Le déclic paradisiaque
10 jours après le samedi pluvieux d’avril 2012 que nous avions choisi pour nous dire « oui », nous partions donc pour Tahiti ! La découverte de ces îles du bout du monde fut bien plus qu’un enchantement : une révélation ! Ce séjour passé entre les différentes îles a tout chamboulé. Nous nous sommes fait littéralement happer par l’appel du large, l’exotisme, le soleil, les bateaux mouillés dans des lagons d’un bleu infini… Au-delà de la carte postale, c’était une invitation à une autre vie – la vraie ?
10 jours, ça passe drôlement vite. Avant même que nous puissions nous en rendre compte, nous étions déjà de retour en France, à la vie normale, et ce fut brutal !
Les transports bondés, les bouchons à chaque feu et autres rond-points, les mines grises et fermées : le stress de cette vie était palpable à chaque instant, bien loin de la vie douce et paisible des lagons.
Tout semblait si fade, si gris… était-ce vraiment cela la vie ? Devions-nous accepter notre sort et continuer ainsi ? Attendre la retraite pour découvrir les merveilles de notre monde ?
Est-il vraiment judicieux de remettre tout cela « à plus tard » ? Et si ce « plus tard » ne venait jamais ? Ces questions torturaient mon esprit.
Quelques semaines après, le destin s’en mêla et frappa là où ça fait mal : le décès soudain d’un proche, fraîchement retraité. Il avait tout prévu… sauf l’imprévisible.
Cela résonna en moi tel un cri de l’âme : vivre maintenant, pas dans 20 ou 30 ans !
Une idée un rien… folle
A la recherche d’une solution pour changer radicalement le cours de notre vie à deux, une idée me traversa l’esprit : « Et si on achetait un terrain à Moorea, en Polynésie ? »
Réaction directe et sans détour d’Aurélia : « Oublie ça, je n’ai pas envie de faire chambres d’hôtes. » OK, message reçu.
Mais quelques jours plus tard, nouvelle tentative : « Et si on partait faire le tour du monde… en bateau ? »
En vérité, je pensais me faire sèchement rabrouer ; finalement, Aurélia m’a répondu : « Oui, pourquoi pas, mais alors en famille ! »
Seulement voilà, nous n’avions jamais mis les pieds sur un voilier, nos économies avaient été quelque peu mises à mal par le mariage (et surtout le voyage de noces), et pour couronner le tout, nous n’avions pas encore d’enfants… Mais qu’importe, le cap était donné !
La première étape consista à tester mon pied marin, car, si le Capitaine autoproclamé avait le mal de mer dès les premiers clapots, le rêve allait vite se transformer en fiasco.
Pour découvrir ce qu’il en était, je m’inscrivis donc à un stage de voile de deux semaines en Bretagne, en février.
Climat polaire, houle peu amène et embruns glacés, le tout sur un petit monocoque de 36 pieds : ce fut ma première expérience de marin. Bien que la mer ne m’ait pas ménagé, j’ai adoré ! Pas de mal de mer, pas de regrets, et surtout, projet validé !
A mon retour en Alsace, le récit de mes journées sur l’eau à Aurélia rajouta une condition au départ : partir en bateau, d’accord, mais alors ce sera en catamaran ; la gîte ne la tentait visiblement pas du tout !
Seconde étape, le permis bateau. Par chance, une base nautique proche de chez nous le proposait. C’est donc en Alsace, sur le Rhin, que j’ai passé mon permis côtier (!), suivi de l’extension « hauturier ». Tout y était, sauf ma femme – la principale intéressée –, la mer et sa fameuse eau salée !
Entre-temps, nous avions bien évidemment commencé à parler de notre projet un peu fou à nos proches, dont les réactions étaient un mélange de sourires polis et de regards qui exprimaient « ça leur passera ».
