Un peu d'histoire : 36 années de légende, et une passion intacte
1978, Michel Etevenon est un publicitaire qui sent que la course au large a besoin de renouveau. Il crée une transat partant de Saint-Malo direction la Guadeloupe. 38 bateaux sont au départ, mais dont seulement un quart sont de vrais bateaux de course. Mais la légende est en place, et cette première édition fera date avec une arrivée d’anthologie. Au terme de 23 jours de mer, Mike Birch, sur son petit trimaran Olympus Photo, coiffe sur le poteau Kriter, le grand monocoque de 21 mètres, skippé par Michel Malinowski, pour 98 secondes ! Cet écart infime après une traversée de l'océan Atlantique aura un énorme retentissement, et les monocoques ne battront plus jamais les multis en course... Une nouvelle époque est née.
Cette première édition verra malheureusement aussi la disparition d'Alain Colas à bord de Manureva, ex-Pen Duick IV. Parmi les autres participants, on trouvait déjà les Poupon, Arthaud, Pajot, qui plus tard allaient inscrire leur nom au palmarès...
Quatre ans plus tard, on compte 52 bateaux sur la ligne de départ, tous équipés d’une balise Argos qui permet de les suivre. Un plus pour la sécurité des skippers, mais aussi pour la communication. Pour la seule fois de son histoire, les concurrents doivent contourner une marque de parcours en Martinique. 1982, c’est l’année du Rosière, le prao de Guy Delage, qui se repliera sur la ligne de départ… Mais c’est surtout l’année des premiers grands multicoques géants, dont un –William Saurin d’Eugène Riguidel – mesure 27 mètres, et cinq autres – Olympus III (Robin Knox Johnston), Britanny Ferries GB (Chay Blight), Jacques Ribourel (Olivier de Kersauzon), Elf Aquitaine (Marc Pajot) et Charente Maritime (Pierre Follenfant) – affichent des tailles allant de 18,29 m à 25,91 m. Marc Pajot (sur son catamaran qui se fissure et l'oblige à un arrêt en Martinique !) s’impose devant Bruno Peyron. Pour gagner, on sait maintenant qu'il faut un multicoque géant...
1986 fut une année de transition. Pour gagner, il faut un multicoque, et il en faut un grand ! Du coup, il n'y a "que" 33 bateaux au départ, mais 13 font plus de 23 mètres... Du côté des multicoques, la guerre entre tris et catas fait rage. Les tenants des deux coques sont encore majoritaires (13 catas) contre les 9 trimarans engagés. 1986, c'est aussi l’année des premiers foils. Mais pour cette 3e édition, l’Atlantique s’est montré particulièrement rude, mettant à mal les structures des multicoques : rapidement, Loïck Peyron, Paul Vatine, Hervé Cléris, Olivier de Kersauzon, Tony Bullimore abandonnent, puis c’est au tour de Dominique Marsaudon. Jusqu’au drame, Loïc Caradec, sur son cata géant Royale, chavire, Florence Arthaud se rend sur zone mais ne peut que constater la disparition du skipper breton. Philippe Poupon s’impose à Pointe-à-Pitre, deux semaines après le départ, devant un Bruno Peyron qui semble abonné à la place de second.
Qui sera à la place de Franck Cammas sur la plus haute marche du podium ? Réponse entre le 9 et le 11 octobre prochain.
1990, les géants sont bannis. En 1978, la Route du Rhum était née en réaction de l'interdiction par les Anglais des bateaux géants sur leur transat (en 1976, Tabarly l'avait emporté sur Pen Duick VI – 22 m –, devant Club Med d'Alain Colas – 72 m !!!). Mais après la disparition de Caradec en 1986, la taille des bateaux de course est limitée à 60 pieds.
