Ce grand catamaran que nous avons pu découvrir en détail à Port-Pin Rolland, la marina qui appartient au Groupe Catana, a été présenté au public pour la première fois lors du Cannes Yachting Festival en septembre dernier. Plus grand que le vénérable Bali 5.4 lancé en 2018, le 5.8 pousse encore les curseurs du confort pour proposer un agrément de vie à bord hors-normes. L’ADN Bali appliqué à une plate-forme de près de 18 m par 9 permet en effet de profiter d’une surface et d’un volume exploitables uniques à bord d’un multicoque de moins de 60 pieds…
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Conditions: Mer calme, vent de 6 à 7 nœuds
Début novembre, il peut encore faire très doux sur la Côte d’Azur, mais il peut aussi pleuvoir… En tout cas, c’est ce créneau automnal plutôt inhabituel qu’a choisi Bali pour organiser ses journées portes ouvertes au sein de la marina du constructeur proche de Toulon. Bien en a pris à la marque, puisque le temps est finalement très agréable – loin de moi l’idée de me plaindre… Sous la houlette de Boris Compagnon, le directeur commercial et marketing du groupe, ce sont tous les modèles Bali qui sont présentés – sans oublier le dernier Yot 41 côté moteur. Depuis 2014, rappelle le responsable, 14 Bali ont été lancés ; ce segment du catamaran full confort a été très bien accueilli, et représente même une belle part de marché, puisque Catana Group a intégré le top 4 des plus importants fabricants de multicoques habitables – Lagoon/Excess, Fountaine Pajot et Robertson & Caine. Quant au 5.8, il devrait être promis à une belle carrière, si l’on en juge par celle du 5.4 – bientôt remplacé par le 5.2 dont nous parlons dans nos « Nouvelles des Chantiers » de ce numéro –, puisque ce modèle a été diffusé à 200 exemplaires. La raison de ce succès réside assurément dans l’intérêt que portent les clients pour les caractéristiques propres aux Bali, à savoir la nacelle avec le salon-cockpit traité en open/close space, la fameuse porte arrière oscillo-basculante, le pontage avant et arrière rigide sur toute la surface, la porte frontale qui permet d’y accéder de plain-pied depuis le carré, et enfin le flybridge XXL. « Pourtant, rappelle Boris, le pari de Bali n’était pas gagné d’avance : les interrogations et les critiques ont été vives à l’époque… » Les questions de sécurité et de comportement par mauvais temps ont été posées, et les réponses apportées au fil des longues navigations hauturières (convoyages menés par des pros, grande croisière en famille) se sont avérées convaincantes : oui, un Bali peut traverser les océans ! Quant à l’habitabilité et à la convivialité gagnées par rapport à des concurrents « classiques », on atteint un niveau spectaculaire ; j’en veux pour preuve une navigation à bord d’un Catspace de 40 pieds à Minorque avec 19 personnes à bord. Non seulement tout le monde, petits et grands, a trouvé sa place à bord sans se poser de question, mais aucune gêne de circulation ne s’est fait ressentir, même pendant les manœuvres ou le repas. Le fait de ne pas dédoubler les tables – une intérieure et une extérieure – au profit d’une seule grande table-salon qui se retrouve soit quasiment en extérieur quand la porte est relevée et les baies vitrées latérales ouvertes, ou bien douillettement protégée à l’intérieur une fois tout fermé, est plus que pragmatique. L’espace ainsi gagné profite à une très grande cuisine et à un vaste coin navigation, sans oublier l’aisance de déplacement que cette configuration procure. Pour tout cela, il faut ici remercier le concepteur de génie qu’était Olivier Poncin ; le Bali Catspace que j’évoque plus haut était d’ailleurs le catamaran personnel de l’ancien dirigeant qui nous a quittés il y a deux ans.
Des catamarans toujours plus grands !
« La clientèle demande toujours plus d’espace et de confort, constate Boris, et nous assistons de fait à l’augmentation de la taille de nos catamarans ; ce constat est d’ailleurs valable pour tous les fabricants. » Si la gamme Bali était prévue au départ pour s’étendre de 38 à 54 pieds, l’orientation du marché a donc convaincu les nouveaux décideurs de l’ère post-Olivier Poncin de tutoyer désormais les 60 pieds avec le nouveau venu que nous vous présentons ici – une taille qui peut aisément être traitée dans les ateliers de Canet-en- Roussillon. De fait, quand on monte à bord du Bali 5.8, on mesure à quel point les volumes sont importants – on passe de 120 m² habitables sur le 5.4 à 140 m². De plus, la configuration Open augmente encore cette perception de volume. Petite pensée (encore) pour le Catspace et ses 24 personnes autorisées en catégorie CE D : à bord du Bali 5.8, ce sont 40 personnes qui peuvent monter à bord.
