Bahamas - 700 îles paradisiaques à découvrir !
S’il y a bien un paradis du multicoque, c’est ici : les zones de mouillage, géantes et peu profondes, prennent la couleur d’une piscine – les tirants d’eau excédant deux mètres sont priés de naviguer ailleurs. Une destination multihull friendly par excellence.

Les Bahamas sont coincées entre le sud de la Floride et le nord-est de Cuba. Le territoire à découvrir est immense, 260 000 km2 , soient 17 000 km2 de plus que le Royaume-Uni ! Un pays constitué de mer plus que de terres, indépendant depuis 1973. Seules une vingtaine d’îles sont habitées toutes l’année. Au sud, une succession d’îlots de sable et de corail, et aucune possibilité de ravitaillement. A l’ouest, les Bimini Islands sont les plus proches de la côte américaine (40 milles seulement). C’est un peu plus loin vers l’est, sur les îles de Great Abaco et de Nassau, que sont installées les principales infrastructures. La saison de navigation s’étend de décembre à juin ; la saison cyclonique démarre en août et se poursuit jusqu’en novembre. L’archipel des Bahamas est constitué d’immenses lagons, séparés par quelques dizaines de milles. C’est lors de ces trajets qu’on ressent parfois la houle du large, ou tout au moins la mer du vent. Pour le reste, la navigation consiste à baguenauder d’une plage déserte à l’autre, au sein d’une piscine géante. Les temps de navigation peuvent être très courts, les plongées un peu moins – et donc les journées bien remplies ! La zone la plus sauvage ? L’archipel des Exumas, à seulement 26 milles de la côte sud-est de l’île de Nassau. Il abrite l’un des plus grands parcs marins au monde, le célèbre « Exuma Cays Land and Sea Park » situé à Warderick Wells. A faire également : caresser les requins-nourrices, nourrir les cochons nageurs de Staniel Cay, se prendre pour James Bond dans la grotte aquatique de Thunderball, nager au milieu des poissons anges, perroquets et sergents major dans « l’Aquarium », traverser les restes de l’avion du Cartel de Medellin, au large de Norman Cay, ou encore jouer à cache-cache avec les iguanes d’Allen’s Cay.

Iles Vierges britanniques - L’alizé du bonheur
Des îles variées – escarpées ou plates – des plages de sable immaculé, une eau turquoise et surtout un alizé toujours au rendez-vous : les British Virgin Islands sont bien un paradis de la voile ! Et pour ne rien gâter, quelques repaires de marins où la bière est fraîche sont à portée de mouillage…

Les marins familiers des Antilles connaissent ces îles paradisiaques. Les terriens, moins... Un peu de géographie pour commencer : les BVI sont coincées entre Puerto Rico à l’ouest et Saint-Martin à l’est. Découvert par Christophe Colomb en 1493, cet archipel de 50 îles – 16 seulement sont habitées – a connu une histoire agitée : colonisations et piraterie à répétition sous les tropiques, avant d’être annexé par les Anglais… Aujourd’hui, les BVI sont un paradis fiscal bien connu (pas de taxes pour les entreprises). Ces îles sont également une destination touristique et une zone de navigation très prisées des Américains, mais moins connues des Européens. De novembre à mai, l’alizé de secteur est souffle à 20 nœuds ou plus tous les jours : un paradis pour la pratique de la voile, d’autant que la majeure partie de l’archipel est protégée de la houle. Toutes les îles ne présentent pas des mouillages sous le vent, mais les possibilités de mouillage restent infinies. Nos spots préférés : Guana Island et sa plage de White Bay, toute proche et parfaite pour un premier bain dans l’eau chaude et turquoise ; Virgin Gorda et son lagon mythique ; The Baths, un extraordinaire enchevêtrement de rochers dans une végétation luxuriante ; Jost Van Dycke – appelée ici Jost ou JVD – et ses plages magnifiques. Mention spéciale à l’île toute plate d’Anegeda, son bush et son corail. Le mouillage de Setting point est vaste, mais logiquement prisé. Le soir, l’ambiance est particulièrement festive au Potter’s Bar, où les équipages marquent leur passage sur les poutres et les murs de l’établissement.
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Sainte-Lucie - L’île aux deux pitons
A 20 milles au sud de la Martinique, Sainte-Lucie est une escale parfaite sur la route des îles plus au sud encore – Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Grenade – et enfin le Venezuela, terre d’asile hors de portée des redoutés cyclones. Mais l’île aux deux pitons mérite bien plus qu’une simple escale.

