Un simple coup d’œil sur une carte permet d’apprécier deux données : la Floride est l’Etat le plus méridional des Etats-Unis, et ce territoire-péninsule est logiquement riche en façades maritimes. Certes, le sud de la Californie, le Texas et la Nouvelle-Orléans taquinent eux-aussi la latitude du tropique du Cancer, mais leurs côtes ne proposent pas de lagons de rêve… et peu d’infrastructures dédiées à la plaisance.
En Floride, l’eau est partout ! Si le littoral s’étire à vol d’oiseau sur près de 2 000 km, le trait côtier affiche 13 600 km. Sans compter les milliers d’îles, les 30 000 lacs et les 1 700 cours d’eau. Certes, la plupart des villes sont très bétonnées et peuvent rebuter – à première vue – les amateurs de nature sauvage… mais la mangrove et les plages désertes figurent bien au catalogue ; il suffit de s’éloigner un peu des plus grandes marinas. La Floride est donc sans surprise l’Etat où l’on navigue le plus aux Etats-Unis – chaque jour, 100 000 embarcations quittent leur emplacement habituel.

Précisons tout de même que le vrai paradis floridien est réservé au sud de l’Etat. Au nord, à Jacksonville, la température moyenne en janvier est de 12,3°C. Le minima moyen est de 6,3°C, le maxima moyen 18,3°C – il peut même geler et/ou neiger. Rien à voir à Miami, pourtant distante de 527 km seulement : la porte des Amériques affiche au même mois de janvier des températures quasi tropicales : 16°C est le minima moyen, 25°C pour le maxima. Cette exception climatique justifie à elle seule l’engouement pour le sud de la péninsule – même si on peut considérer l’hiver comme relativement clément à partir de Beaufort, au sud de la Caroline du Sud. En plus de températures particulièrement agréables – en tout cas d’octobre à fin avril, car l’été est très chaud et étouffant –, le sud de la Floride affiche un taux d’ensoleillement exceptionnel : avec 3 150 heures par an, Miami est donc dorée au soleil pratiquement les ¾ de la journée, toute l’année, puisque l’ensoleillement théorique maximum est de 4 380 heures. Ajoutez une eau à 21°C au plus frais et 30 au mieux ; vous avez déjà une idée de l’attrait du sud de la Floride.
Miami affiche, en plus d’une forte activité culturelle, un sacré atout pratique. Son aéroport est en effet particulièrement bien desservi : quarantième aéroport mondial (44 millions de passagers en 2017), c’est le douzième aéroport américain… mais également la connexion privilégiée avec le hub d’Atlanta, qui lui est le plus gros aéroport du monde.
Sur le plan plus maritime, la zone est balayée le plus souvent par un vent d’est de 8 nœuds en moyenne pendant l’été, contre 12 l’hiver. Soit des conditions de navigation particulièrement agréables assorties d’une mer plutôt calme.

En plus de ses côtes, la Floride offre de multiples plans d’eau parfaitement protégés et reliés à la mer. Ces lagons et autres marinas géantes sont connectés par les waterways, sortes de routes maritimes intérieures. Peu de problèmes de tirants d’eau – contrairement à la Caroline du Nord, où les bancs de sable sont légion… –, en revanche, des ponts qui interdisent parfois les grands tirants d’air. La plupart des catamarans de 40 pieds passent sans encombre. Plus difficile pour les 45 pieds. Raison pour laquelle de nombreux Américains commandent des gréements raccourcis. A noter : ces waterways représentent aux Etats-Unis pas moins de 40 000 km de voies navigables, pour la plupart concentrées sur le tiers est du pays. Le Canada ainsi que tous les grands lacs sont connectés. La route maritime qui concerne directement la Floride longe la côte est depuis la baie de Chesapeake. Un excellent moyen de faire route vers le sud sans contraintes météo.
La Floride, plus encore que le reste de la côte est, s’est dotée très tôt d’infrastructures capables d’accueillir les super yachts – et donc les multicoques. A Miami, tout comme à West Palm Beach, Fort Lauderdale, Fort Myers, Tampa et encore bien d’autres cités, les possibilités d’amarrage sont infinies. Parfois privées – de très nombreuses maisons et villas disposent de leur propre quai – mais également publiques. Il est donc possible à peu près partout en Floride de dénicher une place pour son multicoque. A l’année, les prix varient énormément selon l’emplacement : derrière une maison sur les canaux « non habitables », comptez $10/pied/mois. Pour une vraie marina publique où vous pouvez vivre à bord : $30-$40/pied/mois. Dans une marina haut de gamme, on vous demandera $70/pied/mois.

