Le chantier Catana a imaginé il y a un peu plus de trois ans une nouvelle gamme orientée charter, les Bali. Le premier modèle, le 4.5, fait la part belle aux innovations et à une nouvelle façon de vivre à bord. Une réussite, puisque 60 exemplaires ont été construits. Et les premiers modèles pointent le bout de leurs étraves sur le marché de l’occasion…
Infos pratiques
- Le chantier : Bali 4.5
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Bali 4.5
- Assuez votre Bali 4.5
- Articles autour du Bali 4.5
Des options architecturales séduisantes
A quoi ressemble un Bali 4.5 ? On trouve d'abord une construction très sérieuse (signée Catana), coques en polyester, espars en aluminium, dérives et leurs puits (classique chez Catana) remplacés par des ailerons rapportés en fond de coque… La finition reste très soignée ; image Catana oblige. L’architecte Xavier Faÿ et le bureau d’études Catana ont opté pour un plan de voilure plutôt généreux, et surtout élancé. Le mât suit la tendance actuelle ; il recule, de façon à préserver une grande surface au solent autovireur. L’option grand-voile à corne permet de gagner 2 m2. Les carènes ? Elles adoptent des sections en demi-cercle pour une surface mouillée minimum. On note également le double redan au-dessus de la flottaison. Ces nervures font office de raidisseur longitudinal tout en offrant un volume important sur une bonne largeur de la coque. La principale innovation en ce qui concerne la partie hydrodynamique, c’est le tunnel de la nacelle qui démarre dès les étraves, ou presque. Plus de poutre ! Le pont démarre donc bien en avant du rouf. Cette configuration ne favorise pas le centrage des poids, mais crée un effet "spatule" comparable à celui d’un ski géant. Soit une quasi-garantie anti-enfournement ! Et surtout beaucoup d’embruns en moins.

Compromis confort/performances
Le chantier n’a pas lésiné sur la motorisation ; les deux moteurs de 50 chevaux sont assez puissants pour assurer des rotations franches et se jouer du fardage important du 4.5. Sorti du port, le Bali progresse à 8 nœuds au régime de croisière, soit à peine plus de 2 000 tours. A fond, on atteint 9,5 nœuds. Vous noterez le soin apporté à l’insonorisation : les longues traites au moteur ne seront pas un enfer pour les passagers des cabines arrière… Sous voile, même par petit temps, le Bali 4.5 se déhale plutôt bien et reste capable de virer de bord, sans même réclamer l’aide du génois à contre. Il parvient à grimper jusqu’à 55° du vent réel, et ne rechigne pas à allonger la foulée par bonne brise ; on relève des moyennes de 8 à 9 nœuds et quelques pointes à plus de 10 dès 5 Beaufort. Le gennaker permet de doubler la surface de la voile d’avant : un sacré coup de pouce à toutes les allures, ou presque. Si votre Bali n’en est pas équipé, il s’agit d’un bon investissement... Le Bali 4.5 est plutôt agile à la voile… Il affiche même sur l’eau un bon comportement général, récompense d’un devis de poids mesuré – même si l’impressionnante charge utile, près de cinq tonnes, peut conduire à une certaine paresse… A la barre, peu de sensations, mais le sentiment malgré tout d’être en prise directe avec le bateau, lequel réagit au quart de tour. Le poste de barre est juché à mi-rouf. La vision sur la route et le côté tribord est excellente. La poupe bâbord reste visible en baissant la tête, mais rien à faire – sinon poster un équipier – pour vérifier l’étrave bâbord. Le chantier propose également une version flybridge. Là, la vue est excellente sur les quatre angles du Bali, mais la bôme est remontée de quelques dizaines de centimètres.

