Initiée avec le Nautitech 40 Open puis le Bali 4.5, l’idée de fondre nacelle et cockpit en un seul – et donc immense – volume est à bord du Bali 4.3 exploitée à 100%. La grande nouveauté, c’est l’arrière du rouf qui bascule et vient se loger sous le toit du roof. Un nouveau concept qui révolutionne la croisière…
Infos pratiques
- Le chantier : Bali 4.3
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Bali 4.3
- Assuez votre Bali 4.3
- Articles autour du Bali 4.3
Nouveau concept, nouvelle gamme…
Désireux d’aborder un marché plus large sur le segment des catamarans de croisière – celui que se partagent les grands constructeurs comme Lagoon, Leopard et Fountaine Pajot –, le groupe Catana a lancé en 2014 sa nouvelle gamme, baptisée Bali. Après le 4.5 et juste avant le 4.0, voici donc le 4.3… dont la gestation a été un peu plus longue que prévu, le temps d’adapter ce modèle au mieux à sa déclinaison moteur, le MY 43. Oublions donc le référentiel Catana : chez Bali, il n’y a plus de carbone à tous les étages ni de dérives à effet de portance. Mais l’avantage évident est que l’on retrouve une fourchette de tarifs très proche de la concurrence "grande série". Côté construction, le chantier a opté pour des moules en trois parties avec liaison en fond de coque, demi-coques intérieures et nacelle pour plus de rigidité. Le tout est réalisé en sandwich mousse PVC et résine polyester, sans oublier un gel coat spécifique anti-osmose. Les renforts de pont sont en contreplaqué et monolithique, et les cloisons en contreplaqués multiplis stratifiés ou collés. Bref, de la belle ouvrage, simple et robuste, à défaut d’être légère. Loin de singer les autres productions existantes, les Bali vont bien plus loin et innovent sans retenue, ce qui bien sûr attise notre curiosité d’essayeurs… Car si on savait déjà que le multicoque – et le catamaran plus particulièrement – était le support idéal pour passer des vacances (courtes ou longues) sur l’eau, restait à tester in situ la configuration open space de notre Bali. Car ce 4.3 – il s’agit du numéro 4 de la série – gomme désormais, grâce à son ouverture XXL du rouf vers l’arrière – les frontières entre la nacelle et le cockpit. Bref, par beau temps, il n’y a plus vraiment de dedans et de dehors…
Le Bali est un catamaran confortable, mais qui ne rechigne pas à avaler des milles quand les conditions sont réunies.
Carène à effet spatule
Le dessin de l’architecte Xavier Faÿ mérite d’être étudié. Vues de face, les coques présentent de chaque côté un redan prononcé et une réserve, matérialisée par une bande noire. Plutôt malin à tous points de vue… D’abord, la coque présente un beau volume habitable à hauteur des couchettes sans se traduire par une importante largeur à la flottaison – l’étroitesse des coques reste un des éléments clés d’une vitesse moyenne satisfaisante sous voile. Ensuite, parce que les embruns seront efficacement rabattus. Et enfin, les hublots ouvrants, de petite taille mais nombreux, sont relativement à l’abri de la pluie – ils peuvent donc rester ouverts pour partie par temps humide – et surtout ne craignent plus la pression parfois énorme des pare-battages coincés entre la coque et le quai. Pour finir, le plus intéressant est sans doute cette immense spatule avant – la partie carène du pontage rigide avant. Déjà mise en œuvre sur le Bali 4.5 et renforcée par une nervure centrale, elle fera par gros temps et mer de l’arrière office de déflecteur, soit une quasi-assurance anti-enfournement.
