Opter pour l’occasion présente bien des avantages : on peut profiter d’une unité tout équipée, prête à naviguer et moins chère. Exit le délai de deux ans d’attente lors de la commande d’un multicoque neuf, fini le problème de neuvage des équipements… Autre option, s’offrir un multi à très bas prix… à condition de savoir bricoler – voir notre b.a.-ba Grande croisière, un refit avant de (re)partir page 84. L’occasion permet de naviguer avec des mètres en plus, et donc plus de cabines, plus de volume. Bref, vous pourrez naviguer plus loin et plus longtemps. Aguichant, non ? Sans compter qu’à l’issue d’un programme grande croisière d’un à trois ans, à la revente, vous retombez presque sur vos pattes, puisque les principales années de décote sont les dix premières. Pour autant, pas question de se jeter sur le premier multicoque que vous dénicherez, sous peine de quelques déconvenues. L’achat d’un cata ou d’un tri – à moins qu’il ne s’agisse d’une très petite unité – mérite quelques précautions, comme l’examen d’un pro ou, mieux, une expertise. Nous avons sélectionné pour vous les 12 modèles incontournables de 38 à 47 pieds.
Lagoon 380 - Un catamaran devenu iconique !
Longtemps copié, jamais égalé ou presque, ce modèle diffusé à près de 1 000 exemplaires pendant 20 ans a clairement participé à imposer le catamaran en grande croisière. Devenu fétiche, le 380 se croise dans tous les mouillages du monde…

Lancé en 1999, le Lagoon 380 reprend les grandes lignes du 410, lancé un an plus tôt. Précisons que ce dernier marque le point de départ de la nouvelle philosophie Lagoon, toujours d’actualité : priorité au volume et adoption d’une grande nacelle ceinturée par des hublots verticaux (et donc panoramiques). Le succès est immédiat : le 380 représentait la seule offre en dessous de 40 pieds avec 3 ou 4 vraies cabines doubles. Aux Etats-Unis, les qualités du 380 sont vite repérées : les propriétaires n’hésitent pas à installer groupe électrogène et climatisation pour plus de confort encore au mouillage. La principale qualité du Lagoon 380 est avant tout de pouvoir accueillir jusqu’à 8 personnes dans de bonnes conditions. Certes, pour la grande croisière, on se sentira mieux à 4, ne serait-ce que pour disposer de rangements suffisants. Le 380 a connu une petite cure de jouvence en 2005 sous le vocable S2 – boiseries plus claires et finitions un chouia remises au goût du jour. Tous les membres de la rédaction ont posé leur sac à bord d’un Lagoon 380. Et nous sommes unanimes : à bord de ce catamaran, tout est simple et bien pensé. C’est une unité qui satisfait les baroudeurs avides d’aligner les milles, comme les primo-accédants. Un bon point pour les passavants larges, les grands trampolines avant, et d’une manière générale le plan de pont bien net, avec des manœuvres qui convergent vers le poste de barre. Vous apprécierez également, comme nous, le cockpit convivial et les jupes arrière parfaites au mouillage… Sous voile, le 380 est un peu paresseux par petit temps, surtout au près. Mais un gennaker et une grand-voile à corne redonnent des couleurs au speedo ! Dès le médium, il affiche des performances honnêtes du bon plein au vent arrière. Il est même capable de tenir 10 nœuds de moyenne par bonne brise. On découvre alors que les carènes du 380 restent relativement fines à la flottaison, que le déplacement lège n’en fait pas un camion, et enfin que sa surface de voilure est plutôt généreuse. Reste le gabarit : 38 pieds, ça reste court face à une mer formée. Ce petit Lagoon est logiquement plus à l’aise, par gros temps, avec un vent portant. Les traversées océaniques sont donc à sa portée – gare à la surcharge tout de même –, à condition de préparer son itinéraire et d’optimiser les longs parcours en fonction de la météo et des saisons.

Les +
Volume exceptionnel pour sa taille
Plutôt performant, surtout s’il est équipé d’un gennaker
Structure et gréement robustes
Les -
Un peu court pour rester confortable par mer formée de face
La nacelle tape parfois dans les vagues
Motorisation 2 x 18 CV insuffisante

Constructeur : Lagoon
Architecte : Van Peteghem/Lauriot Prévost
Matériau : sandwich balsa/polyester
Longueur de coque : 11,55 m
Longueur à la flottaison : 11,55 m
Largeur : 6,53 m
Tirant d’eau : 1,15 m
Poids lège : 5,90 t
Grand-voile : 47 m2
Génois : 30,40 m2
Moteurs : IB 2 x 18 ou 28 CV diesel
Production : 900 exemplaires de 1999 à 2019
Prix : à partir de 120 000 € HT
Seawind 1200 - Séduisant, simple et rapide
Ça va vite, un Seawind ! Certains propriétaires rapportent des pointes à plus de 18 nœuds. Pour ne rien gâter, ce modèle a une excellente réputation sur le marché. Reste à en trouver un – pas évident si vous êtes basé en Europe.