Ces nouveaux bateaux, tout en carbone, sont plus légers, plus raides, et aussi bien plus rapides ! Mais cette limitation contraint Bruno Peyron, Francis Joyon et Hervé Laurent, avec leurs bateaux de 65 pieds, à renoncer à courir. Seuls 31 bateaux se présentent au départ à Saint-Malo, avec cependant quatre bateaux neufs : Pierre 1er (Florence Arthaud), Fujichrome (Mike Birch), RMO (Laurent Bourgnon) et Fleury Michon IX (Philippe Poupon). Comme chaque année, les dépressions ont raison des plus téméraires, et aux Açores, les escales se multiplient. Handicapée par des avaries diverses, Florence Arthaud s’accroche, résiste, persiste, et franchit en grand vainqueur la ligne d’arrivée, devant Philippe Poupon, et un certain… Laurent Bourgnon. L’image de la "petite fiancée de l’Atlantique", la première femme ayant battu les hommes en course, sur son beau bateau doré, fait le tour du monde. Le Rhum est décidément une course qui crée les légendes !
En 1994, ils ne sont que 24 sur la ligne, 12 monos et 12 multis. Pour la première fois, monocoques et multicoques courent séparés, même si dans l’esprit du grand public il n’y a qu’un vainqueur : le premier à Pointe-à-Pitre. Florence Arthaud ne peut défendre son titre, son trimaran a été racheté par Steeve Fosset, qui l’a rebaptisé Lakota. Il terminera 5e. Rendus plus performants par le Vendée Globe, les monocoques vont vite, particulièrement au près quand ça souffle, et à l’arrivée, deux monocoques suivent les deux multicoques de Laurent Bourgnon (RMO) et de Paul Vatine (Région Haute-Normandie). C'est aussi cette année-là que le routage météo se généralise.
L'année 1998 voit le nombre de participants redevenir plus importants, avec une quasi parité entre monos (18) et multis (19). Pour ses 20 ans, la course présente un plateau homogène, et bien malin serait celui qui se risquerait à faire un pronostic avant le départ...
Comme lors de chaque édition, les dépressions atlantiques cueillent bateaux et marins, et les abandons se suivent : Yvan Bourgnon, Victor Jean-Noël. Les skippers rescapés choisissent des options radicalement opposées : Francis Joyon au sud (jusqu’aux Canaries !), suivi plus tard par Loïc Peyron, Paul Vatine au nord. C’est pourtant de la route médiane que va sortir le vainqueur, une trajectoire suivie par Laurent Bourgnon, Alain Gautier, Marc Guillemot et Franck Cammas. Bourgnon l’emporte pour la seconde fois, suivi d’Alain Gautier à 3 heures, et de Franck Cammas à 11 heures. Derrière, Marc Guillemot, Loïck Peyron et Francis Joyon se partagent les places d’honneur. Six bateaux se tiennent en moins de 30 heures, quand on vous disait que le plateau était homogène...
Le parcours 2014, comme en 1978, rallie St-Malo à la Guadeloupe...
En 2002, tout est réuni pour que la fête soit belle... 58 bateaux sont au départ, dont 18 multicoques de 60 pieds, les fameux Orma 60, véritables Formule 1 des mers. Mais la météo, une fois de plus, a décidé que le Rhum devait se mériter ! Sur les 18 trimarans de 60 pieds, seuls trois franchiront la ligne d'arrivée, et encore, après avoir fait escale pour réparer.
La tempête au large de l'Espagne a été dantesque. Dès le deuxième jour, Bertrand de Broc abandonne et fait demi-tour, tout simplement parce qu’il ne le sent pas. Chapeau bas ! Quelques heures auparavant, devant l’île de Batz, Franck Cammas sur Groupama a chaviré, et Jean Le Cam est venu s’encastrer sur le tri retourné. Ça n’était pourtant qu’un début, puisque, les uns après les autres, les bateaux se retournent ou se disloquent. Seuls Michel Desjoyeaux (Géant), Marc Guillemot (Biscuits La Trinitaine) et Lalou Roucayrol (Banque Populaire, le seul à ne pas s’être arrêté !) passeront la ligne d’arrivée. La plus grosse déception viendra sans doute de Stève Ravussin qui, sur Technomarine, avait course gagnée… quand il a chaviré. Chez les petits multicoques, Franck-Yves Escoffier (Crêpes Whaou ! 2 s’impose devant Anne Caseneuve (Yachtingcasino.com) et Hervé Cléris (Vaincre la Mucoviscidose).
