Athéna 38
Best-seller chez les moins de 40 pieds

L’Athéna 38 s’intercale en 1994 entre le Tobago 35 et le Venezia 42, deux unités dont il reprend le design – lignes arrondies, étraves camuses et rouf à casquette. S’il reste relativement léger, il est moins rapide que les précédents modèles du chantier. Ses coques sont en effet sensiblement plus larges et le franc-bord est plus important. De fait, il convient parfaitement à une longue navigation aux Antilles ou en Méditerranée, à deux ou en famille. En revanche, lors des longues traversées, il lui manque sans doute un peu de longueur pour passer la mer en souplesse. Reste que la capacité de charge est appréciable pour un catamaran de moins de 40 pieds. Plaisant sous voile, facile à mener, ce modèle a rapidement connu un grand succès commercial – auprès des loueurs comme des particuliers –, à tel point qu’il est resté près de 10 ans au catalogue de son constructeur. En 1998, l’Athéna est amélioré : on profite d’une meilleure vue sur l’avant grâce à un nouveau poste de barre, directement inspiré de celui du Bahia 46. Une passerelle en dur est également présente en arrière du rail d’écoute. Les points forts de ce modèle : un grand confort malgré sa taille modeste, une circulation fluide sur le pont comme à l’intérieur, et un carré arrondi particulièrement réussi. La finition de ce modèle est en nette hausse comparée aux générations précédentes ; tout juste remarque-t-on quelques vaigrages collés ici et là.
Le plus : catamaran logeable pour sa taille, bonnes performances, nacelle très agréable à vivre
Le moins : peu à l’aise dans la grosse mer au près, hublots de coque minuscules, coin navigation succinct
A vérifier :
La plupart des unités sont encore en bon état général. A surveiller : voiles, moteurs, circuit électrique, gréement dormant et courant. Pour ceux qui souhaitent partir, contrôlez les points suivants : fixation de l’étai et du vis-de-mulet, et câblage de la barre à roue.
Curseur Confort/Performance : 7/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : ++++
Descriptif technique
Constructeur : Fountaine Pajot
Architecte : Joubert/Nivelt
Longueur de coque : 11,60 m
Longueur à la flottaison : 11,30 m
Largeur : 6,30 m
Tirant d’eau : 1,00 m
Poids : 6 t
Voilure au près : 88 m2
Grand-voile : 50 m2
Génois : 38 m2
Moteur : IB 2 x 18 CV
Matériau : sandwich polyester
Production : 222 exemplaires de 1994 à 2003
Prix occasion : de 100 000 à 130 000 € HT
Catana 381
Il a tout d’un grand !
Dans la famille Catana, ce modèle est particulièrement séduisant. D’abord parce que c’est le plus petit – et donc l’un des plus accessibles financièrement. Ensuite, parce qu’il représente la charnière entre les anciennes générations dessinées par Lock Crowther et les unités conçues plus tard à Canet-en-Roussillon, bien plus haut de gamme. Le 381, dessiné par Christophe Barreau, conserve des coques asymétriques, comme ses aînés, mais adopte un rouf plus contemporain – dont les hublots réclament vite une protection solaire. Soucieux de conserver des performances flatteuses, l’architecte a opté pour une nacelle au volume contenu, et surtout des coques fines. Résultat, le carré est petit et les couchages relativement étroits. Le 381 convient donc mieux à un couple ou une famille qu’à 8 personnes… Le plan de pont est original avec une grand-voile reprise par deux palans, et surtout un imposant poste de barre surélevé et repoussé sur la poutre arrière. Sur l’eau, le 381 fait rapidement parler la poudre. Ses dérives sabres lui permettent de parfaitement remonter au près, tandis qu’il est capable, par bonne brise, de tenir une moyenne de 12 nœuds, avec des pointes à plus de 20. Ce modèle a servi de base en 2000 au Catana 401.
Le plus : catamaran rapide et marin, dérives pour le près, design toujours dans le coup
Le moins : carré et cabines exigus, poste de barre exposé, hublots de la nacelle exposés au soleil
A vérifier :
Les coques des tout premiers exemplaires étaient construites en Chine. Elles étaient ensuite aménagées et accastillées à Cogolin, où se trouvait le chantier Catana. Ces modèles réclament un examen plus poussé que les suivants. Si les fonds des coques sont renforcés, ils sont néanmoins exposés, tout comme les safrans, lors des échouages. Une sortie d’eau, ou à défaut une plongée, permet de s’assurer que les œuvres vives n’ont pas souffert.
Curseur Confort/Performance : 8/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : ++
Descriptif technique :
Constructeur : Catana
Architecte : Christophe Barreau
Longueur de coque : 11,90 m
Longueur à la flottaison : 11,80 m
Largeur : 6,60 m
Tirant d’eau : 0,70/2,00 m
Poids : 5,6 t
Voilure au près : 83 m2
Grand-voile : 41 m2
Génois : 42 m2
Moteur : IB 2 x 18 à 30 CV
Matériau : sandwich polyester
Production : 22 exemplaires de 1995 à 1999
Prix occasion : de 120 000 à 150 000 € HT
Lagoon 380
Difficile de faire mieux !