Saint-Lucie est une île volcanique dont le relief est accidenté avec un sommet culminant à 950 mètres et deux spectaculaires pitons côtiers – eux frisent les 800 mètres. La côte au vent, côté Atlantique, est battue par la houle. Quelques baies sont plus ou moins protégées par des barrières de corail, mais l’accès est déconseillé. La côte sous le vent, côté mer des Caraïbes, est bien plus propice à la navigation. On peut compter sur Rodney Bay, l’escale technique par excellence : le plan d’eau immense est parfaitement protégé. On trouve ici une vaste marina, des chantiers navals et divers services nautiques. Au sud de Castries, la capitale, la langue de sable de Marigot Bay et ses cocotiers géants ne manquent pas de charme. Autres mouillages à découvrir : Anse Cochon et Anse Chastanet pour le snorkeling, Soufrière et ses nombreuses cases et maisons en bois, sans oublier le site volcanique encore actif. Quelques minutes de taxi vous y mèneront, tout comme aux jardins botaniques Diamond Botanical Gardens et Mamiku Gardens. Un dernier best off ? Pitons Bay, bien sûr ! Vous découvrirez un mouillage sublime entre les deux pitons emblématiques de Sainte-Lucie, lesquels sont reliés par une plage de sable blanc bordée de cocotiers. Nous sommes ici au sud de l’arc antillais, mais pas encore assez au sud pour échapper aux cyclones (août et septembre). De fin janvier à mi-avril, on profite des alizés de nord-est les mieux établis. Les deux périodes intermédiaires (décembre à début janvier et mi-avril à mi-juin) qui encadrent la saison la plus chaude et peu ventée sont généralement soumises au régime des alizés, mais avec moins de force et de régularité. La mer peut être dure quand on quitte la protection de l’île.
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Tuamotu - Le royaume des atolls
Cet archipel du Pacifique sud fait partie de la Polynésie française. Il est plébiscité par tous les tourdumondistes – rares sont ceux qui n’ont pas envisagé de rester là-bas… Sable blanc immaculé, cocotiers et eau translucide : que demander de plus ?

L’archipel des Tuamotu compte 75 atolls dispersés sur 13 500 km2 d’océan. Tikehau, l’atoll le plus proche de Tahiti, est distant de moins de 200 milles au nord-est. Chaque atoll comporte des passes plus ou moins larges et profondes. Le principe est bien sûr d’éviter d’y pénétrer de nuit, mais également par fort courant et/ou forte houle. Une fois à l’intérieur, place au monde des motus, ces petites îles de corail sorties de nulle part, et les innombrables patates, pas forcément bien répertoriées sur vos cartes. C’est là que les images satellites peuvent être utiles. On fait évidemment en sorte de naviguer dans ces atolls de jour, avec un soleil bien haut. Reste à trouver un bon endroit pour mouiller – les fonds de sable sont rares. Les atolls relativement plats offrent très peu d’abris : les meilleurs endroits, surtout en cas de mauvais temps, se situent sous le vent des plus gros motus. Si la navigation est exigeante, elle est bien adaptée aux multicoques au faible tirant d’eau, et la nature sublime sait récompenser les marins-plongeurs (et les pêcheurs) : difficile de trouver des fonds sous-marins plus riches et envoûtants puisqu’il suffit de mettre la tête sous l’eau transparente pour découvrir des poissons multicolores par milliers… La meilleure période de navigation s’étend pendant la saison sèche de mai à octobre. La saison cyclonique court de décembre à avril, mais il arrive que cette période reste relativement calme.
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Australie - Au départ de Sydney, capitale de la voile de l’hémisphère sud !
Depuis des millénaires, l’île continent navigue en multicoque… d’abord en prao, puis depuis les années 1950 en catamaran, avant de s’intéresser au trimaran à partir de 1980. Un tel engouement pour la navigation de plaisance et les multicoques en particulier s’explique tout simplement parce que l’Australie est un paradis de la grande croisière. Et le plus souvent, c’est à Sydney que ça se passe…