Ou dénicher un 1200 ? En Australie, bien sûr, le pays où tout a commencé ! Car le chantier, s’il est aujourd’hui basé au Vietnam et bien implanté aux EtatsUnis, ne s’est pas encore imposé en Europe. Quoique les Seawind soient de sacrés voyageurs… Si vous connaissez son successeur, le 1160, vous ne serez pas surpris par le 1200 : celui-ci lui a offert une base à peine retouchée. Mêmes coques surélevées par d’imposants hublots latéraux, toujours une nacelle compacte et des coques fines. En revanche, pas de portes en trois modules qui basculent sous le bimini rigide. La voilà, la vraie différence entre les deux modèles : le 1200 adopte un passage classique du cockpit vers la nacelle avec une structure arrière du rouf toujours en place, tandis que le 1160 devient un catamaran Open. Sous voile, bien servi par son gréement élancé et un déplacement mesuré, le 1200 se révèle véloce, et même particulièrement plaisant par bonne brise. Voilà un catamaran de croisière qu’on prend plaisir à barrer, c’est assez rare pour être mentionné. Côté manœuvres, le chantier s’est attaché à présenter un plan de pont fluide, et surtout des manœuvres qui convergent toutes vers le poste de barre ; mener seul ou à deux un 1200 est donc possible. A l’intérieur, la nacelle est occupée par un grand carré – on peut s’y installer à 10. L’ensemble est bien traité avec deux mètres de hauteur sous barrot et une vue à 360° sur l’horizon. La cuisine est installée dans la coque tribord, sans être isolée, puisque la nacelle se poursuit en partie au-dessus des coques. Le chantier proposait trois ou quatre cabines, toutes assorties de larges couchages doubles et d’une salle de bains complète.

Les +
Catamaran léger et véloce
Plan de pont fluide
Nacelle dédiée à 100 % au carré
Les -
Dessin de carène daté
Un peu bas sur l’eau par mer forte

Constructeur : Seawind
Matériau : sandwich mousse/vinylester
Longueur de coque : 12,1 m
Longueur à la flottaison : 11,4 m
Largeur : 6,5 m
Tirant d’eau : 1,1 m
Déplacement lège : 7 t
Surface de voile : 79 m2
Grand-voile : 57 m²
Génois : 22,00 m²
Motorisation : 2 x 29 CV diesel
Carburant : 360 litres
Eau : 800 litres
Production : 50 exemplaires environ de 1996 à 2006
Prix : à partir de 180 000 € HT
Bali4.0/4.1 - La croisière en mode open space
Lancé en 2015, le 4.0, le plus petit des Bali, a poursuivi sa carrière sous le vocable 4.1 avec une plate-forme arrière fixe. Au total, plus de 300 unités ont été construites en 5 ans. Le marché de l’occasion s’ouvre désormais à ce best-seller fraîchement remplacé par le Bali 4.2

Ce catamaran plutôt typé location en version quatre cabines a tout de même été décliné en version Propriétaire. Et c’est tant mieux, parce que le Bali 4.0 est un choix très pertinent pour un projet de croisière ou d’année sabbatique ; ce catamaran convient parfaitement à un couple et deux enfants, et propose un volume habitable inhabituel dans cette taille. Idem pour les surfaces exploitables offertes par le plan de pont. Au large, sa longueur limitée n’offrira pas le même confort qu’une unité de 5 pieds de plus, mais la facilité de manœuvre est au rendez-vous. Autre bonne surprise : un coût d’entretien sensiblement moins élevé. L’excellente surprise que réserve le plus petit des Bali, c’est qu’il marche plutôt bien sous voile. Certes, son francbord important et la faible profondeur des quillons limitent le potentiel au louvoyage. Mais, dès que les écoutes sont un peu débridées, le Bali s’anime franchement. Lors de notre essai – avec des hélices repliables, précisons-le –, nous l’avions trouvé très vivant dès 12 nœuds de vent à 100° de l’apparent. Le poste de barre se contente d’être surélevé ; il est confortable, agrémenté d’une élégante barre à roue très directe – transmission par câbles. Toutes les manœuvres sont à portée du barreur. Le 4.0 propose des volumes étonnants et une organisation de nacelle innovante avec une large baie frontale ouvrante – un panneau plexi coulisse verticalement avec trois positions – combinée à la cloison arrière mobile et à des baies ouvrantes latérales. La zone de vie peut ainsi être complètement ouverte, brouillant la frontière entre nacelle et cockpit. Par beau temps, cloison arrière escamotée, le Bali fonctionne comme un catamaran bien plus grand.

