Le plus grand des Astus… reste un petit multicoque qui n’atteint même 8 mètres de coque. Le constructeur breton a depuis toujours revendiqué ce positionnement basique de spécialiste du trimaran abordable et transportable mais la collaboration avec VPLP depuis 2016 avec l’Astus 16.5 a su apporter une touche de glamour et un bonus en termes de performances.
Infos pratiques
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Conditions : 10 à 12 nœuds de vent de nord-est, mer peu agitée
Voilà plus de 20 ans qu’Astusboats a intégré l’univers des constructeurs de multicoques ; Jean-Hubert Pommois, son fondateur, a en effet transformé en 2004 son ancien hangar d’élevage de visons en chantier naval. Le constructeur occupe le créneau du petit trimaran transportable. Ses modèles, tous équipés de simples tubes télescopiques afin de pouvoir rapprocher facilement les flotteurs de la coque principale, connaissent un beau succès, à l’image de l’Astus 20.2 diffusé à plus de 120 exemplaires. Le lancement du 16.5 marque un tournant avec la signature du prestigieux cabinet d’architecture VPLP. Design, vitesse, ergonomie : les Astus sont gagnants sur tous les plans, sans renier leur simplicité originelle.
Annoncé il y a deux ans déjà, l’Astus 26.5 était très attendu : « Le 24 est sorti de notre gamme quand on a lancé le 22.5, je pensais que cette nouveauté serait notre flagship… mais non, on avait de la demande pour le mètre en plus, de l’eau sous pression. D’où cette proposition d’un modèle plus grand », m’explique Jean-Hubert.
Nous sommes donc à La Rochelle, trois jours après la fermeture du Grand Pavois – c’est à l’occasion de ce salon que le 26.5 a fait sa Première mondiale. Le trimaran va entamer sa remontée vers la Bretagne par la mer dans la journée, ce qui nous laisse quelques heures pour découvrir ce nouveau modèle.
Un design sobre signé VPLP
Cette 5e collaboration avec le cabinet réputé VPLP se traduit par un design plutôt sobre et un volume de coque centrale très important au-dessus du redan. La construction est réalisée en polyester selon le procédé de l’infusion – y compris pour les flotteurs.
L’allongement du gréement tout comme celui des appendices laissent augurer d’excellentes performances. L’Astus 26.5 se décline en trois versions – Loisir, Croisière et Sport – afin de coller à tous les programmes, ou presque. A bord d’un Astus, il est en effet possible de naviguer à la journée, de caboter en croisière côtière, mais également de régater.
Premier coup d’œil au plan de pont de l’étrave au safran : on découvre un bout-dehors décentré (il peut s’encastrer dans un coqueron) pour amurer les voiles de portant, l’enrouleur de génois Selden, deux taquets d’amarrage bien placés à ras du livet de pont et une grande soute à tout faire. L’avant du rouf est monté sur charnières ; c’est là que se cache la baille à mouillage. Du coup, le davier est reculé (et décentré sur tribord) pour se retrouver juste devant le bras de liaison.
Les passavants ne sont pas très larges, mais ils sont largement débordés par les grands trampolines (4 m de long) et sécurisés par une main courante sur chaque bord. Chaque flotteur est équipé de deux coffres. Le rouf est équipé d’un petit panneau ouvrant et – sur notre modèle d’essai – de panneaux solaires.
Le gréement adopte un classique profil en aluminium avec un étage de barres de flèche. Toutes les manœuvres reviennent à l’arrière du rouf, sauf les écoutes de gennaker, plus reculées. Cette zone est ici protégée par une capote ; cette pièce mériterait une poignée de chaque côté et imposera de déplacer un winch. En revanche, la baille à bout intégrée est une réussite. Le cockpit profite évidemment des redans de la coque centrale ; il n’est pas très large, mais on peut s’y installer à quatre confortablement. Le barreur est repoussé derrière les tubes et la barre d’écoute – les formes arrondies évitent les chocs dans les tibias. Un matelas et une protection en mousse du balcon arrière garantissent une assise très confortable.
Des aménagements dépouillés mais fonctionnels
La coque centrale de ce petit trimaran n’a évidemment rien à voir avec la nacelle des catamarans de 38 pieds et plus sur lesquels nous naviguons le plus souvent ; pour autant, on relève une confortable hauteur sous barrot de 1,80 m alors que largeur se résume à 2,05 m. Un vrai miracle… qui tient à une particularité des Astus : « On est au fond de la coque ! J’ai supprimé les planchers il y a 15 ans déjà ; on gagne plus de hauteur et on voit tout », s’amuse Jean-Hubert.
