Après le 526 et le 482, le chantier Balance a dévoilé au salon d’Annapolis le 442. Un catamaran au format compact qui est directement hérité du 482. Une sorte de concentré de savoir-faire, puisque le multicoque reprend la recette chère au chantier : l’alliance de la performance et de la facilité d’utilisation. L’occasion d’un test « à la fraîche » dans la magnifique baie de Chesapeake.
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Conditions : vent de nord-est 10 à 15 noeuds, 6 personnes à bord, mer calme
Le thermomètre n’affichait en effet pas plus de 8 °C quand Phil Berman, le patron du chantier, est venu nous récupérer sur les pontons d’Annapolis, dans le Maryland. Une température automnale accentuée par 12 nœuds de vent, mais quand on aime, peu importe la météo. Qui plus est, une balade dans la baie de Chesapeake, ça ne se refuse pas, et encore moins quand le coursier du jour n’est autre que le tout nouveau Balance 442. Encore relativement jeune, puisqu’elle fêtera ses 10 ans en 2023, la marque Balance Catamarans compte aujourd’hui cinq modèles de 44 à 62 pieds, en attendant l’arrivée du 750, un catamaran de 75 pieds qui devrait pointer le bout de ses étraves fin 2023 ou courant 2024. L’idée directrice derrière la marque, c’est de proposer des catamarans performants, mais qui restent faciles à manœuvrer et confortables pour passer beaucoup de temps à bord. Il faut dire que la performance coule dans les veines du créateur de Balance Catamarans : Phillip Berman fut champion du monde de Hobie Cat en 1979, en Afrique du Sud. Une coïncidence intéressante, puisque c’est justement dans ce pays, à Cape Town, que sont fabriqués les multicoques Balance.
Le petit frère du 482
Le 442 est donc le plus petit modèle de la gamme. Une porte d’entrée dans l’univers Balance, mais pas un modèle d’entrée de gamme pour autant. En fait, dès le premier coup d’œil, la ressemblance avec son grand frère, le 482, est flagrante. Une similarité qui ne doit rien au hasard, puisque les concepteurs ont repris la même idée, mais avec naturellement quelques centimètres en moins (121, pour être précis). Côté design, on retrouve donc les longues coques effilées avec une étrave inversée ; les flotteurs sont soulignés par de longs hublots de coque qui accentuent l’aspect sportif de l’embarcation. La seule différence esthétique notable est à chercher au niveau des fenêtres du pont principal, un peu plus grandes que sur le 482, pour apporter un maximum de luminosité à l’intérieur du catamaran.
Pour conserver une certaine simplicité et pour limiter les coûts, le 442 ne dispose pas de mât carbone, mais d’un espar plus traditionnel culminant à 20 m au-dessus de l’eau.
Niveau fabrication, le 442 est fabriqué en sandwich avec de la résine E-Glass (à base de silice) avec des renforts en carbone. Un cocktail qui lui permet de conserver un poids raisonnable tout en profitant d’une excellente rigidité.
Le meilleur moyen de monter à bord, c’est d’emprunter les grandes jupes arrière et l’escalier qui mène au cockpit. Un coffre de rangement est d’ailleurs logé dans la seconde marche. Il faut également noter qu’un portillon pour condamner cet accès en cas de navigation avec des enfants est prévu et, quand il ne sert pas, il est rangé sous le plafond du cockpit, c’est plutôt malin.
Même s’il n’est pas immense – normal pour un 44 pieds –, le cockpit demeure très fonctionnel et très polyvalent. Concrètement, on trouve sur bâbord un canapé en L avec une table en son centre, le tout pouvant se transformer en solarium. Une autre banquette adossée au tableau arrière accueille trois personnes, et, juste à côté, un emplacement fermé par un capot comporte un grill et un évier. Enfin, une troisième assise est quant à elle située dos à la route, c’est-à-dire parfaite pour admirer le sillage ou pour partager un moment de convivialité avec les autres personnes à bord.
Pour séparer le cockpit du pont principal, le Balance 442 dispose de portes et de fenêtres coulissantes, ce qui permet d’abolir presque totalement la séparation entre l’extérieur et l’intérieur ou, au contraire, de fermer totalement l’habitacle pour plus d’intimité ou pour les soirées un peu fraîches. L’espace intérieur principal comporte sur bâbord un vaste canapé en L qui peut se transformer en couchage d’appoint et, sur tribord, une cuisine de taille très correcte pour la catégorie, avec en sus quelques astuces comme cet égouttoir intégré au plan de travail. On trouve également deux réfrigérateurs et deux freezers, de quoi embarquer des vivres pour une traversée, ainsi que de nombreux rangements. Enfin, grâce aux grandes baies vitrées, cet intérieur est baigné de lumière.
