Le Miami Boat Show est l’occasion parfaite d’essayer les multicoquesd’origine américaine que l’on voit moins souvent en Europe, comme les Aquila. C’est pourquoi, dès le lendemain du salon, nous n’avons pas hésité à passer quelques heures sur l’eau à bord du tout nouveau Aquila 32.
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Ce petit bolide nous attendait au quai visiteurs de la marina de South Beach. Ambiance floridienne typique ; 30 degrés, eau plate et taux d’humidité à 93 % ! Des conditions idéales pour aller faire un tour dans la baie de Biscayne. C'est Harry Mountain, le Brand Manager d'Aquila, qui nous a présenté ce modèle innovant. En commençant par nous expliquer le concept de ce powercat…
Un concept day boat
L’Aquila 32 est un multicoque pour le moins atypique ; il est même relativement seul dans la catégorie des multicoques à moteur de moins de 40 pieds. Son programme : une plate-forme parfaite pour une journée ou un week-end sur l’eau. Mais attention, un week-end fun ! Le petit bolide offre le confort, certes, mais aussi la puissance ; deux moteurs Mercury 250 CV en standard (option de 2 x 300 CV) et 1350 l de fuel, voilà de quoi s’amuser quelques heures sur l’eau.
S’ajoute à la puissance une stabilité impressionnante pour une longueur si limitée. La répartition des poids a été particulièrement soignée sur ce modèle conçu par l’équipe d’architectes et d’ingénieurs Aquila. A l'instar des autres modèles de la gamme, le 32 est construit par Sino Eagle Yacht, en Chine. Mais le concept a été élaboré bien évidemment par la tête pensante du groupe – et son directeur –, Lex Raas. Il a lancé la marque Aquila en 2012, avec désormais un total de cinq modèles disponibles dans la gamme actuelle et près de 400 unités mises à l’eau à ce jour. Pour cette année 2019, le chantier dispose d'un carnet de commandes de 95 unités, pas moins ! Une croissance exceptionnelle pour une marque si jeune – et déjà très populaire. L’Aquila 32 a beau être le petit dernier, en taille et en âge, il a tout d’un grand !

Un espace incroyable pour un 32 pieds
D'entrée, l’Aquila 32 paraît 10 pieds plus grand qu’il ne l’est réellement. La configuration du cockpit offre une vraie sensation d’espace inédite à bord d'un si petit modèle. La plate-forme arrière (345 cm x 100 cm avec un passage entre les deux moteurs) sert d’accès principal depuis le quai, mais également de plage de bain très pratique. Un format que l’on ne trouve habituellement que sur des powercats plus grands. Sur le pont, le revêtement en faux teck apporte un confort supplémentaire, ainsi qu’un look très élégant.
En avançant sur le pont, on découvre un jeu de banquettes aux dossiers inclinables, soit un vrai espace lounge. Ce salon extérieur est convertible en bain de soleil. A tribord, une table de 100 cm x 52 cm accueille aisément 4 personnes. De grands coffres sont intelligemment intégrés sous les sièges. Le bimini rigide, équipé de deux capots ouvrants, protège parfaitement l’espace de vie des intempéries et éventuels embruns. Les toiles zippées permettent de moduler les ouvertures latérales selon les besoins. La hauteur sous barrot du cockpit est généreuse (207 cm). Les mains courantes très présentes facilitent les déplacements en toute sécurité.

L’avant du cockpit bénéficie d’un wet bar à bâbord, équipé d’un frigo, d'une plancha et d’un évier – à noter la belle astuce de l’ergot pour bloquer la protection évier. Le poste de pilotage, à tribord, offre une très bonne visibilité, debout comme assis. On y retrouve également deux sièges ajustables, de grands coffres de rangement, une barre à roue réglable, des instruments signés Raymarine et Mercury pour les réglages moteurs.
Une petite porte qui donne sur le cockpit avant offre une protection supplémentaire en navigation. Grâce à une deuxième porte située à l’arrière du pont, on peut créer un espace clos, parfait pour sécuriser les jeunes enfants. Ce cockpit avant présente des solariums un peu courts (125 cm de long pour 72 cm à 120 cm de large) pour pouvoir vraiment bien s’installer allongés sur les dossiers. Ils restent néanmoins très confortables assis et surtout restent secs, même en navigation ! Un plus indéniable pour profiter de la vue sans se faire mouiller.

