Les Nautitech ont depuis longtemps séduit nombre de plaisanciers et de loueurs. Aujourd'hui, une nouvelle génération a été relancée par Bruno Voisard : d’un bateau entièrement nouveau, aux caractéristiques et performances particulièrement intéressantes. Autant vous le dire tout de suite, nous avons eu un petit coup de foudre pour cette unité attachante.
Infos pratiques
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L’air est glacial, en cette matinée de mars, et j’ai rendez-vous avec Sébastien, le skipper de Nautitech, à 6 heures, au Bassin des Chalutiers de La Rochelle. Le pont est recouvert de givre et de fait plutôt glissant. Il fait encore nuit, les étoiles scintillent dans le ciel, elles confirment le vent d’est annoncé pour la journée. Nous avons prévu un tour de l’île de Ré. La passerelle s’élève pour nous laisser sortir, la porte-écluse est ouverte et le pont bascule, nous venons, le temps d’un café et de quelques photos, mouiller notre bateau au cœur de la ville. La silhouette est séduisante, et la hauteur au-dessus de l’eau est conséquente. Sur l’arrière, les bossoirs sont constitués de deux robustes tubes en inox. En accédant au bateau depuis les jupes, on tombe directement sur les barres à roue, elles sont en série gainées de cuir. Elles sont totalement excentrées sur les côtés, mais seule celle de bâbord reçoit les instruments et les commandes moteurs. En dehors des périodes de navigation, les sièges de barre sont encastrés dans les jupes, il suffit, quand on est à bord, de les relever et de coincer les goupilles pour pouvoir s’y asseoir. Le cockpit forme un ensemble très bien protégé, entièrement fermé, il sera idéal pour ceux qui naviguent avec leurs enfants. La table est décalée sur tribord, elle s’ouvre pour offrir de la place à huit convives, un peu plus avec des tabourets. A l’arrière du cockpit, un grand coffre reçoit les pare-battages et tout le matériel de croisière. Le Nautitech 40 est équipé d’un bimini rigide, totalement intégré dans le prolongement du rouf. Mais la plus grande originalité de ce bateau réside probablement dans l’ouverture pratiquée dans ce bimini ; elle est constituée d’un panneau coulissant qui donne la vue aussi bien sur les voiles, en navigation, que sur le soleil au mouillage.
Avec le 40, Nautitech signe un catamaran parfaitement homogène.
Une navigation glaciale.
Le jour s’est levé, après avoir bu un café, nous allons y aller, à bord de ce bateau tout frais sorti du chantier, et qui n’a jamais navigué. Je prends les commandes. La casquette et son bimini rigide, très hauts, ne permettent pas d’avoir une bonne vision sur l’angle opposé du bateau, et il ne faut pas hésiter à monter sur l’hiloire pour voir quelque chose, ou changer de barre : c’est probablement la raison qui a dicté le choix de deux barres, entre lesquelles on circule aisément, à l’arrière du rail de grand-voile, sans être nullement gêné par les personnes présentes dans le cockpit. La grand-voile mouflée est hissée depuis le pied de mât, les moteurs sont coupés ; la lumière est splendide, ce beau temps devrait nous accompagner tout au long de la journée. Nous partons au vent arrière, la brise souffle à une dizaine de nœuds, et quand notre route nous autorise à lofer, nous atteignons rapidement 7 nœuds, à environ 110° du vent. Le sillage est propre, fin, il est le résultat d’une surface mouillée réduite, et d’une relative finesse des coques. A la VHF, la météo annonce un vent d’est nord est quatre à cinq ce matin, il devrait ensuite mollir au cours de l’après-midi. Le pont ne dégèle pas, il est toujours aussi glissant, nous naviguons maintenant au près et ce n’est pas fait pour réchauffer l’atmosphère. Le virement de bord, sur cette mer plate et sans clapot, se fait aisément. Il est l’occasion de constater que la longueur de la contre écoute de génois est vraiment calculée au plus court, et c’est à peine si on peut la frapper sur le winch ; économie quand tu nous tiens… Pour venir à bout du jusant qui voudrait nous repousser du pont de l’île de Ré, les moteurs sont mis en route, leur puissance n’a rien de trop pour étaler le vent et le courant. Contrairement aux premiers modèles, où les moteurs étaient sous les couchettes des cabines arrière, une solution qui à l’usage s’est avérée trop bruyante, ceux-ci sont désormais sous les jupes. Après être passés sous les arches du pont de Ré, nous déroulons de nouveau le génois, en allongeant la foulée, à huit nœuds, avec 18 nœuds de vent, sur une mer plate éclairée par un beau soleil. Dans de telles conditions, le bonheur ne peut être que sur l’eau. La main courante est vraiment très pratique et idéale pour ce qui est de la sécurité, où que l’on se déplace autour du bimini, partout, on a quelque chose où se retenir. Le coffre de pied de mât est spacieux, mais il ne reçoit pas le mouillage, dont le positionnement est assez surprenant, en terme de centrages des poids, près de l’étrave bâbord ; on y trouve aussi le puits et le guindeau. Je suis étonné par l’absence de poutre longitudinale.
