Les rassemblements Propriétaires Lagoon sont en place depuis des années ; ils sont d’ordinaire organisés par les revendeurs avec l’appui du constructeur. Les dates sont donc fixées en fonction des impératifs locaux (salons, climat, disponibilité du personnel) et se répartissent au cours de l’année… mais voilà, à l’occasion des 40 ans de la marque, une idée a germé : « pour faire court, explique Thomas Gailly, directeur de la marque, c’était de mettre en place 40 Escapades Lagoon partout dans le monde en même temps. » Sur le papier, le projet est séduisant en diable ; dans la pratique, c’est une autre affaire… Mais Thomas parvient à convaincre ses équipes. Le nom de l’événement s’impose dans difficultés : ce sera Lagoon World Escapade décliné pour chaque pays. Reste à trouver une date qui corresponde au monde entier – pas facile… C’est finalement les 17, 18 et 19 mai qui sont retenus. Seul le Japon est contraint d’avancer son Escapade d’une semaine. Au final, l’objectif des 40 événements conjoints ne peut être atteint mais on en compte tout de même une trentaine, répartis partout dans le monde ; ce sont donc 2 400 équipiers à bord de 400 catamarans Lagoon qui sont prêts à célébrer les 40 ans de la marque qui a vendu le plus de catamarans habitables dans le monde – 7 000 tout de même ! Au siège du chantier à Bordeaux, on a tout prévu : danse et cocktail Lagoon, groupes WhatsApp participatifs, collecte des images et vidéos en temps réel…
Bienvenue à Göcek !
L’équipe de Multicoques Mag a bien sûr décidé d’aller sur le terrain, ou plutôt sur l’eau. J’ai donc rejoint – avec une courte escale en Croatie, mais c’est une autre histoire – le staff de Tezmarin à Istanbul. Ce revendeur de bateaux est l’un des principaux concessionnaires Lagoon ; l’équipe pilotée par Osmancan Erşahin est donc particulièrement impliquée dans l’organisation de sa propre World Escapade. Avec Thomas et le staff de Tezmarin, nous prenons un vol en fin d’après-midi pour Dalaman, à 500 km au sud d’Istanbul. Là-bas, après un court trajet en mini-bus, nous embarquons en bateau. L’air est tiède et le vent absent. Le site paraît sublime – il fait déjà presque nuit. La grande baie, enchâssée elle-même dans le golfe de Fethiye, est parfaitement protégée du large par un chapelet d’îles. On découvre ici une multitude de baies et de criques particulièrement sauvages – et d’ailleurs protégées par une réglementation stricte. En ce début de saison, je remarque déjà beaucoup de bateaux amarrés « à la méditerranéenne », c’est-à-dire ancre à l’avant et aussières à terre en raison des fonds importants et la gestion de l’évitage. Osmancan me précise qu’il est interdit de s’attacher aux arbres et que pendant l’été, les bateaux sont très nombreux et restent parfois une semaine voire plus au même endroit tant le site est plaisant… Nous rejoignons la petite baie du restaurant d’Adaia Göcek, camp de base de notre Escapade Lagoon. L’endroit est donc seulement accessible par la mer. Un grand ponton en U permet d’accueillir une vingtaine de bateaux – on en compte déjà une bonne dizaine. Thomas et moi sommes accueillis à bord d’un Lagoon 55, c’est-à-dire bien mieux qu’à l’hôtel !
Jour 1
Dès le lever du jour, les arrivées des participants s’enchaînent ; certains restent un peu isolés et s’amarrent sur le rivage, d’autres rejoignent le ponton. Je remarque des anciens modèles de Propriétaires, des millésimes plus récents de location, sans oublier quelques powercats luxueux. Pratiquement tous les modèles Lagoon lancés à partir de la fin des années 1990 sont représentés ! L’équipe de Tezmarin aident les équipages à manœuvrer. Quand le catamaran est bien en place, le champagne et les cadeaux sont offerts ! On ne peut espérer un accueil plus chaleureux. Thomas est un peu en mode H24 : il suit déjà depuis longtemps son maxi événement puisque l’Australie a démarré les festivités 7 heures avant nous. L’Escapade de Los Angeles, quant à elle, se mettra en route dans 10 heures…
Osmancan me sollicite pour l’aider à mettre en place un système de rating cohérent pour la régate prévue le lendemain. Me voilà promu « président du jury » ! J’exploite mon expérience de la Catamaranscup en Grèce où la jauge Multi2000 avait fait ses preuves. On reprend le principe des ratings bruts avec un bonus pour les hélices fixes, on ne tient pas compte des GV à corne mais on intègre un malus pour les gennakers et les spis. Une fois les ratings obtenus, nous divisons la flotte en trois classes.
