Dans la nouvelle gamme powercat du constructeur sud-africain Robertson & Caine, le 46 PC vient épauler le 53 PC lancé deux ans plus tôt. Présenté en avantpremière au Miami International Boat Show en février dernier, ce Leopard débarque avec de fortes ambitions, notamment sur le marché du charter, dont le constructeur est un acteur majeur.
Lieu de l’essai : Miami (Floride – USA)
Conditions : vent 12 à 16 noeuds, houle d’est de 1,50 m
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Robertson & Caine, avec ses Leopard, est depuis longtemps un spécialiste reconnu du charter, notamment à travers son partenariat étroit avec The Moorings. Si le chantier est déjà largement présent dans le secteur de la location au travers de ses catamarans à voile, il conforte également ses positions sur le marché du powercat, un segment qui se développe beaucoup, y compris pour le charter. Après le 53 PC, le chantier lève donc le voile sur son second catamaran à moteur dernière génération, le 46 PC. Exit le 43 PC… mais les trois pieds de plus du modèle que nous vous présentons aujourd’hui laisse augurer un prochain powercat bien plus petit.
Contrairement à certains modèles du marché, le 46 PC a été conçu dès le début comme un powercat, il ne s’agit pas là d’une adaptation d’un modèle à voile, même si, et c’est logique, on retrouve quelques similitudes esthétiques – cela s’appelle une identité visuelle. Pour le reste, ce modèle est clairement inspiré de son grand frère, dont il reprend les grandes lignes avec un dessin moderne qui rappelle celui des motoryachts à une seule coque. Cela se manifeste notamment au niveau du long hublot de coque, de l’imposant flybridge ou des vitrages du pont principal. Avec son T-Top, il affiche même une allure assez statutaire, culminant à 5,64 m au-dessus de l’eau.
Bien planté sur l’eau avec ses 7,34 m de largeur, le 46 PC s’appuie sur deux coques assez volumineuses, très hautes et réunies par une épaisse nacelle. Des caractéristiques qui donnent à l’ensemble un look robuste, mais qui suggère également une belle habitabilité intérieure. Pour ce modèle, le chantier a clairement privilégié la vie à l’extérieur. Cela commence par le cockpit, relativement vaste, largement ouvert sur l’arrière et profitant d’une circulation optimale. La banquette arrière est ainsi disposée de sorte que l’on peut en faire le tour. Les accès depuis les jupes sont assez larges et, pour finir, une plate-forme électrique arrière permet tout à la fois de supporter une annexe de 12 pieds, de s’abaisser pour former une très grande plage de bain ou encore de descendre en dessous du niveau de l’eau pour faciliter la baignade, l’accès à un jet-ski ou la remontée de l’annexe.
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Les premiers sillages démontrent déjà l’excellente capacité de franchissement du 46 PC – des qualités marines qui seront rapidement confirmées en mer ouverte…
Grâce à son grand cockpit et surtout à son flybridge, le Leopard dispose d’une surface extérieure incomparable. L’arrière du 46 PC est très ouvert, un plus pour les activités nautiques.
Une surface habitable record
La proue n’est pas en reste. Accessible grâce aux larges passavants ou par la porte centrale du pont principal, elle regroupe deux grands bains de soleil avec dossier inclinable et un creux permettant de s’asseoir pour profiter des derniers rayons du soleil. On peut également choisir les petites assises attachées aux balcons, un endroit privilégié pour observer les dauphins.
Enfin, le flybridge est incontestablement l’un des plus spacieux de la catégorie. Très facile d’accès grâce à un escalier confortable, il regroupe, outre le poste de pilotage, une banquette face à la route, un espace repas pour quatre à six personnes, un grand bain de soleil, une cuisine extérieure, et même une petite terrasse pour installer ce que vous voulez. L’ensemble est protégé du soleil par un grand T-Top. Ce sera probablement l’un des endroits préférés à bord.
De manière générale, Leopard, avec cette gamme de powercats, entend tout à la fois suivre l’évolution du marché en répondant à l’engouement pour le catamaran à moteur, mais la marque souhaite également offrir une expérience plus proche du motoryacht tout en tirant parti de l’espace offert par un catamaran. Le 46 PC pousse donc encore un peu plus loin cette idée, avec une organisation de l’espace assez remarquable.
Cela se traduit notamment par une très grande ouverture qui abolit la séparation entre le cockpit et le pont principal. Une fois à l’intérieur, la cuisine est implantée sur chaque bord avec une partie en L sur bâbord et une autre partie sur tribord. Cela présente l’avantage de ne pas « casser » l’espace et de faciliter la circulation. Cette cuisine dispose au passage de tout l’électroménager nécessaire, à commencer par un grand réfrigérateur aux dimensions américaines. Le 46 PC profite aussi d’un purificateur d’eau avec un robinet dédié.
