Présenté en avant-première au Cannes Yachting Festival un an pile après le 5.8, le Bali 5.2 se présente d’entrée comme un des modèles phares de la gamme, puisqu’il remplace d’un coup deux modèles, le 4.8 et le 5.4, produits à 200 exemplaires chacun. Conforme à la nouvelle stratégie commerciale du Groupe Catana, le dernier des Bali est très bien placé en termes de prix par rapport à ses concurrents. Ce positionnement a certainement grandement favorisé l’excellent démarrage de ce modèle, mais pas que…
Infos pratiques
- Le chantier : Bali 5.2
- La fiche technique
-
Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Bali 5.2
- Assuez votre Bali 5.2
- Articles autour du Bali 5.2
Conditions : 15 à 17 nœuds de vent, petit clapot
Rendez-vous a été pris le 2 décembre à Port-Pin-Rolland, la marina de 500 anneaux qui appartient au Groupe Catana. Il ne fait pas très chaud, évidemment, mais l’accueil de Boris Compagnon et Benjamin Sueur est chaleureux, alors ça passe… L’équipe de Catana nous explique que, dans cette base, tous les modèles Bali sont présents et exploités au travers d’une mini-société de location contrôlée par le Groupe ; l’objectif est de tester en conditions réelles et sur le long terme la production du chantier, mais également de précéder à des modifications/améliorations.
Quand j’ai rejoint le bord, deux éléments ont attiré mon attention ; le premier est la taille incroyable de la plate-forme hydraulique – elle est capable d’accueillir une annexe jusqu’à 4,20 m et 350 kg –, le second est le nom du catamaran, « Olivier », inscrit à l’arrière de la coque tribord. Boris m’expliquera un peu plus tard que le Bali 5.8 #1 s’appelait déjà Olivier, en hommage à l’ancien dirigeant de Catana Group, Olivier Poncin, disparu en mai 2023. Le Bali 5.2 est d’ailleurs le premier modèle de la nouvelle ère du constructeur, désormais entraînée par Aurélien Poncin. Précisons que c’est dans le site de Marans (Catana Group dispose de 4 usines) que notre modèle est construit.
Toujours l’ADN Bali
Mais si ce tout dernier Bali garde le fil – l’ADN de la marque est bien là, avec le pontage intégral, la porte oscillo-basculante, la porte avant, le flybridge et les grandes capacités carburant/eau/frigos –, le nouveau multicoque que nous découvrons colle aux standards établis par le 5.8, à savoir un très grand confort, qui tend même vers le luxe. Il est loin, le temps des premiers 4.5 où le carré pouvait être passé au nettoyeur haute pression ! « Depuis la crise du Covid, on est passés à 50 % location/ 50 % Propriétaires ; avant, c’était 70 % location et 30 % Propriétaires. La difficulté, c’est d’établir un compromis entre les demandes, les attentes… L’offre a donc évolué, on a des catamarans bien mieux finis », détaille Boris. Le 5.2 offre de fait l’opportunité de coller à des programmes très variés, puisque le nouveau catamaran est proposé dans de multiples versions de 3 à 6 cabines (+ une ou deux pointes avant éventuellement aménagées).
« On peut aller jusqu’à 16 personnes embarquées », sourit Boris.
La surface utilisable est de 115,4 m2 – eh oui, à bord de ces catamarans typés confort, les constructeurs ont bien compris que les surfaces (pont, nacelle, cabines…) des différents modèles sont comparées et, in fine, pèsent pour beaucoup dans la décision d’achat.
A l’extérieur, on peut compter sur le vaste cockpit avant qu’il est possible d’ombrager au port ou au mouillage, et le flybridge, que nous détaillerons plus loin. Le cockpit arrière est quant à lui autant extérieur qu’intérieur, nous le verrons plus tard également.