Les +
Catamaran vivant dès le débridé
Aération naturelle très efficace
Modularité des espaces bien pensée
Les -
Esthétique du bimini de barre
Beaucoup de sellerie à stocker
Perception visuelle de l’arrière un peu lourde

Constructeur : Bali Catamarans
Architecte : Xavier Faÿ
Concepteurs : Olivier Poncin et Yves Chabaud
Design intérieur : Lasta Design
Matériau : sandwich mousse/verre/polyester (infusion)
Longueur : 12,35 m
Largeur : 6,72 m
Tirant d’eau : 1,12 m
Déplacement : lège 8,9 t/en charge maxi 11,8 t
Hauteur du mât : 17,85 m
Surface de voilure au près : 81 m2
Grand-voile : 48 m2 ou 50 m2 (à corne)
Solent autovireur : 33 m2
Motorisation : 2 x 20/2 x 40 CV
Eau douce : 800 l
Carburant : 400 l
Prix : à partir de 240 000 € HT
Leopard 44 - Il inaugure le cockpit avant
De nombreux constructeurs, dont Lagoon, nous avait déjà habitués au cockpit avant… accessible depuis le pont. A bord du Leopard 44, le constructeur Robertson & Caine a carrément prévu un passage depuis la nacelle. Une configuration inédite qui ne laisse pas indifférent, même 10 ans plus tard.

Ah, ce cockpit avant et sa porte… compatible avec le grand large ? En 2011, on craignait un possible point faible : que donne cette fameuse porte avant par très gros temps ? Rien d’ennuyeux tant qu’elle reste fermée, serait-on tenté d’écrire aujourd’hui, fort du retour des centaines de Leopard construits depuis avec cette configuration. Le principe du redan, utilisé depuis longtemps sur les Leopard, a été appliqué de chaque côté de la coque. Tout bénéfice pour le confort intérieur, puisque les couchettes parviennent à afficher 1,60 m de largeur, mais aussi pour la rigidité. En prime, un bateau qui mouille un peu moins. Le dessous de la nacelle est désormais bien plus haut perché – 75 cm – que sur les premiers modèles du chantier. Et son dessin a été étudié pour limiter les désagréables claquements des vagues. Le Leopard 44, malgré un déplacement conséquent, s’en sort plutôt bien dans les petits airs. Ne cherchez pas à caper au près, fuyez le clapot court – le bateau tangue volontiers – et privilégiez les longues cavalcades au portant… Là, le 44 vous étonnera par de belles moyennes journalières. A l’intérieur, beaucoup de volume et de lumière, 2,12 m de hauteur sous barrot et une cuisine en connexion directe avec le cockpit parfaitement protégé. A l’instar des autres modèles du chantier, le 44 a été proposé en version charter ou Propriétaire. Sur les 200 exemplaires livrés ou commandés, un tiers disposent de trois cabines. Mais les 4 cabines qui sortent des flottes de location restent un excellent support à reconditionner.

Les +
Confort et agrément du cockpit avant
Qualités marines
Entretien aisé
Les -
Silhouette un peu lourde – surtout vue d’avant
Performances décevantes par petit temps

Constructeur : Robertson & Caine
Architectes : Morrelli & Melvin
Matériau : sandwich balsa/verre/polyester
Longueur de coque : 12,98 m
Longueur à la flottaison : 12,70 m
Largeur : 7,25 m
Tirant d’eau : 1,05 m
Poids : 14 900 kg
Voilure au près : 118 m2
Grand-voile : 74 m2
Génois : 44 m2
Gennaker : 130 m2
Motorisation : IB 2 x 30 CV
Eau douce : 780 l
Carburant : 700 l
Production : 200 exemplaires de 2011 à 2016
Prix : à partir de 220 000 € HT
Privilège 435/445 - La grande croisière quatre étoiles
Marc Lombard s’est attaché à dessiner des coques plutôt fines. Un bon point pour les performances. Et entre les deux étraves trône le rostre, fausse coque centrale qui offre un grand volume pour aménager la plus confortable cabine du bord.