Le confort pour deux
Ce weekender est conçu avant tout pour vivre dehors, profiter du soleil et de la mer en journée ou à l’apéro. Mais l’équipe d’Aquila a tout de même réussi à rendre le volume intérieur accueillant pour la nuit. Encore une fois, ne pas se laisser surprendre par la petite taille des coques : on y retrouve un aménagement très confort. Pour un couple, pas plus.
Dans la coque bâbord, la cabine double est équipée d’un matelas à mémoire de forme de 200 cm x 102 cm : un peu étroit, d'autant que la structure de la coque limite la largeur du lit. On relève une hauteur sous barrot raisonnable de 184 cm, et beaucoup de lumière naturelle grâce aux deux hublots panoramiques et au capot de pont. Quelques espaces de rangement sont disponibles au pied du lit, ainsi qu’un ventilateur pour améliorer l’aération de la cabine – un seul capot ouvrant.

En remontant les marches en quinconce – qui fonctionnent parfaitement, on y monte et descend très facilement –, on passe dans la coque tribord. Ici, on profite d'une salle de bains complète avec toilettes, douche et vanity pour ranger ses produits de toilette en toute sécurité. La hauteur sous barrot se limite à 175 cm. Monsieur – ou même Madame – se douchera peut-être assis. Mais à bord d'un day boat, on se contente le plus souvent d'un rinçage après baignade sur le pont arrière.
Stabilité exceptionnelle
Pour notre essai, nous optons pour la baie de Biscayne avec les gratte-ciel de Downtown en toile de fond. La météo du jour : temps ensoleillé, 16 nœuds de vent d’est (pointes à 22), calme plat dans la baie et 1 m à 1,50 m de creux une fois sortis. Un temps idéal pour tester l’Aquila 32 dans des conditions variées et se faire une idée précise de ses qualités marines – ou de ses faiblesses. A bord : Harry Mountain, notre skipper, Warren et moi-même, 450 l de carburant dans les réservoirs et quelques canettes de Coca pour la réhydratation, bien sûr ! Avec tout ce petit monde à bord, nous lançons la bête à plein régime pour tester ses capacités. Résultat, on pousse le petit powercat dans la baie jusqu’à 62 km/h (33 nœuds) en moins d’une trentaine de secondes ! Et notre premier commentaire n’a pas pour sujet la vitesse, mais d'abord la stabilité… rien ne bouge.
On sort de la baie, dans une mer un peu chaotique – courant avec nous et vent de face – et pas un embruns dans le cockpit avant. Même en arrivant dans 1,5 m de creux en Atlantique, pas une vague ne passe sur le pont avant. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la stabilité combinée à l’absence de spray rend ce powercat extrêmement agréable en navigation, même lancé à 60 km/h en mer (vitesse maximum enregistrée face au vent). Pour la petite anecdote, il y avait un vase posé sur le lavabo de la salle d’eau. Il n’a pas bougé de tout l’essai jusqu’aux dernières minutes, une fois de retour dans la baie, lorsque nous avons testé la tenue dans les virages serrés – bon, ça reste un bateau quand même. Le diamètre de son virage sur 360° se limite d’ailleurs à une fois et demie la longueur du powercat. La sensation d’entrée en virage très serré à grande vitesse est évidemment un peu brusque, mais le comportement du 32 reste globalement confortable, et surtout très sûr.