La partie avant du pont principal s’organise quant à elle autour de deux canapés, dont un convertible, tandis que, sur tribord, un poste de pilotage intérieur au design sobre et moderne regroupe l’instrumentation nécessaire à la conduite. Enfin, une porte donne accès au petit cockpit avant, procurant une circulation optimale. Autre bienfait de cette conception, les très grandes baies vitrées offrent une vision quasiment à 360°, tout en assurant une luminosité maximale à cet espace.
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Largement ouverte pour faciliter la circulation, la cuisine peut intégrer tout l’électroménager nécessaire – elle dispose également d’un robinet pour l’eau purifiée.
Deux canapés occupent l’avant du pont principal. L’un est convertible, tandis que l’autre est complété par une table de salon.
Des coques élargies pour offrir plus de confort
Pour améliorer le confort à bord, Leopard a élargi les coques, ce qui permet d’offrir un volume assez inédit pour un catamaran de 46 pieds. Le bateau est bien entendu disponible en version propriétaire (3 cabines) ou charter (4 cabines). Le modèle essayé était une version trois cabines avec, sur tribord, une véritable suite propriétaire. En fait, en descendant l’escalier, on est immédiatement saisi par l’espace disponible, et surtout par la largeur (plus de 2 m) qui permet non seulement de loger un lit queen size, mais aussi un vrai bureau, et même une commode dans la coursive ! La partie avant de cette cabine dispose d’une grande salle de bains avec un double lavabo et un miroir éclairé, des WC et une douche aux dimensions XXL. Grâce aux longs hublots de coque, toute cette suite est largement baignée de lumière, avec une mention spéciale pour la douche, qui profite d’un capot de pont ouvrant pour apporter un éclairage zénithal ainsi qu’une aération. Bref, une véritable sensation de luxe !
Le flotteur bâbord accueille quant à lui deux cabines, dont celle de proue avec un lit positionné perpendiculairement – ce qui offre une vue imprenable sur la mer. Cet espace bâbord bénéficie également de deux salles de bains, pour préserver l’intimité des occupants. Enfin, un grand volume de rangement situé à l’avant des coques est accessible par une porte de bonne dimension. Si le volume intérieur est bien évidemment plus modeste que sur l’autre bord, il reste très correct grâce, une fois encore, à la largeur des coques. En outre, les grandes ouvertures, les murs blancs et les boiseries modernes donnent une impression d’espace et de luxe (encore !).
Principalement dédié au marché du charter, le 46 PC offre peu de possibilités de personnalisation. Ainsi, il n’est pas possible de changer la couleur des boiseries. En revanche, on peut tout de même choisir entre six différentes selleries. Reste l’équipement qui, bien que relativement complet dès le départ, peut être complété par de nombreuses options, comprenant notamment le système audio Fusion, la climatisation, la cave à vin, le lave-vaisselle, le dessalinisateur ou encore la plateforme hydraulique arrière. Même s’il s’agissait là d’un premier exemplaire, la finition est plutôt de bon niveau, et correspond assez bien au niveau de prix de ce powercat.
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La coque bâbord est dédiée aux deux cabines des invités, avec chacune sa salle de bains.
La suite propriétaire est baignée de lumière.Elle profite également d’un vrai bureau, d’une commode et d’une magnifique salle de bains.
Des motorisations de 2 x 250 à 2 x 370 CV
Avec un déplacement inférieur à 17 tonnes, le Leopard reste dans la bonne moyenne. De plus, le constructeur a dessiné les coques de manière à obtenir un rendement optimal, tant en termes de performances, que d’autonomie. Pour la motorisation, le choix s’est donc porté sur deux Yanmar de 250 CV en version standard, une puissance qui peut être portée à 2 x 320 CV ou 2 x 370 CV selon les désirs du client. Implantés à l’arrière des coques, les compartiments moteur sont accessibles depuis le cockpit. Ces cales regroupent d’ailleurs tous les systèmes vitaux du navire, y compris le générateur (en option). Un soin particulier a été apporté à l’insonorisation, ce qui fait qu’en route, on n’entend quasiment pas la mécanique, un vrai plus pour le confort à bord.
