueurs, winches, sans oublier les réas situés au pied de mât, qui peuvent présenter une usure prématurée lorsqu’ils sont fortement sollicités.
A bord, il convient également de vérifier le fonctionnement de la porte avant reliant le carré au cockpit avant. Son réglage doit rester parfait afin d’assurer une bonne étanchéité. Les joints périphériques sont faciles à remplacer, mais doivent être inspectés.
Les grandes surfaces vitrées, véritable signature du Leopard 42, vieillissent généralement bien. On vérifiera néanmoins l’absence de décollement des hublots collés et le bon état des mastics, surtout sur les premières unités ayant séjourné plusieurs années sous les climats tropicaux.
Enfin, l’installation électrique mérite un examen complet : convertisseur, chargeurs, batteries lithium lorsqu’elles ont été ajoutées après livraison, panneaux solaires et électronique. Les unités de Propriétaires présentent souvent des installations personnalisées dont la qualité dépend beaucoup du soin apporté au montage.
Excellent comportement en mer
Circulation à bord très fluide grâce à la porte avant
Peu de décote face au neuf
Design un peu trop consensuel
Descriptif technique
Architectes : Simonis & Voogd Yacht Design
Longueur hors-tout : 12,67 m
Longueur à la flottaison : 12,44 m
Largeur : 7,04 m
Tirant d’eau : 1,40 m
Déplacement lège : 12 47 t
Grand-voile : 66,6 m²
Génois : 46,5 m²
Surface de voile au près : 113,1 m²
Motorisation : 2 × Yanmar 45 ch
Carburant : 600 l
Eeau : 660 l
Années de production : 2021 à 2025
Nombre d’exemplaires construits : 208
Prix version charter : à partir de 520 000 € HT selon équipement et nombre d’heures
Prix version propriétaire : 520 000 à 580 000 € HT, voire davantage pour les unités très équipées