Un plan de pont convaincant
Le pont présente des passavants larges, un cockpit arrière qu’on peut qualifier de conventionnel : les assises se répartissent à bâbord avec une grande banquette en L autour de la table – 1,58 m par 0,93 m. Il suffit de disposer deux tabourets pour réunir six ou sept personnes. Côté tribord, sous le poste de pilotage, une méridienne permet de lire ou de se reposer, parfaitement protégé du soleil ou des intempéries grâce au bimini rigide très couvrant. La plate-forme arrière est plus originale : elle fait office de garde-fou en navigation, et de plongeoir au mouillage. A l’avant, les traditionnels trampolines ont été remplacés par un cockpit en dur avec deux tables, solarium et bastingage inox. Bien calé contre le rouf, même au près, on ne sent plus le vent. The place to be !
En mode open space
Accès de plain-pied à l’intérieur, évidemment, avec une belle hauteur sous barrot de 2,04 m… mais surtout une nacelle où il ne fait jamais trop chaud grâce aux baies avant et arrière qui s’escamotent dans les montants en polyester. Une belle trouvaille qui transforme la vie à bord. Le carré adopte un plateau mobile grâce à une découpe sur l’épontille. Le but est d’améliorer la circulation en dehors des repas. Avec trois tabourets, on peut s’installer à 6 ou 7, comme dans le cockpit. La table à cartes dispose d’un plateau de 45 cm par 73 cm disposé travers à la marche. Le chantier a prévu de nombreux rangements, à l’instar de la cuisine. Celle-ci est aménagée en U, le plan de travail est immense, mais les angles sont agressifs. Bravo pour le réfrigérateur et le congélateur de qualité industrielle. La version trois cabines dédie la coque bâbord au propriétaire, avec un bel island bed de 2 m x 1,44 m et une salle de bains immense. Contrairement à la tendance, le Bali 4.5 présente des petits – mais nombreux – hublots. C’est mieux pour la sécurité (voie d’eau, pare-battage) et la réservation de cette partie de la coque permet de les garder ouverts au port et au mouillage, même par temps de pluie. Dans l’autre coque, deux cabines : celle de l’avant assure tout de même 1,40 m de largeur – au maximum. En revanche, on est surpris par l’étroitesse de la coursive : seulement 42 cm de largeur à la porte, et même 36 au plancher, juste avant l'escalier d’accès. Partout, on apprécie la qualité des matériaux et de la finition, les ajustements précis des boiseries. De la bonne ouvrage digne de Catana, qui résiste sans peine à un usage intensif.

Conclusion
Le Bali 4.5, au-delà de démarrer une nouvelle gamme, ouvre un nouveau concept, celui du catamaran plaisir et décomplexé. Innovant avec son pont avant en dur et ses très grandes ouvertures, facile à entretenir, il conserve des qualités marines indiscutables et reste aisé à manœuvrer. S’il a été conçu en priorité pour le charter, il se révèle un excellent support pour la croisière – lointaine ou non – en famille…
Les points à vérifier
Bien entendu, évoquer le vieillissement d’unités sorties de chantier il y a moins de quatre ans peut prêter à sourire ; les Bali 4.5 sont à peine sortis de neuvage ! On peut toutefois rappeler que le chantier Catana jouit d’une excellente réputation concernant la robustesse de ses catamarans. Aucune raison que les Bali, construits dans les mêmes bâtiments, ne soient pas aussi soignés. On relève quelques soucis sur les tout premiers exemplaires – détails de finition et moteurs Nanni, parfois changés –, pris en charge par Catana. Dans le temps, le point à surveiller pourrait être – au conditionnel… – la bonne tenue de la structure qui entoure les grandes ouvertures.
On aime
Bonne conception sur le plan technique
Agrément et confort à bord
Performances inattendues pour le programme
On n’aime pas
Quelques angles vifs à l’intérieur
Opérations de mouillage peu visibles depuis le pont
Coursive étroite dans les coques avec deux cabines
Fiche technique :
Longueur de coque 13,60 m
Longueur à la flottaison 13 m
Largeu 7,42 m
Tirant d’eau 1,22 m
Poids 11 600 kg
Voilure au près 111 ou 113 m2
Grand-voile 72 ou 74 m2
Solent 39 m2
Gennaker/Spi 78/152 m2
Moteur IB 2 x 50 ch
Eau douce 800 l
Carburant 800 l
Architecte Xavier Faÿ et BE Catana
Constructeur Catana
Matériau Sandwich mousse
Année de lancement 2014
Prix occasion à partir de 370 000 € HT