C’est avec plaisir que j’ai répondu à l’invitation de Jean-Noël Roux, concessionnaire NEEL-TRIMARANS pour l’Occitanie et Propriétaire du tout nouveau NEEL 43 Performance, de convoyer son multicoque de La Grande-Motte à Port Ginesta pour le Multihull Fest 2024, dont Multicoques Mag est partenaire ! Je connais bien le NEEL 43 pour en avoir essayé un aux Antilles pendant une semaine et j’avais déjà été impressionnée par les performances et la convivialité de ce trimaran. Je me réjouis donc de tester la version Performance et embarque pour l’occasion mon mari et mon fils de 7 ans. Pour être honnête, le jeune Sam semble beaucoup plus emballé que son père, alpiniste confirmé mais dont le pied marin ne s’est pas encore affirmé…
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Conditions : 10 à 20 nœuds de vent, mer agitée
Jean-Noël m’a prévenue : « Attention, ce n’est pas le même bateau ! » En effet, même si le Performance est issu des mêmes moules que le NEEL 43 standard, une multitude de détails, visibles ou non, en font un multicoque complètement différent : les cloisons structurelles et le mât carbone, le gréement textile et l’accastillage haut de gamme annoncés par le chantier ont été accompagnés par une foule de détails qui font de ce trimaran un très joli petit jouet.
Nous arrivons donc tous les trois avec armes et bagages, impatients d’en découdre avec le golfe du Lion, mais malheureusement la météo en a décidé autrement pour le moment : vent de sud-est avec des rafales à 45 nœuds, pluie diluvienne et mer forte… des conditions incompatibles avec une croisière familiale ! Nous en profitons donc pour découvrir le trimaran au port avant qu’une fenêtre météo daigne s’ouvrir. Première impression : le multicoque paraît beaucoup plus haut sur l’eau qu’un 43 « classique », ce qui m’est confirmé par Jean-Noël : « Le multicoque fait 500 kg de moins qu’un NEEL 43 équipé croisière. »
Design intérieur sobre et épuré
A l’intérieur, pas de surprise, nous retrouvons le design standard, sobre et épuré du NEEL 43. Lequel permet tout de même d’offrir six couchages en trois cabines doubles dans des conditions de confort très sympathiques. Le layout du bateau lui donne un petit air de loft new-yorkais. Le jeune Sam trouve vite sa place dans la bannette double bâbord, laquelle communique avec le carré. Nous nous installons dans la cabine Propriétaire avec mon mari ; ce dernier suggérait d’aller à l’hôtel « compte tenu des conditions météo », mais finalement, il a convenu que cette cabine était très confortable et que le lit était grand (150 x 200 cm). Pour ma part, j’apprécie beaucoup la saisissante vue sur mer qui se double du sentiment d’être dans un cocon protecteur. Heureusement que nous nous sentons bien tous les trois à bord, car il va falloir attendre jusqu’au lendemain milieu d’après-midi pour pouvoir enfin décoller ; un épisode cévenol est annoncé dans la nuit et, depuis le carré, nous pouvons voir les vagues passer par-dessus la jetée. Un excellent dîner au restaurant japonais – bien connu paraît-il des exposants de l’International Multihull Show – nous réconforte, et surtout nous confirme que nous avons bien fait de ne pas prendre la mer : des bourrasques de vent et de pluie mettent en effet à mal la véranda de l’établissement !
La nuit est agitée avec des claques à plus de 50 nœuds ; nous avons du mal à trouver le sommeil. J’en profite pour me familiariser avec l’électronique Garmin dont l’écran 16 pouces illumine la table à cartes. Je suis un peu perdue devant la complexité des menus et je n’arrive pas à trouver de prime abord les informations qui m’intéressent. Le chantier aura probablement des efforts à fournir pour livrer les multicoques avec une électronique déjà paramétrée pour des voileux. En revanche, tout le réseau électrique est connecté via « l’empire bus » et permet d’activer les différents coupe-circuits depuis l’écran de la table à cartes, voire de son téléphone si vous avez interfacé celui-ci via l’application Garmin. Petit bémol, le relais wifi doit être mal positionné, car je perds la connexion dès que je rentre dans ma cabine.
