Grand départ le 17 octobre 2021
Hakuna Matata a été mis à l’eau pendant le printemps 2021 et durement testé pendant tout l’été en Méditerranée. Les moteurs installés d’origine, des modules accouplés par une sangle, ont rapidement posé problème. « On a changé ce matériel pour deux moteurs de 20 kW Bellmarine, nous explique Stéphane Groves, directeur exécutif de Windelo. Un bon choix, puisque nous n’avons eu aucun souci par la suite. On installe d’ailleurs ce matériel en standard sur tous nos catamarans désormais.
Mathieu se familiarise avec son Windelo 50. J’ai goûté immédiatement au plaisir de la propulsion électrique. Il n’y a pas de clé de contact, on met juste sur on et on manœuvre grâce à deux manettes digitales. C’est très pratique pour bouger le catamaran, tendre une aussière. On n’a pas de doute que ça va marcher. »
Mathieu, Perrine et leur fils Youri ont donc embarqué à bord de leur Windelo 50 Adventure pour un voyage de 10 mois dans l’Atlantique. Hakuna Matata quitte le port de Canet-en-Roussillon le 17 octobre 2021 en direction de la côte espagnole, puis de Las Palmas (Gran Canaria). Le catamaran est en effet inscrit à l’ARC, histoire de goûter à une première transat bien sécurisée… Las, le Covid-19 s’invite à bord et perturbe les plans de l’équipage. La transat de 17 jours vers la Martinique se déroule bien, sans mettre en route le générateur grâce à l’hydrogénération et aux panneaux solaires. Quant au bruit, Mathieu relève que celui des hélices est plus important que celui du générateur. Le skipper apprend à gérer son catamaran. Au début, c’était un peu compliqué. D’abord parce que Mathieu n’est pas un technicien aguerri, mais également parce que le manuel d’utilisateur n’est pas assez détaillé à son goût. Parti avec un minimum de pièces de rechange, le marin n’a pas dû faire face à de gros problèmes, juste quelques soucis avec le chauffage, le dessalinisateur ou encore un ballon d’eau chaude. Le constructeur a assumé un SAV exemplaire pour son premier multicoque et s’est rendu aux Canaries, aux Antilles, et même plus tard en Islande… « Ces petits problèmes de neuvage sont tout à fait normaux pour un premier catamaran, constate Mathieu. Il y a 500 points à relever, et nous en avons signalé 100 à 200. Mais on parle de cols de cygne trop bas, d’intégration des modules à améliorer, de bouts et de drisses qui raguent un peu trop, rien de plus ! Je sais bien que nous aurons à nouveau de très nombreux tests à effectuer avant de valider à 100 % le 54 Yachting. »
Cette démarche de « skipper d’essai » ne dérange pas le moins du monde Mathieu, d’abord parce que le constructeur a toujours répondu présent, et ensuite parce « qu’avoir des problèmes dans un port, c’est l’assurance de rencontrer des belles personnes ! ».
Après plusieurs semaines de navigation dans les Antilles et les Caraïbes, Hakuna Matata et ses propriétaires ont rejoint la côte des Etats-Unis en naviguant vers le nord, direction la Floride, New York, Boston et le Canada. Matthieu et Perrine souhaitaient réaliser une boucle de l’Atlantique Nord, et ainsi naviguer dans toutes les conditions et latitudes. C’est maintenant chose faite, avec une traversée retour établie entre Saint-Pierre-et-Miquelon et l’Islande, avant de prendre le large direction les îles Féroé, l’Ecosse puis la côte atlantique française. Cette belle aventure familiale s’est terminée en août 2022, sur les côtes bretonnes.
Hakuna Matata a ensuite été skippé jusqu’en Méditerranée pour rejoindre son port d’attache, Canet-en-Roussillon.
