1 :
La Route du Rhum est l’épreuve nautique la plus connue des Français… et après Roland-Garros, les Jeux olympiques et le Tour de France, cette épreuve est le quatrième événement sportif le plus souvent cité. C'est aussi une des épreuves nautiques les plus suivies au monde !
Comme chaque année, le bassin Vauban de Saint-Malo fera le plein de bateaux, mais aussi de spectateurs. Plus de 100 000 personnes assistent traditionnellement au départ.
1,4 :
C’est la longueur, en milles, de la ligne de départ mouillée devant la pointe du Grouin. Cette avancée rocheuse est située à 8 milles au nord-est de Saint-Malo. Les voiliers commencent donc… par s’éloigner plus encore de la Guadeloupe !
3 :
C’est le nombre de femmes inscrites au 25 juillet. Toutes, à la date de la dernière liste disponible des participants, naviguent à bord de monocoques… Ont-elles envie de se faire mal ? Multicoques Magazine ouvrira l’enquête à Saint-Malo.
3 :
Nombre de trimarans ORMA qui franchirent la ligne en 2002, sur 18 partants. Ce jeu de massacre signa l’arrêt de mort de la classe, désinvestie par les coureurs et les sponsors. Sur les trois "survivants", seul Lalou Roucayrol n'a pas fait relâche pour réparer. Michel Desjoyeaux, vainqueur de cette édition difficile malgré son arrêt forcé, a profité du chavirage de Steve Ravussin. Le navigateur suisse, alors confortablement pointé en tête, s’est en effet endormi et a chaviré. Auto-verdict du skipper après sa fortune de mer : « Je suis un couillon. »
5 :
Depuis 2010, on compte cinq catégories de bateaux différentes. Deux d’entre elles sont dédiées aux multicoques – Ultime et Multi 50 –, une autre, la catégorie Rhum, accueille les monos et les multis "d’époque".
7 :
C’est la longueur, en kilomètres, de toutes les lignes téléphoniques installées au PC Presse et dans le village de Saint-Malo.
Lionel Lemonchois, vainqueur du général en 2006 et en Multi50 en 2010, va tenter la passe de trois.
7 :
Les ouvertures d'écluses entre le samedi après-midi et le dimanche matin pour permettre à toute la flotte d’être sur la ligne de départ.
7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes :
le temps de référence de la traversée entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre. Le record a été réalisé en 2006 par Lionel Lemonchois sur Gitana 11. Il n’a pas été battu en 2010, les conditions n’ayant pas été assez favorables pour Franck Cammas et son Groupama 3, qui a mis plus de 9 jours à boucler le parcours. Soit une moyenne de 16,14 nœuds tout de même… Le record sera-t-il battu cette année ? Réponse avant le 8 novembre prochain…
VII :
Le septième Banque Populaire est au top… et pourtant pas tout jeune. Ce maxi trimaran signé VPLP n’est autre que l’ancien Groupama 3, vainqueur de l’édition 2010 aux mains de Franck Cammas. L’engin de 31,50 mètres a été remis à l’eau en avril 2013 ; il a battu de nombreux records – Méditerranée, Route de la Découverte et distance parcourue sur 24 heures soit 682 milles. Son skipper Armel Le Cléac’h, blessé tout récemment à la main droite, a déclaré forfait. Qui le remplacera ?
11,32 mètres.
C’est la longueur des trimarans A Capella, sisterships d’Olympus. Ils seront trois sur la ligne de départ, se livrant une véritable course dans la course – lire également "36". Et, fin du fin, le fameux Kriter V, second de la première Route du Rhum, 98 secondes derrière Olympus, sera lui aussi au rendez-vous !
12 :
Les hélicoptères qui embarqueront photographes et cameramen pour couvrir le départ de la course vu du ciel, le 2 novembre prochain – chiffre 2010.
Florence Artaud, sur Pierre 1er, reste à ce jour la seule femme à l'avoir emportée au général.