La porte arrière s'ouvre sans problème, même en navigation. La preuve en 3 images…
Gréement élancé et foc autovireur
On ne se réjouira jamais assez de disposer de deux moteurs à bord d’un catamaran… Et sur notre modèle, le choix d’une motorisation plus puissante que le standard – 2 x 50 au lieu de 2 x 40 – assure, en inversant les commandes, des rotations franches capables de vous dégager des pires configurations. Bref, malgré un fardage relativement conséquent, le Bali 4.3 se faufile comme une mobylette dans les ports les plus encombrés. A fond, soit 2 800 tours, le Bali file à 8,4 nœuds. Dès la sortie du chenal du port des Minimes, nous pouvons établir la toile. Le gréement est plutôt élancé et reculé. Ça tombe bien pour le foc autovireur, qui gagne pas mal de surface – 37,5 m2. La grand-voile a beau être coiffée par une corne, elle souffre indéniablement d’une surface de toile durement amputée par la hauteur de la bôme. Certes, côté sécurité de l’équipage, rien à redire… mais quand il s’agit de ferler proprement la voile ou de repasser une bosse de ris, pas si simple de gambader à quatre pattes sur une bôme à cette hauteur. Le chantier en a pris son parti puisque le lazy-bag n’est même pas doté d’un zip ! Pour l’heure, le vent établi à 13 nœuds nous permet de naviguer en souplesse à 6 nœuds à toutes les allures. On aurait bien voulu gratter un nœud ou deux en envoyant le gennaker de 61 m2 stocké dans un coffre, mais l’accastillage n’est pas encore opérationnel à bord de notre bateau, qui effectue ses toutes premières sorties. A noter aussi que le chantier propose un spi asymétrique de 100 m2 en option. Nous relevons 100° bord sur bord, valeur honnête pour un cata de croisière équipé d’ailerons. Et les virements sans rien toucher sont un vrai plaisir en croisière. En revanche, dès que le vent descend en dessous de 8 nœuds, on sent bien que le foc autovireur manque un peu de pêche. Bref, le gennaker devra absolument être à bord, conseil de Multicoques Mag !
Des mains courantes astucieuses.
Plan de pont
Le morceau de choix du Bali 4.3 ? Le flybridge, bien sûr, définitivement adopté – entre autres – pour coller aux exigences motonautiques de la version catamaran à moteur du Bali 4.3, le MY 4.3. Depuis son adoption sur le Lagoon 440 (c’était en 2004 déjà !) on a tout dit, tout écrit et tout lu sur le sujet… L’affaire est pourtant loin d’être entendue, puisque Lagoon propose désormais un poste de barre plus classique, au choix, pour ses 450 et 52. Ici, l’accès au fly est relativement aisé par les deux côtés, ce qui déjà est un point très positif. Ensuite, depuis son siège baquet – double position assis ou debout – le barreur profite d’une vue bien dégagée sur le plan d’eau, à l’exception de l’angle mort du foc. La protection assurée par le pare-brise est satisfaisante. La barre en composite de 90 cm de diamètre offre une excellente prise en main. Enfin, le barreur, encore lui, a toutes les manœuvres à sa portée, ce qui permet à l’équipage de profiter à 100% de la croisière. Et le winch 48 Antal électrique simplifie drôlement la tâche. Seul bémol : quelques bouts raguent en pied de mât sur les supports du bimini. La circulation sur les passavants est sûre : largeur généreuse et mains courantes – sous forme de saignée au-dessus du rouf – permettent de progresser sans peine jusqu’aux étraves. A l’heure de l’amarrage, encore un bon point avec les énormes taquets, capables de saisir les plus grosses aussières. Bien vu !
L'accès au fly est pratique et possible par les deux côtés du roof.
Farniente
Le vent d’est faiblissant ne lève pas de clapot, nous autorisant un mouillage tranquille à quelques encablures de la plage des Sablanceaux. A mouiller ! Surprise : le davier est déporté très loin en avant de la plate-forme rigide. Il y a du bon et du moins bon… Pas besoin de patte d’oie, d’accord, mais mauvais centrage des poids et surtout une vision très approximative de l’ancre et de la chaîne. Il y a bien une petite trappe sous les coussins, mais franchement, on n’y voit pas grand-chose. Alors, vous serez tentés de remonter le mouillage sans trop savoir si l’angle de la chaîne est optimum... En revanche, reconnaissons que la vie à bord est particulièrement agréable. D’abord grâce au fly, équipé d’une grande banquette de 212 cm, d’un bain de soleil de 186 par 208 cm et enfin d’une table (101 par 70 cm dépliée). Ensuite, grâce au cockpit avant. Devant le pied de mât, un solarium géant et modulable de près de 4 mètres par 2, des coffres, une banquette de plus de 3 mètres et même deux petites tables. Précisons qu’elles peuvent être gênantes en navigation hauturière : pas grave, elles sont (facilement) démontables. A l’arrière, encore deux volumes de rangement (dommage qu’il faille déclipser les filières pour les ouvrir en grand) et un logement pour le bib. Pour la baignade, en plus des sacro-saintes jupes en escalier, une plate-forme rabattable multiplie les joies de la baignade – les enfants adorent. Autre bonne idée du Bali : une fois relevé, ce panneau relevable de 237 cm par 62 en polyester permet de caler parfaitement l’annexe, prise en charge grâce à des bossoirs basculants.
Autre grand plus du Bali, son cockpit avant : magique !