Le 435, lancé en 1999, remplace le 42. La Privilège touch ? C’est ce fameux rostre, sorte de troisième coque qui ne touche pas l’eau. Un artifice astucieux qui permet de loger une ou deux cabines au confort bien plus convaincant que sur les catas classiques. A l’aube des années 2000, le constructeur des Sables-d’Olonne collabore toujours avec les loueurs, mais s’est attaché à dispenser un confort et un niveau de finition sensiblement supérieurs à ce que proposaient ses concurrents. La version Propriétaire vaut la visite ! Le 445, héritier direct du 435, hérite en série de jupes plus longues – elles étaient déjà disponibles, mais en option. Si ce modèle devient le plus petit de la gamme, il est pourtant bien assez grand pour s’offrir une belle balade sous les tropiques. Les emménagements vieillissent plutôt bien et la plupart des modèles sont très équipés, ce qui justifie un prix relativement élevé. Sur l’eau, le 435/445 s’accommode d’un déplacement assez important… mais il est boosté par une surface de toile généreuse. Il n’y a vraiment que dans les tout petits airs qu’il peine à démarrer. Les polaires de vitesse ne prédisent pas de miracle au près : 6,5 nœuds par 15 nœuds de vent et 7,5 avec 5 nœuds de vent en plus. Mais au travers, par force 5, le 435/445 caracole à 12 nœuds. Si le design extérieur est très classique avec un rouf aérodynamique dont les hublots faciaux devront être protégés du soleil, le cockpit est remarquablement confortable. Les vastes banquettes permettent à tout l’équipage de s’installer confortablement, mais la table est toutefois petite. Ce cockpit est protégé par un bimini textile ou rigide. L’intérieur est original, avec un carré arrondi qui jouxte une cuisine de même forme. Un cata pour propriétaire exigeant.

Les +
Excellente finition
Bon vieillissement général
Coque Propriétaire séduisante
Les -
N’aime pas le petit temps
Prix élevé des modèles les plus récents
Hublots de la nacelle à recouvrir sous les tropiques

Constructeur : Alliaura Marine
Architecte : Marc Lombard
Matériau : sandwich verre/polyester
Longueur de coque : 13,13 ou 13,45 m
Longueur flottaison : 12,60 ou 12,85 m
Largeur : 7,07 m
Tirant d’eau : 1,35 m ou 1,20/2,50 m
Déplacement : 8,30 ou 8,90 t
Surface de voile : 111 ou 114,00 m2
Motorisation : 2 x 27 ou 40 CV
Production : 40 exemplaires de 1999 à 2006
Prix : à partir de 160 000 € HT
Hélia 44 - Performance et confort
Ce modèle n’est plus neuf mais presque : les modèles les plus anciens n’ont même pas 10 ans. Plutôt bon marcheur et confortable, le 44 a su séduire les loueurs, mais également les équipages familiaux désireux de partir en grande croisière. Avec sa capacité de charge supérieure à deux tonnes, l’Hélia 44 est en effet bien adapté à la vie à bord. Un parfait support pour un tour du monde ou une boucle océanique…

Mieux fini et plus confortable encore que son prédécesseur l’Orana 44, l’Hélia est sans doute le premier modèle du constructeur Fountaine Pajot à mettre en avant la fameuse « qualité perçue ». En termes de design, toutes les courbes « ancienne génération » ont cédé la place à des lignes plus nerveuses et anguleuses – brion d’étrave, jupes arrière, hublots de rouf -, désormais proposées par Berret-Racoupeau. Sensiblement plus lourd que l’Orana 44 et à peine plus toilé, l’Hélia ne part pas sur le papier avec un avantage décisif ; et pourtant, ce modèle se déhale plutôt bien sous gennaker par petit temps. Au près, l’Hélia parvient à remonter à 45° du vent apparent – soit 55° environ du vent réel –, pas mieux, sous peine de décrocher. Certains propriétaires rapportent des moyennes supérieures à 10 nœuds au portant dans la brise, et même des surfs à 18 nœuds. Surélevé, mais toujours en contact avec le cockpit, le barreur profite d’un poste de manœuvre avec trois winches – deux 50 et un 46 électrique. On pouvait opter en option pour le tout électrique. Seule l’écoute de spi bâbord est isolée dans le cockpit sur bâbord. Le cockpit de plain-pied est un véritable prolongement de la nacelle, impression renforcée par la grande ouverture en L – la porte vitrée est complétée par un panneau coulissant – et par le bimini rigide qui offre une excellente protection. A l’intérieur, les premiers Hélia adoptent de nombreuses surfaces sombres – plan de cuisine gris, sellerie marron – contrastant avec des boiseries plus claires. La version Evolution se cantonne à des teintes claires, à l’exception du plancher.

