Cinq ans après son lancement, force est de constater que la gamme Bali, créée ex nihilo par Olivier Poncin, a fait taire les Cassandre. Non seulement grâce à elle le Groupe Catana s’est hissé dans les quatre premiers constructeurs de catamarans au monde, mais il poursuit son ambition en venant proposer un modèle face à chaque taille de concurrent. En attendant un 4.6, le 4.8, septième opus de la marque, vient donc combler un espace assez grand entre le 5.4 et le 4.5, avec toutes les spécificités Bali – et de nouveaux arguments.
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Avec leur pont avant rigide, leur intérieur entièrement décloisonné, leur porte oscillo-basculante toute largeur transformant le carré en cockpit – ou l’inverse, en quelques secondes –, leurs immenses frigos 220 V « comme à la maison », les Bali ont fait pousser des cris d’orfraie aux yachtmen les plus conservateurs qui n’avaient, pour la plupart d’entre eux, pas encore assimilé la révolution multicoque. Même les aficionados de ces derniers affichaient une moue sceptique quant au « comportement en mer », aux « performances », à la « rigidité » de l’ensemble… C’était oublier que la marque Bali ne sort pas de nulle part. Techniquement, les Bali bénéficient du savoir-faire Catana, notamment une construction intégrale en sandwich mousse PVC à cellule fermée, et surtout des cloisons qui ne sont pas simplement collées mais stratifiées, gage de raideur et de longévité. Les ateliers ont poussé de façon exponentielle du côté de Canet-en-Roussillon : d’une centaine d’employés, le groupe est passé à près de 900, en incluant ses sites rochelais et tunisien. Les 350 catamarans produits en moins de cinq ans confirment le passage à un rythme industriel.
Cinq versions d’aménagement de 3 à 6 cabines
Une organisation rigoureuse, laquelle conserve un certain niveau de souplesse afin de proposer pas moins de cinq versions d’aménagement sur le Bali 4.8. Il y a bien sûr la séduisante version 3 cabines avec une coque propriétaire immense incluant WC séparé, descente intérieure, mais aussi accès direct vers la jupe tribord pour un bain matutinal privatif, par exemple. Il y a aussi, plus classiques, des versions 4 et 5 cabines. Mais, là où le 4.8 frappe fort, c’est en proposant pour la première fois sur un multicoque de moins de 15 mètres 6 cabines doubles et 6 salles d’eau privatives. Sachant que, via des loueurs professionnels ou au travers de la gestion-location de bateaux de particuliers, deux tiers des catamarans sont destinés à la location, pas besoin de sortir les calculettes pour imaginer qu’avec cette cabine supplémentaire, par rapport à ce qui était jusqu’ici la « norme » autour de 50 pieds, les investisseurs vont lui trouver toutes les qualités du monde.
Déjà la deuxième génération Bali !
Est-ce que cette promesse économique se double de séduisantes qualités nautiques ? C’est en tout début d’hiver que nous avons eu l’occasion de tester sur l’eau celui que le chantier présente (déjà) comme le premier Bali de deuxième génération. Ce qui le distingue de ses prédécesseurs, en dehors de sa taille, bien évidemment, c’est tout d’abord une évolution dans le style extérieur. Celui-ci gagne en fluidité, dans la lignée du Bali Catspace dévoilé presque simultanément. C’est l’accumulation de petits détails dans le design : là un angle coupé qui rend les immenses volumes un peu moins massifs, ici des inserts sombres plus grands rendant les très grands hublots un peu moins voyants, l’ensemble plus agréable à l’œil… Catamaran stationné parallèlement au ponton, l’accès à bord est aisé via la jupe arrière qui se prolonge au-delà de l’imposant bordé. La hauteur, et donc le fardage, restent pourtant assez impressionnants. La présence d’un vrai flybridge accessible depuis les deux passavants, avec poste de barre à tribord, assise et table pouvant se transformer en un immense bain de soleil, n’y est sans doute pas pour rien, alors que l’on ne fait face qu’à un « petit » 15 mètres, 14,28 m de longueur de coque exactement. Pourtant, outre ce flybridge, pour plagier un célèbre constructeur automobile, ce Bali 4.8 a tout d’un grand. Ou plutôt beaucoup de son grand-frère, le 5.4 ? Avec pour commencer une remarquable porte oscillo-battante de 3 mètres de large à l’arrière qui, complétée de vitrages coulissant sur les côtés, transforme le carré en cockpit, et vice versa, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Et nous devons avouer que, lorsque la brise fraîchit, que le soleil descend très vite en ce mois de janvier, il est vraiment séduisant de retrouver, une fois l’ensemble refermé en quelques secondes, un intérieur cosy. D’un coup, tout y est plus feutré, protégé du vent, du froid, et même d’une grande partie des bruits extérieurs. Qui plus est, l’espace y reste vraiment impressionnant, même diminué du mètre d’extérieur qui relie les deux jupes arrière ou les deux cales moteur, selon que l’on est hédoniste ou motoriste.

