Nous avons sélectionné pour vous 10 multicoques de 100 000 à 200 000 €. Ces dix modèles de 38 à 44 pieds sont bien représentés dans le monde entier, mais les restrictions de circulation peuvent compliquer les visites loin de chez vous. Dommage, parce que les unités les plus isolées affichent du coup des prix plus bas – un mandataire sur place peut être particulièrement utile.
100 000 € - Athena 38 - Un design tout en rondeur / Essai MM58

L’Athena 38 s’intercale en 1994 entre le Tobago 35 et le Venezia 42, deux unités dont il reprend le design – lignes arrondies, étraves camuses et rouf à casquette. Des lignes un rien désuètes aujourd’hui, certes, mais la conception générale de cette unité est toujours convaincante. Un peu plus lourd que les tout premiers modèles Fountaine Pajot, il est un peu moins rapide ; les coques du 38 sont en effet sensiblement plus larges et le franc-bord plus important. De fait, l’Athena convient parfaitement à une longue navigation aux Antilles ou en Méditerranée, à deux ou en famille. En revanche, lors des longues traversées, il lui manque sans doute un peu de longueur pour passer la mer en souplesse. Reste que la capacité de charge est appréciable pour un catamaran de moins de 40 pieds. Plaisant sous voile, facile à mener, ce modèle a rapidement connu un grand succès commercial – auprès des loueurs comme des particuliers –, à tel point qu’il est resté près de 10 ans au catalogue de son constructeur. En 1998, l’Athéna est amélioré : on profite d’une meilleure vue sur l’avant grâce à un nouveau poste de barre, directement inspiré de celui du Bahia 46. Une passerelle en dur est également présente en arrière du rail d’écoute. Les points forts de ce modèle : un grand confort malgré sa taille modeste, une circulation fluide sur le pont comme à l’intérieur et un carré arrondi particulièrement réussi. La finition de ce modèle est en nette hausse comparée aux générations précédentes ; tout juste remarque-t-on quelques vaigrages collés ici et là.

Constructeur : Fountaine Pajot
Matériau : sandwich polyester
Architecte : Joubert/Nivelt
Longueur de coque : 11,60 m
Longueur à la flottaison : 11,30 m
Largeur : 6,30 m
Tirant d’eau : 1,00 m
Déplacement : 6 t
Voilure au près : 88 m²
Grand-voile : 50 m²
Génois : 38 m²
Moteur : IB 2 x 18 CV
Production : 222 exemplaires de 1994 à 2003
Prix occasion : 100 000 à 130 000 € HT
Rapport qualité/prix : ***
Disponibilité sur le marché : ****
Le plus : Catamaran logeable pour sa taille, bonnes performances, nacelle très agréable à vivre
Le moins : Peu à l’aise dans la grosse mer au près, hublots de coque minuscules, coin navigation succinct
A VÉRIFIER : La plupart des Athena 38 sont encore en bon état général, mais le niveau de l’équipement est très variable suivant les unités. A surveiller : voiles, moteurs, circuit électrique, gréement dormant et courant. Pour ceux qui souhaitent partir, contrôlez les points suivants : fixation de l’étai et du vis-de-mulet et câblage de la barre à roue.
110 000 € - Corsair 36/37 - Repliable et transportable / Essai MM134

En 2004, Corsair Marine a lancé le plus grand trimaran transportable du marché, le Corsair 36. La longue expérience des bras de liaison repliables du chantier a permis d’appliquer le mécanisme – jusqu’alors utilisé sur des multicoques plus petits – sur une plate-forme de 11 m. Ce modèle offre un intéressant compromis confort/performance, et surtout un extraordinaire plaisir de barre. Véloce et sûr, il est capable de spectaculaires accélérations jusqu’à 20 nœuds. Tout l’accastillage est reculé au cockpit de façon à ce que ce multicoque puisse être aisément mené en équipage réduit ou en solitaire. Le gabarit encore modeste du 36 le destine à la croisière semi-hauturière plutôt qu’aux grandes traversées – le volume habitable offre bien deux cabines doubles et un confort douillet, mais rien de comparable avec les aménagements d’un catamaran de même longueur. Les appendices relevables limitent le tirant d’eau, ce qui encourage toutes les fantaisies en matière de mouillage. La motorisation est assurée par un hors-bord de 15 à 20 CV. Le plus grand modèle du constructeur est devenu Corsair 37 fin 2008, sans changements notables. Ce trimaran est régulièrement optimisé et amélioré : à ce jour, il figure toujours au catalogue. Une version CR (carbone) offre une raideur accrue et un déplacement revu à la baisse. Mais le prix demandé n’a plus rien à voir avec les premiers millésimes.

