<h2 class="sous-titre">Depuis quand vous intéressez-vous aux catamarans à moteur ?</h2>
<p>Au milieu des années 80, j’ai construit des catamarans à moteur en Afrique du Sud et compris tous les avantages de la vitesse, de l’économie et du volume liés à cette géométrie. Au début des années 2000, en tant que décideur chez Moorings, j’ai introduit les Power Cats Leopard aux îles Vierges (BVI) et n’ai cessé depuis de travailler à la création de nouveaux modèles, comme les Aquila depuis 3 ans.</p>
<div class="article-image"><img src="/sites/default/files/inline-images/interview-cata-moteur-lex-raas-01.jpg" alt="Interview Lex Raas - catamaran à moteur" height="590" />
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<p>Lex Raas a toujours cru aux catamarans en général et aux Power Cats en particulier…</p>
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<h2 class="sous-titre">Est-ce lié à une expérience personnelle qui vous a plu ou à une conviction marketing ?</h2>
<p>J’ai toujours été un fervent défenseur des catamarans en général, mais ce qui a particulièrement retenu mon attention fut la qualité d’accueil de ces plateformes pour les familles, les amis et les clients. J’ai eu la chance d’être suivi dans cette conviction par The Moorings, Sunsail et maintenant Marine Max avec les Aquila.</p>
<h2 class="sous-titre">Comment voyez-vous le développement de ce type de bateau : flottes de location, unités de propriétaire ?</h2>
<p>Je crois que nous sommes juste au début de cette histoire ; les house boat américains ont ouvert la voie, et en réalité, ils étaient des "proto catamarans" spacieux, stables et économiques. Le marché évolue vite et nous travaillons au lancement chez Aquila de nouveautés très excitantes. Notre activité de charter avec Marine Max aux BVI nous laisse entrevoir un développement important et l’arrivée de nouvelles clientèles. Cette activité, bien identifiée par l’industrie de la voile, est nouvelle pour la branche moteur. En décembre, par exemple, nous venons de concrétiser 5 ventes de notre nouvel Aquila 44 à des propriétaires privés, séduits par l’excellent équilibre entre le volume interne et l’espace extérieur, pour la grande croisière aussi bien que pour l’usage en week-end. Comme pour les catamarans voiliers dans les années 90, nous allons assister à une belle croissance des Power Cats.</p>
<h2 class="sous-titre">L'autonomie de ces unités est souvent limitée par leurs performances (trop ?) élevées, pensez-vous que des modèles plus orientés voyage-découverte restent à inventer ? Y a-t-il un marché pour eux ? Comment percevez-vous la demande de la clientèle potentielle ?</h2>
<p>Nos Power Cats disposent d’une très bonne autonomie à 7-9 nd, mais sont capables de vitesses de pointe de 15 à 20 nd si besoin. Il y a une place pour eux dans le marché, la demande est déjà là. Quand un client met le pied à bord d’un Power Cat bien conçu, il est rapidement convaincu !</p>
<h2 class="sous-titre">L'offre de vitesse des constructeurs (supérieure à 20 nd pour la plupart des modèles) semble copier celle des monocoques à moteur, est-ce selon vous par imitation, pour ne pas décevoir ou parce qu'on n'ose pas proposer une philosophie tranquille de navigation ?</h2>
<p>Il y aura toujours des demandes de personnes souhaitant naviguer au-delà de 20 nd, mais de nombreux amateurs souhaitent un meilleur rendement et sont sensibles à l’autonomie procurée par des vitesses plus faibles. Toutefois, la possibilité d’atteindre 15 nd en croisière et 20 en pointe est réconfortante pour eux. Nous voyons déjà de nombreux propriétaires de catamarans voiliers intéressés par nos Power Cats. En réalité, la plupart des catamarans voiliers sont relativement lents, bien que dotés de plans de voilure assez physiques, aussi de nombreux propriétaires utilisent-ils largement les moteurs. J’ai observé cela aux BVI, où beaucoup d’équipages ne mettent pas les voiles : ils sont prêts pour une transition vers le Power Cat.</p>
<div class="article-image"><img src="/sites/default/files/inline-images/interview-cata-moteur-lex-raas-02.jpg" alt="Interview Lex Raas - catamaran à moteur" height="590" />
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<p>De plus en plus de loueurs proposent des catamarans à moteur : une plateforme géniale pour profiter de la vie…</p>
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<h2 class="sous-titre">Quelles sont les régions du monde qui vous paraissent les plus adaptées au développement des multicoques à moteur ?</h2>
<p>C’est une tendance globale, en Asie et dans le Pacifique par exemple, il n’y a pas de tradition monocoque, et la clientèle passera directement au catamaran moteur qui propose un volume plus attractif, à prix et longueur égaux. Tout le monde disait que le Power Cat ne marcherait pas en Méditerranée à cause de sa largeur, cela s’est révélé faux (en partie parce que la largeur des catas à moteur est proportionnellement moindre que celle des voiliers). Je prédis donc une croissance lente mais régulière de ce segment, excepté peut-être en Europe du Nord.</p>
<h2 class="sous-titre">Du point de vue technique (architecture, motorisation, hélices, électronique...), quels sont, selon vous, les points majeurs sur lesquels des progrès significatifs sont possibles ?</h2>
<p>Les formes de coques, les aménagements et les silhouettes connaîtront d’importants changements dans les prochaines années. Les foils vont également se développer, on parlera alors de gains potentiels de l’ordre de 20 % et d’un meilleur confort à la mer. La période est favorable pour ce marché, qui croît et va continuer de grandir.</p>