Un frigo pour 12 équipiers
Une fois à l’intérieur, imaginez un ensemble carré-cuisine-table à cartes d’un bon 27 m² entièrement de plain-pied, et dans lequel la lumière rentre par des hublots à quasiment 360 degrés. Comme la table (220 x 116 cm) et les assises (6,50 m de longueur cumulée) sont à la fois celles du cockpit et celles du carré, les dimensions sont plus que généreuses. L’ensemble réfrigérateur/congélateur trouve intelligemment sa place entre carré et cuisine, aisément accessible depuis ces deux zones de vie privilégiées. Avec sa double porte de 1,60 m de haut, il paraît immense, mais il ne faudra pas moins avec 12 équipiers à bord. La cuisine elle non plus ne manque pas d’espace, avec 2,60 m de plan de travail tout de Corian revêtu. Les rangements n’ont pas été oubliés, que ce soit en hauteur (où un micro-ondes peut aussi s’intégrer), en dessous avec un astucieux compartiment dédié au tri des déchets, mais également sur bâbord, et enfin vers l’avant en vis-à-vis de la table à cartes. Celle-ci bénéficie d’une belle surface, a la bonne idée d’être tournée vers l’avant et d’offrir une vue panoramique imprenable. C’est à la fois plaisant quand la mer se fait idyllique, et rassurant car on conserve un contrôle visuel constant sur la côte, les bouées, et les autres bateaux.
Porte avant et effet spatule
L’autre caractéristique empruntée au grand frère 5.4, c’est la porte frontale. Légèrement décalée sur tribord, elle donne accès au pont avant. Le terme « pont » est utilisé à dessein, car celui de « cockpit avant » serait sans doute trop restrictif. En effet, ce bel espace de près de 15 m2 propose deux banquettes en L qui entourent une table sur sa partie arrière, et un bain de soleil avant occupant toute la largeur entre les deux coques, jusqu’aux étraves. C’est l’avantage de cette partie entièrement rigide par laquelle Bali a osé remplacer le traditionnel trampoline. Initialement perçue comme une hérésie par tout amateur de multicoques – moi le premier – ayant vécu quelque enfournement, deux caractéristiques viennent bousculer nos a priori. Tout d’abord, depuis le bord de la vedette dédiée aux photographes, au moment où le Bali affronte de face et au moteur la houle caractéristique de la sortie du port de Canet-en-Roussillon, je m’aperçois que la poutre composite avant est particulièrement haute et que la forme de la nacelle descend très progressivement vers le pied de mât. Enfin, si on veut vraiment imaginer le pire, alors qu’un filet ne freine en rien l’enfournement, la plate-forme rigide agit « comme une spatule de ski dans la poudreuse », dirait Philippe Echelle, notre essayeur en chef. Cette dynamique favorise donc la sortie des étraves d’une vague plus importante que les autres. Si les étraves sont hautes, le poste de barre au flybridge l’est tout autant. L’avantage est que les quatre extrémités du catamaran sont à portée de vue, mais, revers de la médaille, on s’y sent un peu isolé lors des manœuvres de port. Il faudra compter sur une bonne paire d’équipiers pour passer les amarres à terre. En revanche, à portée de main du pied de mât, toutes les manœuvres sont accessibles, même si les winches sont un peu bas à mon goût. A l’inverse, inconvénient inhérent à la formule flybridge, la bôme est perchée très haut. A 8 nœuds au moteur à 2400 tours par minute, le Bali 4.8 s’est vite dégagé de la côte pour trouver une petite brise de sud d’une douzaine de nœuds, une fois dépassé l’axe du cap Béar. Alors que sous solent autovireur le bateau peine à dépasser les 6,5 nœuds, doubler la surface du triangle avant en déroulant le Code 0 (90 m² contre 47 m²) donne immédiatement vie au Bali 4.8. Sans prétendre qu’il soit né pour la performance, son comportement est plus agréable qu’attendu. Croiser à 8,5 nœuds, à 95 degrés d’un vent soufflant à un petit 13 nœuds, n’a rien de déshonorant à nos yeux pour un programme purement croisière, voire charter.
