Voilà cinq ans que la gamme Bali s’est fait connaître – c’était avec le Bali 4.5. L’ADN de la marque reste inchangé : volume et plaisir maximum, facilité d’utilisation, disparition à la demande de la frontière intérieure/extérieure… Quant aux nouveaux modèles, ils se suivent en rang serré – 2 à 4 par an ! Le 4.2, quant à lui, remplace le 4.3 et le 4.5. Et affiche une finition nettement plus soignée que celle de ses prédécesseurs.
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Côté design général, peu de changements du côté du rouf : la nacelle est toujours chapeautée par un important débord du toit. Les coques accueillent de nombreuses ouvertures intégrées dans une réserve de couleur noire – on note la double fonction renfort longitudinal et pare-pluie. Les carènes présentent des étraves à la fois camuses et inversées. Si vous trouvez que les Bali se ressemblent un peu trop pour être facilement identifiés, vous devriez toutefois être en mesure de reconnaître le nouveau 4.2 à tous les coups : c’est – pour l’heure – le seul modèle de la gamme dépourvu de barres de flèches. Le profil en alu est un peu plus allongé en longitudinal de sorte à assurer la raideur optimum avec un tandem galhaubans/bas-haubans. Cette formule présente l’avantage, à poids et coûts comparables, de simplifier le réglage du gréement dormant et d’améliorer l’aérodynamisme. D’aucuns pourraient objecter que le fardage d’un Bali est assez conséquent pour qu’on se soucie des écoulements aériens dans le gréement… eh bien justement, si ! Ce détail montre bien le soin extrême qui est dispensé lors de la mise au point de chaque modèle. Autre idée reçue : les Bali n’intéressent que les loueurs. Faux ! Ces derniers mois rythmés par la pandémie ont mis un coup d’arrêt à de nombreuses commandes de professionnels, lesquels ont été remplacés par les particuliers – ils comptent désormais pour 60 % des commandes.

Le Bali 4.2 est avant tout une plate-forme dédiée au confort ; pour autant, les étraves sont fines et la nacelle bien dégagée
Surface de pont maximum
Difficile d’évoquer le cockpit arrière puisque celui-ci est intégré à la nacelle : la fameuse « porte Bali » de 3,34 m de large par 2,18 de haut, ouvre ou ferme l’espace de vie à la demande, suivant les conditions du moment. En mode fermé, il reste bien sûr suffisamment de place pour évoluer à l’extérieur et même profiter d’une banquette – tout l’espace disponible entre les deux coques est ponté. Une porte standard de 1,77 m de hauteur pour 0,62 de largeur reste disponible. Le 4.2 dispose de deux larges jupes arrière reliées entre elles par une plate-forme ininterrompue – elle est surplombée par le bossoir basculant en inox. C’est également dans cette zone qu’on accède aux cales moteur, au radeau de survie et à des coffres. Côté tribord, une plancha peut être aménagée.
On accède au flybridge par des marches découpées sur les deux bords. A l’instar des passavants – 61 cm de largeur au minimum –, la progression est sécurisée par de nombreuses mains courantes et autres garde-fous. Le poste de manœuvre surbaissé prévoit une batterie de bloqueurs et trois winches. Les deux à l’extérieur sont astucieusement inclinés pour accueillir les écoutes de gennaker ou de spi. L’ensemble est opérationnel et intuitif. Seul le winch à bâbord est un peu éloigné. Le bimini du barreur est un peu bas quand il est debout… mais ça préserve la surface de la grand-voile, laquelle reste facilement accessible de surcroît. Peut-être serait-il possible de gagner (encore) les précieux centimètres… aux pieds ? La banquette peut accueillir deux adultes, tout comme la méridienne centrale et le bain de soleil arrière – soit six personnes au total. A l’avant, des coffres, un cockpit avec une table de 108 cm par 53 et un immense pontage/solarium qui se poursuit pratiquement jusqu’aux étraves. Précisons que la surface totale de pontage atteint très précisément 79,2 m2 – elle est supérieure de 10 % à celle d’un Lagoon ou un Leopard 42. Les opérations de mouillage restent parfaitement gérées avec un davier reculé et intégré, une vaste baille carénée et un puissant guindeau. Une découpe est prévue dans le pont pour surveiller l’ancre et la ligne de mouillage. Un coffre très profond est découpé sous les banquettes. Une porte étanche de 1,65 m par 0,53 offre un accès direct à la nacelle. Un seuil de 19 cm protège l’intérieur des entrées d’eau intempestives.