L’attrait de la Floride, c’est également les possibilités de navigation exceptionnelles toutes proches : l’archipel des Keys démarre juste au sud de Miami, et les îles des Bahamas les plus proches – Bimini Islands – sont à 40 milles à l’est de Miami. Soit à peine une journée de louvoyage – a priori, le vent étant de secteur est – et quelques heures pour le retour.
A vous les plages de sable blanc, les lagons turquoise et les cocotiers !
Et c’est bien sûr dans ces plans d’eau peu profonds que les multicoques se révèlent les parfaits supports ; un quillard qui cale 2,50 m s’interdit à peu près tous les meilleurs mouillages.
La Floride propose donc de sacrés arguments : les passionnés de multicoques y trouvent un parfait terrain de jeu – ou une terre d’hivernage on ne peut plus accueillante… Pas étonnant que c'est précisément à Miami que se déroule le principal salon nautique des Etats-Unis. Et que les multicoques y aient le vent en poupe !
Miami International Boat Show
LE salon US à ne pas rater !

Depuis plus de 70 ans, Miami International Boat Show est le rendez-vous incontournable du nautisme américain. Pendant des années, le salon était éclaté en différents spots, ce qui pouvait compliquer l’accès aux différents sites – facile en bateau, bien plus compliqué en voiture. Fini le très apprécié et intimiste Strictly Sail – qui regroupait les seuls bateaux à voile à Bayside : depuis deux ans, le salon s’est reconcentré en un seul et unique bloc gigantesque, au Marine Stadium Park & Basin. Et, contrairement à Annapolis qui alterne voile et moteur, ici, tout est là en même temps. Le Salon de Miami, avec ses 100 000 visiteurs, ses 3 000 bateaux exposés et ses 2 000 professionnels présents est devenu incontournable. Les constructeurs de multicoques ne s’y sont pas trompés, et répondent pour la plupart présent. Un plus du salon, en plus d’une météo particulièrement clémente en cette saison : la possibilité d’essayer les multicoques dans d’excellentes conditions.

Les équipementiers et les fabricants d’accessoires – vêtements, pêche, paddle, kayak, plongée etc. – exposeront également à Miami.
Les multicoques – une quarantaine – seront situés sur les quais 8 et 9. Parmi les mieux représentés, les Lagoon, bien sûr ! Le leader mondial exposera les 40, 42, 46, 50, 52 F et SEVENTY 7. Côté moteur, le 630 MY sera présent. Du côté de Fountaine Pajot, on peut compter sur le Lucia 40, l’Astréa 42 ainsi que le Saona 47 et l’Alegria 67 pour une première US. Pour le moteur : les MY 37 et MY 44 seront exposés. Les Leopard d’Afrique du Sud ne sont pas en reste, avec le Leopard 40, le 45, le 50 et le 58. Deux modèles moteur : le Leopard 43 PC et le 51 PC. Autres constructeurs présents : Antares Yachts, Aquila Power Catamarans, Balance Catamarans, Bali Catamarans, Corsair Trimarans, Hudson Catamarans, Nautitech/Bavaria Catamarans, Outremer Yachting, Privilège Marine, Royal Cape Catamarans, Seawind Catamarans, St Francis, Sunreef Yachts, Xquisite Yachts…
A terre, tous les fabricants de multicoques de sport, Hobie Cat en tête, seront de la fête… qui semble valoir le déplacement, non ?

Miami pratique :
Dates : 14 au 18 février
Horaires : 10 à 18 h
Tarifs : $40.00 Premier Day, jeudi 14 février. $25.00 les autres jours. $45.00 Two-Day Pass (deux jours du vendredi au lundi). $100 Five-Day Pass (du jeudi 14 au lundi 19). Gratuit pour les enfants de moins de 13 ans accompagnés par un adulte payant.
Adresse : Miami Marine Stadium Park & Basin
3501 Rickenbacker Causeway
Miami, FL 33149