13 heures et 02 minutes :
C’est l’heure traditionnelle du départ de la course – et approximativement le midi solaire à Saint-Malo – longitude 2° W – en cette heure d’hiver. Il ne fera pas forcément beau, vous serez donc contraint de l’imaginer, ce soleil, au plus haut de la journée…
14 jours, 10 heures, 08 minutes.
Le temps vainqueur de Florence Arthaud en 1990. Un véritable exploit pour cette femme victime d’une hémorragie et dont le trimaran, Pierre 1er, est privé de radio et de pilote automatique. Alors que sa transat est quasi bouclée, sur le point d’abandonner, elle apprend qu’elle est en tête de la course et parvient à contrôler ses poursuivants.
18 minutes.
C’est le plus court temps de course d’un concurrent de la Route du Rhum. Le skipper malheureux est le bien connu Guy Delage. Le pilote de son grand prao de 18 mètres de long par 21 de large lâche, provoquant une embardée, puis un spectaculaire départ en marche arrière soldé par un chavirage, puis la dislocation de l’engin, il est vrai hâtivement mis au point.
19 ans.
C’est l’âge du skipper le plus jeune de la course, Yves Le Cornec, à bord du trimaran Journal de Mickey. Le marin, aujourd'hui responsable du chantier naval Nautor's Swan à Villefranche-sur-Mer, préparait le trimaran de 18 mètres d’Eugène Riguidel à Lorient. Il remarque que le précédent bateau de son mentor est désœuvré… Puis une rencontre avec un journaliste lui permet de débloquer 100 000 francs : un budget largement suffisant pour se lancer, à peine majeur, dans l’une des plus grandes aventures de mer ! Cette année, Paul Hignard, de quelques mois plus jeune encore, devrait ravir ce titre. Il prendra le départ à bord d’un monocoque, un Class 40. "Je suis plutôt surpris que mon record de jeunesse ne soit pas tombé avant !" s’amuse Yves.
24 octobre, 18h00 :
Tous les participants de l’épreuve seront à quai à Saint-Malo. L’ouverture du village exposant est prévue dès 16 h. Tous les jours, des espaces de restauration seront à votre disposition jusqu’à minuit.
2002, l'année "maudite", avec seulement 3 multicoques de 60 pieds à l'arrivée sur 18 au départ…
31 jours 21 heures 30 minutes :
Le temps le plus long de traversée en multicoque, un autre record à mettre au crédit d’Yves Le Cornec. Equipé d’un régulateur d’allure vétuste, il tient sa navigation au sextant et doute souvent d’être sur la bonne route. Privé de radio, il ne communique donc pas pendant plus d’un mois et passe même pour disparu en mer… avant de surgir au port en pleine nuit. Personne n’attend le jeune marin, contraint de réveiller le skipper d’un autre voilier.
35 ans.
L’âge d’Alain Colas, disparu le 16 novembre lors de la première édition. La dernière localisation de Manureva, l’ex-Pen Duick IV, trimaran en aluminium dessiné par André Allègre, est aux Açores. Ensuite, plus aucune trace du marin, handicapé par les conséquences d’une sévère blessure au pied, ni de son voilier, alimentant les fantasmes les plus délirants… et un magnifique tube écrit par Serge Gainsbourg pour Alain Chamfort, Manureva… Où es-tu Manu Manureva ?
36 ans.
Ce sont les années qui séparent la transat victorieuse de Mike Birch à bord d’Olympus de celle que prépare Loïck Peyron. Le grand marin, à la barre de Happy, un A Capella lui aussi, prépare une course avec sextant et cartes papier. "Je veux refaire une transat à l'ancienne. Ressentir le vertige de l'incertitude sur l'eau. Avoir le droit de me perdre. Et réapprendre à naviguer autrement", explique le skipper baulois. Un GPS sera néanmoins embarqué en cas d’urgence, et la route du bateau sera suivie… depuis la terre. Happy, très proche de l’original Olympus en termes de déplacement, d’équipement et d’accastillage, sera donc confronté à deux trimarans identiques… mais modernes ! Résultat et debriefing seront passionnants à Pointe-à-Pitre !