Le vaste cockpit avant est directement relié à la nacelle grâce à la porte frontale.
Open space
La zone de vie, quand toutes les portes, le panneau frontal et les baies latérales arrière sont ouverts, ne donne pas le sentiment à celui qui la fréquente d’être « dedans ». La ventilation est bien évidemment excellente. En quelques secondes, pourtant, nous voilà bien à l’intérieur, le tout en se passant des vilaines bâches qui ont fleuri sur tous les cockpits… La hauteur sous barrot est généreuse : elle oscille entre 1,98 m et 2,10 m. La table du carré/cockpit décalée sur bâbord mesure 162 cm par 85. On peut s’y installer à six sans se serrer, huit en jouant un peu des coudes. Le constructeur propose également une table plus grande. En face, deux confortables fauteuils lounge sont proposés aux propriétaires – les loueurs opteront pour une banquette plus classique. Ces attributs inédits à bord de catamarans pensés – au départ – pour la location montrent bien l’attention désormais portée aux propriétaires. La finition et la qualité perçue, elles aussi, sont bien plus flatteuses comparées à la rusticité qu’on trouvait à bord d’un 4.5 d’il y a cinq ans. A tribord, au centre, l’énorme ensemble froid – 326 l au total – est toujours facile d’accès. Des loquets rouges sécurisent les portes lors des navigations. Passé une marche (16 cm), la cuisine prend ses aises en fond de nacelle sur deux plans de travail. En dessous, le volume de rangement est impressionnant. A tribord, une table à cartes est installée latéralement – le plateau mesure 101 cm par 46. Preuve s’il en était que les Bali s’adressent bien à une clientèle de propriétaires, c’est une version trois cabines qui nous est présentée à Canet. La coque bâbord est donc entièrement dédiée à l’armateur. Quatre larges marches à la pente relativement douce séparent les coques du carré, soit 103 cm. Le couchage offre une belle largeur de 1,70 m – idem dans l’autre cabine arrière. La coque propose également une banquette et une coiffeuse/bureau. La salle d’eau est à l’avant. A l’avant de la coque tribord, les couchages affichent 1,55 m de largeur. Partout, de belles ouvertures pour la vue mer, une aération soignée et des rangements. Chaque cabine dispose de son cabinet de toilette – avec éventuellement une douche commune pour les deux cabines d’une même coque. Le Bali 4.2 se décline bien sûr en quatre cabines. Les pointes avant peuvent être aménagées.

« Porte Bali » et vitrages latéraux ouverts, le salon devient ouvert sur l’extérieur.
Rigidité convaincante de la plate-forme
Au sortir des jetées, pas de vent, mais une belle houle résiduelle de sud-est. On commence donc par tester les moteurs. Nous disposons des blocs de 45 CV, et non des 30 CV proposés en standard. Je cale le régime des deux moteurs à 2 200 tours : notre vitesse est un peu supérieure à 7 nœuds pour une consommation de 6,4 litres/ heure. En comptant une réserve de sécurité de 15 %, le Bali 4.2 peut croiser 612 milles à ce régime. On a beau malmener le Bali face aux vagues ou aux trois quarts, on se rend à l’évidence : la structure soignée, les profondes nervures de coques et le pontage intégral se traduisent par une rigidité irréprochable et une absence de tout couinement. Le passage dans la mer est souple, sans que la nacelle soit en contact.
Le vent finit par s’établir. Le gennaker est aussitôt déroulé pour accompagner la grand-voile, préalablement hissée. Malgré la houle qui ne demande qu’à faire décrocher le plan de voilure, le Bali parvient à accrocher 4 nœuds à la faveur d’une petite risée de 6 nœuds. Il faudrait évidemment plus de vent pour que les carènes fines du 4.2 puissent faire la démonstration de leur potentiel. On n’attendra pas de miracle au près ni dans les petits airs de manière générale : les quillons sont courts, le fardage important et le ratio voilure/poids peu favorable. En revanche, le bon passage dans la mer augure des traversées confortables. On apprécie également la barre directe et plutôt douce. Le foc autovireur et le système de double pantoire pour l’écoute de grand-voile sont simples et fonctionnent parfaitement.