Et surtout, nous nous étions mis à fond sur les sujets « tour du monde en bateau » et « catamaran ». Tout y passait : sites Internet, magazines et livres sur le sujet, on lisait, on rêvait, et surtout, on confortait notre choix de partir en multicoque (même si nous n’avions encore jamais mis un pied dessus !).
Lire, c’est bien, mais toucher, voir et sentir, c’est encore mieux. Il était temps pour nous d’arpenter les pontons d’un salon nautique, et c’est, sans surprise, le Salon du Multicoque de La Grande-Motte (aujourd’hui devenu International Multihull Show, NDLR) que nous avons choisi. C’était en avril 2013, un an jour pour jour après notre mariage ! Et, cerise sur le gâteau, nous étions trois, enfin presque : Aurélia était en effet enceinte de notre fille Louna.
La découverte de tous ces multicoques nous a émerveillés et projetés dans notre vie rêvée, on se voyait bien y vivre en famille, à l’année. C’est donc totalement conquis et des étoiles plein les yeux que nous avons repris le chemin du retour. Notre futur serait sans équivoque : sur l’eau et sur deux coques !
Rêver du grand large et de s’offrir un multicoque, c’est bien beau ; encore faut-il pouvoir financer le tout et être capables de manœuvrer un voilier. Nous nous sommes donné quatre à cinq ans pour mener à bien notre projet et partir.
Nous avons donc travaillé sans relâche, économisé, et renoncé à pas mal de choses, qui, pour la plupart – soyons honnêtes – n’étaient de toute façon pas indispensables.
Nous avions un rêve, il fallait donc nous en donner les moyens.
Parallèlement, nous avons passé toutes nos vacances d’été à naviguer. Pour nous former, mais aussi pour tester différents modèles et conceptions dans le but de dénicher le catamaran qui conviendrait à notre programme autour du monde.
Première expérience du multicoque à bord d’un Maldives 32
Nous avons débuté en tant que coéquipiers. Une famille avec deux enfants recherchait une autre famille pour naviguer dans le golfe du Morbihan, sur un multicoque d’ancienne génération, un Maldives 32 de Fountaine Pajot.
Un catamaran, un équipage avec qui le contact est bien passé, la Bretagne (en été, cette fois) : voilà tout ce qu’il nous fallait pour bien débuter.
Le confort était très spartiate. L’expérience, certes enrichissante, s’est avérée peu reposante. Louna, notre fille, n’avait pas encore un an et nécessitait une attention de tous les instants. Aurélia, elle, était parfois un peu barbouillée. Non pas parce qu’elle avait le mal de mer, mais parce qu’elle était enceinte de notre garçon, Ayden.
Malgré ces petites difficultés, une nouvelle étape avait été franchie et confortait définitivement notre choix de partir à bord d’un multicoque – mais avec deux critères supplémentaires : nous souhaitions désormais un catamaran plus grand, et surtout plus confortable.
En novembre 2014, j’ai laissé ma femme enceinte et ma fille à la maison pour un nouveau stage de voile, direction la Bretagne nord. La mer était à nouveau déchaînée et mon plaisir d’affronter les éléments toujours aussi vif. C’était important pour moi de me faire la main dans des conditions difficiles histoire d’être en mesure d’assurer quand serait venu le moment de naviguer avec ma famille… et j’ai été servi !
Des stages de voile à cette période et dans ces conditions n’attiraient que peu de candidats, ce qui permettait à chaque fois de progresser énormément, en raison du petit nombre de stagiaires que nous étions. C’était donc à chaque fois un grand bond en avant !
A mon retour en Alsace, je n’avais plus qu’une envie, repartir en mer. Cependant, il faudrait être un peu patient, car mon fils allait naître quelques mois plus tard, en mars 2015. Finalement, cette coupure n’a pas duré très longtemps, puisque Ayden a navigué la première fois alors qu’il n’était âgé que de six mois. Un futur navigateur, assurément !
Enfin Capitaine !