Il reste pour l’heure disponible à la vente en neuf, et aucun autre catamaran de croisière peut se vanter d’une telle diffusion et… de bientôt 20 ans de présence au catalogue de Lagoon ! De fait, diffusé à plus de 800 exemplaires depuis 2000, plus d'une vingtaine d'unités sont encore vendues chaque année en Europe, sur le continent américain comme sous les tropiques. Le secret de sa longévité ? Un subtil compromis volume/performances et une excellente capacité de charge pour une unité de moins de 40 pieds. Il ne faut cependant pas se leurrer : par petit temps, en dessous de 10 nœuds de vent, le 380 s’appuie sur ses puissants moteurs – de18 à 28 chevaux. L’option grand-voile à corne est donc à privilégier. Dès le médium, il affiche des performances honnêtes du bon plein au vent arrière. Il est même capable de tenir 10 nœuds de moyenne par bonne brise. Mais reste un peu court (en taille) au près en mer ouverte. Le plus petit et plus ancien Lagoon du catalogue est donc bien armé pour une belle boucle atlantique. Il ne lui manque que quelques coffres supplémentaires. Et le rouf, très haut, n’est pas évident à escalader. Mais le plan de pont est net, avec des manœuvres qui convergent vers le poste de barre. Le 380 reste, chez les moins de 12 mètres, le catamaran familial le plus confortable grâce à son incroyable volume. Certes, la silhouette en prend un coup. Les coques sont très hautes et larges, et la nacelle massive. Mais c’est à ce prix que le 380 est capable d’accueillir deux couples et quatre enfants. Car les coques sont assez larges pour y caser une ou deux cabines doubles, la nacelle est parfaitement protégée des rayons les plus chauds du soleil grâce aux vitrages verticaux et à la casquette, le carré panoramique est confortable, la cuisine fonctionnelle, le cockpit convivial… En 18 ans, peu de modèles ont fait mieux ! La version S2 bénéficie d’une finition plus moderne.
Le plus : catamaran toujours dans le coup
Le moins : paresseux par petit temps
Les points à vérifier :
Pas de soucis structurels signalés ; juste quelques faiblesses relevées pour les planchers et certains éléments de boiseries. Voiles, gréement courant, plomberie, électricité et moteurs sont à inspecter pour les modèles les plus anciens.
Curseur Confort/Performance : 5/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++++
Descriptif technique :
Chantier : Lagoon CNB
Architecte : Van Peteghem/Lauriot Prévost
Longueur de coque : 11,55 m
Longueur à la flottaison : 11,55 m
Largeur : 6,53 m
Tirant d’eau : 1,15 m
Poids lège : 5,90 t
Surface de voile au près : 77,00 ou 82 m2
Surface de grand-voile : 47 ou 52 m2
Surface de génois : 30 m2
Moteur : IB 2 x 18, 21 ou 28 CV diesel
Réservoirs gazole : 2 x 100 l
Réservoir eau : 300 l
Matériau : sandwich balsa/polyester
Production : + de 800 exemplaires depuis 2000 (série en cours)
Prix occasion : de 125 000 à 240 000 € HT
Seawind 1200
Un Aussie qui n’a pas pris une ride !
Ou dénicher un 1200 ? En Australie, bien sûr, son pays d’origine ! Car si le chantier est aujourd’hui bien implanté aux Etats-Unis et tente une percée en Europe, ce n’était pas forcément le cas au tout début des années 2000. Mais les Seawind sont de sacrés voyageurs…
Si vous connaissez son successeur, le 1160, vous ne serez pas surpris par le 1200 : celui-ci lui a offert une base à peine retouchée.Mêmes coques surélevées par d’imposants hublots latéraux, toujours une nacelle compacte et des coques fines. En revanche, pas de portes en trois modules qui basculent sous le bimini rigide. La voilà, la vraie différence entre les deux modèles : le 1200 adopte un passage classique du cockpit vers la nacelle avec une structure arrière du rouf toujours en place, tandis que le 1160 devient un catamaran Open. Sous voile, bien servi par son gréement élancé et un déplacement mesuré, le 1200 se révèle véloce, et même particulièrement plaisant par bonne brise. Voilà un cata de croisière qu’on prend plaisir à barrer. Côté manœuvres, le chantier s’est attaché à présenter un plan de pont fluide, et surtout des manœuvres qui convergent toutes vers le poste de barre ; mener seul ou à deux un 1200 est donc facile. A l’intérieur, la nacelle est occupée par un grand carré – on peut s’y installer à 10. L’ensemble est bien traité avec deux mètres de hauteur sous barrot et une vue à 360° sur l’horizon. La cuisine est installée dans la coque tribord, sans être isolée, puisque la nacelle se poursuit en partie au-dessus des coques. Le chantier proposait trois ou quatre cabines, toutes assorties de larges couchages doubles et d’une salle de bains complète.
Le plus : catamaran léger et véloce, plan de pont fluide
Le moins : dessin de carène daté, un peu bas sur l’eau par mer forte
A vérifier :
Ce modèle a une excellente réputation sur le marché. On est en confiance, seuls les points classiques d’usure demandent un examen approfondi – moteurs, périphériques, électricité, plomberie, gréement etc.
Curseur Confort/Performance : 7/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique :
Chantier : Seawind
Longueur de coque : 12,1 m
Longueur à la flottaison : 11,4 m
Largeur : 6,5 m
Tirant d'eau : 1,1 m
Déplacement lège : 7 t
Surface de voile : 79 m2
Surface grand-voile : 57 m²
Surface génois : 22 m²
Moteurs : 2 x 29 CV diesel
Fuel : 360 litres
Eau : 800 litres
Matériau : sandwich mousse/vinylester
Production : 50 exemplaires environ de 1996 à 2006
Prix occasion : à partir de 200 000 € HT
Leopard 39
100% croisière et compact
Leopard 38, Sunsail 384, Leopard 39, Moorings 3900… Quatre vocables pour un catamaran quasi identique : les deux derniers – 126 exemplaires – sont équipés d’un bimini en polyester dans le prolongement du rouf, et d’une casquette rigide qui coiffe le poste de barre. Sur le 38 et le 384 (produits en 2009 et 2010 à 69 unités), le bimini est légèrement rehaussé et le barreur se contente d’une protection en toile. Autre spécificité : les Leopard, avec leurs trois cabines, sont dédiés aux propriétaires, tandis que les deux autres modèles, typés location, sont équipés de quatre cabines. Avec son (exigeant) cahier des charges tout droit sorti du plus grand loueur de voiliers du monde, le plus petit des Leopard parvient à tout rentrer – soit un carré, une cuisine, une (mini) table à cartes et trois ou quatre cabines – dans moins de 12 mètres de coque. Un seul bémol : la surface de plancher réduite dans la nacelle. Dans la série "on vous offre tout dans moins de 40 pieds", c'est assez impressionnant ! Bonne surprise sur l’eau : malgré son orientation 100% croisière, le Leopard 39 affiche des performances honorables à toutes les allures. Des chiffres ?Notre essayeur attitré Philippe Echelle s’était laissé tenter par une sortie par bonne brise : une rafale à 31 nœuds et une bonne vague avait propulsé le catamaran à 17,6 nœuds ! Si la silhouette est massive de face et de profil, le gréement est élancé, et les architectes sont en effet parvenus, grâce aux redans marqués, à préserver une largeur à la flottaison modérée, gage de bonne vitesse moyenne. Depuis le poste de barre capable d’accueillir deux personnes, les manœuvres sont à portée de main. Un solitaire ou un équipage familial ne se sentira pas dépassé par la machine. Un bon catamaran de croisière, costaud et bien pensé.