Constructeur : Corsair Marine
Matériau : sandwich polyester
Longueur de coque : 10,97 m
Largeur : 3/7,8 m
Tirant d’eau : 0,51/2,3 m
Déplacement : 3,05 t
Voilure au près : 75,87 m²
Grand-voile : 49,42 m²
Génois : 26,45 m²
Moteur : HB 15 à 20 CV
Production : environ 50 exemplaires depuis 2004
Prix occasion : à partir de 110 000 € HT
Rapport qualité/prix : ****
Disponibilité sur le marché : ***
Le plus : Multicoque rapide et plaisant à barrer, largeur réduite à 3 m au port.
Le moins : Volume de la coque centrale limité.
A VÉRIFIER : Ces modèles sont encore très récents, donc le plus souvent en bon état. Seules les pièces d’usure – moteur, voiles, cordages – ont pu souffrir et ne pas être remplacées.
120 000 € - Escale 39 - Pour le grand large… et les canaux ! / Essai MM45

Au début des années 1990, les multicoques étaient encore une spécialité anglaise. Là-bas, priorité au confort avec des ponts de très grande surface et des superstructures imposantes. Côté gréement, un mât très reculé qui fait la part belle au génois, pratiquement deux fois plus grand que la grand-voile. Concernant cet aspect architectural, on peut relever que l’Escale 39 avait un coup d’avance : la dernière génération Lagoon, initiée avec le 39 en 2013, en est la meilleure illustration… Autre caractéristique, une largeur modérée pour limiter les frais de port et surtout se permettre de découvrir les canaux et autres waterways. Un concept aujourd’hui toujours défendu par les catamarans américains Gemini. Lancé en 1991, l’Escale 39 est déjà en sensible décalage comparé aux productions françaises ou australiennes, sensiblement plus performantes. Ce qui ne l’empêchera pas d’être diffusé à une centaine d’exemplaires. L’Escale 39 est en fait une évolution du 37. La nacelle, défendue par l’embryon d’une troisième coque, a pris un peu de hauteur. Les couchettes arrière abritent deux grands lits en travers, casés dans le redan, et le chantier a installé des jupes. Trois versions d’aménagements sont disponibles. Une version charter compte même dix couchages… Ce modèle n’est pas, vous l’avez compris, le multicoque le plus rapide dans cette catégorie des 38/40 pieds. Il est lourd, les poids ne sont pas idéalement centrés, le fardage est important et le rendement des ailerons très courts forcément limité au près. L’Escale convient à un équipage soucieux de confort au mouillage – la circulation entre l’intérieur et le cockpit est excellente –, mais pas pressé d’arriver de l’autre côté d’un océan.

Constructeur : Prout Catamarans
Architecte : David Feltham et Rob Underwood
Matériau : sandwich balsa polyester
Longueur de coque : 10,86 m
Longueur à la flottaison : 10,37 m
Largeur : 5,56 m
Tirant d’eau : 0,95 m
Déplacement : 6,40 t
Surface de voile au près : 78 m²
Moteur : IB 2 x 20 CV diesel
Production : 100 exemplaires de 1991 à 1995
Prix occasion : 120 000 à 150 000 € HT
Rapport qualité/prix : ***
Disponibilité sur le marché : **
Le plus : possibilité de naviguer sur les canaux
Le moins : performances limitées et plan de pont peu ergonomique
A VÉRIFIER : La structure compacte et robuste de l’Escale 39 vieillit bien. La plupart des modèles proposés sur le marché sont de plus bien entretenus et équipés. Surveillez tout de même les heures moteur.
140 000 € - lagoon 410 - Moderne avant tous les autres / Essai MM65 et 96