Route directe vers l’Espagne
Dimanche matin, une brève accalmie nous laisse espérer un départ matinal, mais l’état de la mer et la quantité de sable accumulée sur le pont du trimaran par les intempéries nous obligent à patienter encore un peu. A l’heure du déjeuner, le vent finit par descendre en dessous de 20 nœuds et la mer semble se calmer ; je décide d’appareiller à 15 h et de faire route directement vers Port Ginesta… Compte tenu du timing serré et des prévisions météo peu favorables dans les jours à venir, les escales prévues dans les mouillages de charme de la Costa Brava sont d’ores et déjà supprimées – on part pour une vraie traversée. L’impatience du départ du jeune Sam est inversement proportionnelle au moral de son père, peu enjoué à la perspective de passer la nuit en mer dans ces conditions.
Malgré le vent encore soutenu et bien que notre place à quai soit très proche d’un catway derrière et d’un duc d’Albe devant, nous parvenons facilement à nous extirper de là, grâce au couple du moteur très marqué et au propulseur d’étrave. Je profite de l’avant-port pour envoyer la grand-voile sur une mer encore plate. Pas de winch électrique dans cette configuration, mais un 4 vitesses Karver qui permet de monter la voile sans effort, même si le processus peut paraître un peu long lorsque vous passez sur la vitesse démultipliée. A choisir, j’aurais conservé le winch électrique, ce qui est tout à fait possible, confirmation prise auprès du chantier par la suite.
Plaisir de barre
Nous partons bâbord amure dans un vent qui oscille autour des 15 nœuds et je règle le trimaran pour un près océanique à 60° du vent réel. Première bonne surprise, malgré une mer encore agitée, le petit multicoque est très véloce et se cale rapidement à plus de 8 nœuds. La barre en carbone avec une transmission directe par drisse textile est d’une réactivité incroyable, et je me fais vraiment plaisir à barrer le trimaran, avant qu’un nouveau grain me pousse à enclencher le pilote et à me réfugier à la table à cartes. En fin d’après-midi, le vent adonne de 25 degrés et je peux commencer à jouer avec les nouveaux réglages des voiles d’avant : un petit palan en Dynema avec un pad eye placé sur le bord du roof permet d’ouvrir et de tendre la chute du génois ; le gain de performance est saisissant, et permet au NEEL 43 Performance de dépasser allègrement les 10 nœuds malgré la mer formée. A l’intérieur, bien calé dans sa bannette, Sam s’endort rapidement, pendant que mon mari assure la veille à la table à cartes. J’en profite pour tester la gazinière, heureusement équipée de deux serre-casseroles. Définitivement, le plus petit des NEEL est très marin !
En milieu de nuit, nous traversons une zone de transition avec un vent qui tombe en dessous de 5 nœuds et une pluie abondante : nous faisons route au moteur à 2 000 tours/ minute pour une vitesse de croisière proche de 8 nœuds. Vers 5 h, le vent revient au nord-est et fraîchit à 20 nœuds, je peux abattre à 140 degrés du vent réel, en route vers le redouté cap Creus – certains parlent de cap Horn de la Méditerranée. La pluie toujours diluvienne et la mer hachée ne motivent pas l’équipage pour envoyer un spi, nous continuons donc sous grand-voile haute et génois. Je suis très agréablement surprise par le comportement du pilote automatique qui permet au 43 d’enchaîner des surfs à plus de 15 nœuds pendant que je sirote mon café en contemplant les éléments déchaînés. Je commence à rêver de transat avec ce magnifique trimaran !
Empannage en solo… et en travaillant !
Je regrette cependant que ce modèle n’ait pas été équipé de radar (c’est une option au catalogue NEEL) car, à ces vitesses et dans ces conditions, il vaut mieux être en veille – de nombreux petits bateaux de pêche espagnols ne sont pas équipés d’AIS. De surcroît, j’adore anticiper les grains avec le radar, et les nouvelles technologies numériques permettent une bien meilleure visualisation des phénomènes météo qu’il y a 20 ans quand je courais en équipage féminin autour du monde.