Le plus : performances convaincantes dans la brise, voilier très sain même par mer formée, finitions bien adaptées à un usage intensif
Le moins : surface de plancher de la nacelle réduite, table à cartes symbolique, peu élégant vu de face
A vérifier :
Conçu pour résister au dur traitement de la location – soit 150 à 200 jours de navigation par an ! –, le Leopard 39 a bénéficié dès sa conception d’un "process industriel" en ce qui concerne la plomberie, l’électricité, la motorisation… Les périphériques sont donc résistants, à l’image de la structure et du gréement, très largement échantillonnés. "C’est un bateau bien conçu, structurellement résistant." La résine employée est isophtalique afin de prévenir les phénomènes d’osmose. Reste qu’un jeu de voiles qui a enduré quatre ou cinq saisons tropicales est cuit. Quant aux moteurs – on peut les estimer à remplacer autour de 10 000 heures –, très rares sont les unités ayant des gros chiffrages d’heures de fonctionnement : les premiers exemplaires naviguent depuis 2009. Un exemplaire qui n’a pas été loué est assurément plus frais, mais ils sont également rares sur le marché de l’occasion.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++
Fiche technique
Constructeur : Robertson & Caine
Architecte : Morelli & Melvin
Longueur de coque : 11,43 m
Longueur à la flottaison : 11 m
Largeur : 6,04 m
Tirant d’eau : 1,05 m
Poids : 9 105 kg
Voilure au près : 92 m2
Grand-voile : 57 m2
Génois : 35 m2
Gennaker : 94 m2
Cabines : 3 ou 4
Eau douce : 780 l
Carburant : 350 l
Moteur : IB 2 x 21 ou 29 CV
Matériau : sandwich balsa/verre
Production : 195 exemplaires de 2019 à 2014
Prix occasion : de 160 000 à 250 000 € HT
Lavezzi 40
Le confort d’un best-seller
227 exemplaires… record à battre pour Fountaine Pajot. En attendant les résultats du Lucia 40, bien parti pour devenir le recordman du chantier. Le Lavezzi 40 illustre bien la transition du constructeur rochelais entre la priorité aux performances de ses tout premiers modèles – n’oublions pas que les créateurs du chantier sont d’anciens champions olympiques – et l’intégration du souhait de sa clientèle, bénéficier d’un peu plus de confort. Du coup, ce Lavezzi offre un habile compromis. Il reste plutôt léger, conserve des coques fines à la flottaison et rondes de section (moins de surface mouillée et bonne capacité de charge) tout en offrant une belle nacelle et une finition plutôt flatteuse. Si la casquette qui déborde le rouf est toujours là, les étraves sont plus droites ; elles préfigurent déjà les modèles d’aujourd’hui. 40 pieds, c’est un peu la taille minimum – mais suffisante si le volume est de la partie – pour se lancer dans un projet de grand voyage en famille. Et le Lavezzi en a, du volume ! Décliné en version trois cabines – avec une coque dédiée au propriétaire – ou quatre pour la version charter, ce modèle propose tout de même 11 m3 de rangements. La nacelle est grande, avec une belle table de carré triangulaire. Seul bémol, l’étroitesse des couchettes avant, à réserver plutôt aux enfants ou aux petits gabarits. Sous voile, le 40 est forcément limité au près par ses ailerons peu profonds, mais, à toutes les autre allures, c’est un des modèles les plus rapides de cette catégorie "tout confort". Et sur le pont, on profite déjà de tout l’agrément des unités les plus récentes : circulation aisée sur des passavants larges et dégagés, vastes surfaces de farniente devant le mât, cockpit bien protégé et deux jupes arrière bien pratiques, au port comme au mouillage.
Le plus : performances satisfaisantes dès le médium
Le moins : quelques problèmes d’osmose sur les premiers modèles – 1 à 80
Table à cartes symbolique et couchette avant étroite
A vérifier :
Un convoyeur signale un problème de décollement du pont, certains loueurs ont pesté contre les vannes et une plomberie un peu cheap, des propriétaires se sont émus de constater un phénomène d’osmose précoce sur les premiers modèles – a priori dû à l’emploi au cœur du sandwich d’un produit de drainage déjà humide… Pour le reste, les utilisateurs sont unanimes : le Lavezzi 40 est sûr, costaud et capable de tenir deux bonnes dizaines d’années encore. Les points à vérifier si le bateau a beaucoup été loué : l’état du moteur et des voiles.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : ++++
Descriptif technique :
Chantier : Fountaine Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt et Olivier Flahault
Longueur de coque : 11,90 m
Longueur à la flottaison : 11,61 m
Largeur : 6,50 m
Tirant d'eau : 1,10 m
Déplacement lège : 6 t
Surface grand-voile : 55 m²
Surface génois : 35 m²
Moteurs : 2 x 20 CV diesel
Fuel : 250 litres
Eau : 2 x 270 litres
Matériau : sandwich verre polyester
Production : 227 exemplaires de 2002 à 2009
Prix occasion : de 130 000 à 195 000 € HT
Nautitech 40
Le bimini rigide, c’est lui !
