Présenté au public lors du dernier Cannes Yachting Festival, le YOT 36 est le premier modèle de la nouvelle marque de powercats lancée par le Groupe Catana. Pour aborder ce nouveau marché – et donc un nouveau public –, rien de mieux que mettre en place… une nouvelle équipe et une nouvelle usine !
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Conditions : 15 à 20 nœuds, mer agitée
L’expérience du powercat du Groupe Catana était jusqu’alors limitée au Bali 4.3 MY (déclinaison du voilier) et aux essais d’un Bali Catspace MY, qui finalement n’a jamais été vraiment lancé et commercialisé. Pas vraiment convaincu par le potentiel de ses catamarans à moteur finalement très proches de leurs sister-ships à voile, le constructeur a préféré reprendre la copie à zéro et s’adresser plutôt à un public « motonautique » plutôt que « lassé de la voile ». En termes stratégiques, il ne s’agit donc pas d’un recadrage de projet, mais d’un reset… Ainsi est née la marque YOT ; ce nom rappelle évidemment le vocable « yacht », mais c’est également « toy » à l’envers. Bref, un YOT, c’est donc un mini-yacht ou un (gros) jouet nautique, ce sera selon… Nous voilà assurément sur des terres bien éloignées des gammes Catana et Bali ; du coup, le Groupe Catana a mis en place une nouvelle structure de production au Portugal, et une équipe complète dédiée au développement, au marketing et bien sûr à la vente. Les objectifs de YOT sont très ambitieux, puisqu’à terme le constructeur souhaiterait produire 400 unités par an – pour mémoire, la production des Bali et Catana totalisait sur l’exercice 2022/2023 300 catamarans. En ce qui concerne la gamme elle-même, le YOT 36 sera rejoint très prochainement par un YOT 41 (présentation annoncée pour le Cannes Yachting Festival) et à la fin de l’année par un YOT 46. Tous ces modèles seront propulsés dans un premier temps par des hors-bords ; les motorisations inboard seront proposées courant 2025.
Priorité au plan de pont
Le YOT 36 a donc été défini comme un concurrent direct des grands day-cruisers à une seule coque ; il se contente d’ailleurs d’un gabarit très proche, avec moins de 4 mètres de largeur. L’idée est bien sûr de ne pas augmenter le tarif d’une place de port. Place ensuite aux arguments-massues : stabilité au mouillage, comportement plus marin en navigation, surface maximale du plan de pont et consommation contenue. Le constructeur a mandaté le très expérimenté cabinet J&J Design pour dessiner un powercat moderne et très racé. La construction est très soignée et robuste : de nombreux renforts structurels sont même réalisés en carbone. Pensé comme un confortable day-cruiser, le YOT 36 privilégie très clairement le plan de pont. Ce dernier s’articule autour d’un passage central avec de part et d’autre une paire de sièges enveloppants à l’avant (l’un d’entre eux est celui du pilote), un meuble cuisine et enfin des assises modulables (tables ou solariums). Il est donc possible d’aménager son salon de pont à l’envi… mais il y a tellement de possibilités qu’on peut en être un peu dérouté par cette valse presse-bouton – les commandes sont en effet électriques. Reste qu’il est possible de réunir les deux tables de manière à pouvoir dresser un véritable banquet pour 10 voire 12 personnes ! Le T-Top intègre un bimini textile qui permet de protéger la partie arrière du cockpit, laquelle se prolonge par une vaste plate-forme arrière. De chaque côté, les pavois se rabaissent pour former une immense terrasse au mouillage. La largeur alors passe à 5,40 m hors-tout. On progresse vers la plage avant via les passavants… qui ne sont pas identiques ! Le passage à tribord est en effet creusé pour assurer un passage plus sûr, alors que le biveau du pont reste plus haut à bâbord. La plage avant, en plus de nombreux coffres de rangement, propose une grande banquette et un solarium.