Les marches de descente sont amovibles de manière à libérer l’accès sous le cockpit ; quant à la petite table à tout faire de 71 par 42 cm, elle est articulée et peut se muer en bureau comme en plan de travail pour la cuisine. Les banquettes de 2 m de long par 50 cm de large peuvent être élargies par une rallonge d’appoint de 15 cm. Vous ne voyez pas le puits de dérive ? C’est normal, il a été intelligemment décalé pour épouser un des montant des banquettes. Ce puits est moulé avec la coque sans reprises de stratification.
Deux meubles au niveau de la cloison structurelle peuvent être aménagés en bloc cuisine, c’est-à-dire évier et réchaud (lequel occupe le volume précédemment dédié à un tiroir). Au niveau de cette séparation zone de vie/cabine, la hauteur sous barrot est encore de 1,65 m.
A l’avant, la couchette double est relativement grande, avec 1,94 m long par 1,38 de large à la tête et 0,95 aux pieds. Cette mini-cabine peut être fermée par un rideau ; une partie du matelas est amovible pour accéder aux toilettes chimiques.
La glisse sans se faire peur
La prise en main de ce petit trimaran est très simple ; mieux, cet Astus (pourtant en version Sport avec ses 5 m2 de surface de voilure en plus) révèle un comportement si docile qu’il pourra parfaitement être mené par des débutants désireux de progresser. Mais que les mordus des écoutes se rassurent : le 26.5 ne demande qu’à glisser à plus de 10 nœuds, surtout quand les voiles de portant sont envoyées.
Les flotteurs très volumineux assurent une assise parfaite, garantie de puissance et de possibilité de vitesse.
Comme le vent est de terre, nous commençons d’ailleurs par le portant. Sur l’eau presque plate, le 26.5 dépasse facilement les 8 nœuds alors que le vent réel est à peine supérieur. Un peu plus au large, le vent se renforce un peu et le trimaran flirte même régulièrement avec les 11 nœuds, en toute décontraction.
Un monocoque bâbord amures semble faire route de collision avec nous… mais finalement, comme nous naviguons trois fois plus vite que lui, nous nous échappons loin, très loin devant son étrave !
Les appendices pivotants fonctionnent très bien au près – sur les deux bords, précisons-le pour la dérive décentrée. Malgré l’absence de lèvres sur le puits de dérive, la glisse est excellente ; on remonte à 100° bord sur bord et la vitesse atteint 8,6 nœuds pour 17 nœuds de vent apparent. Dérive et safrans ne craignent rien en cas de choc ; ils remontent tous les deux automatiquement grâce à un système de sécurité. L’Astus 26.5 peut donc beacher facilement et flotte dans 40 cm d’eau seulement.
Conclusion
Même s’il s’agit du modèle le plus grand jamais proposé par le constructeur, le 26.5 reste accessible, aussi bien sur le plan de la prise en main que de celui du budget. Fera-t-il aussi bien que le best-seller actuel, le 20.5, qui compte déjà 80 unités ? Pour l’heure, le constructeur table prudemment sur 5 à 6 exemplaires par an, mais ce nouveau modèle a, selon nous, toutes les qualités pour s’imposer comme un incontournable du paysage nautique des voiliers à trois coques. Pour l’heure, la moitié des ventes sont assurées en France, l’autre moitié se répartit en Allemagne, en Autriche, en Grande-Bretagne, sans oublier les Etats-Unis où Astusboats dispose d’un réseau de distribution.
Repliage/dépliage Le mode d’emploi 3 minutes chrono de Jean-Hubert
« J’accroche le bout et la poulie de renvoi sur le liston de la coque centrale, je frappe le bout sur le flotteur. J’installe le palan sur le balcon AR. Je choque les bastaques. Je choque le trampoline, j’enlève les goupilles des tubes et je winche…
Une fois le trimaran plié, je choisis les 3,40 m sur l’eau ou les 2,54 pour la route. Je mets en place les goupilles et je reprends les bastaques. »
Dépliage
« Je reprends exactement les opérations à l’envers en utilisant toutefois un tangon pour permettre d’exercer une traction vers l’extérieur. Je précise que la cinétique a évolué depuis les premiers Astus, en particulier grâce aux tubes chemisés tout le long. »
Facilité de manœuvre
Budget attractif
Quelques détails d’accastillage à revoir
Descriptif technique
Architectes : VPLP
Longueur hors-tout : 8,90 m
Longueur de coque : 7,90 m
Longueur flotteur : 7,85 m
Largeur : 5,80/3,40 m (replié à flot)/2,54 m (replié sur remorque)
Tirant d’eau : 0,40/1,80 cm
Déplacement lège : 1 200 kg
Grand-voile : 24/27 m2
Solent : 11/13 m2
Gennaker : 35 m2
Spi : 52 m2
Motorisation max : HB 10 ch
CE : D7/C5
Prix : à partir de 82 417 € HT
www.astusboats.com