La côte est de l’Australie est souvent fréquentée par les voyageurs du Pacifique, qui peuvent profiter de la plus grande ville du pays, Sydney, avant de gagner le nord du pays afin de poursuivre leur tour du monde. Pour de très nombreux marins, ce port est l’un des meilleurs du globe. Le port offre de nombreuses baies abritées et des eaux profondes jusqu’au rivage. Les mouillages longue durée sont possibles en plein cœur de la ville, à Blackwattle Bay. L’ancrage près des plages dans la partie nord de la ville autour de Manly est également populaire auprès des grands voyageurs. Les services ne manquent pas – cales de mise à l’eau, slipways modernes, shipchandlers – et de nombreux yacht-clubs accueillent les visiteurs. Les conditions sont ici tellement clémentes que tous les plaisanciers locaux croisent ou régatent toute l’année. 85 % des Australiens vivent le long de leurs 25 000 km de côtes, essentiellement au sud-est. Et on compte un bateau pour 24 habitants… A Sydney, les régates du soir ou du week-end sont de véritables institutions, et les barbecues qui les clôturent des rendez-vous incontournables de la vie sociale. La baie est un extraordinaire terrain de jeu, mais il est aisé de l’agrandir à l’infini ou presque. Certes, au sud, les conditions pour gagner la Nouvelle-Zélande peuvent être difficiles. En revanche, vers le nord, en direction de la Grande Barrière de corail, la navigation est simple – attention tout de même à la houle et aux courants, parfois violents.
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Thaïlande - Envoûtante mer d’Andaman
Protégée en partie de l’ouest par Phuket – la plus grande île de Thaïlande –, la mer d’Andaman révèle des paysages d’une beauté extraordinaire. Fleuves, îles piton, lagons, villages de pêcheurs, jungle épaisse : de quoi épancher toutes les soifs de découverte !

Certes, la destination est courue depuis quelques dizaines d’années par le tourisme de masse, mais la plupart des vacanciers se concentrent dans des zones touristiques bien définies. Passé ces quelques villages, plages et autres attractions forcément agités et bruyants – dont l’ambiance reste bon enfant malgré tout –, la navigation dans la mer d’Andaman réserve des surprises incroyables. Villages sur pilotis au nord, dans les fleuves, îles en forme de piton avec des lagons secrets et des hordes de singes, parcs nationaux, petits ports de pêche, plages désertes, spots de plongée au sud, la liste des sites et mouillages semblent infinie ! De nombreux plaisanciers sont tombés sous le charme de la douceur de vie locale, et sont restés… Difficile de résister à la beauté de ces mouillages isolés bordés d’imposants monolithes de calcaire. Précisons que les Thaïlandais sont extrêmement accueillants, qu’on mange ici remarquablement bien – doit-on présenter la délicieuse cuisine thaïe ? Il y a deux saisons sur la côte ouest de la Thaïlande. La première, de mai à octobre, est celle dite de Sud-Ouest – elle correspond à la mousson et se solde donc par une pluie abondante. La seconde est la saison de Nord-Est : elle s’étend de mars à avril, et elle est sèche. C’est la meilleure période pour naviguer, avec un vent d’est qui peut grimper à 20 nœuds, mais pas de houle. Durant la saison des pluies, il est déconseillé de mouiller à l’ouest de Phuket ainsi que devant toutes les îles exposées. La houle est assez forte : le plus sage est donc de rester dans la baie de Phang-na, sous les grains…
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Madagascar - Nosy Be, un paradis de la voile méconnu
Marre des grosses cités portuaires, des nuisances et de la pollution ? Alors, mettez le cap sur l’ouest de l’océan Indien et rejoignez Madagascar : là-bas, pas d’infrastructures, des mouillages sublimes et déserts, de la roche ocre, des cocotiers… un éden pour les multicoques !