Pour notre essai, nous disposions de la version la plus puissante (2 x 370 CV V8 Yanmar), une motorisation plutôt généreuse pour un catamaran de 46 pieds. Le constructeur a également souhaité conserver la classique ligne d’arbre, une solution qui a largement fait ses preuves sur ce genre d’embarcation. Ainsi propulsé, le 46 PC, sans parler de sportivité, fait montre d’un certain dynamisme. Les accélérations sont franches, et le powercat ne met pas longtemps à rejoindre son régime de croisière, soit environ 16 noeuds à 3 000 tr/min. Une vitesse plutôt correcte et qui, grâce aux 1 852 litres du réservoir, autorise une bonne autonomie. En pointe, le catamaran est même capable d’atteindre 22 noeuds, c’est largement suffisant. En fait, si l’on souhaite privilégier la consommation et l’autonomie, on se rabattra volontiers sur la puissance intermédiaire, voire sur la version 2 x 250 CV pour faire de l’autonomie une priorité.
En dehors des performances, le Leopard séduit grâce à son confort en navigation. Lors de notre test, les eaux de Floride n’étaient guère accueillantes, avec environ 1,50 m de creux. Des conditions qui repoussent plus d’un navire. Là encore, le 46 PC nous a étonnés. Non seulement il est tout à fait capable d’appréhender le mauvais temps, mais il se paye également le luxe de rester rapide, et surtout confortable pour l’équipage. Coupant littéralement la vague avec ses étraves, le Leopard file de crête en crête sans se cabrer ou enfourner, c’est rassurant, et cela rend les choses plus agréables pour les longs trajets où l’on ne maîtrise pas toujours les conditions sur l’ensemble du parcours. Pour ne rien gâter, le roulis reste très bien maîtrisé. Sur mer plate, le powercat prend son envol, ne traînant au final pas beaucoup d’eau grâce à des entrées d’eau assez fines et des coques presque planantes sur la partie arrière. Bon point également en courbe, où le catamaran reste bien à plat tout en conservant un beau dynamisme en sortie de virage. La bimotorisation rend quant à elle les manoeuvres de port relativement aisées, d’autant que la visibilité à partir du flybridge est excellente. Bref, un catamaran sain et facile à piloter, même pour quelqu’un qui ne dispose pas encore d’une grosse expérience.
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La plate-forme arrière électrique peut s’immerger totalement : pratique pour ranger l’annexe, pour la baignade ou pour les activités nautiques.
Les jupes sont facilement accessibles, et constituent un bon point de départ pour la baignade, notamment sur tribord bâbord avec la belle échelle de bain.
Conclusion
Avec ce modèle, Leopard prouve qu’il est bien un acteur de référence dans l’univers du multicoque, y compris dans celui des powercats. Il propose de surcroît une exploitation de l’espace optimale qui offre au catamaran une dimension luxueuse. Ses performances sont également très honnêtes, ce qui accroît encore sa polyvalence. Une recette qui semble d’ores et déjà séduire, puisque le chantier a déjà enregistré plus de cinquante commandes.
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Le flybridge du 46 PC est l’un des plus grands de la catégorie. De là, on peut piloter le powercat, manger, cuisiner, se faire bronzer, ou simplement savourer le paysage.
De bonne taille, le cockpit fait la part belle à la circulation. Il est également presque entièrement couvert par le flybridge.
Le poste de pilotage sur le flybridge profite d’une excellente visibilité, il est également bien abrité, même pas gros temps.

LES + :
+ Volume intérieur
+ Performances
+ Circulation à bord
LES - :
- Une seule teinte de bois
- Beaucoup d’options
- Table du cockpit qui ne s’abaisse pas

DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Robertson and Caine (Afrique du Sud)
Longueur hors-tout : 14,13 m
Largeur hors-tout : 7,34 m
Tirant d’eau : 0,94 m
Tirant d’air : 5,64 m
Déplacement lège : 16,76 t
Carburant : 1 850 l
Eau : 700 l
Motorisation standard : 2 x 250 CV Yanmar
Motorisation max : 2 x 370 CV Yanmar Couchages : 6 (3 cabines) à 8 (4 cabines)
Catégorie d’homologation : A
Prix : 969 000 $ HT en version de base
Principales options (HT)
Version 2 x 320 CV : 8 676 $
Version 2 x 370 CV : 23 066 $
Propulseur d’étrave : 15 362 $
Générateur 9 kW : 40 674 $
Pack électrique 220 V : 17 600 $
Lave-vaisselle : 3 163 $
Dessalinisateur Spectra Newport : 29 226 $
Sellerie optionnelle : 531 $
Tabouret bureau : 683 $
Panneaux solaires (2 x 150 Wc) : 5 348 $
Plate-forme arrière électrique : 57 817 $
Réfrigérateur flybridge : 2 528 $
Gril électrique flybridge : 2 006 $












