POUR LA CUISINE DANS LA NACELLE - Eric Roger

Eric est le fondateur de la marque Aventura Catamarans. Spécialiste de la construction composite, il introduit en 2007 une gamme de catamarans de plaisance qui ne cesse de conforter son succès au fur et à mesure de la sortie de nouveaux modèles.
«C’est en 2010, avec l’Aventura 33, que la marque est lancée sur le marché de la plaisance habitable. Mais notre plein essor a démarré en 2016, avec la collaboration du studio Lasta Design et un nouveau chantier à Bizerte, en Tunisie. En 2017, le 34 remplace le 33, et la cuisine est toujours placée sur le pont principal, dans le carré.» Eric nous livre les points qui ont poussé à cette configuration, la seule valable à ses yeux : « En fait, je ne me suis même pas posé la question, c’était une évidence pour moi qu’il valait mieux cuisiner en haut qu’en bas. Cela évite déjà de devoir descendre et remonter les plats, et d’être trop vite soumis au mal de mer, ce qui n’est pas toujours évident en cuisinant, surtout si la mer est agitée. La facilité d’accès, que l’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur en train de naviguer, est toujours excellente, surtout si l’on place la cuisine entre le carré et le cockpit, comme sur le 34 et maintenant sur le nouveau 37. Après tout, c’est sur le pont et dans le cockpit que l’on se restaure, alors pourquoi changer d’étage ? La lumière du jour et la bonne ventilation pour les odeurs sont aussi un avantage, mais c’est surtout la convivialité qui est la grande gagnante – car celui ou celle qui est aux fourneaux n’est pas isolé(e). Sur ces deux derniers modèles, nous avons réussi, malgré l’espace qui est compté, à trouver une ergonomie intéressante. Comme la descente vers les cabines est au milieu du carré, cela permet d’installer la cuisine en L, face à l’arrière, avec une légère protubérance au niveau de l’entrée qui procure une bonne protection pour le cuisinier – il peut également se caler. Le plan de travail sert de passe-plat, de desserte, ou même de bar selon l’heure. Sur l’autre bord, nous avons pu disposer un réfrigérateur en colonne de 260 litres sur le 37, ce qui laisse une bonne marge en termes d’avitaillement frais et évite d’avoir à installer d’autres compartiments froids, toujours énergivores. Pour le stockage des denrées, nous avons installé des tiroirs sous les banquettes du carré afin d’éviter de relever les assises, et ça change la vie. Cela rogne un peu l’espace repas intérieur, mais nos clients avouent prendre beaucoup plus souvent les repas dans le cockpit qu’à l’intérieur. La séparation de l’espace nuit – avec la possibilité de conserver une salle d’eau spacieuse – est ainsi préservée et la simplicité de la formule nous semble la plus naturelle. »

POUR LA CUISINE DANS LA COURSIVE - Mike Rees

Mike est directeur général de la marque Seawind Catamarans. Après avoir fait ses armes sur les monocoques et les motor yachts, il possède maintenant une expérience de 15 ans avec les multicoques de la marque.
Apparue en 1982, Seawind est une marque très orientée vers les marchés américain et océanien. Avec les Seawind 1190 et 1260, le choix de la cuisine en coursive a été retenu. Plus de 250 catamarans sur les deux modèles et leurs prédécesseurs, les 1150 et 1250, ont été produits depuis l’implantation de la marque au Vietnam en 2010. Mike nous explique les raisons qui ont poussé la marque à installer la cuisine dans une des coques. « Sur des unités de juste ou un peu moins de 40 pieds, il est difficile d’avoir à la fois un grand salon et une grande cuisine en U sur le même niveau. Si la cuisine n’est pas en U, le cuisinier est gêné par le passage vers les cabines. Nous avons donc cherché un équilibre entre le confort et le côté pratique en respectant l’ergonomie et l’utilisation de nos clients. Nous avons toujours évité de faire des roofs trop proéminents, et forcément, cet aérodynamisme se ressent sur le volume du carré. Nos utilisateurs ne passant pas beaucoup de temps à cuisiner (sortie au restaurant le soir et barbecue dans le cockpit pendant la journée), un beau carré en U est priorisé avec une baie vitrée ouverte, sans obstacle, sur toute la largeur vers le cockpit. L’open space, ainsi dégagé, fait penser à un plus gros catamaran avec une belle circulation pour ne pas se gêner, même nombreux à bord. De belles banquettes dedans et dehors sont idéales pour se relaxer, inviter les amis à l’apéritif ou même manger. Côté cuisine, dans le flotteur, on dispose de beaucoup de place avec des meubles de part et d’autre de la coursive. Des volumes largement suffisants pour stocker tout l’avitaillement, et surtout bien conçus pour y avoir accès très facilement. De plus, c’est très sécurisant pour se caler en travaillant. On peut bénéficier de compartiments froids avec ouvertures zénithales ou sur les façades. Les deux plans de travail, de part et d’autre, doublent la surface de préparation. Avec le grand pare-brise du carré au-dessus, on a toujours une luminosité indirecte très agréable. Nous ne sommes pour autant pas bloqués sur cette unique configuration, et sur le nouveau Seawind 1370, qui sortira prochainement, la cuisine sera dans le carré. Mais finalement, pour ces tailles de 40 pieds et moins, la formule de la cuisine dans la coque est un vrai win win : un grand salon très ouvert et une grande cuisine très spacieuse et à l’abri des regards. »