Les +
Performant du bon plein au portant
Confort remarquable, en navigation comme au mouillage
Robustesse de la structure et du gréement
Les -
Manque de punch au près par petit temps
Certaines pièces d’accastillage un peu légères
Gestion de l’énergie à bord à optimiser

Constructeur : Fountaine Pajot
Architectes : Berret/Racoupeau
Matériau : sandwich polyester en infusion
Longueur de coque : 13,30 m
Longueur à la flottaison : 12,58 m
Largeur : 7,40 m
Déplacement : 10 800 kg
Tirant d’eau : 1,15 m
Grand-voile : 70 m2
Génois : 45 m2
Gennaker : 115 m2
Cabines : 3 ou 4
Motorisation : 2 x 40 CV
Eau douce : 750 l
Carburant : 470 l
Production : 280 exemplaires de 2012 à 2019
Prix : à partir de 270 000 € HT
NEEL 45 - Un trimaran pour naviguer vite et loin
Le NEEL 45 est l’un des rares trimarans de grande croisière du marché de l’occasion. Moins jusqu’au-boutiste et plus accessible que son grand frère le 50, c’est lui qui a lancé le concept… et la marque !

Le principe NEEL ? Greffez une nacelle large sur une plate-forme en aile de mouette, qui elle-même repose sur trois coques très fines à la flottaison. Ajoutez une construction soignée qui parvient à limiter le déplacement à 7 tonnes lège et un généreux plan de voilure – une combinaison grand-voile à corne foc autovireur et génois –, et vous obtenez un très convaincant ratio voilure/poids de 15,14 m2/t, là où la plupart des concurrents à deux coques peinent à émarger à plus de 10. Au débridé et au portant, le NEEL 45 sort vite la grosse cavalerie et dépasse les 10 nœuds avec aisance. Ce trimaran s’est d’ailleurs illustré lors de l’ARC : les traversées océanes lui conviennent parfaitement ! Pour autant, malgré son unique aileron de petite surface – rapporté sous la coque centrale, il rappelle celui d’un Dart –, le trimaran parvient à ne pratiquement pas dériver et à remonter au vent à 45° du vent réel, comme un bon monocoque. Vitesse ? Plus de 8 nœuds dès 10 nœuds de vent. Le plan de pont est volontairement dépouillé : une barre à roue contre le rouf, un dossier moussé façon gros semi-rigide, et basta. Les manœuvres se partagent entre drisses sur le pied de mât, et les écoutes sur le rouf. Le cockpit, comparé à celui des catamarans de même taille, est plus ouvert. On se contente d’une modeste plate-forme arrière aménagée sur la coque centrale. A noter : la version Evolution lancée en 2018 propose des jupes sur les flotteurs et un vrai bimini rigide. Les aménagements de la nacelle sont un peu déroutants avec les deux cabines qui intègrent le volume central. Cuisine à l’arrière, carré à l’avant et couloir au milieu… Une plus petite cabine se niche dans l’étrave et deux couchages d’appoint occupent le centre de chaque flotteur. Soit une capacité maximum de 10 personnes, voire 12 avec le carré. Un choix original, une forte personnalité… un coup de cœur probable pour partir !

Les +
Excellentes performances
Très bon cap au près
Agrément de barre
Les -
Nacelle cloisonnée
Intimité inférieure à celle offerte par un catamaran
Finition parfois perfectible

Constructeur : NEEL Trimarans
Architectes : Joubert/Nivelt
Longueur : 13,5 m
Longueur flottaison : 13,5 m
Largeur : 8,5 m
Tirant d’eau : 1,2 m
Poids : 7 t
Voilure au près : 106 m2
Grand-voile : 60 m2
Génois : 46 m2
Gennaker : 150 m2
Motorisation : 55 CV
Carburant : 300 l
Eau : 1 000 l
Production : 26 exemplaires de 2011 à 2020
Prix : à partir de 300 000 € HT
Outremer 45 - La bombe des alizés !
Ce 45 est assurément un catamaran particulièrement rapide, mais également très sûr par gros temps. Il ne sera pas confondu avec le « nouveau » 45, bien plus récent et toujours au catalogue d’Outremer Yachting.