Lancé en 1997, c’est le premier Lagoon lancé après le rachat de Jeanneau par Bénéteau en 1995. Innovant avec son rouf imposant flanqué d’une batterie de hublots verticaux façon rotonde, il demeure une référence chez les catamarans de grande croisière après avoir conquis les loueurs. En septembre 2002, le compteur de la chaîne de montage est à 120 unités quand le chantier décide de revoir le plan de pont. Sous le vocable Lagoon 410 S2, les drisses et les bosses de ris reviennent désormais vers le poste de barre – lui-même est redessiné pour un accès plus facile –, avec un winch électrique en prime. A noter : les tout derniers catamarans ont bénéficié de grands hublots de coque. Le rouf volumineux du 410 préserve des larges passavants pour profiter à fond du trampoline XXL et des sièges de balcon. Poste de barre pour deux, table de cockpit bien protégée par un bimini rigide, tout y est, mais la circulation est perfectible. Il n’y a pas de passage à l’arrière et les niveaux sont trop nombreux – en tout cas en comparaison avec ce qui se fait aujourd’hui… Facile à mener en solitaire ou en équipage réduit, le 410 est véloce pour peu que le vent dépasse les 8 nœuds : un vrai bouffeur de milles. Bien plus léger que les modèles actuels, il est également plus sensible à la charge. Les emménagements sont très réussis, et faciles à entretenir. On apprécie la luminosité de la nacelle et sa vue panoramique, l’aération soignée et les cabines confortables – avec des grands lits à l’arrière.
Constructeur : Lagoon
Architecte : Van Peteghem/Lauriot Prévost
Matériau : sandwich polyester
Longueur de coque : 12,37 m
Longueur à la flottaison : 11,67 m
Largeur : 7,09 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Déplacement : 7 200 kg
Surface de grand-voile : 53 m²
Surface de génois : 36 m²
Moteur : 2 x 28 CV
Production : 283 exemplaires de 1997 à 2006
Prix occasion : 140 000 à 180 000 € HT
Rapport qualité/prix : ***
Disponibilité sur le marché : ****
Le plus : Bon compromis vitesse/confort, adapté à la navigation en zone tropicale, robustesse de la structure
Le moins : Plan de pont perfectible à l’arrière, couchettes avant étroites, moteurs sous les couchettes arrière
A VÉRIFIER : Pratiquement rien à craindre sur cette unité particulièrement robuste : structure et gréement semblent blindés, même les modèles les plus durement exploités en location restent sains et sûrs. Du côté des emménagements, même bonne surprise à condition que le bateau ait été bien suivi – une douche qui suinte sur une boiserie ou un panneau de pont qui fuit ne laissent aucune chance aux boiseries. Intéressez-vous au nombre d’heures moteur : à 10 000 heures, la mécanique dépasse son espérance de vie normale, il faut prévoir à court ou moyen terme un échange standard – à intégrer dans la négociation.
150 000 € - Nautitech 40 - Le pionnier du bimini rigide / Essai MM105

Ce catamaran est encore moderne et attrayant, malgré ses carènes… plus toutes jeunes. La carrière du Nautitech 40 a en effet démarré sous le vocable 395 en 1996. Le chantier Dufour avait confié au cabinet Mortain/Mavrikios la conception du plus petit catamaran de la gamme, abandonnée en 2001. Deux ans plus tard, ce modèle est relancé avec un nouveau plan de pont, et surtout un bimini rigide en polyester. Une innovation devenue aujourd’hui un standard sur les catamarans typés croisière. Ce toit protège merveilleusement le cockpit… et il est même équipé d’un capot coulissant ! Mais difficile de tenir un sans-faute du premier coup : la circulation du cockpit vers les passavants n’est pas évidente pour les grands gabarits. Les passavants sont larges, l’accastillage simple mais efficace. Sous voile, avec un déplacement modéré et des coques plutôt fines, le 40 se révèle performant à toutes les allures, et capable de dépasser les 10 nœuds au débridé. Malgré ses ailerons peu profonds et un centrage des poids perfectible, il pratique même un près honnête. Les emménagements, proprement finis, se déclinent en trois ou quatre cabines. La déclinaison 40.2, lancé en 2005, offre quelques marches bien utiles pour quitter le cockpit, tandis que le bimini est raboté pour faciliter le passage. Nautitech a profité de son refit pour lancer une version Propriétaire – seulement diffusée à 10 exemplaires, elle est logiquement très prisée. Autres modifications notables à bord du 40.2 : une cuisine un peu plus grande intègre la poubelle, les sièges de barre basculants deviennent fixes sur le capot moteur, et enfin d’astucieuses modifications de structure permettent d’abaisser les couchettes de 18 cm. Plus de confort et plus d’espace visuel, c’est toujours bon à prendre. En 2008, le chantier a modifié ses boiseries et a opté pour du bois clair.