A partir de 17h, les équipages s’enregistrent auprès du bureau de Tezmarin : la fête peut commencer ! Juste après les discours inauguraux, nous nous réunissons tous sur une petite plage pour former un « Lagoon » humain ; le drone prend son envol pour immortaliser la scène. L’ambiance reprend aussitôt avec les fameux cocktails Lagoon turquoise, un copieux dîner et… le disc-jockey !
Jour 2
Peu après le lever du jour, une balade est proposée : il s’agit d’emprunter une petite portion côtière d’un chemin de randonnée bien connu des amateurs. Nous déambulons parmi des chèvres, découvrons un petit bar local puis une ruine complètement isolée. L’endroit est parfait pour s’offrir un petit bain ; l’eau dépasse déjà les 20°C.
Des jeux nautiques sont ensuite organisés : des duels en paddle sont lancés sur un trajet aller- retour, juste devant la terrasse du restaurant. Parfait pour se chauffer un peu les muscles avant de naviguer ! Une vingtaine de concurrents se sont en effet inscrits à la régate ; même si une bonne moitié des équipages présents sont de purs croiseurs, ils jouent le jeu… Le départ est lancé à courte distance du restaurant, dans une zone bien ventée. La flotte s’élance vent arrière vers la grande île de Domuz Adasi, à environ 4 milles ; les catamarans sont censés virer une marque et revenir. Thomas, embarqué à bord d’un Lagoon 50, est à fond : il aide son équipage à hisser fissa le grand spi rose et tente une option sur la droite, vers la pointe rocheuse de la presqu’île. La trajectoire est payante… mais seulement au début. Le vent tombe progressivement et ce sont finalement les catamarans qui ont tiré tout droit plein vent arrière qui s’en sortent le mieux. 45 minutes après le départ, il n’y a plus de vent du tout ; nous hésitons à annuler la manche. Et puis le vent rentre dans notre dos, au nord-est ! La flotte est du coup contrainte à tirer des bords, ce qui justifie une réduction de parcours. C’est un Lagoon 52 qui passe la ligne en tête.
De retour à terre, place à la soirée « blanche », à la remise des prix, au dîner et à l’orchestre ! Ce n’est qu’à la toute fin de soirée que Thomas lancera, avec un certain succès, la Lagoon Dance…
Jour 3
Ce 19 mai est un jour spécial en Turquie : il s’agit de la commémoration de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République de Turquie de 1923 à 1938. Cette journée, fériée, est également celle de la jeunesse et des sports. Sur le ponton et à bord des catamarans, les drapeaux turcs sont donc de sortie et le chant national tourne en boucle sur les enceintes. L’équipe de Tezmarin a justement prévu une grande parade nautique, ça tombe bien ! Quasiment tous les Lagoon jouent le jeu et quittent ensemble le mouillage ou le ponton. Petit à petit, la flotte se met en ligne ; les catamarans tentent de se rapprocher les uns des autres et entament un lent virage sur tribord. Osmancan, embarqué sur un dinghy, ne lâche pas sa VHF et donne les consignes ; ce n’est pas si facile de naviguer à 40 catamarans en cercle ! Précisons que lors des rassemblements Propriétaires, ce type de figures, tout comme la « fleur de mouillage » sont un peu des incontournables pour les photos et vidéos souvenirs…
C’est justement sur cette impressionnante démonstration nautique que notre Lagoon World Escapade se termine. Sur le portable de Thomas, les images continuent de se bousculer en provenance des BVI et du Mexique…
La baie de Göcek pratique
Formalités : passeport valide au moins 3 mois à partir de la date d’entrée
Y aller : l’aéroport le plus proche de Göcek est celui de Dalaman, à 14 km. Il profite d’une dizaine de vols par jour en provenance ou à destination d’Istanbul.
Monnaie : Livre turque (TL) ; 1 livre turque = 0 ,028 Euro
Langue : Turc – l’anglais est bien pratiqué dans les zones touristiques
Météo : le climat de Göcek est de type méditeranéean relativement chaud puisque la température moyenne sur l’année est de 18,4°C. Le mois le plus frais est janvier avec une moyenne de 10,9°C tandis qu’août est le mois le plus chaud avec 27,4°C. Si l’été est remarquablement sec, les mois de novembre à février sont relativement humides. Les vents, généralement faibles, sont animés par des brises thermiques l’après-midi. La température de l’eau est plutôt agréable : elle ne descend pas en dessous de 15°C l’hiver et dépasse les 20°C dès le mois de mai (26 à 30°C en août) pour ne redescendre sous ce seuil que fin novembre.
Loueurs : il est possible de louer un multicoque au départ de Göcek via les plateformes en ligne comme Click & Boat mais les gros loueurs « physiques » sont plutôt installés un peu plus à l’est, à l’instar de Dream Yacht Worldwide basé à Antalya.






