C’est un jour bien maussade qui se lève sur les côtes espagnoles, mais l’intérieur cosy et lumineux de notre petit multicoque nous donne une impression rassurante de sécurité et de confort. Je vais prendre un peu de repos dans ma cabine pendant que mes deux hommes assurent la veille. Allongée dans la bannette double aux dimensions décidément très généreuses, j’apprécie la visibilité à 360° qui permet de vérifier de temps en temps que tout va bien. En fin de matinée, nous ne sommes plus qu’à une vingtaine de milles de Barcelone et nous déboulons à plus de dix nœuds de moyenne. Le vent continue d’adonner et je dois empanner pour éviter de naviguer sur la fausse panne. Mes marins dorment, à présent, je suis en pleine conférence de rédaction avec le téléphone dans une main, mais, grâce au poste de barre très simple où toutes les manœuvres sont regroupées, je peux faire mon empannage sans stress : j’abats à 160° du vent réel, je choque suffisamment le génois pour amener le point d’écoute près de l’étai et je borde l’écoute au vent pour le mettre en ciseaux. Je n’ai plus qu’à attendre un peu que la vitesse du bateau se reconstruise afin de diminuer le vent apparent, puis je donne deux impulsions sur la commande de pilote pour faire empanner la grand-voile que j’avais au préalable centrée à l’axe. Un jeu d’enfant, mes collègues au téléphone ne se sont même pas rendu compte que j’étais en train de manœuvrer en solo ! Nous finirons par atteindre Port Ginesta en milieu d’après-midi, toujours sous une pluie battante, où nous sommes accueillis par Pedro, le concessionnaire local du chantier.
Conclusion
Je dois vous avouer que je n’avais jamais essayé, de surcroît sans le Propriétaire à bord, un multicoque dans des conditions météo aussi défavorables. J’ai été très agréablement surprise par le comportement marin de ce trimaran, dans cette mer qui a toujours été plus forte que le vent. Pour moi, c’est un multicoque idéal pour une famille qui souhaite naviguer au long cours ! Je veux absolument renaviguer sur le NEEL 43 sur mer plate dans 15 nœuds de vent, ce trimaran promet d’être une vraie petite bombe !
Directeur commercial du chantier
L’avis de Brieuc Maisonneuve

Emeraude Multicoques
L’avis de Jean-Noël Roux

Les ajouts du pack Performance qui transforment ce sympathique croiseur familial en multicoque haut de gamme
L’amélioration des finitions, il y a eu de vrais progrès au niveau du chantier depuis le lancement de cette unité.
Le manque d’antidérapant sur certaines parties du roof (ces zones sont réservées pour la pose de panneaux solaires, en l’absence elles sont assez glissantes)
Descriptif technique
Architectes : Marc Lombard Yacht Design Group
Matériau : sandwich mousse/verre quadriaxial/polyester et vinylester, cloisons PVC carbone et renforts carbone
Longueur : 12,90 m
Largeur : 7,40 m
Tirant d’eau : 1,50 m
Tirant d’air : 19 m
Déplacement lège : 8,5 t
GV lattée : 58,6 m²
Génois : 43,4 m²
Eau : 500 l
Carburant : 300 l
Motorisation : 50 CV Volvo
Certification CE ICNN
Principales options, prix HT :
A partir de 560 000 € en version 3 cabines
Cockpit et marches arrière en teck synthétique (Seadeck) : 8 450 €
Tente de cockpit (amovible) : 5 565 €
Bimini du poste de barre : 3 930 €
Table du carré convertible couchage double avec rideaux : 4 060 €
Générateur 6/7 kVA : 17 850 €
Climatisation : 19 320 €
Chauffage : 7 200 €
Dessalinisateur 12 V débit 100 L/h : 15 700 €
2 x panneaux solaires sur avant roof total 312 W : 4 500 €
Annexe Highfield 3,1 m avec moteur hors-bord Honda 6 CV : 7 600 €
Prix du modèle essayé : 616 450 € HT




