L’idée est d’abord de proposer les ailes comme support aux moteurs… puis l’inverse !
Afin de démontrer le bien-fondé de cette démarche green, Yves s’est lancé un nouveau défi : reconditionner son ancien Hydraplaneur (conserver ce grand multicoque désarmé à terre comme à flot pendant plus de 10 ans n’aura d’ailleurs pas été chose facile pour le marin !) pour mettre en place une campagne de recherche et développement complète des ailes de kite propulsives mais également d’une motorisation révolutionnaire. Débarrassé de ces deux espars, le catamaran se contente juste d’un mâtereau de lancement. Les voiles testées ici ne sont pas le classique LibertyKite élaboré par l’équipe de Beyond the Sea (cette voile se gère seule avec deux écoutes bloquées) mais une aile à écoulement laminaire réalisée en Vectran®, beaucoup plus proche de celle qu’utilise les kitesurfers. Le catamaran désormais rebaptisé SeaKite exploite pour l’heure des surfaces modestes de 25 et 50 m2 dans un mode semi-automatique. A terme, le logiciel développé spécialement pour le Seakite devrait gérer automatiquement les phases de vol en drapeau, mode bird (envol de la voile), vol statique et enfin dynamique lors de laquelle la voile décrit des 8 et parvient à développer une force de traction jusqu’à 10 fois supérieure. La récupération de la voile sera également automatisée.
Pour l’heure le SeaKite peut gérer une puissance jusqu’à 5 tonnes. L’équipe d’Yves Parlier compte bien mettre en œuvre des systèmes bien plus ambitieux pour parvenir à 40 tonnes avec des voiles de 400 à 800 m2.
Hydraplaneur : Une carrière éclair… mais brillante
L’Hydraplaneur est un catamaran de course au large lancé en 2006. L’engin de 18,28 mètres de long par 15,05 de large est doté d’un gréement double.
Les coques sont dotées de redans – à la manière des flotteurs d’hydravion. Une façon rustique, à l’heure du tout foil, d’échapper pour partie à la navigation en mode archimédien - mais aussi plus simple et fiable en l’absence d’appendices supplémentaires. Si l’Hydraplaneur n’a pas fait long feu face aux diktats des jauges de course au large, son concepteur Yves Parlier est tout de même parvenu à son bord à battre en 2006 le record de la distance parcourue en 24 heures en solo toutes catégories, avec 586,00 milles, soit une vitesse moyenne de 24,41 nœuds.
ADV Propulse : Une motorisation révolutionnaire
Le Seakite a embarqué un parc batteries conséquent, des panneaux solaires (installés sur la poutre avant et les trampolines) et surtout deux moteurs électriques doté de turbines biomimétiques de l’entreprise ADV Propulse. Ces dernières permettront de produire de l’électricité « sous kite » (600 W à 6 nœuds) et de propulser (2 x 15 kW en 48 V) le multicoque lorsque les conditions seront incompatibles avec l’envoi de l’aile. L’avantage des pales inventées par ADV Propulse – elles reproduisent la cinématique d’une queue de poisson – est un rendement de 15% supérieur à celui d’une hélice, la possibilité d’intervenir sur le pas, de pouvoir naviguer « en crabe » et enfin de moins perturber le milieu marin.