Construit à 40 exemplaires, l’Outremer 45 fut le best-seller de l’ancienne structure Atelier Outremer. Aujourd’hui, ce titre lui a échappé : Outremer Yachting parvient à de meilleurs scores avec ses nouveaux modèles – à commencer par le nouveau… 45 ! L’Outremer 45 « historique » est certainement le catamaran qui résume le mieux la philosophie du chantier de la Grande Motte telle que le concevait son architecte fondateur, Gérard Danson, aujourd’hui disparu. Quelques modèles sont parfois défraîchis par les milliers de milles – ils restent récupérables après un refit soigné. Le fameux liston en alu ajouré, franchement daté en termes de design mais très efficace pour protéger les bordés, donne le ton : à bord, pas de chichi, de matériaux coûteux et de machine à laver : la vitesse et les qualités marines priment sur tout le reste, et cette maxime reste peu ou prou à l’ordre du jour, même si les derniers 45 ont hérité d’une hauteur sous barrot légèrement augmentée. Résultat, un cata à dérives en polyester dont la nacelle aérodynamique n’offre pas le volume offert par ses concurrents. Mais les performances sont bien au rendez-vous. Le mât qui culmine à plus de 20 mètres arbore une grand-voile à fort rond de chute et un solent vite relayé par un gennaker de 110 m2 amuré sur un bout-dehors ou un puissant spi asy de 140 m2 . Sur l’eau, le 45 marche à 9 nœuds au près serré et peut s’offrir des pointes à plus de 20 nœuds au portant. Aucun multicoque de croisière – et a fortiori un monocoque – de taille équivalente ne peut lutter, à l’exception des unités les plus pointues (ORC en tête…). Le cockpit et le plan de pont sont fonctionnels : priorité est donnée à la manœuvre. A l’intérieur, la nacelle est compacte ; elle abrite le carré, la cuisine (elle est toute proche du cockpit) et la table à cartes. Dans les coques, le chantier propose des aménagements capables d’accueillir 6 à 10 dormeurs.

Les +
Catamaran de voyage très performant
Très sûr dans le mauvais temps
Cockpit bien adapté aux jeunes enfants
Les -
Peu de sensations à la barre
Capacité de charge limitée
Quelques modèles un peu « rincés »

Constructeur : Outremer Yachting
Architecte : Gérard Danson
Longueur de coque : 13,70 m
Longueur à la flottaison : 13,60 m
Largeur : 7,2 m
Tirant d’eau : 0,6/2,25 m
Poids lège : 6 100 kg
Grand-voile : 73 m2
Génois : 33 m2
Gennaker : 110 m2
Spi asy : 140 m2
Motoridation : 2 x 28 CV diesel
Production : 40 exemplaires de 2000 à 2009
Prix : à partir de 180 000 € HT
Bahia 46 - Un des best-sellers du chantier Fountaine Pajot
Il est unanimement apprécié par les skippers, convoyeurs et équipiers de toutes nationalités. Fidèle à la tendance de l’époque, le Bahia 46 adopte des lignes arrondies. Et en grand voyage, il sait toujours donner le meilleur !

S’il conserve le rouf à casquette et les étraves camuses, caractéristiques de la production de Fountaine Pajot des années 1990, le Bahia 46 adopte des coques plus larges que les précédents modèles – en termes de performances, n’attendez pas de miracles de ces deux coques rondouillardes : leur surface mouillée est relativement importante. Pour autant, le Bahia 46 reste un catamaran au déplacement mesuré et bien toilé : dès 10/12 nœuds de vent, le Bahia 46 vous étonnera par ses accélérations et surtout son aisance à tenir des moyennes à deux chiffres. Comparé au plan de pont des unités les plus récentes, celui du Bahia se distingue par son cockpit relativement court et une emprise du rouf limitée. Ici, pas de traverse arrière, mais tout de même de confortables assises autour d’une table arrondie à abattants. Le poste de barre, légèrement surélevé, jouxte la face arrière du rouf. Vous serez sans doute surpris par l’étroitesse de la porte du rouf, bien inférieure aux standards actuels… et par le volume mesuré de la nacelle. Le chantier est tout de même parvenu à caser un carré en demi-cercle et une cuisine en U très pratique en mer. En revanche, la surface de plancher est limitée, et la table à cartes, dos à la marche, est clairement sacrifiée. Les coques affichent quant à elle un volume inédit pour l’époque. Du coup, on compte quatre cabinets de toilette et autant de cabines doubles dans la version charter, laquelle est le plus souvent épaulée par deux couchettes simples en coursive et deux autres dans les pointes avant. Le Bahia 46 est le premier modèle de Fountaine Pajot à proposer une version Propriétaire, qui dédie à ce dernier toute une coque – une formule qui depuis a fait florès. C’est bien sûr cette déclinaison qui retient le plus l’attention des voyageurs, et ils ont bien raison !