Même si les passavants sont un plus étroits que ceux du précédent Bali 5.4, la circulation reste excellente partout, avec des prises bien placées. On constate également que le confort fait bon ménage avec les aspects techniques : pas besoin d’ôter les sangles d’un bain de soleil pour ouvrir les coffres ou la baille à mouillage.
Autonomie électrique et anticipation de la propulsion hybride
La principale innovation du 5.2 tient à la gestion de l’énergie ; le catamaran a été conçu de telle manière que son parc batteries soit capable d’alimenter tous les gros postes du bord – climatisation, frigos, cuisine – sans qu’il soit nécessaire d’allumer le groupe électrogène ou un des moteurs pendant la nuit. Pour y parvenir, le constructeur a vu les choses en grand (tout ce qui suit est proposé en option, mais c’est bien l’esprit de cette nouveauté) : 4 156 Wc de panneaux solaires, 22 voire 44 kWh de batteries, un circuit complet en 48 V et des alternateurs surpuissants (jusqu’à 2 x 8 kW). Quant aux moteurs, le fabricant recommande les deux blocs de 80 ch dont nous disposons. Et l’électrique ? C’est pour bientôt, on dirait…
Si Catana Group a longtemps fait mine de se tenir à l’écart de la transition énergétique, le constructeur testait déjà des moteurs électriques en toute discrétion il y a 20 ans, et l’équipe nous confie aujourd’hui qu’elle dispose d’un Catsmart électrique depuis septembre ainsi que d’un Bali 5.8 hybride de démonstration. Bref, la propulsion électrique n’est pas négligée à bord des Bali ; elle s’invitera donc prochainement, et le 5.2 a été conçu dans ce sens.
Quelques pointes à 10 nœuds
C’est l’heure de larguer les amarres ; Nicolas, notre skipper du jour, parvient à sortir de la place avec brio – pourtant, le virage était drôlement serré et les pendilles bien proches. Les moteurs puissants, dont les hélices (tripales repliables sur notre modèle) sont placées devant les pelles de safran et le propulseur d’étrave permettent de se jouer du fardage conséquent du 5.2. Parvenus en eau libre dans la baie du Lazaret, nous procédons à un test de vitesse ; on relève 9 nœuds à 2 200 tours et 9,4 nœuds à fond , à 2 500 tours. Les 80 ch, facilement accessibles via les grandes soutes découpées à l’arrière des coques (il manque juste une marche intermédiaire), sont donc parfaitement adaptés au 5.2.
L’insonorisation m’a semblé bien traitée – même à haut régime.Le Bali est stabilisé face au vent ; l’équipage prépare l’envoi les voiles ; je me positionne sur le passavant tribord pour observer comment cela se passe. La grand-voile à corne monte sans temps morts le long du mât. La bôme est évidemment très haute, mais reste néanmoins relativement facile d’accès grâce au T-Top sur lequel on peut accéder via une sorte de « cage d’échelle » juste à l’arrière du mât. S’il faut intervenir en bout de bôme, là, évidemment, sujets au vertige s’abstenir !
Côté voile d’avant, nous disposons d’un génois à recouvrement – une option bienvenue qui offre un bonus non négligeable en termes de puissance. Le passage des écoutes à l’extérieur des montants avant du T-Top protège les occupants du flybridge, en particulier lors des virements de bord, mais nuit (un peu) à la possibilité de caper en dessous de 55° du vent réel. Les supports du T-Top mériteraient d’être un peu plus « pincés », quitte à les renforcer. Toutes les manœuvres se concentrent autour du poste de barre, légèrement décalé sur tribord pour ne pas être gêné par le mât. Derrière le barreur, on dispose d’une banquette modulable, d’une mini-cuisine extérieure, d’une grande table et d’un solarium XXL. Difficile d’imaginer un flybridge plus séduisant à bord d’un catamaran de 52 pieds. Une seule remarque : on aimerait juste que les détails de couture de la sellerie (ici prototype) et le rendu des panneaux solaires soient à la hauteur de la belle invitation au farniente XXL que nous intime le 5.2.