A l’arrière, le ou les matelas affichent une belle largeur de 1,70 m.
Conclusion
Pour sa taille, le Bali 4.2 offre un confort inhabituel ; il s’agit bien de vivre à bord comme à la maison. Avec son carré/cockpit immense, sa cuisine XXL et ses cabines confortables, ce nouveau modèle convaincra même les irréductibles de la vie à terre, de larguer les amarres ! Là où le constructeur marque des points supplémentaires, c’est que l’aspect marin n’a pas été oublié. Certes, un ORC 42 deux fois plus léger pour la même surface de voilure ira forcément bien plus vite. Mais le 4.2 reste une plate-forme bien défendue, rigide et sûre dont les carènes autoriseront de belles traites par vent médium.
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DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Bali Catamarans/Catana
Architecte : Xavier Faÿ
Design intérieur : Lasta Design Studio
Matériau : sandwich polyester
Longueur : 12,27 m
Largeur : 7,07 m
Tirant d’eau : 1,22 m
Déplacement lège : 12,02 t
GV lattée : 57 m²
Foc autovireur : 35 m²
Code 0 : 63 m²
Spi asy : 102 m²
Réservoir d’eau : 860 l
Réservoir de carburant : 640 l
Motorisation : Yanmar 2 x 30 CV ou 2 x 45 CV
Prix HT : A partir de 363 800 € en version 3 cabines/2 douches
Pack Excellence : 49 500 € €
Pack Elégance : 15 800 €
GV lattée à corne avec accastillage, solent + lazy bag & lazy jack : 4 960 €
Code 0 : 5 120 €
Spi asymétrique : 4 490 €
Accastillage de Code 0 : 5 450 €
Winch supplémentaire à bâbord pour écoute de gennaker : 1 080 €
Winch électrique : 2 180 €
Vitrage avant ouvrant : 1 780 €
Chauffage gasoil à circulation d’eau chaude flotteurs et carré : 11 330 €
Dessalinisateur basse consommation : 13 490 €
Vérins hydrauliques pour porte basculante : 4 060 €
Moteurs Yanmar 45 CV 4 cylindres au lieu des 30 CV 3 cylindres : 4 690 €
Hélices tripales repliables : 2 485 €
Groupe électrogène ONAN 7 KW 50 Hz avec cocon et commande à distance : 19 980 €
Kit panneaux solaires (400 Watts) : 4 870 €
Bimini du poste de barre : 3 380 €
Table amovible de cockpit avant : 1 320 €
Taud de soleil cockpit avant : 1 490 €
Jeu de 3 bains de soleil plage avant : 2 090 €
Coussin maxi transat sur le fly : 1 280 €
Bains de soleil flybridge : 2 640 €
Passerelle pliante en composite 2,20 m + housse & 1 lyre posée : 1 860 €
Eclairage sous-marin à LED 21 W bleu sous chaque jupe : 4 020 €
Plancha avec installation gaz : 1 710 €
Annexe 2,80 m + moteur HB 5CV + mise sous bossoirs : 8 140 €
Convoyage du cap Bon (Tunisie) à Canet-en-Roussillon (France) : 5 430 €.

Les +
+ Modularité de la nacelle/cockpit
+ Multiples espaces de farniente
+ Facilité de manœuvre
Les -
- Bimini barreur trop bas
- Winch bâbord (écoute de gennaker) peu accessible
- Quelques éléments – angles avant du rouf – exposés aux écoutes de gennaker