Ils sont 74 bateaux au départ de l'édition de 2006, et comme pour se faire pardonner l'édition précédente, celle-ci offrira des conditions exceptionnelles. Que du portant, ce qui permet à Lionel Lemonchois, sur Gitana 11 (trimaran Orma 60 ex-Belgacom), de s’imposer au terme d’une semaine de folie, à 19 nœuds de moyenne, et d'en profiter pour battre le record de l'épreuve, qui tient toujours. Derrière, on retrouve Pascal Bidegory sur Banque Populaire, et Thomas Coville sur Sodeb’O. En 50 pieds, Franck-Yves Escoffier s’impose pour la deuxième fois à bord d’un tout nouveau Crêpes Whaou !, le deuxième du nom, suivi par Eric Bruneel sur son Trilogic, et Laiterie Saint-Malo de Victorien Erussard. Chez les multicoques de 40 pieds, Pierre Antoine l’emporte sur Imagine Institut des maladies génétiques (ex-Cotonella), il est le seul à terminer la course après les abandons de Charlie Capelle et de Ross Hobson.
2010 signe le retour des géants. Retour aux origines pour le Rhum qui n'impose plus de limite de longueur (mais qui continue à interdire les praos ???). Depuis 1990, les bateaux étaient limités à 60 pieds, mais la nouvelle réglementation permet à 9 Ultime de s'inscrire et de viser la victoire. Franck Cammas s'élance sur son Groupama 3, trimaran avec lequel il vient de battre, en équipage, le record du tour du monde. 31,50 m de long à mener seul sur l'Atlantique, même avec un mât "réduit" de 41 à 37 mètres, le pari semble fou face à des trimarans de solitaire comme Idec et Sodeb'O. Au départ de cette édition, ils sont 84 marins (24 en multis) à profiter des conditions relativement clémentes et à assister à la victoire de Franck Cammas parti sur la route sud (la route nord était trop dangereuse sur son immense trimaran), où la puissance de son bateau au portant a fait la différence.
En Multi 50, Lionel Lemonchois (Prince de Bretagne) inscrit à nouveau son nom au palmarès, devant Lalou Roucayrol (Région Aquitaine-Port-Médoc) et Loïc Fequet (Maître Jacques). Pas de classe multicoques 40' en 2010, ils sont maintenant relégués dans la catégorie Rhum, véritable "fourre-tout" créé par les organisateurs pour regrouper tous les bateaux qui n'entrent pas dans les classes "nobles". Dommage...
1986, la disparition de Loïc Caradec sur Royale signe la fin du gigantisme pour 20 ans. A partir de 1990, la taille sera limitée à 60 pieds.
Victime d'une avarie fin août, Actual n'en sera pas moins un très sérieux candidat à la victoire en Multi50.
Les forces en présence
Une course ultime
La classe Ultim, c'est celle de la démesure, là où il n'y a aucune limite, comme l'avaient voulu les pionniers de la Route du Rhum. Au départ cette année, on trouvera Spindrift 2, le plus grand trimaran du monde, conçu pour naviguer avec un équipage d'une dizaine de marins émérites (le bateau est à ce jour le plus rapide autour du monde en équipage en 45 jours). Le skipper Yann Guichard aura fort à faire pour amener à l'arrivée son bateau de 40 mètres, dont la seule grand-voile fait 365 m2... Mais lors de la dernière édition, Franck Cammas a prouvé que partir avec un grand bateau (Groupama 3, devenu Banque Populaire V) était une solution... gagnante ! Banque Populaire V est donc le tenant du titre, mais malheureusement, son skipper Armel Le Cleac'h s'est blessé fin août à la main et a dû déclarer forfait. Si le bateau sera bel et bien au départ, on ne sait pas, à l'heure où nous mettons sous presse, qui sera à la barre. Le bateau a le potentiel pour gagner, mais il faudra un skipper ayant une énorme expérience pour le mener... A suivre !