Constructeur : Nautitech Catamarans
Architecte : Mortain/Mavrikios
Matériau : sandwich polyester
Longueur de coque : 11,98 m
Longueur à la flottaison : 11,50 m
Largeur : 6,40 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Déplacement : 7,4 t
Surface de grand-voile : 50 m²
Surface de génois : 37 m²
Motorisation : 2 x 29 CV
Production : 90 exemplaires de 2003 à 2011
Prix occasion : 150 000 à 180 000 € HT
Rapport qualité/prix : ****
Disponibilité sur le marché : ***
Le plus : Bonne valeur de revente, catamaran costaud et plutôt bien fini, grande capacité de couchage
Le moins : Unité un plus chère que ses concurrents de même taille, centrage des poids perfectible, bimini trop bas
A VÉRIFIER : Pas de problèmes structurels à craindre. Le seul défaut connu est un problème d’étanchéité entre le pont et le rouf. Ce dernier est posé sur la plate-forme – la cornière de jonction s’est révélée insuffisante sur les tout premiers modèles. La pièce a rapidement été revue et encore accentuée sur les plus récentes unités. De nombreux Nautitech 40 ont été exploités en location : beaucoup d’heures de mer, ce sont des moteurs et un gréement durement sollicités. Et parfois des ailerons qui ont tâté du corail d’un peu trop près – à contrôler. Les emménagements s’en sortent plutôt bien, seuls les groupes froids ont causé quelques soucis aux loueurs.
150 000 € - Seawind 1160 - Marin et malin / Essai MM140

Très populaires en Australie, mais également aux Etats-Unis, les Seawind sortent des sentiers battus en termes de design : coques plutôt fines, déplacement mesuré, grandes ouvertures au-dessus du liston et rouf étroit mais haut perché… Un design particulier aux plus petits modèles : les 1600 et maintenant le 1370 adoptent des dessins plus modernes et standards. Le 1160 est issu pour partie du 1000, dont il reprend les coques – rehaussées. La hauteur sous nacelle dépasse les 70 cm, ce qui garantit un comportement sain par mer formée. Assurément marin, le 1160 est facile à manœuvrer avec ses deux postes de barre et son foc autovireur. Les déplacements sont sécurisés par de nombreuses mains courantes ; le constructeur a même pensé à équiper le mât d’échelons rabattables. Le confort du cockpit et de la plage avant est irréprochable. L’accès à la nacelle est particulièrement convivial avec une entrée très large – la porte est constituée de trois modules escamotables, lesquels se cachent contre le bimini. Ce dernier est astucieux, avec une partie centrale en dur et des toiles sur les côtés. Selon la météo, il est donc possible de protéger tout le cockpit ou au contraire de s’exposer au soleil. Bref, des idées qui ont fait école… Sur l’eau, ce catamaran se montre véloce : il est capable de se passer de ses moteurs dès 5 nœuds de vent et allonge volontiers la foulée à plus de 10 nœuds sous gennaker. Les emménagements sont bien plus classiques que le look extérieur – certains regretteront que la cuisine soit installée dans la coque tribord, loin du cockpit. Pour autant, les rangements sont nombreux et la finition très soignée. La version Lite est équipée de deux moteurs hors-bords.