Les aménagements intérieurs se limitent à deux cabines : une double de taille standard à bâbord et une simple plus petite à tribord ; chacune est équipée d’une salle d’eau et profite d’une finition et d’un éclairage soignés
Conditions hivernales idéales pour valider le passage dans la mer
Le beau soleil de fin d’été qui avait prévalu à Cannes pour la découverte du YOT 36 et ses coques argentées est bien loin quand je débarque à Canet-en-Roussillon au mois de décembre. Sans grande surprise, il fait bien plus froid, le soleil joue bien sa partition mais au-dessus des nuages, et le vent de mer est rentré… du coup, la mer est passablement agitée – mais pas au point de nous clouer au port. Django Fontaine, directeur commercial de la marque YOT, prend les commandes. Un joystick permet de gérer parfaitement les manœuvres. Nous sommes accueillis dès la sortie du port par un clapot très court – typiquement méditerranéen, en somme. C’est donc l’occasion idéale pour tester cette carène dont les coques sont relativement étroites et le tunnel soigneusement caréné. Le passage dans les vagues est très souple et amorti. Les coques ne tapent pratiquement jamais, et rares sont les embruns qui s’invitent sur le pont. Le barreur est bien installé à son poste de commande décalé sur tribord avec une bonne visibilité sur le plan d’eau. La console high-tech est clairement inspirée par ce qui est proposé sur le marché automobile. La direction connectée aux deux moteurs est directe et précise. Les virages serrés ne s’appréhendent pas comme à bord d’une vedette monocoque avec une contre-gîte marquée ; cette dernière reste modérée et suffisante pour que le pilote ne soit pas trop surpris par un effet centrifuge. Ce type de carène de catamaran n’est de toute façon pas du tout conçue pour enquiller des virages serrés comme un tracteur de ski nautique, mais bien plus pour une traversée rapide vers un mouillage ou un cabotage côtier. A partir de 20 nœuds, le tunnel entre les coques commence à faire son office de coussin d’air amortisseur : le confort à bord est vraiment surprenant. Malgré la puissance des moteurs V8 optionnels de 300 CV dont nous disposons, le YOT 36 ne dépasse que de peu les 30 nœuds. Pour ma part, je considère cette vitesse de pointe comme très largement suffisante, mais d’aucuns, férus de motonautisme sportif, pourraient rester sur leur faim. Du côté de la consommation, on relève que les Mercury sont relativement gourmands (déjà plus de 4 litres au mille dès 8,5 nœuds), mais finalement assez accommodants avec les hautes vitesses, puisqu’on ne dépassera jamais les 6 litres au mille. Reste que l’autonomie est bien celle d’un day-cruiser : il est possible de faire une traite de 100 milles (Baléares depuis le continent espagnol ou Bahamas depuis la Floride), mais pas beaucoup plus. On peut espérer qu’une déclinaison inboard apporterait un plus en matière de consommation ; dès lors, le YOT 36 pourrait élargir son programme et devenir un cabin cruiser capable de pratiquer la croisière côtière.
Conclusion
Le marché des powercats daycruisers de 36 à 38 pieds ne cesse de se renforcer : dans le sillage du Four Winns TH36 et du YOT devraient débouler le Makai 37 et l’Aventura 38 SC, suivis de près par l’Xquisite 40 Powercat. Autant dire que c’est bien une nouvelle catégorie qui est née entre les catamarans à moteur conçus pour la pêche et les cabin cruisers plus cossus. Le YOT 36 présente face à ses concurrents tous aussi récents que lui de solides atouts, à commencer par un design qui ne laisse pas indifférent, un excellent comportement en mer et enfin un prix bien placé – même si le modèle présenté coûte au final tout de même 600 000 € HT avec ses options. Mais quand on aime et qu’on a les moyens, on peut se fait plaisir, non ?
Excellent comportement marin
Plan de pont XXL
Consommation des hors-bords relativement élevée
Modularité presque déroutante
Descriptif technique
Architecte : J&J Design
Matériau : composite polyester avec renforts carbone
Longueur hors-tout : 10,92 m
Largeur : 3,99/5,40 m
Tirant d’eau : 0,93 m
Déplacement : 7,20 t
Motorisation : 2 x 225 ou 2 x 300 CV
Vitesse de croisière : 18 à 25 nœuds
Vitesse max : 31,2 nœuds
Carburant : 2 x 575 l
Eau : 2 x 150 l
Nombre de cabines : 2
Couchages : 3
Certification CE : B10
Prix avec 2 x 225 CV : 383 000 € HT
Principales options en € HT :
Motorisation 300 CV au lieu de 225 : 51 800
Trims automatiques Zipwake : 4 600
Pack navigation : 27 500
Système son Premium JL Audio System : 8 100
Package intérieur luxe : 6 000
Rideaux/stores : 1 200
Bimini arrière électrique : 11 700
Cuisine de cockpit : 2 100
Réfrigérateur : 2 600
Toile de fermeture du cockpit : 7 500
Chauffe-eau : 1 400
Panneaux solaires (716 Wc) : 13 750
Eclairage sous-marin : 4 320