Les +
Robustesse générale
Bonne tenue des emménagements
Capacité de charge
Les -
Paresseux en dessous de 10 nœuds de vent
Pas de retours de manœuvre vers le poste de barre sur les premiers modèles
Table à cartes dos à la route

Constructeur : Fountaine Pajot
Architectes : Joubert/Nivelt
Design : Olivier Flahault
Longueur de coque : 14 m
Longueur à la flottaison : 13,66 m
Largeur : 7,40 m
Tirant d’eau : 1,30 m
Déplacement : 10,5 t
Surface de voile : 123 m2
Grand-voile : 72 m2
Génois : 51 m2
Motorisation : IB 2 x 38 ou 48 CV
Matériau : sandwich polyester
Production : 176 exemplaires de 1996 à 2007
Prix : à partir 170 000 € HT
Lagoon 450 - Le catamaran habitable le plus diffusé au monde
Il y a trois ans, avec le lancement du 46, Lagoon annonçait l’arrêt de la production de son best-seller absolu, le Lagoon 450… pour finalement ne jamais cesser la production de la version SporTop, toujours très demandée par les grands voyageurs.

En 2010, le Lagoon 450 reprend le concept général du 440 avec son poste de pilotage surélevé. Ce modèle connaît aussitôt un grand succès, à tel point qu’il finit par être plus diffusé que le fameux 380. Avec son mât tout à l’avant du rouf, il est antérieur à la génération du 39 et du 52 qui inaugure le gréement très reculé. Du coup, le 450 arbore un très classique génois à recouvrement. Perché sur le pont supérieur, le barreur maîtrise la bête et parvient à des performances très correctes - à défaut de sensations excitantes. Au portant par bonne brise, le 450 tient en effet des moyennes de 9 à 10 nœuds. A noter : depuis le flybridge, la vue est excellente vers les étraves. La version SporTop lancée en 2015 est plus légère en termes de design (et de déplacement). Pour le barreur, cet agencement classique permet de communiquer directement avec le grand cockpit en U. Hauteur sous barrots de 2,05 m, vue panoramique imprenable et table à cartes face à la route : la nacelle comble l’équipage. La table du carré est interchangeable avec celle du cockpit. Le dessin en U de la cuisine est particulièrement agréable en mer. Grâce à la baie vitrée, il est aisé de passer plats et assiettes vers le cockpit. Quant aux cabines (trois ou quatre), elles sont concentrées dans les coques, cinq marches plus bas que la nacelle. Les couchages affichent tous 1,60 m de largeur. Les deux réservoirs de 500 l assurent une autonomie très importante – 1 000 milles, voire presque deux fois plus en s’appuyant sur un seul moteur. Un plus évident lors des navigations hauturières… et la garantie de produire de l’énergie à défaut d’un autre moyen.

Les +
Construction robuste
Deux versions proposées, Fly ou SporTop
Capacité de charge importante
Les -
Manque de punch dans les petits airs
Moteurs 40 CV insuffisants

Constructeur : Lagoon
Architectes : VPLP
Longueur de coque : 13,96 m
Longueur à la flottaison : 13,38 m
Largeur : 7,84 m Tirant d’eau : 1,31 m
Déplacement : 15,5 t
Surface de voile : 134,3 m2
Grand-voile : 82,5 m2
Génois : 51,8 m2
Gennaker/spi : 105/190 m2
Motorisation : IB 2 x 40 ou 54 CV
Carburant : 1 000 l
Eau douce : 350 ou 700 l
Matériau : sandwich polyester
Production : plus de 1 000 exemplaires depuis 2010
Prix : à partir de 280 000 € HT
Catana 471 - Trans Océan Express
Eprouvé par de nombreux tours du monde, le 471 a fait ses preuves au large ; vous pouvez larguer les amarres à votre tour les yeux fermés, ou presque…