Constructeur : Seawind Catamarans
Matériau : sandwich mousse/vinylester
Longueur de coque : 11,6 m
Longueur à la flottaison : 11,3 m
Largeur : 6,5 m Tirant d’eau : 1,1 m
Déplacement lège : 7 t
Surface de voile au près : 80 m²
Surface grand-voile : 59 m²
Surface solent : 21 m²
Motorisation : 2 x 30 CV in-board ou 2 x 20 CV HB
Production : 150 exemplaires depuis 2004
Prix occasion : 150 000 à 350 000 € HT
Rapport qualité/prix : ****
Disponibilité sur le marché : ****
Le plus : Les astuces du bord qui facilitent la vie en croisière
Le moins : Mauvaise visibilité depuis les postes de barre
A VÉRIFIER : Bien construit et encore récent (voire tout neuf), le 1160 ne souffre pas de problèmes structurels en usage normal. Même malmené dans des mers difficiles et souvent retenu par les loueurs, ce modèle se tire parfaitement de ces exercices exigeants. L’emploi de la résine vinylester protège le stratifié des phénomènes d’osmose. L’examen d’un 1160 se résumera donc aux contrôles de ses périphériques – moteurs, haubanage, voiles, plomberie, électricité, électronique.
160 000 € - Leopard 38/39 - 100% croisière, 100% confort / Essai MM146

Leopard 38, Sunsail 384, Leopard 39, Moorings 3900… Quatre vocables pour un catamaran quasi identique : les deux derniers – 126 exemplaires – sont équipés d’un bimini en polyester dans le prolongement du rouf, et d’une casquette rigide qui coiffe le poste de barre. Sur le 38 et le 384 (produit en 2009 et 2010 à 69 unités), le bimini est légèrement rehaussé, et le barreur se contente d’une protection en toile. Autre spécificité : les Leopard, avec leurs trois cabines, sont dédiés aux propriétaires, tandis que les deux autres modèles, typés location, sont équipés de quatre cabines. Malgré son (exigeant) cahier des charges imposé par Sunsail / The Moorings, le plus petit des Leopard parvient à intégrer un carré, une cuisine, une (mini) table à cartes et trois ou quatre cabines – dans moins de 12 mètres de coque. Un seul bémol : la surface de plancher réduite dans la nacelle. Bonne surprise sur l’eau : malgré son orientation 100 % croisière, le Leopard 39 affiche des performances honorables à toutes les allures. Des chiffres ? Notre essayeur Philippe Echelle s’était laissé tenter par une sortie par bonne brise : une rafale à 31 nœuds et une bonne vague avait propulsé le catamaran à 17,6 nœuds ! Si la silhouette est massive de face et de profil, le gréement est élancé, et les architectes sont parvenus, grâce aux redans marqués, à préserver une largeur à la flottaison modérée – gage de bonne vitesse moyenne. Depuis le poste de barre capable d’accueillir deux personnes, les manœuvres sont à portée de main. Un solitaire ou un équipage familial ne se sentira pas dépassé par la machine. Un bon catamaran de croisière, costaud et bien pensé.

Constructeur : Robertson & Caine
Architecte : Morelli & Melvin
Matériau : sandwich balsa/verre
Longueur de coque : 11,43 m
Longueur à la flottaison : 11 m
Largeur : 6,04 m
Tirant d’eau : 1,05 m
Déplacement : 9 105 kg
Voilure au près : 92 m²
Grand-voile : 57 m²
Génois : 35 m²
Gennaker : 94 m²
Moteur : IB 2 x 21 ou 29 CV
Prix occasion : 160 000 à 240 000 € HT
Production : 195 exemplaires de 2009 à 2014
Rapport qualité/prix : ****
Disponibilité sur le marché : ***
Le plus : Performances convaincantes dans la brise, voilier très sain même par mer formée, finitions bien adaptées à un usage intensif
Le moins : Surface de plancher de la nacelle réduite, table à cartes symbolique, peu élégant vu de face
A VÉRIFIER : Conçu pour résister au dur traitement de la location – soit 150 à 200 jours de navigation par an, le Leopard 39 a bénéficié dès sa conception d’un « process industriel » en ce qui concerne la plomberie, l’électricité, la motorisation… Les périphériques sont donc résistants, à l’image de la structure et du gréement, très largement échantillonné. La résine isophtalique prévient les phénomènes d’osmose. Reste qu’un jeu de voiles qui a enduré quatre ou cinq saisons tropicales est cuit. Quant aux moteurs, très rares sont les unités n’ayant des gros chiffrages d’heures de fonctionnement : les premiers exemplaires naviguent depuis 2009. Un exemplaire qui n’a pas été loué est assurément plus frais, mais également plus rare sur le marché de l’occasion.
200 000 € - Dean 441 - Taillé pour les mers les plus dures