Alors ? Dedans ou dehors ?
Fermée, la nacelle ne présente rien de spécial, mis à part qu’elle semble rogner deux bons mètres au cockpit, bien protégé par le bimini rigide… mais quelle transformation sitôt la porte ouverte ! Yann Chabaud, un ancien de chez Dufour et de bien d’autres grands noms de la plaisance, a mis au point un système hydraulique capable de faire basculer à l’horizontale toute la partie arrière de la nacelle en trente secondes ! Et pas de panique en cas de panne du système… il suffit de le débrayer, le panneau redescend par son propre poids. Pour entrer ou sortir, il faudra alors utiliser tout simplement la porte pour aller et venir… Ouvrir la nacelle et les baies vitrées latérales permet donc de marier cockpit et aménagements. Du coup, une seule et immense table capable d’accueillir huit personnes côtoie une méridienne parfaite pour un bon quart de lecture et un colossal frigo de 630 litres. On circule évidemment dans toute cette zone de plain-pied. Là où ça se gâte, c’est que le revêtement adopté – imitation bois – se révèle pieds nus mouillés incroyablement glissant. A modifier d’urgence ! Si la table à cartes en L est disposée de manière assez classique à un angle avant – ici tribord – de la nacelle, elle jouxte la cuisine, ce qui est bien moins fréquent. A l’usage, cette disposition est séduisante grâce à la grande baie vitrée frontale escamotable – encore une trouvaille des Bali ! – la vitre de 173 par 66 cm disparaît en quelques secondes dans le montant, assurant une aération ultra efficace. Et communique donc directement avec le cockpit avant. S’y faufiler physiquement n’est pas prévu, mais les plats, assiettes et verres passent très bien ! Le maître-queux est donc face à la route. A sa disposition, une cuisinière trois feux, deux éviers, un lave-vaisselle (en option) et un autre réfrigérateur plus petit. Dans les coques, le chantier propose de classiques aménagements en version trois ou quatre cabines. Lors de l'essai, nous disposions de la première version, dite "Propriétaire". Lequel dispose pour lui tout seul (ou presque) d’un couchage arrière, un petit bureau et un immense cabinet de toilette. Dans la coque tribord, vous aurez le choix d'opter pour deux cabines avec un grand ou deux plus petits cabinets de toilette. Si les couchages arrière sont accessibles par deux côtés, les couchettes avant s’appuient sur les bordés des deux côtés.
Les cabines sont agréables (ici, la cabine propriétaire), on note une aération particulièrement soignée.
Conclusion
Moins cher qu'un Catana, le Bali n'en est pas pour autant un catamaran low cost ! C’est bien au contraire une unité qui sort des schémas habituels, innove réellement, et qui présente très bien sur le plan de la finition et des ajustements de boiseries. Nous préférerions peut-être un poste de pilotage classique – il y en a bien un dans les cartons du chantier – pour diminuer le fardage et surtout profiter d’une surface de grand-voile plus conséquente… mais reconnaissons que le flybridge a bien des avantages !
La salle de bains de la coque propriétaire est particulièrement spacieuse.
L'avis de l’architecte Xavier Faÿ
Le positionnement et le cahier des charges des Bali sont très clairs et très ambitieux : une offre supérieure, en termes de volume, de confort, de ventilation naturelle, d’agrément, d’équipement et de capacité, à ce que proposent les autres catamarans de taille équivalente dans la même catégorie, tout en ayant, à budgets et à programmes équivalents, de meilleures performances et un meilleur comportement à la mer. Un des points essentiels qui singularise les Bali et rend possible la réalisation de ces objectifs est l’adoption du pontage avant. Car, au-delà des avantages évidents en termes de confort qu’il apporte (nouvelle ergonomie avec gigantesque cockpit avant, bain de soleil et chemin de mouillage intégré), ce pontage avant implique également une nouvelle disposition structurelle qui confère à la plate-forme une relative légèreté et surtout une très grande raideur. Et cette raideur de plate-forme sera, pour la vie des bateaux, un atout essentiel pour leurs performances, leur vivacité et leur comportement, elle sera aussi une garantie de bonne tenue et de longévité pour l’ensemble des composants, du gréement aux aménagements. Tout cela ne va pas sans bousculer quelques préjugés. Certains penseront ; mais cela va taper ! Eh bien non ! Pas plus qu’un autre, et même plutôt moins ! Sur un catamaran, quand une vague ou un croisement de vague tape sous la nacelle, c'est, en général, au niveau, voire un peu en arrière, de la cloison de mât. Le fond de nacelle avant n'est que le prolongement naturel vers l'avant d'une surface qui existe déjà sur les autres catamarans "classiques", et ce prolongement se situe globalement bien plus haut que le fond de nacelle sous le mât, là où cela tape. Ce qui importe en réalité, pour ne pas taper, c’est la hauteur du fond de nacelle dans la zone sous le mât et en arrière de celui-ci, et ce critère faisant partie du cahier des charges est volontairement plus haut sur les Bali que sur ses compétiteurs directs.