C’est le modèle le plus diffusé par Catana – sans tenir compte des Bali, bien sûr. Pourquoi ? Parce que ce 471 est sans doute le catamaran le plus proche de la philosophie originelle de Catana – proposer un catamaran robuste, très marin et rapide. Le déplacement est maîtrisé grâce à l’emploi de composites hightech et tissus carbone et les deux dérives sabres permettent de bien remonter au près. Le 471 a tout de même eu droit à sa version « super luxe » avec de très nombreux équipements de confort intérieur, mais aussi des sièges de barre réglables en hauteur et un gennaker amuré sur un bout-dehors en carbone : c’est le 472. Une dernière déclinaison du 471 est le 47 OC – comprendre Ocean Cruiser –, à ne pas confondre avec le 47 tout court, qui l’a remplacé. Sur l’eau, ce Catana est très plaisant à toutes les allures et peut s’offrir de belles pointes à près de 20 nœuds, tout un programme. Le plan de pont est très fonctionnel, tant sur le plan des manœuvres, du poste de barre contre le rouf, que des surfaces dédiées au farniente. Un seul regret : le cockpit est légèrement plus haut que le plancher de la nacelle. On y est abrité par un bimini rigide ou en toile selon les modèles. A l’intérieur, priorité à une belle cuisine et une table à cartes digne d’un bureau terrestre, plutôt qu’à un carré taillé pour 12 personnes… c’est ça, un voilier de propriétaire !

Les +
Unité rapide
Bon cap au près grâce aux dérives profondes
Qualité de construction
Les -
Carré un peu juste
Boiseries sensibles à l’humidité

Constructeur : Catana
Architecte : Christophe Barreau
Longueur hors tout : 15,70 m
Longueur de coque : 14,30 m
Longueur à la flottaison : 13,80 m
Largeur : 7,70 m
Tirant d’eau : 1,20/2,50 m
Poids lège : 12 t
Surface de voile au près : 106 à 143 m2
Grand-voile : 78 à 91 m2
Génois : 28 à 52 m2
Gennaker : 82 m2
Motorisation : 2 x 50 ou 55 CV
Production : 86 exemplaires de 1997 à 2006
Prix : à partir de 200 000 € HT
Nautitech 47 - Toujours dans le coup pour voyager !
Ce modèle est robuste et vieillit bien : un excellent choix pour partir, mais également pour pratiquer le charter – et pourquoi pas les deux…

De son prédécesseur le 475, le 47 ne conserve que les coques, un process relativement fréquent chez les constructeurs de multicoques ; les carènes « vieillissent » en effet bien moins vite que les plans de pont, cockpits et autres nacelles. Et quand les carènes sont réussies et éprouvées, comme c’est le cas avec un 475 diffusé à près de 50 exemplaires, le chantier met toutes les chances de son côté. Rien de révolutionnaire à bord de cette unité taillée pour le long cours ; plutôt un habile compromis entre confort, finition soignée et performances. Avec ses 18 m de tirant d’air, le 47 est capable de belles moyennes sans gros efforts grâce à son génois de surface raisonnable comparé à l’imposante grand-voile. Evidemment, les ailerons courts limitent les capacités au louvoyage. On peut également reprocher à cette unité une visibilité perfectible lors des manœuvres au port ; les postes de barre offrent en effet une belle vue sur la moitié du bateau – étrave, poupe et plan de voilure –, mais on ne voit pas grand-chose sur la coque opposée. Ce qui concerne surtout les arrivées sur la coque tribord, les commandes étant installées sur le poste bâbord. Pour le reste, on a affaire à un catamaran costaud, élégant et bien conçu quant au plan de pont et aux emménagements. La porte de plain-pied mène à une grande nacelle avec un carré repoussé tout au fond ; plus près du cockpit, une cuisine en U et un coin navigation. Suivant les versions, on dispose de trois ou quatre cabines doubles. Les couchages avant sont disposés travers à la route. Quant aux pointes avant, elles peuvent être équipées de couchettes supplémentaires. Ce modèle est un excellent choix pour partir, mais également pour pratiquer le charter – et pourquoi pas les deux…
Les +
Design toujours plaisant
Performances dans la brise
Robustesse générale
Les -
Manque de tonus par petit temps
Visibilité depuis les postes de barre
Constructeur : Nautitech Catamarans
Architectes : Mortain/Mavrikios
Longueur de coque : 14,50 m
Longueur à la flottaison : 14,00 m
Largeur : 7,50 m
Tirant d’eau : 1,20 m
Poids lège : 14 t
Surface de voile : 115 m2
Grand-voile : 83 m2
Génois : 32 m2
Motorisation : 2 x 53 CV diesel
Carburant : 440 l
Eau : 900 l
Production : environ 40 exemplaires de 2004 à 2009
Prix : à partir de 280 000 € HT