Une habitabilité bien optimisée
Comme la plupart des catamarans de cette taille, le 442 est disponible en version 3 ou 4 cabines. Le jour de notre essai, nous étions à bord de la version 3 cabines. La coque tribord est ainsi réservée à la suite Propriétaire composée d’un couchage double sur l’avant en position perpendiculaire et d’une grande salle d’eau sur l’arrière. Comme toujours chez Balance, chaque recoin du catamaran est exploité. Cela se manifeste par les rangements du couloir, dissimulés avec élégance derrière des portes en bois, mais aussi par des coffres sous les couchages ou par un module de rangement près du lit. Idéal pour trouver une place pour tous les effets personnels et l’équipement du bord.
La coque bâbord accueille quant à elle un grand couchage double en position perpendiculaire sur l’avant et un autre sur l’arrière, avec en bonus une grande fenêtre de proue qui fait aussi office de sortie de secours. En revanche, les deux cabines doivent partager la même salle d’eau. En version quatre cabines, le schéma bâbord est reproduit à tribord.
Un plan d’aménagement plutôt bien pensé, puisqu’il permet d’offrir jusqu’à 8 couchages, et même 10 si l’on compte le canapé convertible du pont principal, le tout dans seulement 44 pieds. En outre, si l’espace est un peu plus réduit, le volume de rangements et la présence de surfaces vitrées partout parviennent à donner une impression d’espace. L’ambiance est plutôt moderne, mais le propriétaire peut personnaliser son décor en choisissant l’aspect et la couleur des boiseries, les tissus, le plancher, et même la peinture intérieure. Cela vaut aussi pour la coque extérieure, disponible en plusieurs couleurs. L’équipement est lui aussi dans la bonne moyenne, tant au niveau de l’électroménager que des éclairages ou encore des prises électriques ou USB. Enfin, il convient de saluer la finition, de très bon niveau.
Pour favoriser la légèreté, le 442 dispose sur l’avant d’un trampoline traditionnel et d’un bout-dehors intégré sur lequel sont installés les deux enrouleurs de voile d’avant. Sur chaque proue, un strapontin est installé, offrant une place de choix pour observer les dauphins. Toutes les drisses reviennent au cockpit, ce qui facilite largement les manœuvres. Et puisque l’on parle de cockpit, il faut s’attarder sur le fameux poste de barre, véritable marque de fabrique des catamarans Balance. En effet, pour privilégier la convivialité ou simplement pour barrer à l’abri du soleil ou de la pluie, le poste de barre pivote du haut vers le bas, et vice versa. La manœuvre se fait en quelques secondes, sans manipulation particulière. En position haute, on profite alors d’une assise et d’une vue imprenable sur le gréement et les environs, tandis qu’en position basse, on se retrouve à l’abri sous le toit du cockpit, on bénéficie d’une confortable banquette, de toute l’électronique de navigation sous les yeux et d’une excellente visibilité vers l’avant à travers le pont principal, puisque aucun obstacle n’encombre la vue. En sus, le barreur se retrouve dans le cockpit, avec le reste de l’équipage, un plus pour la convivialité.
Des performances de régatier
Idéalement pensé, ce poste de barre offre une excellente visibilité, un accès à toutes les drisses et au piano, et il profite d’un sac à bouts pour ne pas encombrer le sol. Seul bémol, le 442 est proposé en version standard avec seulement deux winches, le troisième étant en option. C’est dommage, car il s’avère vraiment indispensable.
Reposant sur deux coques aux entrées d’eau très fines, le Balance est équipé de deux dérives situées très à l’extérieur de la coque pour notamment favoriser l’habitabilité. Le tirant d’eau dérives hautes est de 1,16 m, ce qui permet de mouiller dans des criques peu profondes alors qu’il descend à 2,15 m dérives basses. Pour propulser l’ensemble, le catamaran est livré avec une grand-voile de 75,6 m2, à laquelle s’ajoutent un foc autovireur de 29,81 m2, un Code 0 de 59,64 m2 et un spi asymétrique de 152,83 m2. Une garde-robe tout à fait correcte pour emmener les 11 800 kg du catamaran, un poids plus que raisonnable.