Le vent, établi à 15/16 nœuds avec quelques rafales un peu plus fortes et le plan d’eau juste un peu clapoteux garantissent d’excellentes conditions d’essai. Malgré ses 20 tonnes, le remplaçant du 4.8 et du 5.4 parvient à tenir les 7 nœuds de moyenne au près bon plein, et grimpe même à 10 nœuds avec le Code 0. A l’intérieur, rien ne bouge ni ne grince ; la plateforme, grâce à sa construction en sandwich composite soignée et au pontage intégral, se révèle particulièrement rigide.
La barre hydraulique assure un excellent contrôle ; le pilote automatique ne forcera pas. Un pontet dont l’ancrage était sous- échantillonné sur le bout-dehors oblige l’équipage à abréger cette belle séance à 8/9 nœuds de moyenne… mais pas de très longtemps. Les commandos de la marine nous interceptent et nous intiment de regagner le port au plus vite : dans le sillage des longs semi-rigides noirs se profile la silhouette du porte-avion nucléaire Charles-de-Gaulle, fleuron de la Marine française – « OK, on rentre ! ».
Une version 4 cabines 3 + 1
Il est donc grand temps de s’intéresser aux aménagements du Bali 5.2. Après les grandes jupes arrière, la plancha éclairée par un spot dédié et le mini canapé à l’arrière bâbord, je teste la banquette arrière de 2,70 m et le pontage qui permet de faire tout le tour du catamaran – un concept qui s’est imposé à bord des Bali depuis le 4.1. Je découvre ensuite les coffres humides et l’astucieux logement du radeau de sauvetage largable, que le bateau soit à l’endroit ou à l’envers. Enfin, je m’arrête devant l’inévitable « porte Bali ». Cette imposante pièce de 4,08 m bascule en quelques secondes en position ouverte en pressant un bouton – magique ! La porte s’encastre parfaitement en partie haute, mais la position fermée a également été travaillée, avec désormais un encastrement et un système de double joint au niveau du sol. Cette amélioration élimine tout écoulement d’eau et courant d’air – au prix d’un léger seuil qui gâche un peu l’effet flush qu’on aime à bord des multicoques –, on ne peut pas tout avoir. Sur les côtés, des venteaux de 1 m de haut par 2 x 1,15 m sont complètement intégrés dans la structure ; il est donc possible de gérer la zone cockpit/ nacelle en mode tout ouvert, tout fermé ou… un mix des deux. A l’usage, c’est bien plus pratique que les toiles qu’on roule et déroule à bord d’autres catamarans.
L’ambiance générale, déjà servie par un volume colossal – 2,05 m de hauteur sous barrot – est soigné par de multiples détails, comme des éclairages indirects et des teintes très douces. A l’évidence, les designers (Agence Berco Design et Piaton Yacht Design) ont fait un beau boulot.
L’imposante table de 2,18 par 1,11 m, capable d’accueillir 12 convives, est décalée sur bâbord, face à une grande banquette télé. On peut également opter pour deux tables basses qu’il est possible de réunir. La cuisine en U est gigantesque : plans de travail, rangements, électroménager – il ne manque rien. Sur tribord, face à la marche, une belle table à cartes (55 par 91 cm) fera un parfait bureau si besoin. Les écrans dévoilent toutes les informations du bord en quelques pressions et balayage de l’index, prouvant que le Bali 5.2 est bien un catamaran moderne, c’est-à-dire 100 % connecté. La porte avant permet un accès direct sur le pontage intégral. L’avant du rouf forme une casquette très efficace contre le rayonnement solaire vertical – le plus agressif – dont la finition intérieure méritera une remise à niveau – au risque de me répéter, il s’agit ici de la coque #1 dont les petits défauts relevés seront traités.