Le chantier Dean Catamarans, animé par les Peter Dean père et fils, n’existe plus, et c’est bien dommage ; leurs catamarans étaient en effet reconnus pour leurs qualités marines exceptionnelles. Pas vraiment étonnant quand on est basé en Afrique du Sud, là où les conditions de navigation peuvent être très dures. Comme tous les autres modèles du chantier, le Dean 441 est donc un dur à cuire. Avec son fond de nacelle qui se prolonge loin vers l’avant – réduisant le trampoline à portion congrue –, il présente une grande spatule qui retarde toute velléité d’enfournement. Un concept aujourd’hui toujours d’actualité et même poussé encore avec les Bali. Dans le même esprit, les étraves deviennent très épaisses en partie haute. Les coques sont réalisées en tissus de verre/époxy monolithique dans les fonds – 12 à 22 mm d’épaisseur –, tandis que les œuvres mortes sont réalisées en sandwich balsa – 25 mm d’épaisseur. Bref, un véritable coffre-fort que ce 441 – même si les derniers modèles ont connu quelques soucis. Côté design, ce Dean se reconnaît de loin avec la tonture de pont inversée très prononcée. Sur le pont, justement, l’arceau du cockpit facilite la mise en place d’un bimini mixte – en dur et textile. Les déplacements sont faciles, même par gros temps. Vous allez croire que le 441 n’est qu’une grosse bête de brise… et vous n’aurez pas complètement tort : le catamaran peine à se déhaler en dessous de 10 nœuds de vent. Son déplacement en charge, de l’ordre de 16 tonnes, associé à un plan de voilure modeste explique cette paresse. A l’intérieur, des essences de bois nobles et surtout une étonnante palette d’aménagements étaient possibles.

Constructeur : Dean Catamarans
Architecte : Peter Dean
Matériau : sandwich mousse époxy
Longueur de coque : 13,3 m
Longueur à la flottaison : 13,1 m
Largeur : 7,2 m
Tirant d’eau : 1,1 m
Déplacement lège : 13 t
Surface de voile : 125 m2
Surface grand-voile : 70 m²
Surface génois : 55 m²
Moteurs : 2 x 42 CV diesel
Prix occasion : 200 000 à 260 000 € HT
Production : 61 exemplaires de 2008 à 2010
Rapport qualité/prix : ***
Disponibilité sur le marché : **
Le plus : Qualité de construction, multiples versions d’aménagements
Le moins : Plutôt sous-toilé, il est à la peine dans les petits airs ; boiseries sombres
A VÉRIFIER : Alors que les Dean sont unanimement réputés pour leur robustesse, des défauts de structure ont été notés sur les derniers modèles construits (no 41 et plus). Assurez-vous, si vous vous intéressez à un des modèles concernés, qu’une inspection poussée voire des travaux ont été entrepris – d’autant que le chantier a fermé ses portes en 2012.
200 000 € - Catana 401 - Un mât carbone en série ! / Essai MM81

Lancé en 1999, le Catana 401 a remplacé dans la gamme deux modèles d’un coup, le 381 et le 411. Mais il emprunte les coques du premier, rallongées de quelque 80 cm. La réputation de la marque n’est plus à faire en termes de performances, mais les modèles compacts – donc plus accessibles sur le plan financier – sont rares. C’est donc tout l’intérêt de ce 401. Il est rapide grâce à ses coques fines, ses dérives sabres, sa légèreté et la puissance de son plan de voilure – arboré sur un mât carbone. Lors de notre essai par vent fort, ce Catana nous avait bluffés par son aisance par mer agitée et sa vitesse moyenne, proche de 10 nœuds. Le plan de pont présente des grandes surfaces bien dégagées ; on observe un pincement des filières, à l’extérieur des passavants, de manière à isoler les dérives sabres. L’accastillage a été étudié de façon à ce qu’un homme seul gère le catamaran sans difficultés. Seuls bémols : le passage cockpit/pont est perfectible au-dessus des assises de veille et l’accès au sommet du rouf peu évident. Malgré son orientation performance, ce Catana reste habitable et confortable. Mais le volume offert par la nacelle n’a rien à voir avec celui d’un Lagoon de même taille et compliquent l’accès aux coques. Ces dernières abritent des cabines confortables. Neuf, le 401 était proposé en 10 versions d’aménagement à un prix plutôt élevé comparé à celui de ses concurrents directs ; le voilà désormais bien plus accessible !