Le nouveau Sodebo de Thomas Coville (31 mètres) vient tout juste d'être mis à l'eau après un chantier gigantesque. Il faut dire que la base du trimaran n'est autre que le vénérable Géronimo d'Olivier de Kersauson, dont il ne reste finalement pas grand-chose. Si Thomas a le temps de mettre au point son nouveau coursier, il sera forcément dans la bagarre pour la victoire finale. Dans la classe Ultime, il y aura aussi au départ le Prince de Bretagne 80 de Lionel Lemonchois (voir notre essai à bord dans les pages suivantes). Le skipper est le seul à pouvoir tenter d'inscrire son nom pour la troisième fois au palmarès de l'épreuve... On trouvera aussi sur la ligne l'Idec de Francis Joyon, qui a clairement indiqué qu'il venait pour gagner, et au moins trois MOD 70 spécialement préparés pour l'occasion. Sidney Gavignet sera à la barre de Musandam Oman Sail, qu'il connaît maintenant par cœur. Le Multi70 Edmond de Rothschild, skippé par Sébastien Josse, a lui aussi était particulièrement choyé cet hiver, et le bateau, maintenant équipé de nouveaux appendices, part pour la victoire si la météo est compliquée pour les plus grandes unités. Après son chavirage, Jean-Pierre Dick a décidé de se consacrer à nouveau au monocoque et au Vendée Globe. Son Mod 70 Paprec Recyclage a donc été confié à Yann Eliès pour le Rhum. L'objectif du marin est clair, battre les autres Mod, et pourquoi pas jouer le podium ?
Ils seront donc au moins 8 au départ à en découdre et à tenter de battre le record de l'épreuve, qui date toujours de 2006 (Lionel Lemonchois en 7 jours 17 heures).
2002, le départ est donné. D'ici quelques heures, l'hécatombe va commencer dans la flotte Orma 60…
Trois Mod 70 seront au départ et pourraient bien jouer un rôle de premier plan si la météo est capricieuse…
Lalou Roucayrol a souvent brillé sur cette course, qu'il espère bien accrocher à son palmarès en Multi50…
Multi50
Chez les Multi50, ils seront 12 à s'élancer à l'assaut de l'Atlantique. La classe Multi50 est vraiment excitante, car elle permet à des skippers professionnels et à de purs amateurs (particulièrement expérimentés) de régater ensemble sur des bateaux de la dernière génération ou de vénérables ancêtres... Autant dire qu'il y aura encore cette année de la bagarre à tous les niveaux et qu'il ne faudra pas manquer de suivre la classe tout au long de l'épreuve.
Aux avant-postes, on devrait forcément retrouver les bateaux de la dernière génération, et tout pronostic entre Actual, Maître Jacques, FenêtréA-Cardinal, Arkema Région Aquitaine et Rennes Métropole/Saint-Malo Agglomération (vainqueur de la dernière édition) est quasi impossible à faire. Sans compter que le Rhum est bien une course à part et que, derrière, il y a du beau monde prêt à profiter de la moindre erreur des favoris ou de conditions météo difficiles.
