Les courants portants du Pacifique
La traversée du Pacifique n’aura été que du bonheur pour l’équipage de cet Excess 11, avec à la clé un accueil inoubliable en Polynésie.
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Publié le
01/08/2024
Par
Gilles Ruffet
Numéro :
226
Parution :
Aug.
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Sep.
2024
Où : entre l’Europe et la Polynésie
Multicoque : Excess 11
Blog : www.hina-tristan.com
Nous quittons les Marquises pour la dernière étape du voyage. Le bateau glisse bien sous Code 0, dans un vent régulier autour de 12-14 nœuds. Peut-être est-ce psychologique, mais j’ai l’impression que le bateau, plus léger qu’au départ de France, moins chargé en nourriture et en gazole, avance mieux. Voici l’anse Amyot, sur Toau. Cette anse est une fausse passe vers le lagon, protégée de la houle mais entourée de patates de corail, on a vraiment l’impression d’être au bout du monde. A une centaine de milles de Tahiti, nous essuyons le grain le plus violent de tout le voyage. Le vent monte de 10 à 40 nœuds en quelques minutes, et nous finissons par affaler entièrement la grand-voile, naviguant sous foc seul, quasiment en fuite. Notre dernier coucher de soleil en mer sera l’un des plus beaux de tout le voyage, et nous mouillons notre ancre pour la dernière fois. Le lagon de Tahiti est toujours aussi beau et sauvage dans cette partie de l’île. Avant de partir, nous n’avions ni l’un ni l’autre jamais passé une nuit en mer !