Un croiseur encore moderne et attrayant sur des carènes… plus toutes jeunes. La carrière du Nautitech 40 a en effet démarré sous le vocable 395 en 1996. Le chantier Dufour avait confié au cabinet Mortain/Mavrikios la conception du plus petit catamaran de la gamme, produit jusqu'en 2001. Deux ans plus tard, ce modèle est relancé avec un nouveau plan de pont, et surtout un bimini rigide en polyester. Une innovation devenue aujourd’hui un standard sur les catamarans typés croisière. Ce toit protège merveilleusement le cockpit… et il est même équipé d’un capot coulissant ! Mais on ne peut faire un sans-faute du premier coup : la circulation du cockpit vers les passavants n’est pas évidente pour les grands gabarits. Les passavants sont larges, et l’accastillage simple mais efficace. Sous voile, avec un déplacement modéré et des coques plutôt fines, le 40 se révèle performant à toutes les allures et capable de dépasser les 10 nœuds au débridé. Malgré ses ailerons peu profonds et un centrage des poids perfectible, il pratique même un près honnête. Les aménagements, proprement finis, se déclinent en trois ou quatre cabines. Le chantier a tenu compte des défauts de son 40 : la déclinaison 40.2, lancée en 2005, offre quelques marches bien utiles pour quitter le cockpit. Et il est possible de découper le bimini pour faciliter le passage. Nautitech a profité de son refit pour lancer une version Propriétaire – seulement diffusée à 10 exemplaires, elle est logiquement très prisée. Autres modifications remarquables à bord du 40.2 : une cuisine un peu plus grande qui intègre la poubelle, les sièges de barre basculants deviennent fixes sur le capot moteur, et enfin d’astucieuses modifications de structure permettent d’abaisser les couchettes de 18 cm. Plus de confort et plus d’espace visuel, c’est toujours bon à prendre. En 2008, le chantier a modifié ses boiseries et a opté pour du bois clair.
Le plus : bonne valeur de revente, catamaran costaud et plutôt bien fini, grande capacité de couchage
Le moins : unité un plus chère que ses concurrents de même taille, centrage des poids perfectible, bimini trop bas
A vérifier :
Pas de problèmes structurels à craindre. Le seul défaut connu est un problème d’étanchéité entre le pont et le rouf. Ce dernier est posé sur la plate-forme, et la cornière de jonction s’est révélée sur les tout premiers modèles insuffisante. Elle a rapidement été revue, et encore accentuée sur les plus récentes unités. De nombreux Nautitech 40 ont été exploités en location : beaucoup d’heures de mer, ce sont des moteurs et un gréement durement sollicités. Et parfois des ailerons qui ont tâté du corail d’un peu près. A contrôler. Les emménagements s’en sortent plutôt bien, seuls les groupes froids ont causé quelques soucis aux loueurs.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique :
Chantier : Nautitech Catamarans
Architecte : Mortain/Mavrikios
Longueur de coque : 11,98 m
Longueur à la flottaison : 11,50 m
Largeur : 6,40 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids lège : 7,4 t
Surface de grand-voile : 50 m2
Surface de génois : 37 m2
Moteur : 2 x 29 CV
Production : 90 exemplaires de 2003 à 2011
Prix occasion : de 150 000 à 230 000 € HT
Lagoon 400
Longueur mini et volume maxi pour partir
Comparé à la plupart des catamarans de 40 pieds, il en impose par la largeur de de ses coques et son franc-bord élevé, ce 400… et pourtant, après le 420 axé 100% confort et bonne marche au moteur, ce modèle lancé en 2009 marque un léger recul quant à la surenchère de volume. Ici, n’en déplaise aux puristes, on a gardé un œil du côté des performances avec un gréement élancé (plus haut que celui d’un Nautitech 44), une grand-voile à corne (elle était en option et on vous la recommande !) et des carènes 100% voile. Certes, le ratio voilure/poids est de 8,16 m2/t quand l’indéboulonnable 380 affiche 10,61. Mais on a affaire à une plate-forme très large : 7,25 m contre 6,50 pour le Lavezzi 40, son concurrent de l’époque. Jetez un coup d’œil entre les coques : vous découvrirez un carénage sous la nacelle très soigné et haut perché – 50 à 70 cm au-dessus de la mer. Si le 400 n’apprécie pas le tout petit temps, il s’anime dès 2/3 Beaufort, et la barre est sensible. Au près, on atteint assez rapidement les 5 nœuds, mais le cap pèche un peu. Par bonne brise, le 400 tient des moyennes de 8 nœuds facilement. Avec une bonne houle arrière, il peut s’offrir quelques surfs à 12/15 nœuds. Le plan de pont propose un cockpit en U entièrement protégé par un bimini en dur. La petite table est interchangeable avec la grande du carré (153 cm x 80 cm). La nacelle, de plain-pied avec le cockpit, surprend par son volume, mais également par sa clarté. Contremoulages blancs, boiseries claires, surface vitrée impressionnante sont parfaits pour ceux qui aiment la lumière… trop peut-être : les premiers acheteurs ont regretté cette ambiance très épurée. Du coup, le chantier, dès 2012, a revu sa copie avec une version S2 bien plus cosy. La cuisine en L communique directement avec l’extérieur. Pour les cabines, deux possibilités. La version Propriétaire réserve au skipper la coque tribord. La seconde configuration offre deux coques identiques, soit deux cabines sur chaque bord.