En septembre de la même année, il était temps pour nous de nous jeter à l’eau, c’est-à-dire naviguer en famille avec un seul Capitaine sur le bateau – moi ! Nous avons carrément décidé d’embarquer, en plus de nos deux jeunes enfants, nos quatre parents. Comme cela, Aurélia et moi pouvions nous consacrer à la navigation, et les grands-parents à leurs deux petits-enfants…
Pour commencer en douceur, il nous fallait une zone de navigation pas trop exigeante. La Croatie et ses plans d’eau bien abrités entre les îles étaient tout indiqués pour des débutants tels que nous. Courageux mais pas imprudents, nous avions opté pour ce qui semblait être le bon compromis entre autonomie et sécurité : la flottille !
Le principe ? Plusieurs voiliers naviguent ensemble et sont supervisés par un bateau amiral, dont l’équipage est composé d’un skipper professionnel, d’un mécanicien et d’une hôtesse. Chaque matin avait lieu le briefing ; avec indications sur la météo, la route et surtout la destination du jour, où l’équipage amiral nous attendrait pour nous aider à l’amarrage. Et bien heureusement… car, pour pouvoir caser tout le monde confortablement dans le catamaran, nous avions loué un Leopard 44… et 13 mètres à amarrer quand on est novices, c’est drôlement grand !
C’est dans ce genre de situation – et surtout devant le fait accompli – que je me suis rendu compte que j’avais été un peu trop gourmand pour ma première expérience de Capitaine ! Malgré cela, nous sommes parvenus à prendre le contrôle de notre catamaran de près de 13 tonnes. Certes, nous y avons laissé quelques sueurs froides et avons parfois dû nous y prendre en plusieurs fois pour nos manœuvres, mais nous nous sommes améliorés de jour en jour.
Au mois de juin de l’année suivante, en 2016, c’était reparti pour la Croatie. Cette fois, l’équipage était un peu différent. En plus de nos deux enfants, nous avions mes beaux-parents ainsi qu’un copain à bord. S
ans vraiment le savoir, nous venions de constituer notre équipage qui répondrait présent pour toutes nos prochaines vacances maritimes. Pour cette semaine le long des côtes croates, nous avions à nouveau opté pour la navigation en flottille, mais cette fois avec un catamaran un plus petit, un Leopard 38.
Passé l’inévitable appréhension du premier jour, les manœuvres sont devenues plus sûres et plus fluides. Les expériences des années passées commençaient à faire de moi un vrai Capitaine. C’est pendant ce séjour, tout près des fameuses chutes d’eau de Krka, que notre fils a fait ses premiers pas – un bon présage, non ?
Au fil des navigations et des escales, chacun – adultes comme enfants – arrivait enfin à prendre ses marques, ouvrant la voie à une nouvelle étape : la croisière sans flottille !
Mais avant cela, il me fallait encore parfaire un peu mes compétences – plus pour me rassurer que pour progresser. Je repartais donc pour un stage de voile, mais cette fois sur catamaran, et bien loin de ce que j’avais connu en Bretagne l’hiver, puisque le stage se déroulait en Corse à la fin de l’été.
Au programme, à bord d’un Nautitech 40 : manœuvres de port, cabotage et apéro, le tout sous un soleil radieux. Un avant-goût de notre vie future ? Probablement. Cela va-t-il plaire à ma femme et à mes enfants ? J’ai hâte de le savoir !
Un nouveau défi : naviguer en totale autonomie
Mais nous avions encore d’autres rendez-vous avant cela ; la navigation, c’est bien, mais encore faut-il l’organisation ! C’est pour cela que nous nous sommes rendus à un séminaire dédié à la grande croisière, où la plupart des aspects d’un voyage au long cours étaient abordés. En plus des informations reçues, c’était plaisant de rencontrer d’autres gens ayant le même rêve que nous et de constater que nous n’étions pas les seuls fous à souhaiter larguer les amarres – ça fait du bien ! Après ce séminaire, nous sommes repartis les idées plus claires et avec une envie de prendre la mer plus forte que jamais !
