Un catamaran de moins de 9 m capable d’accueillir une famille nombreuse pendant plusieurs semaines, ça ne court pas les pontons… Une bonne raison pour s’intéresser à l’Aventura 28 !
Infos pratiques
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L'Aventura 28 n'est pas une version originale… Plutôt un remake grand public, donc moins cher et plus basique. On vous explique : au milieu des années 1980 – ça commence comme la chanson –, Jean et Jacques Fioleau dessinent un petit catamaran de 8,50 m en strip planking, le Diabolo. Très léger (à peine une tonne) et bien toilé (42,70 m2 au près), l’engin marche comme un avion et s’illustre même en course. Une vingtaine d’exemplaires seront construits avant que ce modèle ne disparaisse. Une dizaine d’années plus tard, Go Catamarans recherche le meilleur moyen de lancer une gamme au prix le plus juste possible. Donc, pour limiter les frais d'architecte et de construction de moules, Eric Roger a l'idée de relancer d'anciens bons bateaux en les réactualisant. Le chantier flashe sur le Diabolo et concocte une sage version polyester. Plus lourde de 600 kg, elle perd également ses dérives au profit d’ailerons fixes. Mais gagne donc les faveurs d’un public plus large… et familial : depuis 2002, Go Catamarans – devenu Indigo Yachts – en a produit 35 exemplaires.
Philippe et Sandra Roby appréciaient les qualités de leur First 211, un petit monocoque de 6,20 m. Ils sont déjà cinq à bord… et voilà un quatrième moussaillon qui s'annonce. La famille recherche donc un voilier capable de l’accueillir. Le choix s’arrête rapidement sur l’Aventura 28 : « C’est le seul qui en offrait autant pour si court, un cockpit super protégé qu’on peut entièrement bâcher et des coques au dessin relativement moderne », explique Philippe. Les Roby nous présentent leur "Parfum des îles". Ils ont acheté 75 % du bateau avec une autre famille, afin de limiter les frais. "On l’a déniché sur le site Le Bon Coin, raconte Sandra. Le bateau était amarré à Castelnaudary, on l’a ramené vers l’Atlantique par le canal du Midi".
Cockpit protégé par une large capote
Avant sa vie paisible en eau douce, cet Aventura 28 appartenait à l’UCPA, il était basé à Hyères. Le bateau est remâté au bassin à flot de Bordeaux et préparé pour une courte navigation hauturière – VHF et électronique –, cap sur le bassin d’Arcachon. Car le frêle Aventura 28 se révèle plutôt à l’aise au large… Il compte même à son actif plusieurs transats et même un demi-tour du monde ! Les Roby n’en sont pas encore là : ils profitent de la belle saison pour prendre leurs marques à bord : "Ce qu’on a tout de suite aimé, explique Philippe, c’est qu’il y a quatre grands espaces : les deux coques, bien sûr, mais aussi le cockpit et le trampoline. Sans parler de l’agrément de vivre à plat et de la possibilité de s’échouer." Grâce à ses ailerons, les safrans sont protégés et le bateau se pose en effet bien à plat alors que son tirant d’eau est inférieur à 70 centimètres. Les emménagements sont simples, mais bien pensés malgré l’étroitesse des coques : à bâbord, on découvre à l’arrière les toilettes et la salle de bains, une table à cartes proche de la descente et une couchette double – 110 cm de largeur seulement contre 140 pour le format terrestre standard. Dans la coque tribord, la cuisine occupe l’arrière, suivie par un étroit carré transformable en – petite – couchette double et une dernière couchette, plus longue mais plus étroite encore. Alors, où est-ce qu’on dort ? "Quand il fait beau, on met deux enfants par coque, détaille Sandra. Nous, on s’installe dans le cockpit, sous les toiles. Mais, par mauvais temps, l’eau coule un peu partout, il faut rentrer… on prend la plus grande couchette à bâbord et on tasse les quatre petits dans la coque tribord". Des invités ? Dans une tente Quechua sur le trampoline. L’été dernier, la famille Roby se lance dans les passes d’Arcachon : au programme, trois semaines de croisière dans les pertuis et dans l’estuaire de la Gironde, mais pas d’ le d’Yeu ni de Bretagne, la faute à une météo peu engageante. Le bilan en quelques mots : "La grosse capote, c’est moche, mais c’est super ! On est toujours content d’être dessous. La cuisine, ça le fait : avec une cocote, on prépare tout. On manque un peu de rangements. Le frigo a été bien alimenté par un grand panneau solaire. La hauteur sous barrot est acceptable, mais le bateau reste petit, on passe donc notre temps à ranger."
Paresseux par petit temps, grisant dans la brise
Avec ce bateau, Philippe découvre le cata. Voilà ce qu'il en pense sous voile : "En dessous de 10 nœuds, du bon plein au près, c’est plutôt moteur." C’est vrai que le foc autovireur est bien pratique, mais il manque vraiment de patate. S’offrir un bon gennaker sur emmagasineur est certainement un bon choix. L’accastillage, très basique, est parfaitement adapté à l’utilisation en croisière familiale. Un bon hors-bord de 10 chevaux propulse sans difficulté le bateau à 5/6 nœuds. Mais les manœuvres au port réclament un peu d’expérience : pas facile d’évoluer avec un seul moteur et un fardage conséquent, surtout quand la capote est à poste. Dès 3 Beaufort, l’Aventura 28 devient vivant, il monte vite à 7/8 nœuds à 40/50 degrés du vent réel. Pas un super cap, certes… La faute aux ailerons très courts. Au débridé et au portant, sur mer plate, on grimpe vite à 10 nœuds, voire 12 avec un spi asymétrique ou un gennaker. Au surf sur une grosse vague, le record de "Parfum des îles" est de 16,5 nœuds. Pas mal ! Mais Eric Roger, le responsable du chantier en France, est formel : "Y’en a qui ont été à 20 nœuds !"
Les + :
+ Simplicité et robustesse
+ Bien adapté à la navigation en famille
+ Comportement sain et excitant dans la brise
Les - :
- Performances décevantes au près par petit temps
- Système de barre à revoir
- Manœuvres au moteur délicates
Les points à vérifier
Le gros point noir de l’Aventura 28 est son système de barre : le safran et sa mèche ne tiennent qu’avec un boulon, lequel finit par céder à la longue. Deux autres problèmes : la pelle se désolidarise de la mèche. Il faut dire qu’une simple tige filetée inox tente de se caler dans un mélange de choucroute, de mastic et de résine… Le haut de la mèche, quant à lui, est mis à mal par l’important porte-à-faux, du coup, la barre descend, descend... Philippe a remplacé la mèche alu par un tube d’inox plein, et des bagues en téflon maintiennent le safran en place. Les hublots et les capots manquent d’étanchéité.
Fiche technique
Chantier : Go Catamarans/Indigo Yachts/Aventura Catamarans
Architecte : Jacques Fioleau
Longueur de coque : 8,50 m
Longueur à la flottaison : 7,99 m
Largeur : 5,25 m
Tirant d’eau : 0,68 m
Poids lège : 1 600 kg
Surface de grand-voile : 25 m2
Surface de génois : 15 m2
Moteur : hors-bord 10 à 15 ch
Production : 35 exemplaires
depuis 2003
Prix occasion : 35 000
à 45 000 euros