Performances et cockpit avant
« Naviguer à bord du Windelo 50 est extrêmement agréable, affirme Mathieu. C’est un catamaran qui accélère bien, qui est rapide dans des vents légers, et très stable sur l’eau. Il remonte exceptionnellement bien au près ; ce fut une grande surprise pour moi puisque, auparavant je n’avais jamais eu l’occasion de naviguer sur des catamarans à dérives sabres. » Le déplacement lège contenu à 11,2 t du Windelo 50 Adventure favorise évidemment les bonnes performances. « Nous avons toujours été autour de 1,5 t de charge sur les 2 t que nous avions prévues, sachant que le catamaran a une charge utile de 2,6 t. Comme la répartition des poids est bien centrée et abaissée, le centre de gravité est toujours bien placé. Nous avons régulièrement navigué à 13, 14, 15 nœuds, et jusqu’à 23/24 nœuds en surf. Hakuna Matata navigue facilement à 35° du vent apparent et le louvoyage est d’une réelle simplicité avec le solent autovireur. Le catamaran vire aisément avec seulement 3 nœuds de vent. »
« Maintenant que j’ai goûté au cockpit avant, je ne supporterais pas de revenir sur un poste de barre à l’arrière. Dans ce cockpit avant, nous étions parfaitement protégés des embruns et du vent, notamment quand il était fermé. Tout le monde est en sécurité dans le cockpit – y compris les jeunes enfants – et ce, dans toutes les conditions. Et par temps plus calme, vous pouvez ouvrir les vitrages et profiter de la navigation comme si vous étiez en extérieur. Sur 20 000 milles nautiques et huit mois de navigation, dans le cockpit, nous avons pris l’équivalent d’un seau d’eau. Le Windelo est un vrai bateau de marins, avec une attention particulière apportée au confort de l’équipage lors de la navigation. Ajoutez à cela l’ouverture sur le carré et le fait que le barreur ne se retrouve jamais isolé du reste de la famille, et vous obtenez le multicoque idéal pour nous qui aimons bouffer les milles. »
S’il a été définitivement convaincu par les performances de son catamaran et le confort et la sécurité du cockpit avant, Mathieu se passera en revanche de la porte arrière basculante, qu’il estime inutile.
800 litres de diesel seulement en huit mois
« Nous avons consommé seulement 800 litres de diesel en huit mois, ce qui est extrêmement peu quand on sait que la consommation inclut l’utilisation du chauffage lors de la période dans les zones de navigation plus froides, détaille Mathieu. Le bateau était quasiment autonome en énergie fossile. Nous avons 3 500 W de panneaux solaires, et bien sûr l’hydrogénération dès qu’on navigue sous voile. Nous adorons naviguer et nous sommes plutôt du style à additionner les milles qu’à rester plusieurs jours dans le même mouillage. Ce qui fait que nous naviguions très souvent batteries pleines, et une fois arrivés au mouillage, nous avions suffisamment de puissance pour la vie à bord. Sur notre traversée aller, des Canaries vers les Antilles, nous étions quatre à vivre à bord et nous n’avons jamais allumé le groupe électrogène. Notre arrivée au Marin s’est faite au moteur en full électrique. C’est tellement agréable. [Windelo] innove très bien dans la propulsion électrique/ hybride. Après quelques mois d’essais auprès du chantier, le système était totalement mature, et a véritablement fait ses preuves durant notre voyage. C’est, à ma connaissance, le premier catamaran à voile avec une véritable configuration électrique et hybride intégrée. » Les prochains modèles, grâce au nouveau rouf, pourront déployer 5 680 Wc de panneaux solaires sans régulateurs de charge et avec une gestion des zones d’ombre optimisée.
Un sans-faute pour la structure
Si la propulsion électrique représentait un sacré défi pour le jeune constructeur dans le cadre d’un premier usage particulièrement intensif, la validation de la structure réalisée en éco-composite était dans toutes les têtes chez Windelo. « Après plusieurs années à travailler sur ce projet – sa conception, sa construction, sa mise au point –, le départ de notre premier catamaran était un instant magique dans l’histoire de Windelo, s’émeut Gautier Kauffmann, cofondateur du chantier. Grâce à ce voyage de plus de 20 000 milles nautiques dans des climats tropicaux puis froids, la structure en éco-composite – fibre de basalte et mousse PET –, la motorisation électrique et la production d’énergies vertes ont rapidement et largement été éprouvées. Et ce premier modèlel confirme notre conviction qu’une plaisance plus verte, plus respectueuse de l’environnement est possible et viable pour demain. »
Conclusion
Le bilan de ces 20 000 milles en catamaran électrique est donc globalement très positif… en tout cas assez pour que Mathieu revende son 50 Adventure pour s’offrir un 54 Yachting ! Le Propriétaire profite désormais avec ce nouveau modèle de plus de performances, d’une finition haut de gamme, d’un nouveau design et bien sûr d’une installation technique plus fiable et optimisée encore. Le programme est – sans surprise – encore plus ambitieux que le précédent : après deux ans en Méditerranée et un an aux Antilles, le Windelo 54 devrait s’élancer pour deux ans de grandes boucles dans le Pacifique, avant de revenir vers l’Europe via Panama.