Sous voile le Nauitech 40 s'est montré très agréable.
Autour de l’île de Ré.
Au vent de travers, le léger clapot fait tanguer l’abattant de la table de cockpit, rien n’a été prévu pour le retenir. Car il y a tout de même un peu de brise, et nous allons réduire, à savoir, enrouler le solent. Le plan de pont est dépouillé, mais perfectible. A côté de chaque barre, on trouve un winch. Ils desservent l’écoute de grand-voile, qui peut être bordée ou choquée indifféremment depuis l’une ou de l’autre des barres, avec un coinceur de chaque coté. Le chariot quant à lui se règle à l’aide de petits taquets attenants. Ces winchs servent aussi pour les écoutes de génois, mais rien ne permet de les libérer. Quand on navigue bâbord amures, réduire le génois ne pose pas de problème ; mais tribord amures, il est difficile de pouvoir à la fois contrôler l’écoute et reprendre la drosse d’enrouleur, si ce n’est à la main, à condition d’avoir la force requise ; il s’agit là d’un excellent moyen de se blesser dans la brise. Un petit winch spécifique à l’enrouleur règlerait le problème. La transmission par des drosses permet de s’offrir, à huit nœuds, d’agréables sensations de barre. Quand on barre au vent, bien déportés sur l’arrière, adossé au siège, il est aisé de s’imaginer dans l’alizé, il ne manque plus que 30° de température. Sans être un bateau de régate, le Nautitech 40 offre un réel plaisir de naviguer. Dans les risées, nous atteignons 9 nœuds, la navigation est confortable. Un grand et beau dauphin vient nous tenir compagnie, il est énorme et s’amuse à coté de nous, et nous aussi. Le réglage du gréement est un peu mou, et pour le ménager, nous prenons un ris, la manœuvre s’effectue, sans problème, depuis le pied de mât. Nous faisons désormais cap à l’ouest, au nord de l’île de Ré. Beau temps, belle mer, et vent portant. Nous empannons, pour repartir vers le sud de l’île. Nous naviguons désormais sous l’autre amure, au nord de l’île, le ris est largué, et il fait presque toujours aussi froid. Quand la brise fraîchit de nouveau, nous sentons les hélices qui vibrent, le bateau commence réellement à vivre. Le vent atteint une vingtaine de nœuds, je me délecte à la barre. Le bateau est un peu ardent, juste assez pour le sentir vivant.
Un passage permet de circuler à l’arrière du rail : utile et sécurisant !
Un intérieur chaleureux.
