Ce nouveau 4.4 remplace un peu le Bali 4.3, et surtout le 4.5, premier modèle de la gamme Bali. A bord de ce catamaran, plus que jamais dédié au confort et aux vacances en famille, tous les attributs de l’ADN Bali sont bien au rendez-vous – porte basculante, baies latérales ouvrantes, pontage en dur, grande capacité froid. En prime, la taille de ce modèle, plus proche finalement du 4.6 que du 4.4, autorise la porte avant, le flybridge aménagé et la plate-forme arrière.
Lieu de l’essai : La Rochelle
Conditions : vent de nord-est 8 à 15 noeuds, 4 personnes à bord, très léger clapot
Infos pratiques
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Nous avons pu essayer ce Bali en avant-première et… très tôt dans la saison, ce qui ne nous a pas du tout empêchés de profiter de l’esprit hédoniste défendu par les concepteurs de ce catamaran décomplexé. Ce n’était pourtant pas gagné : brume tenace, température négative et surtout bouts raidis par le gel n’invitaient pas à la navigation ! A quai, Boris Compagnon, directeur commercial de Catana Group, et Kahina Oussadi, du service Communication, ne se sont pas laissé abattre : ils ont déniché quelques chauffages d’appoint branchés sur le secteur – lesquels nous offrent quelques degrés de plus bienvenus à l’intérieur. Evidemment, pour l’heure, pas question de profiter du mode open space défendu par tous les modèles Bali ; nous revendiquons plutôt de tout fermer ! Force est de constater que cette configuration « hivernale » est finalement très convaincante également – la surface XXL de la nacelle et les très grandes ouvertures s’avèrent très agréables.
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Sitôt le gennaker déroulé, c’est le turbo assuré pour cette plate-forme pourtant prévue avant tout pour le confort.
Les redans extérieurs et l’angle à 45° des flancs intérieurs de coque parviennent à offrir une habilité maximum tout en préservant la largeur à la flottaison.
Plan de pont dédié au farniente mais toujours fonctionnel
Quelques volontaires sont toutefois tenus de se tenir sur le pont givré afin de tenter de défaire nos amarres raides comme du bois. Dans le chenal, récupérer les pare-battages n’est pas évident non plus – les noeuds de cabestan sont gelés eux aussi. Nous échappons aux traditionnels seaux d’eau de mer – il s’en est fallu de peu. Nous embouquons le chenal des Minimes au moteur. Nous disposons des deux blocs Yanmar de 57 CV proposés en option. Premier constat : la mécanique pousse sans forcer, puisqu’on relève environ 7 noeuds à 2 150 tours – un peu plus aidés par le vent de nord-est, à peine moins lors de notre retour vent de face. Un passage dans les cabines arrière permet de mesurer que le bruit des moteurs est bien contenu – rien à voir avec le souvenir que j’ai du dernier Bali que j’ai essayé, le Catspace. De fait, Olivier Poncin, le patron de Catana Group, confirme qu’il a demandé à ses équipes de soigner le poste insonorisation. Malgré le froid, drisses et écoutes parviennent à emprunter les réas, winches et bloqueurs qui leur sont dédiés. Si le plan de pont a été étudié avant tout pour le farniente avec une surface en dur maximum grâce au pontage intégral avant et la plate-forme mobile qui prolonge parfaitement les jupes arrière, il reste parfaitement fonctionnel avec une circulation partout fluide. Sous les pieds, le sandwich composite est bien rigide, gage d’une construction soignée et largement échantillonnée. Depuis le flybridge accessible par les deux côtés, la gestion des manoeuvres est simple : tout se passe depuis le poste de barre, décalé sur bâbord. Son assise, avec 1,23 m, est confortable. La vue est bonne vers l’avant, moins vers l’arrière. Le reste du flybridge est complètement aménagé, mais les concepteurs ont tenu à limiter la hauteur de la bôme. De fait, on accède facilement au lazy bag, et la surface de grand-voile y gagne. A l’avant, le pontage en dur est entièrement recouvert de bains de soleil. Ça fait envie – enfin, pas le jour de cet essai –, mais l’ouverture des coffres est plus compliquée avec tous ces matelas. A l’arrière, le cockpit proprement dit, si tant est qu’on puisse le délimiter, offre une grande banquette de 2,63 m, les jupes arrière et la plate-forme hydraulique.
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Le flybridge rassemble le poste de barre/ manoeuvres et une vaste zone dédiée au farniente.
Le pontage avant peut être intégralement recouvert par des bains de soleil.