Le plus : confort exceptionnel, nacelle très agréable par temps chaud, bonnes performances au débridé
Le moins : cap décevant au près, silhouette un peu lourde, emménagements un peu froids de la première version
A vérifier :
Pas de loups sur ce modèle, réputé robuste de construction et solidement gréé. Notre préférence va bien sûr au modèle S2, non pas parce que les millésimes sont les plus récents, mais parce qu’il est bien plus séduisant à l’intérieur avec ses nombreuses boiseries claires et ses couchages plus larges. Sur les 400 qui sortent des flottes de location, il convient de vérifier l’état des moteurs (on vous le répète : 10 000 heures, c’est un peu comme 300 000 km pour une voiture !), du jeu de voiles et des périphériques – plomberie, circuits électrique et électronique du bord.
Curseur Confort/Performance : 5/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++++
Descriptif technique :
Chantier : Lagoon Catamarans
Architectes : VPLP
Longueur hors tout : 11,97 m
Longueur à la flottaison : 11,45 m
Largeur : 7,25 m
Tirant d'eau : 1,21 m
Déplacement lège : 10,22 t
Surface de voile au près : 95 m2
Surface grand-voile : 58,00 m²
Surface génois : 37,00 m²
Moteurs : 2 x 29 CV diesel
Fuel : 2 x 200 litres
Eau : 300 litres
Matériau : sandwich verre polyester
Production : 580 exemplaires de 2009 à 2017
Prix occasion : de 190 000 à 240 000 € HT
Venezia 42
Vive la casquette de rouf !

Remplaçant du Casamance et du Fiji, le Venezia inaugure le fameux rouf à casquette, toujours d’actualité chez Fountaine Pajot. Il s’agit donc du premier modèle à la ligne moderne, optimisé plus particulièrement pour les loueurs. Force est de reconnaître que le design, qualifié d’impersonnel au début des années 1990, a finalement très bien vieilli ! On apprécie le look, mais également la facilité de circulation sur le pont, les larges jupes arrière. En revanche, le chantier ne prévoyait pas de vraie protection du cockpit – un bon bimini textile fait l’affaire sur la plupart des 42 proposés sur le marché. Le poste de barre, sur la face arrière du rouf, offre une vue satisfaisante sur le plan d’eau et les voiles. La nacelle propose un carré arrondi, une mini table à cartes et une cuisine sur tribord. Les quatre cabines sont confortables, surtout celles de l’arrière, dont les couchages sont installés travers à la marche. Le chantier s’est contenté de deux cabinets de toilette, un dans chaque coque, ce qui est largement suffisant en grande croisière. La finition peut paraître sommaire, mais elle a le mérite de bien se prêter à un toilettage en profondeur. Sous voile, le Venezia première génération était à la peine par petit temps avec son solent sans recouvrement. La voile d’avant a rapidement été remplacée par un génois plus grand de 11 m2. Sans être un foudre de guerre, le 42 est plutôt plaisant en navigation, et capable de belles moyennes dans l’alizé. Un excellent support pour une belle boucle atlantique !
Le plus : silhouette plaisante, emménagements confortables, bonne capacité de charge
Le moins : pas de bimini en série, peu à l’aise au près, atone par petit temps
A vérifier :
Pas de gros soucis à craindre à bord du Venezia : la structure est costaude, et la relative simplicité générale du bateau se solde par un vieillissement peu sensible. De fait, cette unité est très prisée pour le grand voyage. Certes, certains modèles ont des moteurs, des voiles ou de l’électronique fatigués, surtout s’ils ont été longtemps loués… à prendre en compte dans votre budget.
Curseur Confort/Performance : 7/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique :
Constructeur : Fountaine Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt et O. Flahault
Longueur de coque : 12,60 m
Longueur à la flottaison : 12,50 m
Largeur : 6,95 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Poids : 6,90 t
Voilure au près : 90 ou 101 m2
Grand-voile : 60 m2
Génois : 30 ou 41 m2
Moteur : IB 2 x 28 CV
Matériau : sandwich polyester
Production : 130 exemplaires de 1992 à 1999
Prix occasion : 130 000 € HT
Leopard 43
Pas seulement pour la location…
Certes, ce modèle est le plus souvent connu sous le vocable Moorings 4300. Il a d’ailleurs été conçu avant tout pour la location. Ce qui n’a pas que de mauvais côtés : les loueurs sont particulièrement exigeants quant à la facilité de mise en œuvre – envoi et réglage des voiles, opérations de mouillage, facilité d’entretien, et bien sûr robustesse générale. Au final, exactement ce que vous pouvez attendre de la part d’un multicoque de grande croisière ! C’est pourquoi le constructeur Robertson & Caine a conçu une version Propriétaire avec une coque dédiée au skipper. C’est bien sûr cette déclinaison qui est la plus recherchée par les amateurs de voyage au long cours – même si le modèle quatre cabines, s’il n’a pas trop souffert de son utilisation intensive, fait très bien l’affaire. Le 43 est dérivé du 42. Il conserve les astucieux redans – arrondis vus de côté – qui préservent une largeur à la flottaison étroite et un volume confortable à la hauteur des couchettes. La silhouette générale est plutôt plaisante avec un rouf bien intégré – et facile à escalader avec les larges persiennes avant qui font office de marche. Les points forts de ce modèle : fiabilité, bonne qualité des emménagements et de la finition, cuisine en U fonctionnelle, manœuvres faciles, performances agréables du travers au vent arrière sur eau peu agitée. Faute d’une nacelle assez haute – 65 cm seulement –, le 43 bute rapidement dans le clapot. On n’hésitera pas, au-dessous de 10 nœuds au louvoyage, à solliciter les moteurs. A revoir également : le bimini est par endroits un peu bas. Mais il assure une protection parfaite au cockpit… alors on lui pardonne !