Dès juin 2017, nous goûtions à nouveau au plaisir de la plaisance. Cette fois, une nouvelle étape se profilait pour nous : naviguer en totale autonomie. Nous avions déjà l’équipage, il nous fallait encore choisir un catamaran et un bassin de navigation. Pourquoi n’irions-nous pas en Corse, en Lagoon 400 ? Naviguer dans les eaux françaises nous semblait plus raisonnable, évitant ainsi la barrière de la langue… sait-on jamais ! C’est donc au départ d’Ajaccio que nous allions caboter le long des côtes de l’île de Beauté.
Larguer les amarres, seuls pour la première fois, était stressant, mais drôlement excitant. Nous commencions à sentir le sel de la vraie liberté, celle dont on rêvait depuis si longtemps.
Ensuite, malgré une année de « pause navigation », nous avons continué à travailler sans relâche et à nous informer. Nous avons également parcouru les salons nautiques, noué des contacts, discuté, échangé – bref, construit notre vie future de bohèmes de la mer !
En juin 2019, nous avons pris la direction de la Grèce. On ne change pas une équipe qui gagne : c’est avec le même équipage et le même modèle – un Lagoon 400, donc – que nous sommes partis à la découverte des côtes grecques.
Malgré notre courte expérience – ce n’est pas en naviguant quelques semaines par an qu’on est devenus des grands marins –, nous nous en sommes plutôt bien sortis. En prime : le soleil, la mer, l’ambiance méditerranéenne qui fleure bon les vacances et… les spécialités grecques, bien sûr !
Il était bien loin le temps des galettes bretonnes et des embruns glacés de février 2013… Et franchement, bien que j’adore les galettes, je ne m’en suis pas plaint.
Si notre projet devenait beaucoup plus concret, il nous fallait encore ajouter quelques cordes à notre arc pour être mieux préparés et gagner en autonomie. Différentes formations techniques ont donc été réservées. Au programme : mécanique, électricité, météo, médecine et survie. Une belle panoplie pour se débrouiller en mer en cas de pépin !
Trouver le catamaran…
Parallèlement, depuis notre petit village alsacien, nous nous sommes lancés à la recherche de notre future maison – un catamaran, donc, idéalement entre 42 et 45 pieds. Nous pouvions déjà presque sentir ce petit goût salé sur les lèvres et l’air iodé sur notre visage…
Finalement, ce ne sont pas des embruns qu’on s’est pris dans la figure, mais un masque – le Covid-19 a débarqué, coupant court à tous les projets… le voyage attendra.
Deux ans après cette période troublée, nous avons sondé à nouveau le marché du catamaran d’occasion. Bien que nous ayons pu économiser deux ans supplémentaires, nous n’étions pas mieux lotis, bien au contraire ! La pandémie avait stoppé net la production des catamarans neufs, repoussant les délais de livraison et faisant de ce fait exploser la demande pour les catamarans d’occasion – et donc leur prix !
Au-delà des tarifs demandés, la demande surpassait l’offre à un tel point que les multicoques se vendaient à une vitesse folle.
Nous avons pu en faire l’expérience à plusieurs reprises : à peine l’annonce mise en ligne, nous appelions le jour même, mais il était déjà trop tard, plusieurs visites étaient programmées durant la journée ou le lendemain – le catamaran était donc déjà pratiquement vendu !
Pas facile d’acheter un bateau depuis l’Alsace, avec des boulots à plein temps et des enfants…
Etrangement, ce n’est pas le fait de poser un congé au travail ou de confier les enfants qui était le plus bloquant. Non, c’était la distance : les 8 heures de route qui nous séparaient de la mer nous empêchaient d’être suffisamment réactifs. Nous devions changer de stratégie.