Indispensable Code 0
Sitôt la grand-voile envoyée et le Code 0 déroulé, on affine les réglages du traveller et des écoutes. Avec un vent oscillant entre 8 et 15 noeuds, la vitesse vent de travers se cale entre 7 et 8 noeuds, avec quelques pointes à 9 au gré des risées. Quand la grande voile d’avant est pile poil réglée avec tous ses penons qui flottent bien horizontalement, on sent clairement que le Bali 4.4 ne demande qu’à marcher. La barre, sans être particulièrement agréable, est plutôt douce et directe. Quelques détails restent à régler en ce qui concerne le circuit des écoutes de Code 0 – les bouts sont sujets à divers frottements sur leur course. Lors de l’empannage, l’écoute à reprendre s’entrave sous l’angle du rouf. Sur ce coup-là, Boris me glisse que, d’ordinaire, on roule et on déroule… OK ! Le Code 0 défendu par le constructeur apporte un évident bonus jusqu’à 70° du vent environ. On ne peut pas remonter plus, car les points de tire passent logiquement à l’extérieur des haubans. Pour gagner plus au vent, on roule donc le Code 0 pour dérouler le solent autovireur. La surface de la voile d’avant passe de 74 à 42 m2 ; malgré un ratio voilure/poids de 8,68 m2/t, plus favorable que les 7,07 du Bali 4.2, la différence de punch se fait sentir quand on se contente de l’autovireur. Si on parvient à caper à 50/55° du vent réel, la vitesse peine à dépasser les 5 noeuds, la dérive est sensible et le réglage de la voile est assez pointu. Nous ne sommes clairement pas dans les conditions idéales d’un catamaran de croisière confortable pour naviguer à 100 % à la voile – les moteurs (ou un des deux) sont là pour appuyer la route, sans complexe.
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La porte avant simplifie considérablement la circulation à bord. L’ensemble devra être un peu plus rigide et le vérin plus costaud pour affronter sans broncher un vent fort.
Mieux qu’à la maison !
Pendant la majeure partie de notre journée de navigation, nous sommes restés bien au chaud à l’intérieur : la parfaite vue sur le plan d’eau permet d’assurer une veille appliquée et la télécommande du pilote fait le reste… Evidemment, quelques modifications de l’angle du vent de terre peuvent contraindre un des équipiers à monter au flybridge pour reprendre les réglages. Pour le reste, nous avons pu déguster des huîtres – des Marennes d’Oléron, bien sûr – tout en progressant à bonne allure vers l’île d’Aix. Le confort de la nacelle est renforcé par sa hauteur sous barrot généreuse – elle varie de 1,98 à 2,22 m. La finition Elégance de notre modèle d’essai (une version Propriétaire 3 cabines), avec sa sellerie spécifique dotée d’accoudoirs, ses deux fauteuils club, son bar intégré et les poignées des rangements en cuir, offre une touche Propriétaire de bon aloi. La cuisine présente un grand plan de travail en L complété par une desserte qui en fait presque un U – sans oublier le frigo XXL. La cuvette du poste de barre est parfaitement intégrée à l’ensemble. La table mesure 1,63 par 1 m ; le plateau est plus grand en version charter. Tout à l’avant tribord, une table à cartes (40 cm de largeur) est aménagée. La coque bâbord est entièrement dédiée au Propriétaire – on y accède en empruntant 5 marches (128 cm). Grand lit de 2 x 1,60 m configuré en island bed, coiffeuse/bureau de 83 par 53 cm, immense salle de bains, grandes ouvertures de coque, deux hublots ouvrants, de nombreux rangements – il ne manque rien ! La descente vers la coque tribord bénéficie d’un robuste garde-corps très utile si la mer est agitée. La cabine arrière reprend les mêmes cotes qu’à bâbord – précisons que la hauteur sous barrot minimum est de 1,97 m. On compte dans cette coque deux salles de bains. A l’avant, le lit est un peu plus étroit, avec ses 1,46 m, qu’à l’arrière, mais il est surtout bien plus haut ! Il est perché à 90 cm du plancher – contre 55 à l’arrière. Des petites marches ont bien été prévues, mais leur surface est un peu chiche. Pour le reste, rien à redire : vue sur mer grâce aux grands hublots de coque, aération soignée, rangements nombreux, ces cabines sont une réussite. De retour au port en fin de journée, le brouillard daigne enfin se lever, laissant place à un éclatant soleil rasant. C’est le moment de jouer la carte de l’open space ! La petite porte de 1,76 par 0,67 m passe le relais à la grande porte Bali dans laquelle elle est intégrée. L’immense façade arrière du rouf mesure 3,50 m de large par 1,92 m de hauteur – elle bascule électriquement en un peu moins de 25 secondes. Toute la nacelle est alors ouverte sur l’arrière, tandis qu’à l’avant, la porte mène directement au pontage. La circulation est donc on ne peut plus fluide et l’aération naturelle sera particulièrement efficace – en tout cas quand il fera chaud !