Le plus : facilité d’entretien et de maintenance
Le moins : nacelle trop basse
A vérifier :
Un catamaran bien construit et dont la facilité de maintenance fait partie du cahier des charges dès la conception, cela évite déjà pas mal de déconvenues… reste que ce modèle a souvent beaucoup, beaucoup navigué – convoyage par la mer depuis l’Afrique du Sud, puis le plus souvent exploitation en charter. Tous les périphériques (voiles, gréement, moteurs, électricité, plomberie) méritent donc un check-up complet.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : ++
Descriptif technique :
Chantier : Robertson & Caine
Architectes : Simonis & Voogd
Longueur de coque : 12,95 m
Longueur à la flottaison : 11,50 m
Largeur : 6,93 m
Tirant d'eau : 1,22 m
Déplacement lège : 8,63 t
Surface grand-voile : 76,00 m²
Surface génois : 44,00 m²
Moteurs : 2 x 29 CV diesel
Fuel : 2 x 360 litres
Eau : 2 x 780 litres
Matériau : polyester
Production : 74 exemplaires de 2004 à 2007
Prix occasion : de 130 000 à 185 000 € HT
Lagoon 440
Le premier en mode flybridge !
Pas de demi-mesure chez Lagoon. Un cata doit avant tout être confortable… mais le 440 est innovant également avec le fameux flybridge, lequel aura fait parler de lui en 2004. Non pas que le poste de barre et de manœuvre surélevé soit du jamais vu, non… c’est juste que la formule était jusqu’alors réservée aux catamarans de plus de 50 pieds. Fardage, surpoids et bôme très haute sont évidemment les inconvénients du fly… mais celui-ci est plutôt bien conçu, avec un accès aisé et une vue parfaite sur le plan d’eau et les voiles. Pour le reste, le chantier a privilégié des coques bien pleines, mais aussi une largeur totale importante. Les superstructures sont également imposantes. Bilan : un déplacement lège qui dépasse les 10 tonnes. C’est pourquoi le plan de voilure standard, avec 116 m2, apporte pas mal de chevaux. Un gréement plus court de 2,20 m, plébiscité en son temps par les loueurs, est également disponible. Le 440 sauve les meubles du bon plein au portant pour peu que le vent soit établi. Appuyé par la houle océane, il s’offre même de belles pointes de vitesse. Mais son fardage important et les ailerons courts limitent le potentiel au près. Le rouf à casquette offre un volume exceptionnel à la nacelle. Il y fait toujours frais grâce à une aération bien pensée. Trois ou quatre cabines sont aménagées dans les coques. Le plan de pont – en plus du flybridge – apporte des innovations marquantes tout droit sorties du monde motonautique : le cockpit (protégé par un bimini rigide) et les jupes sont entièrement dédiés au farniente. Devant le rouf, on trouve un deuxième cockpit à quelques centimètres des trampolines. Pour la vie au mouillage, rien de mieux que ce 440.
Le plus : flybridge convaincant, bon comportement dans la mer formée
Le moins : modèle peu adapté à la navigation en zone fraîche ou froide,
bôme très haute en cas de bosse de ris récalcitrante
A vérifier :
Honnêtement, pas grand-chose ! Certes, les modèles exploités intensivement en location présenteront des signes de fatigue – circuits d’eau défaillants, moteurs durement sollicités –, mais pour autant, la structure générale et le gréement resistent à toute épreuve. Un point faible à relever : certains éléments d’accastillage, pourtant sélectionnés chez les plus grands fabricants, nous ont semblé sous-échantillonnés, à l’image du pouliage de la barre d’écoute.
Curseur Confort/Performance : 5/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : ++++
Descriptif technique :
Chantier : Lagoon
Architecte : VPLP
Longueur de coque : 13,61 m
Longueur à la flottaison : 12,75 m
Largeur : 7,7 m
Tirant d’eau : 1,3 m
Poids lège : 12,15 t
Surface de grand-voile : 74 m2
Surface de génois : 42 m2
Nombre de cabines : 3 ou 4
Moteur : 2 x 40 CV
Réservoirs d’eau : 600 l
Réservoirs gazole : 750 l
Matériau : sandwich balsa/polyester
Production : 423 exemplaires de 2004 à 2009
Prix occasion : de 200 000 à 300 000 € HT
Leopard 44
Deux cockpits accessibles depuis la nacelle !

Lagoon nous avait déjà habitués au cockpit avant… accessible depuis le pont. A bord du Leopard 44, le constructeur Robertson & Caine a carrément prévu un passage depuis la nacelle. Une configuration inédite qui ne laisse pas indifférent. On pourrait craindre un possible point faible : que donne cette fameuse porte avant par très gros temps ? A ce jour, aucun souci sur les (nombreux) exemplaires qui naviguent, sachant que la plupart des Leopard – ils sont construits en Afrique du Sud – sont convoyés par la mer… Pour l’Europe, comptez 50 jours sur des océans loin d’être tranquilles. Le principe du redan, utilisé depuis longtemps sur les Leopard – a été appliqué de chaque côté de la coque. Tout bénéfice pour le confort intérieur, puisque les couchettes parviennent à afficher 1,60 m de largeur, mais aussi pour la rigidité. En prime, un bateau qui mouille un peu moins. Le dessous de la nacelle est désormais bien plus haut perché – 75 cm – que sur les premiers modèles du chantier. Et son dessin a été étudié pour limiter les désagréables claquements des vagues. Le Leopard 44, malgré un déplacement conséquent, s’en sort plutôt bien dans les petits airs. Ne cherchez pas à caper au près, fuyez le clapot court – le bateau tangue volontiers – et privilégiez les longues cavalcades au portant… Là, le 44 vous étonnera par de belles moyennes journalières.A l’intérieur, beaucoup de volume et de lumière, une cuisine en connexion directe avec le cockpit parfaitement protégé.A l’instar des autres modèles du chantier, le 44 a été proposé en version charter ou en version Propriétaire. Sur les 200 exemplaires livrés ou commandés, un tiers disposent de trois cabines.