Les plus
- Zone de vie immense et conviviale
- Aération naturelle très efficace
- Plate-forme arrière pour la baignade
Les moins
- Bôme trop haute
- Mauvaise visibilité de l’ancre et de la chaîne pendant les opérations de mouillage
- Manque de vivacité par petit temps
Descriptif technique
- Constructeur : Catana Group
- Architecte : Xavier Faÿ
- Design intérieur : Couëdel Yacht Design
- Année de lancement : 2014
- Longueur hors-tout : 13,20 m
- Longueur à la flottaison : 12,70 m
- Largeur : 7,12 m
- Tirant d’eau : 1,20 m
- Poids : 11,3 t
- Voilure au près : 115 m2
- Grand-voile : 52 m2
- Solent autovireur : 37,5 m2
- Moteur : IB 2 x 40 ou 50 CV diesel
- Gazole : 2 x 400 litres
- Eau : 2 x 400 litres
- Cabines : 3 ou 4
- Certification CE : A pour 12 personnes
- Prix de base : 327 000 euros HT
- Prix du bateau essayé : 479 476 euros
- Principales options : Pack Excellence : 35 000 euros Moteurs 50 CV: 5 000 euros Voiles renforcées : 3 460 euros Code 0 : 4 980 euros Winches supplémentaires : 2 050 euros Mouillage : 1 480 euros Electronique : 12 300 euros Sécurité : 5 180 euros Dessalinisateur : 11 500 euros Panneaux solaires : 4 800 euros Annexe 3,40 et moteur HB 15 CV: 7 460 euros Micro-ondes : 600 euros Machine lave-vaisselle : 1 346 euros Machine lave-linge : 1 740 euros
Les concurrents
| Modèle | Constructeur | Surface de voile en m2 | Poids en t | Prix HT en euros |
| Lagoon 42 | Lagoon | 87,40 | 12 | NC |
| Hélia 44 Evolution | Fountaine Pajot | 115 | 10,8 | NC |
| Leopard 44 | Leopard | 123 | 12,62 | 369 000 |
| Lagoon 450 F | Lagoon | 133 | 15,10 | 381 200 |
Détails du bateau

- : Flèche mouillage : Une petite trappe sous les coussins permet de voir – ou plutôt apercevoir – ce qui se passe sous la surface lorsque l’équipage actionne le guindeau, mais c’est insuffisant pour mouiller en toute sérénité.
- : Flèche vers arête du rouf : Une réserve de part et d’autre du rouf fait office de main courante.
- Flèche plate-forme arrière : Les jupes arrière sont bien sûr utilisables… mais elles sont complétées au mouillage par une plate-forme basculante.
- Flèche cockpit avant : Les classiques trampolines sont remplacés par un pontage polyester, lequel se prolonge pratiquement jusqu’aux étraves. La grande banquette peut être équipée de deux petites tables, amovibles en navigation.
- Flèche vers ailerons : Finies les profondes dérives sabres – et désormais courbes – qui équipent tous les Catana : le Bali a opté pour des ailerons fixes.
- Flèche vers hublot frontal de rouf : On est loin de la petite paire de hublots ouvrants qui équipent la plupart de nos catamarans… Ici, c’est toute l’ouverture frontale qui s’escamote dans le montant du rouf, à l’instar d’une vitre de voiture.
- Flèche vers bôme : contrepartie du fly, la bôme est hors de portée ou presque à l’heure de repasser une bosse de ris. C’est tellement vrai que le chantier n’a même pas installé de zip au lazy-bag…
- Flèche vers flybridge : C’est ici, sur le flybridge, qu’est installé le poste de barre. Toutes les manœuvres – à l’exception des écoutes de gennaker – sont également centralisées ici.
- Flèche vers porte arrière du rouf : La grande porte basculante est animée par un système hydraulique avec centrale. Elle redescend de son propre poids grâce à une électrovanne commandée par un interrupteur, de telle sorte qu’une fermeture manuelle est possible en cas de panne.