Peu de temps après, à force de persévérance, nous avons enfin réussi à avoir un rendez-vous. Il n’y avait pas à réfléchir longtemps… Nous avons posé quelques jours de congé, déposé les enfants chez papi-mamie et nous sommes partis, direction le Sud de la France pour quelques jours. Nous aviserions sur place pour voir le plus de catamarans possible – malgré le marché tendu et les occasions trop rares.
En chemin, nous avons réussi à caler une autre visite ; nous avions donc deux catamarans à voir, un Lagoon 450 à Port-Leucate et un Helia 44 à Port-Saint-Louis-du-Rhône.
Arrivés un jour avant le rendez-vous prévu, nous avons écumé tous les brokers de la région, de La Grande-Motte à Canet-en-Roussillon, à la recherche de catamarans à vendre. La réponse était malheureusement toujours la même : rien pour l’instant. Mais à force de chercher, on finit par trouver…
Au final, durant notre séjour, nous sommes parvenus à visiter quatre catamarans : le Lagoon 450 et l’Helia 44, bien sûr, mais également un Lagoon 500 et un Nautitech 46.
Le Lagoon 450 était top : spacieux et confortable, il était déjà prêt à partir. Il a beaucoup plu à Aurélia.
Le Lagoon 500 nous a semblé beaucoup trop grand pour nous et il y avait trop de travaux à notre goût. L’Helia 44 aurait pu convenir de par sa taille, mais nécessitait un gros refit.
Quant au Nautitech 46, il était très bien, mais nous n’avons pas trop senti le broker.
Nous avons donc eu un coup cœur pour le Lagoon 450… tout comme quatre autres acheteurs potentiels. Si nous souhaitions nous positionner, il fallait faire vite. Le montant demandé était élevé (merci l’effet Covid…), mais c’était le prix à payer pour partir bientôt. Avant la pandémie, nous aurions pu acheter cash, mais l’augmentation des prix nous a obligés à prendre un crédit. Nous attendions ce moment depuis 10 ans : soyons fous, jetons-nous à l’eau ! Après avoir déposé notre offre, tiraillés entre la peur et l’excitation, nous sommes repartis chez nous ; nous avons attendu quelques jours, pour enfin recevoir une réponse : le Lagoon était pour nous ! Notre profil de famille souhaitant partir autour du monde a fait mouche, car c’était le projet des anciens propriétaires, qui eux, n’ont pas eu la chance de le réaliser en raison d’un décès prématuré. Encore une raison qui nous confortait dans notre choix de réaliser ce rêve au plus vite.
La suite s’est mise rapidement en place : expertiser le bateau pour finaliser la vente, vendre la maison, donner les préavis à nos employeurs, relancer les formations qui avaient été annulées à cause du Covid et commencer à imaginer notre vie future !
Pour la faire courte, en juillet 2022, nous étions les fiers propriétaires d’un Lagoon 450, qu’il nous fallait encore améliorer. Un bateau, même prêt au départ, ne l’est jamais totalement… Ce chantier d’optimisation s’est déroulé à Port-Leucate. Le temps des travaux, tout le reste s’est enchaîné : la maison a été vendue, nous avons démissionné et dit au revoir à la famille et aux amis.
Finalement, nous avons emménagé en décembre 2022 dans notre nouveau « chez-nous ». La météo n’étant pas vraiment clémente l’hiver en Méditerranée, nous sommes restés au port jusqu’en avril 2023 – c’est alors que nous avons largué (enfin) les amarres –, à nous l’aventure !
A tous ceux qui rêvent de partir, foncez ! La vie est trop courte pour remettre les rêves à plus tard.
Un tel changement de vie implique beaucoup d’aspects et nécessite une bonne préparation. C’est pourquoi Aurélia et moi avons créé un blog dans le but d’aider les candidats qui rêvent d’autre chose, comme nous l’avons fait. Candidats au départ ou juste curieux, n’hésitez pas à nous retrouver sur changer-de-vie-et-voyager.com
La suite dans un prochain Multicoques Mag.