Aux portes de la Patagonie
En route vers le Grand Sud, il importe de profiter de la moindre fenêtre météo et de naviguer sous-toilé tant les rafales sont imprévisibles et violentes.
1
/
1
Publié le
01/02/2023
Par
Gilles Ruffet
Numéro :
217
Parution :
Feb.
/
Mar.
2023
Où : Patagonie
Multicoque : Katalu 42
Blog: www.ystafell.fr
Au matin, le vent s’est calmé, on renvoie la toile et on se repose de cette nuit difficile. Le lendemain, la météo se maintient, c’est-à-dire 20 à 30 nœuds de vent apparent de nord. Puis la brise forcit.
Quarante nœuds dans la nuit, mais toujours de nord, alors on ne se plaint pas ! Nous avions déjà pris trois ris avant la nuit, en prévision, cela va baisser dans la journée, mais toujours nord-nord-est, on avance. Il faut arriver dans le chenal d’entrée à l’étale de basse mer, nous allons trop vite et nous nous mettons à la cape, foc à contre, grand-voile relâchée, barre sous le vent et on dérive à deux nœuds, plein travers au vent et pile sur la route. Cette optimisation de la vitesse s’avère un succès : on arrive dans le chenal d’entrée parfaitement à l’heure.
Au mouillage, le vent forcit de sud et atteint 52 nœuds. Quelques jours plus tard, la météo est favorable pour faire cap au sud, pas plus de 24 heures, mais elles nous suffiront pour descendre sur Puerto San Julian, et ainsi gagner 24 heures sur la route d’Ushuaïa. On retrouve le large avec plaisir – la grande houle, les quarts de veille, les siestes et les étoiles.