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La grande porte Bali, associée aux vitrages latéraux coulissants, apporte un agrément exceptionnel à la nacelle.
Conclusion
Les amateurs de louvoyage, de VMG gratifiant et de silhouettes affûtées resteront sans doute sur leur faim avec ce Bali 4.4… ce n’est pas très grave, car ce nouveau catamaran ne s’adresse pas vraiment à eux – quoiqu’on pourrait en reparler après quelques jours d’essai –, mais plutôt à des plaisanciers qui ont envie de disposer d’une plate-forme de vie sur l’eau. Une maison qu’on peut déplacer à sa guise de mouillage en mouillage, et même d’un océan à l’autre. Un concept qui peut paraître iconoclaste pour les « puristes » de la voile. Reste que les chiffres semblent donner raison aux épicuriens : pour ce millésime 2021/2022, ce sont pas moins de 280 Bali qui sortiront des trois usines de Catana Group. 400 unités sont d’ores et déjà prévues pour l’exercice suivant. Loin d’être réservé à un usage tropical ou estival, le concept Bali nous a démontré qu’il pouvait également se décliner avec un climat bien moins souriant. Pas étonnant que la gamme connaisse un certain succès dans les pays scandinaves…
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La cuisine forme pratiquement un U – juste coupé par la descente vers la coque bâbord.
Bali est resté fidèle au coin navigation – lequel peut faire office de bureau sans occuper la table principale.
La cabine avant présente un lit relativement large… mais perché 45 cm plus haut que celui de la cabine arrière.
LES +
+ Confort exceptionnel
+ Niveau de finition en hausse
+ Convaincant au débridé dès 10 noeuds de vent
LES -
- Peu à l’aise au louvoyage
- Circuit d’écoutes de Code 0 à revoir
- Lits avant très hauts
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La coque bâbord de notre catamaran d’essai est une parfaite suite Propriétaire – qui a dit que les Bali étaient réservés exclusivement au charter ?

DESCRIPTIF TECHNIQUE
Constructeur : Bali Catamarans
Concepteur : Olivier Poncin
Design intérieur : Lasta Design Studio
Longueur hors-tout : 13,48 m
Longueur à la flottaison : 12,97 m
Largeur hors-tout : 7,40 m
Tirant d’eau : 1,26 m
Déplacement lège : 13,60 t
Déplacement en charge maximum : 19,60 t
Surface de voile : 118 m2
Grand-voile : 76 m2
Foc autovireur : 42 m2
Code 0 : 74 m2
Motorisation : 2 x 40 ou 57 CV Yanmar
Carburant : 800 l
Eau : 860 l
Eaux noires : 2 x 55 l
Couchages : 6 à 9
Prix version 4 cabines : 516 770 € HT
Principales options en € HT 3 cabines au lieu de 4 : 1 750
Pack Excellence : 56 210
Pack Elégance : 9 780
GV lattée à corne, solent avec bande anti-UV, lazy bag et lazy jack : 5 040
Gennaker : 5 980
Accastillage complet de Code 0 : 6 840
2 moteurs Yanmar 57CV au lieu des Yanmar 40 CV : 5 740
Kit de deux alternateurs supplémentaires 12 V 125 A : 4 540
Paire d’hélices tripales repliables : 3 120
Groupe électrogène 7 kW 50hz : 22 560
Kit panneaux solaires 400 Wc : 4 980
Matériel de sécurité pour 8 personnes avec 1 radeau de survie : 5 610
Vitrage avant ouvrant avec verrouillage en position ventilation : 2 160 €
Chauffage gasoil à circulation d’eau chaude flotteurs et carré : 12 850 €
Dessalinisateur basse consommation 12 V 105 l/h : 14 270
Pompe eau de mer en cuisine et sur le pont : 1 460
Bimini du poste de barre en toile : 4 190
Table de cockpit avant fixe : 3 340
Sellerie flybridge : 3 560
Table de flybridge avec pied télescopique : 1 450
Passerelle pliante en composite 2,60 m : 2 960
Eclairage sous-marin à LED bleu sous chaque jupe (4 spots) : 4 640
Plancha avec installation gaz : 1 960
Bossoir électrique : 4 190
Annexe 3,20 m en hypalon + moteur HB 15 CV + pantoire : 12 680
Hifi Radio Fusion 6 HP bluetooth (carré, flybridge et cockpit avant : 2 150
Antenne Wi-Fi : 1 670
Radar Raymarine avec support de mât : 4 440
Télécommande Raymarine pour pilote automatique : 1 100
Transport Marans, mise à l’eau, mâtage, mise en main, kit armement, mise en main, une semaine de port : 13 550