Le carré occupe l’intégralité de la largeur de la nacelle. La vue sur l’extérieur est particulièrement dégagée, et l’aération est soignée : deux panneaux dans la baie vitrée, à l’avant ; et deux autres sur le rouf. De chaque côté des assises du carré, des fargues permettent de maintenir rangés livres et autres objets sans que tout ne tombe. La cuisine est implantée le long de la cloison arrière, un passe-plats donne directement sur le cockpit, au-dessus, on a quelques rangements, ils seront probablement un peu justes dans un programme de grande croisière, mais ils seront tout à fait suffisants dans une optique plus axée sur la location. La table à cartes trouve sa place de l’autre côté de la descente, sur laquelle on travaille debout. Partout, je note avec plaisir l’omniprésence du bois, essentiellement du makoré, il rend l’intérieur très chaleureux, et évite ainsi l’aspect résolument trop froid des contre-moulages. Les rebords des marches d’accès aux coques sont intelligemment recouvertes d’un anti-dérapant. Comme nous l’avons déjà vu, la faible largeur relative des coques est un choix délibéré de façon à diminuer la surface mouillée des œuvres vives, et ainsi conserver des performances acceptables ; en conséquence, la coursive n’est pas très large. Les cloisons structurelles imposent des portes d’accès aux cabines découpées, partout, la largeur limitée commande tout. Ainsi, les couchettes sont très hautes perchées, l’accès en est facilité par des petites marches. Les cabines avant se prolongent par des pics, les enfants y trouveront là un bon espace de jeu. Chacune des quatre cabines est aérée par un panneau de pont, et un hublot de coque. L’espace disponible dans les coques est peut-être un peu moins volumineux que celui rencontré dans certaines unités de la production, et il l’est plus que dans d’autres ; et n’oublions pas qu’à bord de ces bateaux, dédiés à la location sous les tropiques, on vit surtout dehors. Les rangements sont en nombre suffisant, et le travail de finition est assez soigné.
En conclusion.
Sans être une machine de guerre et de régate pure, le Nautitech 40 est un bateau agréable et qui marche. Le poids lège donné par le chantier, 6,6 tonnes, est peut-être un peu optimiste, sous la balance, il lui sera probablement supérieur de 10 à 15%. Les 40 pieds de ce bateau représentent un bon compromis de taille pour un catamaran de croisière, une taille minimale dès qu’on doit charger un peu, avec l’avantage des manœuvres qui s’effectuent bien, à bord, rien n’est démesuré. De plus, dans ces tailles, le budget est réaliste. Le confort à la mer est réel, et le dessin des carènes lui permet de bonnes performances, au près notamment, si on le compare à un bateau de taille équivalente équipé d’ailerons. Comme tous les bateaux, il est le résultat de compromis, de la réflexion entre ses concepteurs et ses constructeurs. Il s’agit assurément d’une réussite.
Les aménagements sont chaleureux grâce à l’omniprésence du bois.
Quelques cotes.
Les couchettes des cabines avant (dans le sens de la largeur) offrent 190 cm dans la plus grande largeur, 10 cm de moins dans la plus petite, et 140 cm de large. Les pics avant mesurent 185 cm par 120 cm. Les couchettes des cabines arrière : 140 cm par 190 cm.
J’ai bien aimé :
Le cockpit protégé. Le toit ouvrant, très pratique pour voir, prendre le soleil, ou se protéger. La main courante qui court autour du bimini rigide. Position de barre agréable (‘je domine’)
J’ai moins bien aimé :
L’économie a été un peu trop poussée sur l’accastillage notamment (non en qualité, mais en quantité…) L’absence de visibilité, du fait de la haute casquette, sur l’avant opposé. La contre écoute qui se coince sous le rouf ! L’abattant de table de cockpit
Caractéristiques techniques :
Longueur hors tout : 11,98 m Longueur de flottaison : 11,50 m Largeur maxi : 6,50 m Tirant d’eau : 1,20 m Hauteur sous nacelle : 0,75 m Grand-voile lattée : 56 m2 Génois sur enrouleur : 31m2 Motorisation : 2 x 27 cv Déplacement lège : 7.4 tonnes Capacité en eau : 600 litres Capacité en carburant : 2 x 135 litres Prix : 277.500 euros TTC, avec voiles et moteurs.