Un autre point positif pour ce petit powercat est sa tenue de cap dans la mer formée ; un maintien de trajectoire proche de la perfection et aucun zigzag, même en mode surf en sortant d’une vague. La barre est très réactive, ce qui facilite les manœuvres et évite un retard dans la réaction du catamaran. A tout cela vient s’ajouter l’Active Trim – en option –, lequel optimise encore le confort en navigation.
Légèrement sous-motorisé en standard
Malgré leurs bonnes performances relevées pendant notre essai, les deux 250 CV qui équipent notre Aquila 32 pourraient se révéler un peu justes face à une grosse mer de face. Et ce ne sont pas les deux 225 CV Mercury livrés en standard qui arrangeront les choses… Les hors-bords de 300 CV proposés en option sont probablement le meilleur choix pour ce modèle ; on naviguera alors confortablement et en toute sérénité. Cela étant dit, les moteurs Mercury sont particulièrement silencieux : on ne les entend pas à faible vitesse (ou au point mort, bien sûr). Même à plein régime, l’équipage arrive toujours à s’entendre sans avoir besoin de hurler. Ce n’est pas toujours le cas sur les powercats ! Surtout avec les moteurs hors-bord…

Un plan de pont optimisé
Les garçons ont assez joué, à moi de prendre la barre. Ce qui me frappe d’entrée, c’est la qualité de visibilité depuis le poste de barre. C’est un petit format, certes, mais avec tous ces vitrages teintés, on pourrait en douter. Vue imprenable, si ce n’est une petite partie de l’avant-tribord, où la forme du pont crée un léger angle mort. Pas suffisamment handicapant pour justifier une mauvaise manœuvre de port…
L’arrivée au port se fait rapidement et simplement grâce à un plan de pont bien pensé. La manœuvrabilité de l’Aquila 32 est un vrai plaisir ; la plate-forme arrière permet de sauter à quai sans problème. Seul point faible : les taquets d’amarrage au milieu du powercat. A bâbord comme à tribord, ilssont cachés derrière la vitre latérale du pare-brise, et donc inaccessibles depuis le pont. Voilà qui complique la mise en place des défenses ou des bouts.

Conclusion
Ce powercat compact est un excellent support pour une virée d’un après-midi avec les enfants ou juste entre amis. Sa stabilité et son confort offrent un atout indéniable comparé à des vedettes monocoque de taille similaire. Innovant et seul ou presque dans sa catégorie, il a assurément un avenir très prometteur !
Les chiffres Multicoques Mag
Consommation à 15 nœuds :
0,2 mille/l (0,7 mille/USgal)
74 l/h (19,6 USgal/h)
Vitesse max :
30 à 33 nœuds (sur mer plate)
18 à 20 nœuds (avec 1 m / 1,5 m de creux)
|
RPM |
Vitesse en nœuds |
|
|
5600 |
30 |
< 30 secondes |
|
5000 |
26 |
< 20 secondes |
|
4000 |
17 |
< 10 secondes |
Plus
- Stabilité et confort
- Intérieur bien pensé
- Plate-forme arrière
Moins
- Manque de puissance des moteurs standards
- Plate-forme amovible en option
- Prix
Spécifications techniques
- Chantier : Aquila Boats
- Longueur hors-tout : 9,93 m
- Largeur : 3,85 m
- Tirant d’eau (moteurs hors-bord relevés) : 0,64 m
- Tirant d’air : 2,66 m
- Déplacement lège : 5,7 t
- Carburant : 2 x 475 l
- Eau douce : 170 l
- Moteurs HB : 2 x 250 CV Mercury Verado (2 x 225 CV Mercury V6 4-stroke hors-bord / 2 x 300 CV Mercury Verado en option)
- Certification CE : B : 8
- Couchages : 4 (2 dans le carré)
- Nombre max de passagers : 14
- Cabines : 1
- Toilettes : 1
- Douches : 2
- Prix de base HT : $350 000
- Prix TTC modèle testé : $449 685 (motorisation 2 x 250 CV Mercury)