A 200 milles au large du continent africain, Madagascar est une immense île de 1 580 km du nord au sud et de 500 km de large. Un bout d’Afrique qui s’est détaché il y a des millions d’années, formant le canal du Mozambique. Cette île baignée dans l’océan Indien se positionne entre l’équateur et le tropique du Capricorne. Au premier coup d’œil : des terres d’ocre rouge et un relief escarpé et spectaculaire – le plus haut sommet culmine à 2 876 m et les Hautes Terres représentent 70 % de la superficie du territoire. Grande variété de paysage, espèces endémiques, population pluriculturelle : les attraits ne manquent pas… Et pour la navigation ? Les passes des nombreux lagons de la côte est sont battus par la houle océane, alors que la côte nord-ouest présente de multiples échancrures, des embouchures de rivières et surtout un chapelet d’îles. C’est assez logiquement sur la plus grande – Nosy Be – et la plus proche de la « Grande Terre » que se retrouvent la plupart des grands voyageurs. Les mois les plus favorables à Nosy Be sont mai, juin, juillet, août, septembre et octobre. Janvier est le mois le plus pluvieux Les mois les plus « frais » sont août et septembre. Le risque de cyclone est considéré comme élevé dans la zone de novembre à mi-mai. Le vent synoptique est généralement assez faible – 6 à 8 nœuds en moyenne et rarement supérieur à 15 nœuds – de secteur NE ou WSW. Le relief des îles et la chaîne montagneuse toute proche de Madagascar bloquent en effet la mousson chaude et humide du nord-ouest pendant l’été austral, et les alizés plus frais et secs du sud-est le reste de l’année. Des effets de brise locaux permettent tout de même de belles navigations sous voile l’après-midi. Le plan d’eau est bien protégé de la houle – sauf pendant les tempêtes tropicales et les cyclones.
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Majorque - La magie des calas
Le béton de la plus grande île de l’archipel des Baléares se limite à une partie de la côte sud – et la côte nord est quasi déserte… A vous les eaux tièdes et turquoise, les falaises vertigineuses, les cigales et les palmiers !

