Fou de Bassan : Etonnant compagnon de mer
Nom : Jonathan Jagot Age : 26 ans Caractéristique : tourne autour du monde en bateau depuis plus de 13 ans
1
/
1
Publié le
28/11/2024
Par
Jonathan Jagot
Numéro :
228
Parution :
Dec.
/
Jan.
2024
Prêtez-vous attention à toutes ces petites choses qui, à force de familiarité, finissent parfois par devenir invisibles, comme les pigeons dans les grandes villes ou les mouettes en bord de mer ? Si l’on s’arrête un instant et que l’on prête attention à ces merveilles devenues banales, la nature se révèle de nouveau, pleine de secrets et d’émerveillements. Parmi les compagnons de mer que je préfère, il y a les fous de Bassan. Grands voyageurs, ils profitent de leur large envergure – jusqu’à 1,90 m – pour optimiser leur vol. Pragmatiques, ils n’hésitent pas à se poser sur nos multicoques pour une nuit de repos. Sur leurs pattes, les fous miment parfois des personnages comiques avec leur tête qui rappelle celle d’un clown maquillé. Malgré les « marques » inévitables qu’ils laissent sur le pont, je leur offre toujours l’hospitalité, conscient des épreuves qu’ils affrontent en bravant les tempêtes et les océans agités. Tous ne reviennent pas au nid, où leurs petits les attendent, le bec grand ouvert, espérant un repas de poissons fraîchement pêchés.
Ces oiseaux marins sont aussi de véritables acrobates de la mer : capables de plonger d’une hauteur de plus de 30 mètres, ils atteignent une vitesse de 100 km/h en frappant l’eau. Leur corps est adapté pour supporter cet impact impressionnant : des sacs d’air autour de leur cou et de leur poitrine amortissent le choc, et leurs narines se ferment hermétiquement pour éviter l’infiltration d’eau. Une prouesse qui leur permet d’attraper des poissons repérés depuis le ciel, parfois à des hauteurs vertigineuses. Ce sont sans doute, plus que leur dégaine sur le pont, ces piqués insensés qui leur valent d’être appelés « fous ».
Décidément, les fous de Bassan sont fascinants – ils m’inspirent à chaque rencontre !