39 :
C’est la taille minimum, en pieds, pour participer à cette dixième épreuve. Principale motivation, la sécurité. La première partie du parcours, début novembre, peut en effet s’avérer particulièrement éprouvante pour les voiliers les plus petits… et pour leurs skippers.
40 mètres.
Longueur de Spindrift 2, le plus grand voilier de la catégorie Ultime, ouverte de nouveau aux maxi multicoques depuis 2010. Yann Guichard, 39 ans, aura fort à faire pour gérer seul cette machine – déjà connue sous le vocable Banque Populaire V – conçue au départ pour être gérée par un équipage de 14 hommes.
Pour gagner le Rhum, il faut réussir à avaler les 3542 milles théoriques du parcours, très souvent balayés par de fortes tempêtes hivernales…
60 pieds.
Suite à la disparition lors de l’édition 1986 de Loïc Caradec, consécutive au chavirage de son trimaran Royale, les organisateurs de la course limitent la taille des bateaux à 18,28 m. Francis Joyon n’hésite pas à découper son bateau à la tronçonneuse alors que Bruno Peyron part hors course, à la barre de l’ancien Crédit Agricole – trop long. 1990 est également l’année du carbone, qui fait son apparition sur toutes les nouvelles structures ou presque.
80 concurrents.
Voilà l’estimation des organisateurs pour ce cru 2014. En 2010, ils étaient six de plus, totalisant en longueur cumulée 4 220 pieds, soit 1 347 mètres. Les multicoques, tous des trimarans, devraient représenter 25 % de la flotte, soit 20 bateaux répartis sur trois classes.
90 :
Les navires à passagers déclarés aux Affaires maritimes pour le jour du départ (chiffre 2010). Tous ces bateaux sont tenus de rester à distance de la zone de départ afin de ne pas gêner les concurrents… car ces derniers, en solitaire, manœuvrent avec difficulté.
98 :
C’est, en secondes, le plus petit écart enregistré entre le vainqueur et le deuxième. Lors de la première édition, à l’issue de 23 jours de course, le petit trimaran Olympus de Mike Birch parvient à dépasser le grand monocoque Kriter V de Michel Malinovski. 1978 est donc l’année de la suprématie des multicoques, entérinée par un classement séparé mono/multi pour la Route du Rhum 1980.
1 000 :
Les accréditations presse accordées aux journalistes. Un chiffre qui en amène d’autres : 14 724 retombées média au total, 57 heures de télévision sur 88 chaînes, 40 heures de radio, 4 719 articles de presse écrite – 28 % des supports couvrent la course –, 5 675 articles sur Internet, 15 millions de visites de sites. Le site officiel n’est pas en reste, avec 25 millions de pages vues, 7,2 millions de visites et 2 millions de visiteurs uniques.
3 542 :
En milles, la distance qui sépare Saint-Malo de Pointe-à-Pitre, soit 6 560 kilomètres. La sortie de la Manche et la traversée du golfe de Gascogne constituent les zones les plus difficiles du parcours. Les tempêtes, associées à des mers très fortes, sont en effet relativement fréquentes en novembre.
7 335 :
En m², la surface totale du village de la course ouvert pendant dix jours. Le plus grand stand, celui de la Région Guadeloupe, fait 576 m2. Le village accueille près de deux millions de visiteurs en dix jours.
120 000 :
Les spectateurs qui n’hésitent pas à braver le vent, la pluie… ou les deux sur les sites de la pointe du Grouin et du cap Fréhel – puis à l’ouest –, pour assister au départ de la course. Soit autant de passionnés qu’au village de l’arrivée, à Pointe-à-Pitre.