Le plus : confort général et agrément du cockpit avant, robustesse générale, entretien aisé
Le moins : silhouette lourde – surtout vue d’avant –, performances décevantes par petit temps
A vérifier :
A l’exception de quelques fissures de gelcoat à la liaison entre l’intérieur des coques et la poutre arrière, rien de notable, d’autant que les 44 sont encore très récents. Prévus pour une utilisation intensive, ces modèles vieillissent bien, et l’accès facile à tous les organes techniques – moteurs, vannes, électricité – est un vrai plus dans le cadre du grand voyage.
Curseur Confort/Performance : 5/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique
Constructeur : Robertson & Caine Catamarans
Architecte : Morrelli & Melvin
Longueur de coque : 12,98 m
Longueur à la flottaison : 12,70 m
Largeur : 7,25 m
Tirant d’eau : 1,05 m
Poids : 14,9 t
Voilure au près : 118 m2
Grand-voile : 74 m2
Génois : 44 m2
Gennaker : 130 m2
Eau douce : 780 l
Carburant : 700 l
Moteur : IB 2 x 30 CV
Matériau : sandwich balsa/verre/polyester
Production : 200 exemplaires de 2011 à 2016
Prix : de 240 000 à 360 000 € HT
Nautitech 44
Déjà un classique !
Pensé dans les moindres détails, ce Nautitech joue la carte de l’efficacité et du sens marin. Pas de gadgets ni de bluff marketing : on a bien affaire à un catamaran construit pour durer… donc à une bonne occasion ! Grâce à ses coques plutôt fines, le 44 affiche un potentiel intéressant sous voile malgré un ratio voilure/poids moins favorable – 10,33 m2/t, contre 12 pour le 435, son prédécesseur. L’accent a été mis sur la convivialité de la nacelle, de plain-pied avec le cockpit. En revanche, comparée aux standards actuels, la capacité de charge est forcément réduite. La carrière du 44 s’est poursuivie jusqu’en 2014 sous les vocables 441 et 442 ; le premier dispose d’un poste de barre contre deux pour le second. Tous deux disposent d’une finition plus flatteuse et de hublots de coque plus grands. Et la possibilité d’arborer une grand-voile à corne. Le rouf reste sobre et s’intègre remarquablement bien dans la silhouette générale – la finesse du bimini rigide, marque de fabrique Nautitech dès 2003, y est pour beaucoup.
Soucieux de limiter les efforts lors des manœuvres, le constructeur a limité la surface de la voile d’avant. La grand-voile, quant à elle, profite d’une bôme assez longue ; on arrive donc à 60 m2 contre 35, en faveur de la grand-voile évidemment. Cette configuration s’avère plaisante lors des manœuvres – le 44 vire d’ailleurs très facilement –, mais le bateau manque clairement de chevaux en dessous de 3 Beaufort. Dans la nacelle, on a 1,90 m de hauteur sous barrot et un grand carré repoussé tout à l’avant. La table à cartes, un vrai bureau, jouxte le cockpit sur bâbord. En face, une étonnante cuisine en U. Elle se révèle bien pratique quand la mer est agitée, et ne gêne pas la circulation de l’équipage, d’autant que la surface de plancher est généreuse. Cette cuisine profite d’une baie vitrée qui s’ouvre sur le cockpit. Le chantier a opté pour une finition de bon goût – contremoulages blancs, panneaux bois et lattes moulurées. L’accès aux coques est aisé. On dispose de trois ou quatre cabines – sans compter les pointes, parfois aménagées. Les couchages sont disposés travers à la marche. Partout il y a un volume et des rangements généreux.
Le plus : robustesse générale, cuisine en U, performances dans la brise
Le moins : sous-toilé par petit temps, sensible à la surcharge, mouillage décentré et sur l’avant
A vérifier :
Ce modèle, renforcé par des contre-moulages, a une très bonne réputation en termes de qualité de construction. Pas de problèmes structurels à craindre… Ici, il y a plutôt plus de fibre et de polyester que pas assez ! Idem pour le gréement et l’accastillage, d’autant que le tout est encore récent. Seul un usage intensif – location, évidemment – réclamera un examen plus soutenu de tous les points d’usure classiques – vit-de-mulet, haubanage, moteurs, mèches de safrans, plomberie, électricité, etc.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique
Constructeur : Nautitech Catamarans
Architecte : Mortain/Mavrikios
Longueur de coque : 13,47 m
Longueur à la flottaison : 12,20 m
Largeur : 6,8 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids : 9,2 t
Voilure au près : 95 m2
Grand-voile : 60 m2
Génois : 35 m2
Moteur : IB 2 x 40 CV
Matériau : sandwich polyester
Production : 70 exemplaires environ de 2006 à 2014
Prix occasion : de 180 000 à 270 000 € HT
Privilège 435/445
La grande croisière quatre étoiles

Le 435, lancé en 1999, remplace le 42. La Privilège touch ? C’est ce fameux rostre, sorte de troisième coque qui ne touche pas l’eau. Un artifice astucieux qui permet de loger une ou deux cabines au confort bien plus convaincant que sur les catas classiques. A l’aube des années 2000, le constructeur des Sables-d’Olonne collabore toujours avec les loueurs, mais s’est attaché à dispenser un confort et un niveau de finition sensiblement supérieurs à ce que proposaient ses concurrents. La version propriétaire vaut la visite ! Le 445, héritier direct du 435, obtient en série des jupes plus longues – elles étaient déjà disponibles, mais seulement en option. Si ce modèle devient le plus petit de la gamme, il est pourtant bien assez grand pour s’offrir une belle balade sous les tropiques. Les aménagements vieillissent plutôt bien et la plupart des modèles sont très équipés, ce qui justifie un prix relativement élevé. Sur l’eau, le 435/445 s’accommode d’un déplacement assez important… mais il est boosté par une surface de toile généreuse. Il n’y a vraiment que dans les tout petits airs qu’il peine à démarrer. Les polaires de vitesse ne prédisent pas de miracle au près : 6,5 nœuds par 15 nœuds de vent, et 7,5 avec 5 nœuds de vent en plus. Mais au travers, par force 5, le 435/445 caracole à 12 nœuds. Le design extérieur est très classique avec un rouf aérodynamique dont les hublots faciaux devront être protégés du soleil et un cockpit remarquablement confortable. Les vastes banquettes permettent à tout l’équipage de s’installer confortablement, même si la table est assez petite. Ce cockpit est protégé par un bimini textile ou rigide. L’intérieur est original avec un carré arrondi qui jouxte une cuisine de même forme. Un cata pour propriétaire exigeant.