Conçu pour la performance, le 442 ne traîne pas beaucoup d’eau et, dans les faits, il n’a pas besoin de beaucoup d’air pour décoller. Ce jour-là, le vent oscillait entre 10 et 15 nœuds avec une mer relativement plate, des conditions idéales pour tirer quelques bords. Une fois la grand-voile hissée, il suffit de dérouler le foc pour sentir presque instantanément le catamaran prendre de la vitesse. Au près, avec 15 nœuds de vent, on atteint rapidement 7 à 8 nœuds. La performance s’améliore encore au bon plein, puisque le catamaran touche presque la vitesse du vent, autour de 10 nœuds ce jour-là, c’est déjà très bien avec le foc. Une fois le Code 0 en place, le GPS grimpe d’un cran, avec une vitesse qui atteint 14 nœuds à un angle de 70° et 16,9 nœuds à un angle de 100°. Des performances qui font du Balance 442 l’un des plus rapides de sa catégorie. Ce catamaran est capable d’assurer une moyenne de 9 à 11 nœuds, de quoi envisager de longues traversées en un temps record – peu de multicoques de même taille sont capables d’en faire autant. Si on cherche des chiffres plus précis encore, le chantier annonce le 442 comme étant 7 % moins rapide seulement que le 482, une différence très faible qui peut faire réfléchir les futurs acheteurs…
La performance mise à part, c’est la facilité avec lequel ce catamaran se prend en main qui nous a séduits. Mis à part l’absence d’un troisième winch, ce qui oblige à enlever une drisse pour travailler avec une autre, le Balance peut presque se mener seul depuis le poste de barre, ou tout du moins en équipage réduit. La barre est très douce et le multicoque très sain avec une tenue de cap exemplaire. Les changements de bord s’effectuent en douceur et il en est de même pour les empannages, très contrôlés. Des caractéristiques qui font que cette unité n’est pas réservée à un expert. Pour autant, avec une garde-robe un peu plus affûtée, des réglages différents et un peu moins de poids à bord (une opération que le chantier peut réaliser sur demande), le 442 peut vite rejoindre le club des régatiers. Pour évoluer dans une marina ou pour les jours sans vent, le Balance 442 est équipé de deux moteurs Yanmar de 29 CV, une puissance qui permet d’emmener le catamaran à 6,5 nœuds à 1 900 tr/min tout en restant économique à l’usage. On note juste quelques vibrations à cette allure, un problème qui devrait être simple à résoudre. Pour ce qui est de l’alimentation électrique, le Balance bénéficie de quatre panneaux solaires de 400 watts installés sur le roof. A cela s’ajoute un générateur, de quoi être autosuffisant pour une longue traversée, d’autant que la capacité en eau douce (2 x 350 litres) est également importante. A vous les grandes navigations !
Conclusion
Nous avions déjà été séduits par le 482, mais avec le 442, Balance met sur le marché un catamaran presque aussi rapide, presque aussi logeable et tout aussi plaisant à utiliser, le tout avec un tarif inférieur de près de 600 000 dollars (options comprises). Une copie presque parfaite, peut-être trop, car la différence entre les deux modèles est mince, sauf sur le bon de commande. Dès lors, si vous naviguez principalement avec un équipage de 2 à 4 personnes, ce modèle vous ira comme un gant. Vous pouvez même profiter de l’économie réalisée pour vous offrir un jeu de voiles plus performant. Bref, un compromis parfait entre performance et confort pour des milles et des milles de plaisir.
Performances
Facilité d’utilisation
Pas de table à cartes
Largeur couchage arrière
Descriptif technique
Concepteurs : Phillip Berman et Anton Du Toit
Longueur hors-tout : 13,50 m
Longueur à la flottaison : 13,50 m
Largeur hors-tout : 7,60 m
Tirant d’eau : 1,16 /2,15 m
Tirant d’air : 20,01 m
Déplacement lège : 11,8 t
Déplacement max en charge: 15,34 t
Couchages : 6 (8 en version 4 cabines) + 2 (pont principal)
Carburant : 2 x 400 l
Eau douce: 2 x 350 l
Eau noire : 2 x 42 l
Motorisation : 2 x 29 CV Yanmar
Grand-voile : 75,6 m2
Foc autovireur : 29,81 m2
Code 0 : 59,64 m2
Spinnaker asymétrique : 152,83 m2
Prix : à partir de 1 360 000 $ HT