Ce premier Bali 5.2 que nous avons essayé était un 1 + 3 cabines, mais le modèle se décline en 4 cabines 2 + 2.
La coque bâbord est donc entièrement dédiée au Propriétaire avec un lit en travers de 1,80 m de largeur, des rangements partout (y compris des volumes hauts inédits), un dressing XXL et une salle de bains toute aussi géante. L’impression de volume est saisissante, et la hauteur sous barrot de 2 m confirme ce sentiment. Cette cabine XXL profite de deux accès – un par la nacelle et un autre à l’arrière dans le cockpit.
En face, à tribord, le constructeur est donc parvenu à loger 3 cabines. Celle de l’avant parvient à caser un couchage travers à la marche de 1,50 m de large avec une salle d’eau à l’avant. La cabine de milieu est forcément un peu plus confinée, avec un côté de son lit de 1,40 m de large contre la cloison arrière. La dernière cabine est accessible depuis le cockpit ; il y a un petit lit double en bas et un lit simple en haut.
Conclusion
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : signer 60 ventes d’un catamaran de 52 pieds en trois mois dans le contexte économique actuel est une réussite… réservée à un nouveau modèle bien né, bien pensé et proposé à un prix agressif (voir encadré). Le Bali 5.2, sans renier l’héritage de la marque, parvient à proposer une prestation luxueuse qui séduira les Propriétaires comme les gestionnaires de flottes. On apprécie également l’aspect technologique développé sur ce modèle : circuit 48 V, production et stockage d’énergie XXL, et enfin système de contrôle intelligent.
Guerre des prix Un Bali bien placé !
On pourrait craindre, avec le jeu des options, qu’un Bali 5.2 « prêt à partir » coûte bien plus cher ; force est de constater que ce n’est pas le cas.
Notre modèle d’essai – très optionné – est affiché à 1 250 000 € HT, soit 31 % de plus que le tarif de base. Compte tenu d’un delta moyen constaté de 25 % entre le prix de base et le prix avec options d’un catamaran de grand voyage, on ne peut donc pas dire que le Bali 5.2 tend le « piège des options » : non, il est réellement proposé à un prix serré.
Plan d’aménagement cockpit/nacelle très séduisant
Performances électriques et technologiques
Interaction écoutes de génois/support du T-Top à optimiser
Quelques détails de finition à revoir
Descriptif technique
Architecte : Xavier Faÿ
Design intérieur : Agence Berco Design et Piaton Yacht Design
Longueur hors-tout : 16,41 m
Longueur : 15,40 m
Longueur à la flottaison : 15,32 m
Largeur : 8,16 m
Tirant d’eau : 1,40 m
Déplacement lège : 19,15 t
Surface de voile standard : 146 m2
Motorisation : 2 x 57/80/115 ch
Carburant : 1 200 l
Catégorie CE : A14/B16/C24/D40
Tarifs en € HT
Prix version 3 cabines : 953 000
Pack Excellence : 81 000
Air conditionné coques + nacelle : 51 900
Dessalinisateur : 21 120 à 23 080
Système son : 2 530
Hard-top rigide : 42 000
Supplément grand-voile lattée, bande anti-UV solent renforcée, lazy bags et lazy jacks : 8 200
Génois : 3 845
Accastillage génois : 4 800
Code 0 : 9 000
Accastillage voile de portant : 8 190
Supplément 2 x Yanmar 80 ch : 11 980
Supplément 2 x Yanmar 115 ch : 46 500
Batteries lithium 4 x 24 V x 230 Ah : 33 120
Batteries lithium 8 x 24 V x 230 Ah : 55 020
Hélices repliables 3 pales : 5 400 (pour les 57 et 80 ch)
Propulseur d’étrave : 12 900
Générateur : 29 820 à 40 300
Full kit panneaux solaires 4 156 Wc : 36 000
Prix du modèle essayé : 1 250 000
www.bali-catamarans.com