Préparer sa retraite… autour du monde !
En 2018, Michel, 70 ans, est un père de famille comblé qui s’apprête à entamer une retraite paisible, même si ce programme ne lui convient pas tout à fait. C’est alors qu’une idée commence à faire son chemin : réaliser son rêve d’enfant et partir pour un tour du monde à la voile, dans lequel des proches pourraient le rejoindre pour se confronter à la nature. L’aventure commence par un parcours de formation et de réflexion autour du projet.
1
/
1
Publié le
26/05/2025
Par
Julie Echelle
Numéro :
231
Parution :
Jun.
/
Jul.
2025
Où : Méditerranée
Multicoque : Astréa 42
Blog : voile-aventure-monde.com
En mai 2018, je m’inscris donc à un stage « Challenge Océan » en monocoque, avec l’objectif à peine avoué d’en prendre plein la gueule et de me dégoûter. Malgré deux traversées de nuit et une mer agitée sur un ancien bateau de course en acier sans aucun équipement moderne, je n’ai pas le mal de mer et je rentre convaincu que mon rêve est possible, je vais donc l’accomplir ! Pendant l’été, je navigue en Méditerranée, toujours en monocoque. En conclusion, ce type de voilier ne fera pas partie de mes premiers choix : la vie dans le carré séparé du cockpit par la descente n’est pas des plus agréables et le passage des casseroles pour les repas s’est parfois révélé complexe !
En septembre, j’effectue un stage « chef de bord » d’une semaine avec les Glénans sur un Nautitech 40 de 2006 : c’est ma première expérience sur catamaran, au départ et à destination de Bonifacio. Au programme : apprentissage de la direction d’un équipage et d’un voilier, manœuvres de sécurité, entrée et sortie de port, prise de mouillage et choix de route à partir de la carte, entre autres.
Nous rencontrons un vent fort avec 40 nœuds en rafales dans les bouches de Bonifacio, et allons donc nous abriter dans le petit port de Cannigione en Sardaigne. Je suis impressionné par le comportement du catamaran dans une mer forte, j’ai beaucoup de sensations et de plaisir à tenir la barre. Le multicoque se comporte comme un gros bouchon dans l’eau, il est le plus souvent à plat et on ne descend dans les coques que pour dormir. Le carré et le cockpit sont au même niveau et les repas en sont d’autant plus conviviaux. D’un autre côté, je mesure le chemin qu’il me reste à parcourir pour devenir un skipper responsable d’un tel voilier !
Mi-avril 2019, je participe à un nouveau stage avec mon co-équipier Jean-Marie, mais cette fois-ci via MACIF Centre de Voile pour un aller-retour Marseille/Baléares. Nous sommes six hommes à bord, tous jeunes, à l’exception de Jean-Marie et moi. Nous essuyons une tempête au large des Baléares, 55 nœuds de vent et des creux de 5 mètres ou plus. J’ai pu apprécier les manœuvres et, durant la tempête, je suis volontaire pour prendre un ris dans la grand-voile par 45 nœuds de vent avec des creux de 5 m. Ça balance dur, mais nous sommes sécurisés par un harnais et une sangle rattachée à une ligne de vie. Sur deux semaines, nous avons eu dix jours de vent à plus de 30 nœuds, et je suis fier d’avoir atteint 20,3 nœuds de vitesse sur ce catamaran de 12 mètres.
Ce stage est pour moi une révélation qui va fortement influer sur ma décision : je ferai le tour du monde en catamaran. Je confirme alors ma commande d’un Astréa 42 chez Fountaine Pajot.