Accès direct au cockpit pour les cabines arrière
L’occasion de descendre dans les coques vérifier ce qu’offre cette version 6 cabines destinée justement à la location, à moins d’avoir une famille très nombreuse. Rigoureusement identiques, elles proposent à l’avant deux lits doubles transversaux. Leur orientation implique qu’ils soient positionnés assez hauts, mais ils bénéficient en contrepartie de bonnes dimensions (150 cm x 190 cm) et d’une vue imprenable sur la mer par les hublots de coque. Ces cabines héritent également des seuls panneaux de pont ouvrants du bateau. Cette limitation est un héritage des Catana. Historiquement, ces catamarans sont totalement dépourvus d’ouvertures sur le pont, limitant ainsi l’effet de serre et les risques d’entrée d’eau. Les salles d’eau dans les pointes avant sont équipées de douches séparées, et ce sont là encore les seules du bateau. Les quatre autres salles d’eau offrent « seulement », excusez du peu, des douches intégrées entre lavabo et toilette. Les deux cabines centrales disposent chacune de deux couchettes simples superposées de dimensions proches (respectivement 190 et 200 cm en longueur, 80 et 90 cm en largeur). Une disposition assez rare, mais qui pourtant conviendra très bien aux enfants, aux ados, et peut-être encore plus aux adultes ne naviguant pas forcément en couple. Qui plus est, elles fourniront un lieu de stockage fort pratique lorsqu’elles ne seront pas occupées. Si les cabines avant ont leur douche séparée, les deux cabines arrière ont pour leur part un atout décisif dans leur jeu au moment de l’embarquement et de la répartition des couchages : leur accès direct depuis le cockpit. La promesse d’une parfaite intimité et d’un accès privilégié à la baignade à toute heure. Nul doute qu’un tirage au sort ou qu’une rotation en cours de séjour sera nécessaire pour garantir l’équité et le confort de tous, sachant que ce positionnement a aussi ses inconvénients : tout l’équipage passe devant votre cabine pour rejoindre les jupes, et les moteurs sont juste derrière la cloison. Est-ce qu’ils ne mériteraient donc pas une isolation un peu plus poussée ? En tous cas, leur accessibilité par deux grands panneaux de pont ne souffre d’aucune critique.
Conclusion
Cet essai était trop court, et l’on se prend à rêver d’emmener famille et amis passer 15 jours à bord dans des eaux chaudes histoire d’être vraiment sûr que le Bali 4.8 répond en tous points au but qui lui a été assigné. Mais en une journée, le bilan est très largement positif. Entre une habitabilité exceptionnelle sur le pont, la nacelle, comme dans les coques et un comportement en mer très agréable au regard des volumes proposés en moins de quinze mètres, c’est indéniablement un sacré numéro qui vient de naître. Il ne fallait pas moins de qualités et d’originalité pour espérer s’imposer dans cette taille très disputée des catamarans de 50 pieds destinés à la croisière pure.
Les + : 5 versions d’aménagement
La porte oscillo-battante
L’espace et la lumière partout
Les - : Position des winches
La descente en arrière de la table à cartes
La hauteur de bôme
Descriptif technique :
Constructeur : Bali Catamarans
Conception : Olivier Poncin
Architecte : Xavier Faÿ
Architecte d’intérieur : Lasta Design Studio
Longueur hors-tout : 14,86 m
Longueur de coque : 14,28 m
Largeur hors-tout : 7,88 m
Tirant d’eau : 1,35m
Déplacement vide : 15,3 t
Déplacement en charge maxi : 22 t
Surface maxi de voilure au près : 173 m2
Motorisation : 2 X 45 à 57 CV
Gasoil : 600 + 400 l
Eau douce : 600 + 400 l
Réfrigérateur + congélateur : 615 l
Homologation CE : A 14 personnes
Configuration standard : 3 cabines/3 toilettes
Prix standard : 589 400 € HT
Configurations optionnelles : 4-5-6 cabines/4-5-6 toilettes
Configuration essayée : 6 cabines/6 toilettes
Prix standard : 619 600 € HT
Principales options :
Pack Excellence : 53 900 € HT
Code Zéro 90 m² : 6920 € HT
Groupe électrogène Onan 11 kW : 23 590 € HT
Kit panneaux solaires 5 x 100 W : 5880 € HT
Matériel de sécurité pour 12 personnes avec radeau : 5990 € HT
Climatisation réversible pour 6 cabines : 28 050 € HT
Dessalinisateur 12 V 105 l/h : 13 490 € HT
Bimini grande taille de flybridge : 15 960 €HT
Les concurrents :
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Saba 50 |
Lagoon 50 |
Leopard 50 |
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Longueur |
14,98 m |
14,76 m |
15,40 m |
|
Largeur |
7,99 m |
8,10 m |
8,04 m |
|
Poids lège |
15,7 t |
20,8 t |
20,6 t |
|
Surface au près |
141 m² |
158 m² |
136 m² |
|
Motorisation |
2 x 60 CV |
2 x 57 CV |
2 x 57 CV |
|
Prix |
673 000 € HT |
589 000 € HT |
639 000 € HT |