Piment Rouge : les présentations
Notre catamaran est un Outremer 51. Il a rejoint les îles Canaries depuis La Grande-Motte (1 577 milles) en une semaine avec des pointes de vitesse à plus de 20 noeuds.
Piment Rouge mesure 15,65 m de longueur par 7,57 de large, et pèse 11,46 t. Son tirant d’eau dérives relevées est de 0,95 m ; son tirant d’air de 23,10 m. Il dispose d’une grand-voile de 91 m2 , d’un solent de 38 m2 et de plusieurs voiles de portant (de la plus petite à la plus grande : un Code 0 de 82 m2 , un gennaker de 123 m2 et un spi asymétrique de 160 m2). Toutes ces voiles et les autres manoeuvres totalisent près d’un kilomètre de bouts.

Le parcours de l’ARC+ propose une transatlantique est-ouest avec une escale au Cap-Vert.
Las Palmas, 1er novembre - Check sécurité
Nous avons présenté le matériel de sécurité pour la validation de l’organisation.
- Une antenne permet d’émettre et recevoir la position des autres bateaux (AIS) et la radio (VHF).
- La perche IOR accrochée à la bouée fer à cheval peut être lancée aux personnes à la mer (man over board). Sa hauteur et sa lumière complètent le gilet de sauvetage.
- Le gilet de sauvetage se gonfle et une lumière se déclenche automatiquement au contact de l’eau. La fermeture éclair éclate, libérant une capuche de protection et déclenchant une balise AIS individuelle dont les coordonnées GPS sont détectables par le multicoque et ses voisins. En cas de gros temps, les sangles de sécurité permettent de s’accrocher aux lignes de vie lors des déplacements.
- Les fusées de détresse permettent de se signaler en cas de besoin, tout particulièrement de nuit.
- Enfin, si tout tombe en panne, les cartes marines permettent de s’y retrouver pour revenir à terre.
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Las Palmas, 6 novembre - Derniers préparatifs
Demain, c’est le grand jour ! Le départ est prévu à 12h45 heure locale. Sur le quai, sur un des enrochements, nous avons peint notre logo – un véritable rituel à Las Palmas.
La ligne de départ se situe entre une bouée jaune et un bateau dit « comité » qui surveille si personne ne franchit la ligne avant le départ. Le départ n’est pas statique (à l’arrêt), mais lancé. Toutes voiles dehors ! Vu la météo, le départ se fera vent arrière. L’optimisation du départ consiste à trouver un point de repère (GPS ou alignement, bouée…), de chronométrer le temps de parcours entre ce point et la ligne de départ de manière à franchir la ligne à pleine vitesse juste après le coup de canon, tiré (à blanc bien sûr) depuis un navire militaire espagnol.
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7 novembre - La stratégie du « tout à fond » !
Bon départ avec grand-voile haute et solent, bientôt appuyé par le gennaker. Le vent portant nous permet de surfer sur les vagues. Ainsi, le vent nous pousse en moyenne à 10 noeuds et certaines vagues rajoutent 10 noeuds, le temps du surf. Ces conditions nous ont permis d’établir le record de Piment Rouge à 24,4 noeuds. Premier empannage au moment du premier coucher de soleil. Nous réussissons pour le moment à suivre les étapes et le temps proposé par le routage de départ.
8 novembre - Des quarts de trois heures
Les quarts permettent de se répartir les tâches sur le catamaran à des horaires précis et planifiés. Ces quarts durent 3 heures en binôme chevauchant pour 6 heures de pause. En journée, ils sont peu suivis ; en revanche, la nuit, ils prennent toute leur importance.

9 novembre - En tête de la flotte
Nous continuons d’avancer à une moyenne de 10 noeuds – en ayant conservé le gennaker toute la nuit – et sommes toujours en tête de la flotte. Le deuxième est remonté à 20 milles grâce à une autre stratégie de routage (route plus abattue). Suspense ! D’autant plus qu’avec les ratings, ce n’est pas facile d’anticiper. Plusieurs tableaux d’analyse sont en cours avec les données de position des concurrents qui nous parviennent.

10 novembre - Vie à bord
La météo ne tient pas toutes ses promesses. Si le vent souffle à la force annoncée, son secteur (direction) n’est pas le bon, et nous avançons bien calmement… C’est l’occasion de pratiquer quelques activités, comme l’observation de dauphins, la cuisine, le réglage des enceintes, la gymnastique ou encore le farniente au coucher du soleil. Notre option très à l’est est-elle la bonne ?
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11 novembre - Dernier jour de la première étape
Premier joli lever de soleil et, si tout se passe bien, dernier de cette étape. Les voiliers n’avancent pas en fonction du vent réel, mais du vent apparent. Par exemple, si vous naviguez au près, presque face au vent, vous avez plus de sensations que vent arrière. A cette allure, plus le catamaran avance poussé par le vent, moins le vent gonfle les voiles, jusqu’à ce que le multicoque ralentisse suffisamment pour être poussé de nouveau. D’où notre routage pour être toujours en décalage du vent nordnord- est annoncé. Malheureusement (et malgré les bulletins météo les plus récents), le vent arrive de l’arrière. Ce qui ne nous fait pas avancer et abîme les voiles. L’utilisation de la propulsion mécanique étant autorisée dans la course (moyennant malus), nous décidons de lancer les moteurs pendant quelques heures, le temps que le vent rentre dans le secteur prédit. C’est l’occasion de produire de l’eau douce grâce au dessalinisateur et de l’utiliser pour un grand nettoyage ! Notre vitesse ralentie à 6 noeuds est aussi l’occasion de mettre les lignes de pêche à l’eau – sinon, notre vitesse est trop élevée pour espérer pêcher quoi que ce soit.
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12 novembre - Dernier jour de la première étape
A 2h31 heure locale, nous sommes les premiers à franchir la ligne devant le port de Mindelo après 993 milles parcourus en 110 heures de navigation. Nous attendons les autres multicoques pour connaître le classement. L’idéal serait d’avoir a minima 11 heures d’avance.
Nous avons hissé le pavillon cap-verdien. En attendant les formalités administratives en cette période de pandémie, nous avons également hissé le pavillon jaune de quarantaine (en gros, il signifie : « Nous ne sommes pas en règle, nous en avons conscience, nous faisons au mieux et en attendant on ne descend pas à terre »).
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Premières photos au petit matin ; le port de Mindelo est à l’intérieur d’un ancien cratère. Piment Rouge et son équipage se reposent.
15 novembre - Remise des prix de la première étape
Nous remportons le prix du premier bateau à traverser la ligne (toutes divisions confondues) et la deuxième place de la première étape en temps compensé (division multicoques) derrière le NEEL 47.
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18 et 19 novembre - Préparation de la transat
Après de belles balades dans l’archipel, on se remobilise sur le catamaran. Départ vendredi 11h heure locale. On va tout donner – d’ailleurs, on a déjà commencé :
- Renégociation du rating (on gagne 1 %, c’est déjà ça !).
- Nettoyage des coques pour éviter les frottements de tout ce qui s’est accroché au port (en plus, ça impressionne tout le quai !).
- Nettoyage général (pour nous).
- Plein d’eau.
- Inventaire frigo et sec avant ravitaillement demain.
- Test informatique pour suivre les autres concurrents.
- Premiers routages. Dans l’état actuel des prédictions, on s’attend à un vent léger qui va sans doute nous faire plonger au sud au départ.
A suivre…
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