Le plus : excellente finition, bon vieillissement général
Le moins : n’aime pas le petit temps, prix élevé, hublots de la nacelle à recouvrir sous les tropiques.
A vérifier :
En plus des éléments classiques à contrôler à bord d’une unité qui a bourlingué – les premiers 435 sont de 1999 –, on veillera tout particulièrement à l’étanchéité des hublots frontaux, très exposés aux UV et à la dilatation. Certaines infiltrations ont pu mettre à mal les boiseries, voire favoriser la corrosion du circuit électrique.
Curseur Confort/Performance : 6/10
Rapport qualité/prix : ++++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique
Chantier : Alliaura Marine
Architecte : Marc Lombard
Longueur de coque : 13,13 ou 13,45 m
Longueur flottaison : 12,60 ou 12,85 m
Largeur : 7,07 m
Tirant d’eau : 1,35 m ou 1,20/2,50 m
Déplacement : 8,30 ou 8,90 t
Surface de voile : 111 ou 114 m2
Moteur : 2 x 27 ou 40 CV
Matériau : sandwich verre polyester
Production : 40 exemplaires de 1999 à 2006
Prix occasion : de 160 000 à 300 000 € HT
Outremer 45
La bomba !
Construit à 40 exemplaires, l’Outremer 45 fut longtemps le best-seller de l’Atelier Outremer. Aujourd’hui, ce titre vient de lui échapper : la nouvelle structure, Outremer Yachting, parvient à de meilleurs scores avec ses nouveaux modèles – à commencer par le nouveau… 45 ! L’Outremer 45 "historique" est certainement le catamaran qui résume le mieux la philosophie du chantier de La Grande Motte, telle que la concevait son architecte fondateur, Gérard Danson, aujourd’hui disparu. Le fameux liston en alu ajouré, franchement daté en termes de design mais très efficace pour protéger les bordés, donne le ton : à bord, pas de chichis, de matériaux coûteux ni de machine à laver : la vitesse et les qualités marines priment sur tout le reste, et cette maxime reste peu ou prou à l’ordre du jour, même si les derniers 45 ont hérité d’une hauteur sous barrot légèrement augmentée. Résultat, un cata à dérives en polyester dont la nacelle aérodynamique n’offre pas le volume offert par ses concurrents. Mais les performances sont bien au rendez-vous. Le mât, qui culmine à plus de 20 mètres, arbore une grand-voile à fort rond de chute et un solent vite relayé par un gennaker de 110 m2 amuré sur un bout-dehors ou un puissant spi asy de 150 m2. Sur l’eau, le 45 marche à 9 nœuds au près serré et peut s’offrir des pointes à plus de 20 nœuds au portant. Peu de multicoques de croisière – et a fortiori pas un monocoque – de taille équivalente peuvent lutter, à l’exception des unités les plus pointues. Le cockpit et le plan de pont sont fonctionnels : priorité est donnée à la manœuvre. A l’intérieur, la nacelle abrite le carré, la cuisine (elle est très proche du cockpit) et la table à cartes. Dans les coques, le chantier propose des aménagements capables d’accueillir 6 à 10 dormeurs.
Le plus : catamaran de voyage très performant et très sûr dans le mauvais temps, cockpit bien adapté aux jeunes enfants
Le moins : peu de sensations à la barre, capacité de charge limitée
A vérifier :
Les Outremer 45 sont encore récents – moins de 20 ans pour les plus anciens – et bien construits : peu de loups à craindre du côté de la structure comme du gréement, d’autant que la plupart des unités ont déjà profité de check-up poussés. Certes, les bateaux ont "bouffé des milles", mais ils sont bien suivis et plutôt suréquipés. Surveillez quand même les horamètres des moteurs. En cas de doute sur l’état de la mécanique, procédez à une analyse d’huile. Côté appendices, les accidents de parcours sont toujours possibles : plongez ou faites sortir le bateau de l’eau pour vérifier l’état des profils des dérives – elles doivent coulisser sans points durs dans leur puits – et des safrans.
Curseur Confort/Performance : 7/10
Rapport qualité/prix : +++
Disponibilité sur le marché : +++
Descriptif technique :
Chantier : Outremer Yachting
Architecte : Gérard Danson
Longueur de coque : 13,70 m
Longueur à la flottaison : 13,60 m
Largeur : 7,2 m
Tirant d’eau : 0,6/2,25 m
Poids lège : 6,1 t
Surface de grand-voile : 73 m2
Surface de génois : 33 m2
Surface du gennaker : 110 m2
Surface du spi asy : 140 m2
Moteur : 2 x 28 CV diesel
Production : 40 exemplaires de 2000 à 2009
Prix occasion : de 220 000 à 330 000 € HT