tition des poids est bien centrée et abaissée, le centre de gravité est toujours bien placé. Nous avons régulièrement navigué à 13, 14, 15 nœuds, et jusqu’à 23/24 nœuds en surf. Hakuna Matata navigue facilement à 35° du vent apparent et le louvoyage est d’une réelle simplicité avec le solent autovireur. Le catamaran vire aisément avec seulement 3 nœuds de vent. »
« Maintenant que j’ai goûté au cockpit avant, je ne supporterais pas de revenir sur un poste de barre à l’arrière. Dans ce cockpit avant, nous étions parfaitement protégés des embruns et du vent, notamment quand il était fermé. Tout le monde est en sécurité dans le cockpit – y compris les jeunes enfants – et ce, dans toutes les conditions. Et par temps plus calme, vous pouvez ouvrir les vitrages et profiter de la navigation comme si vous étiez en extérieur. Sur 20 000 milles nautiques et huit mois de navigation, dans le cockpit, nous avons pris l’équivalent d’un seau d’eau. Le Windelo est un vrai bateau de marins, avec une attention particulière apportée au confort de l’équipage lors de la navigation. Ajoutez à cela l’ouverture sur le carré et le fait que le barreur ne se retrouve jamais isolé du reste de la famille, et vous obtenez le multicoque idéal pour nous qui aimons bouffer les milles. »
S’il a été définitivement convaincu par les performances de son catamaran et le confort et la sécurité du cockpit avant, Mathieu se passera en revanche de la porte arrière basculante, qu’il estime inutile.
La gestion de l’énergie en chiffres
PARC BATTERIES (Batteries LFP)
53,8 kWh 48 V pour la propulsion
6,7 kWh 24 V pour le service
20-80 % DE CYCLES DE CHARGE A PARTIR DE SOURCES D’ALIMENTATION UNIQUES
Solaire avec 4 500 Wc : 22 heures d’ensoleillement
Solaire avec 5 680 Wc : 17 heures d’ensoleillement
Hydrogénération : 24 heures à 10 nœuds
1 générateur (17,9 kW) : < 3 heures
Alimentation à quai (220 V 32 A) : < 8 heures
CAS D’UTILISATION TYPIQUES :
Journée au mouillage
Faire 200 l d’eau et utiliser tous les équipements de confort (lave-linge, lave-vaisselle, plaques électriques & four…) consomme 10 kWh. 3 000 Wc de solaire assureront un bilan énergétique positif.
Mieux encore, 4 500 Wc d’énergie solaire produiront 18 kWh, ce qui vous donnera 8 kWh en réserve.
Moteur uniquement
Naviguez 4 heures tout électrique à 6 nœuds et faites le plein avec le générateur en 75 minutes OU moteur jusqu’à 1 100 milles avec le générateur en mode Autonomie.
Croisière côtière
Par exemple, moteur 1-2 heures et voile 3-4 heures avec hydrogénération. Le multicoque sera rechargé le soir à votre arrivée au mouillage.
Longue traversée
Entièrement autonome et constamment chargé à partir d’énergies vertes uniquement (solaire et hydrogénération).
Descriptif technique
Longueur : 15,24 m
Largeur : 7,95 m
Déplacement lège : 11,2 t
Tirant d’eau : 1,03/2,32 m
Grand-voile : 92 m²
Génois : 43 m²
Carburant : 500 l
Eau : 400 l
Couchages : 12
Motorisation : 2 x 20 kW
Prix : à partir de 895 000 € HT