Location, club ou achat ?
Pratiquer la voile, c’est déjà bien, vouloir aller vite sur l’eau, c’est encore mieux, et naviguer en catamaran, c’est génial. Une étude tout à fait subjective réalisée auprès de nos lecteurs montre que la très grande majorité d'entre eux a pratiqué, d'une manière plus ou moins intensive, la cata de sport. Cette même étude a aussi démontré que, l'âge venant, nous étions de plus en plus nombreux à ne pratiquer que de manière très… épisodique !
Mais voilà, les beaux jours reviennent, et il est temps de refaire un peu de sport... Alors pourquoi ne pas en profiter pour s'éclater et retrouver les sensations des bords de portant au trapèze ? D'autant plus que vous n'avez pas été insensible aux nombreuses images incroyables de la nouvelle génération de catamarans à foils, capables de voler au-dessus des flots. Un rêve maintenant (presque) à portée de main ! (Voir IFly 15)
Alors, on s'y remet ?
Plusieurs solutions peuvent vous permettre de retrouver ce plaisir simple mais si excitant que seuls les multicoques de sport peuvent vous offrir. La première et la plus simple consiste à louer un bon vieux cata de sport aux voiles multicolores, que l'on trouve sur quasiment toutes les plages de nos vacances. Qu'il s'agisse d'un club de vacances, ou d'un loueur installé sur la plage, vous trouverez un cata qui permettra de retrouver vos reflexes. Mais, force est de reconnaître que vous serez rapidement frustré. Que vous décidiez d'initier vos enfants ou juste de découvrir ou redécouvrir les plaisirs de la glisse, ces bateaux sont souvent âgés, parfois assez mal accastillés et manquent toujours de performances par rapport à ceux qui naviguent autour de vous… Et bien sûr, c'est la faute du matériel et non pas du skipper (c'est en tout cas mon excuse préférée auprès de mes enfants).
Donc rapidement, après quelques sorties sur ces bateaux de location, vous aurez envie d'aller un peu plus loin. La meilleure solution consiste alors à s'inscrire dans un club, pour pouvoir profiter des catas qu'ils proposent à leurs membres, ou en profiter pour faire ami-ami avec un propriétaire à la recherche d'un équipier motivé. Et alors là, à vous les bateaux en bon état, avec de vrais trapèzes et des voiles bien coupées. Pour une somme tout à fait raisonnable, vous allez ainsi avoir accès au parc de catas du club, et en profiter pour pratiquer votre hobby en loisir, en compétition en étant encadré, ou encore en pratique libre. Bref, le club, c'est le pied !
Ça ne vous suffit pas ? Vous en voulez plus ? Vous voulez le dernier-né de la table à cartes d'un architecte génial, la bateau qui vous permettra d'être le plus rapide sur le plan d'eau ?
Alors il vous faut votre propre bateau, celui que vous pourrez bricoler, faire évoluer, booster, améliorer. C'est à ce moment que le plaisir devient passion… Sachez que vous êtes en train de devenir un véritable catamaniaque !
Acheter, oui ! Mais quel catamaran choisir ?
Il existe trois grandes familles de catamarans : ceux destinés à la promenade, ceux orientés écoles de voile et les vrais pur-sang, ceux qui sont destinés à la régate. Il est donc essentiel de commencer par bien évaluer son niveau, son potentiel de progression et son programme d’utilisation. Mieux vaut acheter un bateau que vous pourrez mener avec votre équipier, plutôt que d'acheter le dernier foiler qui risque de vous dégoûter à tout jamais du cata de sport en une seule sortie.
Les dessins de carènes varient largement suivant le programme du bateau. Du cata à ailerons à celui à dérives pivotantes, en passant par le racer à dérives sabres et le nec plus ultra à foils, il y en a pour tous les goûts, toutes les bourses, et surtout tous les niveaux !
Côté gréement, vous en trouverez des tout simples pour débuter, ceux que l'on peut booster au portant avec un spi, les grand-voiles lattées sans ou avec bôme, et même les ailes rigides ou presque, de quoi se prendre pour un skipper de l'America's Cup.
Pour la promenade, il sera préférable d’acquérir un catamaran robuste, facile d’utilisation et fiable. Il sera probablement simplifié : pas de dérives ou bien des dérives pivotantes, pas de bôme. Il sera muni d’un accastillage fonctionnel : safrans automatiques, poulies winches efficaces et largeur de la plate-forme au gabarit routier.
Les catamarans de régates sont puissants, équipés de bôme et de dérives sabres ou de foils. Légers, ils sont aussi plus fragiles et nécessitent un entretien poussé et un niveau de navigation en adéquation avec leur complexité. Leur accastillage, et d’une manière plus générale tout leur équipement, aura été pensé pour être avant tout performant.
Et le raid ?
Et finalement, si la solution était dans le raid. Un bateau simple, offrant un minimum de confort en croisière et de sacrées performances sous voile. Des bateaux transportables facilement et que l'on peut emmener – pour les vacances – où bon nous semble. Dans ce créneau, la palme revient aux trimarans : facile à manier, offrant un vrai volume de vie dans la coque centrale, facilement démontables et tractables, les trimarans de raids sont ultra performants et amusants à naviguer.
Que demander de plus ?
L’AVIS DU MEDECIN :
La pratique de la voile en particulier, et des sports nautiques en général, ne sont pas anodins, ni sans risques. Pour éviter les ennuis, mieux vaut suivre ces quelques prescriptions de bon sens…
Généralités :
- Savoir nager ! Cela semble bête, mais chaque année, les clubs voient arriver des jeunes qui veulent faire du cata et qui ne savent vraiment pas nager… Le b.a.-ba est de nager au moins 50 mètres et surtout d'être capable de plonger en apnée, pour s'extirper de sous la voile.
- Si vous n'avez pas pratiqué de sport depuis longtemps, passez donc voir un médecin pour vérifier votre "état général". Un certificat d'aptitude est de toute manière obligatoire en club. Un petit contrôle ORL est aussi important : n'oubliez pas que l'un des plaisirs du cata de sport est de barboter autour de son bateau pour le ressaler !
Avant de sortir en mer :
Il est indispensable de bien se nourrir et de s'hydrater, de bien se couvrir, même en été et surtout aux extrémités (les chaussons sont très utiles pour ne pas se râper les pieds, comme pour les maintenir au chaud). Penser à la protection contre les UV : un lycra et de la crème solaire résistante à l'eau sauveront votre joli peau de bébé. La réverbération sur l'eau est très importante, donc avoir des lunettes de soleil est nécessaire. Les prévoir incassables et… flottantes, et surtout attachées à leur propriétaire ! Puisque nous en sommes au matériel indispensable, le gilet de sauvetage adapté et homologué CE n'est pas qu'utile, il est INDISPENSABLE, même pour les champions et les excellents nageurs. Enfin, même sur un multicoque de sport, on peut être sujet au mal de mer. Ce mal résulte de la stimulation inhabituelle des organes de l’équilibre (oreille interne et vue) majorée par le froid, la fatigue, l’appréhension et le mauvais apport calorique. Les symptômes sont connus : nausées, vomissements et malaises, qui rendent complètement amorphes. Il faut donc lutter contre ces facteurs déclenchants avec une bonne alimentation, un bon équipement et en regardant loin devant.