Nous voilà en Méditerranée, à 100 milles au sud de Barcelone. L’archipel des Baléares offre de nombreuses possibilités de croisière : Ibiza au sud à une dizaine d’heures de mer, et Minorque à l’est, accessible en une grosse demi-journée de voile. Mais Majorque à elle seule justifie largement une semaine ou deux de navigation. Au programme, passé les barres d’immeubles de la baie de Palma, une infinité de calas, de mouillages sauvages, de ports pittoresques, et surtout la côte nord et ses imposantes falaises. Le tour de Majorque, en comptant le crochet par l’archipel de Cabrera, totalise à peu près 200 milles. La visite plus complète des baies – en particulier les plus profondes comme Alcudia – peut rapidement faire grimper encore le loch de votre multicoque. Boucler ce parcours est envisageable en une semaine, à condition de ne pas passer toute la journée à barboter au fond d’une cala… Cette croisière ne réclame pas d’anticipation particulière – à une réserve près : en juillet et août, il est préférable de choisir un mouillage pour la nuit dès la fin d’après-midi. Les meilleures périodes afin de profiter d’une météo clémente sans trop de monde sont juin et septembre/octobre. Pas de marée, des courants négligeables et très peu de hauts-fonds : croiser à Majorque est aussi plaisant que facile. Seules contraintes : la houle et le clapot, qui peuvent rendre certains mouillages difficilement tenables. D’une manière générale, vous serez tentés de profiter des innombrables baies et calanques – les calas. Mais les possibilités d’être amarré à quai, de faire le plein d’eau et de carburant sont presque partout envisageables ; Majorque compte une vingtaine de ports parfaitement équipés. Les bons abris sont suffisamment nombreux pour assurer un repli sûr et rapide – à l’exception de la côte nord : sur les 50 milles de falaises et à-pics spectaculaires, seul Puerto Soller est fréquentable si la mer est agitée.
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Norvège - Aurores boréales ou soleil de minuit ?
Tant qu’à découvrir les pays nordiques, autant y aller franco et s’offrir le cercle polaire : la route vous mènera à Tromsø, 8e ville de Norvège – mais aussi cité de plus de 50 000 habitants la plus septentrionale avec une latitude de 69° Nord.
Contrairement à ce qu’un coup d’œil sur la carte ferait penser, ici, l’eau ne gèle pas. Le Gulf Stream fait son boulot et maintient un minima de 5°C… Du coup, alors que Tromsø est située à 350 km au nord, il est possible de naviguer toute l’année ! Retenez tout de même que, pendant deux mois, du 21 novembre au 21 janvier, le soleil reste sous l’horizon. Prévoyez également un bon chauffage, car il fait tout de même très froid et il neige beaucoup… Une belle consolation : c’est d’octobre à mars qu’on peut observer d’ici les incroyables aurores boréales. Fin mars et début avril sont les meilleures périodes pour apercevoir baleines et orques. A l’inverse, le soleil ne se couche pas du 21 mai au 21 juillet – deux mois magiques où la météo est un peu moins rude. Tromsø, porte d’entrée de l’océan Arctique, ouvre la possibilité de croisières extraordinaires comme l’île de Senja, au sud-ouest. « Nous voilà engagés dans un dédale d’îles et de presqu’îles, nous raconte Julien, à bord de son Lagoon 450 Arctic Princess. Les paysages sont magnifiques. De chaque côté, des sommets enneigés bordent les bras de mer. Au pied, de petits villages de pêcheurs semblent accrochés aux montagnes. Parfois, ce sont des hauts-fonds ou des îlots acérés qui nous obligent à faire de grands détours pour rallier nos points d’arrivée, car les fjords sont démesurés. Les vagues, le souffle arctique, la neige qui tombe en suivant une trajectoire horizontale présentent parfois un spectacle aussi majestueux qu’inquiétant. On se souvient tous d’une magnifique nuit au mouillage à contempler les aurores boréales. Nous découvrons des paysages somptueux, d’une poésie incroyable. Par exemple, sur le retour, nous accostons dans une baie superbe bordée de falaises et d’une plage féerique. L’eau y est transparente et d’un vert émeraude. Au bord de l’eau, les maisons multicolores nous font face. L’endroit est tout simplement magnifique. Nous sortons souvent les cannes à pêche, taquinant le cabillaud. Nous nous sommes même offert une baignade mémorable au-delà du cercle polaire, dans une eau à 6-8°. L’Arctique à bord d’un catamaran, c’est possible, passionnant et dépaysant, et c’est donc une aventure à ajouter à votre liste de navigations ! »
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USA - On en pince pour la baie de Chesapeake
Cette profonde échancrure au sud-est de Washington s’étend sur plus de 150 milles du nord au sud. La baie de Chesapeake offre non seulement un terrain de découverte exceptionnel, mais également une bonne alternative de repli pendant la saison des cyclones de la zone caraïbe.

En juin, quand approche la saison cyclonique dans l’Atlantique, l’option classique amène généralement les multicoques tourdumondistes vers le sud – Grenade, Colombie, Rio Dulce, les options sont nombreuses. La question de la sécurité reste malheureusement d’actualité. A l’aller comme au retour, il y a des côtes qu’il vaut mieux éviter. La côte est des Etats-Unis constitue alors une alternative raisonnable, et également attirante. Y « monter » est généralement aisé grâce au puissant Gulf Stream, tandis que gagner au sud impose de raser les côtes ou de prendre le large. Pour ceux qui ne le savent pas, cette zone de navigation de la côte est est célèbre pour ses crabes bleus, lesquels finissent souvent sous la délicieuse forme de « crab cakes ». Voilà pour le jeu de mot facile du titre… Plus sérieusement, la baie de Chesapeake est le plus grand estuaire des Etats-Unis et s’intègre entre deux Etats, la Virginie et le Maryland. Cette zone de navigation est immense, puisqu’elle compte, avec ses principaux affluents, 11 600 km2 . La chute d’une météorite géante il y a 35 millions d’années serait pour partie responsable de ce gabarit XXL. La baie regorge également de sites historiques bien plus récents – mais pas moins passionnants. Sa largeur est de près de 20 milles au sud, près de l’embouchure, et de 3,5 milles plus au nord, en face d’Annapolis. La capitale de l’Etat du Maryland, avec ses salons nautiques internationaux, est un haut lieu de la plaisance sous toutes ses déclinaisons. La navigation dans la baie est assez facile. Il faut tout de même faire attention aux courants de marée, qui sont par endroits assez forts, et bien sûr aux casiers de pêche au crabe…
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