Les engagés en Multi50 :
Vers un monde sans SIDA – Erik NIGON
Groupe Olmix – Pierre ANTOINE
FenêtréA-Cardinal – Erwan LE ROUX
Nootka – Gilles BUEKENHOUT
Maître Jacques – Loïc FEQUET
Actual – Yves LE BLEVEC
NotrePharma.com – Jean-François LILTI
Rayon Vert – Alain DELHUMEAU
Delirium – Hervé de CARLAN
Arkema Région Aquitaine – Lalou ROUCAYROL
Rennes Métropole Saint-Malo Agglo – Gilles LAMIRE
PiR2 – Etienne HOCHEDE
Le record établi en 2006 par Lionel Lemonchois tient toujours. Sera-t-il battu cette année ?
Le nouveau trimaran de Thomas Coville vient tout juste d'être mis à l'eau, mais les premiers bords montrent que le bateau est bien né, et le skipper est un pur compétiteur...
Classe Rhum
Pour fêter la dixième édition de la transat, il va y avoir quelques belles surprises sur la ligne de départ, à commencer par trois sisterships du premier vainqueur, l'A Capella Olympus Photo de Mike Birch. Loïck Peyron prendra le départ de l'une des rares courses qu'il n'a jamais gagnées sur son A Capella "Happy", pour le plaisir, comme il se doit. La bagarre avec Charlie Capelle et Jean-Paul Froc sur ces trois bateaux historiques va être superbe. Et comme une belle surprise n'arrive jamais seule, il y aura aussi au départ l'ex-Kriter V, qui avait fini second du premier Rhum à 98 secondes d'Olympus Photo. On refait l'histoire ?
On va aussi revoir avec plaisir Patrick Morvan (souvenez-vous de Jet Services, du record de l'Atlantique Nord...), qui, à 69 ans, se lance sur le Rhum, lui aussi pour le plaisir, sur un petit trimaran de 40 pieds. Anne Caseneuve se lance pour la cinquième fois dans l'aventure du Rhum. La navigatrice va ainsi détenir le record de participations pour une femme. Après 5 mois de chantier, son trimaran de 52 pieds Aneo vient d'être remis à l'eau, et la navigatrice s'entraîne d'arrache-pied pour l'emporter dans la classe Rhum... Ça va être chaud !
C'est le bateau le plus ancien de la flotte des Ultime, mais Francis Joyon le connaît par cœur. Il est là pour la gagne, et il le fait savoir !
Pendant une Route du Rhum, la concentration doit être maximum H24. Impossible de se relâcher pendant toute la course, sous peine de chavirage !
Les vainqueurs
1978. Mike Birch sur Olympus Photo (trimaran Walter Greene de 11’50 mètres) en 23j 06h 59’ 35".
1982. Marc Pajot sur Elf Aquitaine (catamaran Sylvestre Langevin de 20 mètres) en 18j 01h 38' 00" (après un contournement de la Martinique).
1986. Philippe Poupon sur Fleury Michon VIII (trimaran sur plans Irens de 22,80 mètres) en 14j 15h 57'15".
1990. Florence Arthaud sur Groupe Pierre 1er (trimaran VPLP de 18,28 mètres) en 14j 10h 08' 28".
1994. Laurent Bourgnon sur RMO (trimaran VPLP de 18,28 m) en 14j 06 h28' 29".
1998. Laurent Bourgnon sur Primagaz (trimaran VPLP de 18,28 mètres) en12j 08h 41'06".
2002. Michel Desjoyeaux (Géant, trimaran VPLP de 18,2 m en 13j 07h 53' 00'').
2006. Lionel Lemonchois (Gitana 11, trimaran VPLP 18,28 m) en 7j 17h 19’ 6".
2010. Franck Cammas (Groupama 3, trimaran VPLP 31,50 m) en 9j 3h 14' 47".
1998, seconde victoire pour Laurent Bourgnon. Il avait déjà gagné en 1994.
Prendre le départ du Rhum est déjà une aventure en soi, cette transat, qui "commence en hiver et arrive en été", n'étant pas avare de tempêtes terrifiantes…
Yann Guichard prendra le départ avec son trimaran de 40 m... Le gigantisme est de retour sur le Rhum !