Avez-vous remarqué que la panne moteur intervient toujours au mauvais moment ? C’est en arrivant au port, pour étaler le courant ou quand le vent est complètement tombé que le moteur s’étouffe ou qu’il refuse de redémarrer. Alors, sauf si vous êtes près des cailloux, auquel cas il faut trouver une parade d’urgence (à la voile ou avec l’annexe), rien ne sert de se précipiter sur la VHF pour envoyer un panpan. En effet, les pannes les plus fréquentes sont souvent dues à quelques phénomènes récurrents qui peuvent se résoudre avec l’outillage et les pièces de rechange que vous devez avoir à bord. Mais attention, nous partons ici du principe que le moteur est en bon état et non pas en fin de vie, ce qui rendrait la suite de l’article peu lisible… Nous occultons aussi la panne sèche, les algues ou un bout pris dans l’hélice ou obstruant l’arrivée d’eau de mer, les vannes d’arrivée d’eau ou de carburant fermées, la batterie déconnectée ou déchargée, inventaire de "pannes" qui arrivent pourtant même aux plus expérimentés. Dans tous les cas, n’appuyez pas sur le démarreur plus de 10 secondes et n’essayez pas de démarrer plus de 4-5 fois (à intervalles de 30 secondes minimum), au risque de vider complètement la batterie et de noyer le moteur. Si on oublie les pannes bénignes listées ci-dessus et dont vous aurez vite trouvé l’origine, deux causes représentent plus de 90 % des pannes : une mauvaise arrivée et un désamorçage de gasoil ou un refroidissement déficient entraînant une surchauffe moteur excessive. Vous avez donc, ci-dessous, les remèdes à appliquer pour vous sortir d’affaire rapidement et seul. Si, après toutes ces vérifications, le moteur de votre bateau ne veut toujours pas démarrer, l’aide d’un professionnel sera indispensable. Mais souvenez-vous, avec un moteur bien entretenu et révisé, ces désagréments devraient être écartés.
Le circuit de gasoil

1- On commence par vérifier la présence d’eau dans le bol sous le préfiltre de gasoil. Dans le doute, il vaut mieux la purger à l’aide de la vis située dessous. Ensuite, vérifier que le gasoil arrive bien en actionnant la poire manuelle. Si elle reste dure, c'est que le gasoil n’arrive pas. Il faudra alors vérifier que le tube plongeur n’est pas obstrué par des salissures dans le réservoir.

2- Vérifiez ensuite manuellement (si possible sur votre moteur) le fonctionnement de la pompe à gasoil. Elle doit être ferme et souple.

3- Avec un carburant qui a séjourné longtemps dans le réservoir, des dépôts se forment, et le filtre est tellement sale que le gasoil ne passe plus. Il est alors indispensable de changer le filtre et le préfiltre.

4 - Tout ce que vous venez de vérifier fonctionne ? Alors la panne ne vient pas de l’arrivée de gasoil. Vous avez sûrement une entrée d’air dans le circuit, au niveau des injecteurs. Il faut alors purger le circuit d'alimentation compris entre le réservoir et la pompe d'alimentation. Le reste du circuit d'alimentation étant sous pression, l'air ne peut y pénétrer.

5 - Pour ce faire, on dévisse les écrous aux différents points spécifiés par le constructeur (voir notice du moteur), puis on pompe le gasoil à la main jusqu'à ce qu'il jaillisse sans bulles aux différents points de purge en se munissant d’un chiffon…

6 - En mer, on peut se dépanner facilement, à condition d'avoir prévu cette situation. On débranche, à la pompe d'alimentation, le tuyau défectueux venant du réservoir. A sa place, on branche un tuyau venant d’une nourrice remplie de gasoil.
Votre moteur refuse encore tout service ? Il y a donc fort à parier que vous avez de l'eau dans la pompe à injection… Là encore, le jerrycan de secours sera précieux pour la purger avec du gasoil propre, exempt d'eau.
La surchauffe

7- En premier, on pose la main sur le couvercle de la turbine. Il doit être froid. S'il est chaud, c’est que l’eau de mer censée refroidir le moteur ne passe plus…

8- Après avoir vérifié que la valve du col de cygne de l’arrivée d'eau de mer n’est pas bloquée, contrôlez le niveau de liquide de refroidissement ou d’eau douce et le thermostat.

9- Vérifiez aussi la courroie d’entraînement qui sert à la fois pour l’alternateur, mais aussi d’activateur de la pompe à eau. Il faut regarder si elle est usée, lisse ou striée, et surtout suffisamment tendue pour entraîner la pompe. On doit pouvoir la tourner à la main, et la bonne tension ne doit pas dépasser un doigt de battement.

10 – La vis de réglage permettant de retendre la courroie (ou de la changer) est généralement situé sur l’arbre qui maintient l’alternateur.

11- Il se peut aussi que la turbine soit défectueuse. Il faut alors la changer et en mettre une neuve. Le graissage à la repose est indispensable, ainsi qu’un joint de couvercle neuf.

12- Selon votre programme, vous devrez avoir à bord une liste de pièces de rechange et de dépannage plus ou moins importante. Il vous faudra au minimum, pour une navigation côtière et pour vous dépanner facilement en mer : un injecteur complet et réglé, des rondelles-joints d'injecteur, des filtres à huile et à gasoil, des courroies d'alternateur et de pompe à eau, un thermostat, une turbine de pompe à eau et un joint…