Constructeur : Catana
Architecte : Christophe Barreau
Matériau : sandwich mousse/verre
Longueur de coque : 12,5 m
Longueur à la flottaison : 12 m
Largeur : 6,6 m
Tirant d’eau : 0,7/2 m
Déplacement lège : 9 275 kg
Surface de voile : 94 m²
Surface grand-voile : 52 m²
Surface génois : 42 m²
Moteurs : 2 x 30 ou 40 CV diesel
Prix occasion : 200 000 à 260 000 € HT
Production : environ 30 exemplaires de 1999 à 2008
Rapport qualité/prix : ****
Disponibilité sur le marché : **
Le plus : Catamaran hauturier robuste et performant
Le moins : Vitrages de la nacelle très exposés au soleil, accès au rouf, passage cockpit/pont
A VÉRIFIER : Les voiles, les moteurs et les périphériques méritent une attention particulière, surtout si le catamaran a été exploité de nombreuses années en charter. Le mât carbone sera également soigneusement inspecté. La structure, quant à elle, était garantie 10 ans…
200 000 € - Dragonfly 1200 Ocean Cruiser - Un trimaran avec une cabine arrière / Essai MM83

Lancé en 2000, le 1200 est le flagship de la gamme des trimarans repliables Dragonfly. Son patronyme OC – Ocean Cruiser – souligne ses aptitudes au long cours. Plus cossu que le Corsair 36/37, il est également presque deux fois plus lourd – mais sensiblement plus toilé. Grâce à ses bras repliables électriquement, il fait passer son maître-bau de 8,6 mètres en navigation à 4,3 mètres quand il est sagement amarré au port. Une largeur comparable à celle d’un monocoque moderne de 14 m, et donc le moyen de réduire la facture pour un anneau. Pourquoi 14 m et non 12 ? Replié, le trimaran s’allonge de 1,94 m, car les bras se translatent vers l’arrière. Le fameux procédé Swing Wing est tellement bien rodé qu’il réclame seulement 30 secondes par flotteur… Avec un ratio voilure/poids de 16,67 m2/t là où la plupart des catamarans de 40 pieds émargent à peine à 10, le 1200 se révèle rapide sur l’eau. Il est capable de louvoyer avec un angle mort de 85° seulement. En le poussant sous spi avec 28 nœuds de vent sur une mer plate, nous sommes parvenus à atteindre les 20 nœuds lors de notre essai au Danemark. Le plan de pont propose un cockpit central et des passavants de surface limitée. L’accastillage et les manœuvres peuvent paraître sophistiqués, mais s’avèrent à l’usage bien adaptés aux équipages réduits. A l’intérieur, le constructeur offre deux volumes distincts grâce à une cabine arrière autonome.

Constructeur : Quorning Boats
Architectes : Børge and Jens Quorning
Matériau : sandwich mousse/polyester
Longueur de coque : 11,96/13,90 m
Longueur à la flottaison : 11,20 m
Largeur : 4,3/8,6 m
Tirant d’eau : 0,75/2 m
Déplacement lège : 5,7 t
Surface de voile : 95 m²
Surface grand-voile : 60 m²
Surface génois : 35 m²
Moteur : 50 ou 78 CV diesel
Prix occasion : 200 000 à 240 000 € HT
Production : 18 exemplaires de 2000 à 2007
Rapport qualité/prix : *****
Disponibilité sur le marché : *
Le plus : Trimaran réellement conçu pour la navigation hauturière, performances flatteuses, qualité de construction et de finition – mât carbone
Le moins : Longueur augmentée de 2 m quand les flotteurs sont repliés, étroitesse des passavants, volume habitable limité
A VÉRIFIER : La qualité de construction du chantier danois n’est plus à faire – peu d’inquiétudes quant au vieillissement de ce modèle, d’autant que cette limousine à trois coques est d’ordinaire bien entretenue et généreusement équipée.