Si les plus grandes unités ont tendance à conforter l’image de marque, les risques liés au SAV sont plus importants : le niveau de finition doit évoluer lui aussi en fonction de ce paramètre. Autre évolution notable chez Bali : la répartition entre les catamarans destinés à la location et ceux promis aux Propriétaires est passée de 70/30 % en 2020 à 50/50 aujourd’hui. Du côté de la location, justement, on note l’émergence du charter haut de gamme – c’est une des cibles du Bali 5.8, qui prévoit des prestations d’hébergement de l’équipage et une qualité de finition des menuiseries revue à la hausse.
Plus léger et moins cher
De nombreux plaisanciers jureraient que les Bali sont des catamarans parmi les plus lourds de leur catégorie, mais… ils se trompent ! Le Bali 5.8 et ses 18 m de coques sont donnés pour 24 t, quand un Samana 59 en affiche 4 de plus et un Lagoon 60 émarge à 34 t. Le gain de poids est dû en partie aux renforts en carbone des six cloisons structurelles, évitant d’épais tissus de fibre de verre. Moins de poids et moins de surface de voilure : 179 m² pour le Bali, 204 m² pour le Samana et 234 m² pour le Lagoon. Moins de hauteur de mât et moins de puissance moteur également : Bali propose 2 x 115 ch en motorisation max, contre 150 pour les deux autres. Mis bout à bout, ces éléments finissent par faire des économies. Certes, le degré de finition, bien qu’en progression, n’est pas encore au même niveau – selon moi – que celui des deux leaders du marché, mais le tarif est tout de même inférieur de 30 %.
Un lit king size pour le Propriétaire
Une quinzaine de secondes suffisent à relever la porte arrière – on découvre alors un espace de vie XXL. La table, pour commencer, peut accueillir de six à douze personnes. En miroir, un coin lounge est adaptable – fauteuil ou canapé. Au centre, le réfrigérateur à deux portes peut être doublé, portant à plus de 600 litres la capacité de froid. Six mètres linéaires sont accordés au plan de travail pour la cuisine ; de très grands rangements accueillent lave-linge et sèche-linge. Des équipets coulissants sont dédiés pour les condiments ou pour un bar dans le salon. Quant à la table à cartes, elle est complétée par un bureau. Si vous voulez déjeuner dehors tranquillement et au soleil, il vous suffit de passer la porte avant pour accéder au pontage qui est muni d’une très grande table également. Quand on descend dans les flotteurs, on découvre des cabines avec des lits en îlot – king size pour le Propriétaire et queen size pour les invités. Deux cabines à lits jumeaux peuvent compléter l’espace nuit qui se décline en une douzaine de différentes versions, allant de trois à six cabines, toutes munies de leur salle de bains privative. Les menuiseries, en placage de chêne stratifié, sont assemblées avec des angles arrondis. Décorées avec des étagères-bibliothèques, elles participent à une ambiance bien plus haut de gamme et cosy qu’auparavant sur les Bali. Les cabines proposées en option pour l’équipage offrent un réel confort, en net progrès si on les compare à des prestations plus anciennes. Disposées dans les pics avant, ces cabines sont systématiquement équipées d’une douche séparée. Trois cabines sont envisageables – cette configuration reste réservée à la version Propriétaire avec trois cabines. Un seul bémol : il n’y a alors plus de soute à voile, et donc pratiquement plus de possibilité de stocker des jouets nautiques. Le choix d’un équipage de trois marins limitera donc les possibilités d’amusement au mouillage. L’autre point qui limite quelque peu l’escalade en gamme du service en charter est l’absence de version avec une cuisine dans la coque – une disposition qui préserve une plus grande discrétion. De même, la plate-forme hydraulique en option, qui peut recevoir 480 kg, ne ménage pas une plage arrière très grande – il faut quand même bien qu’il y ait des justifications à un tarif inférieur.
Des manœuvres très faciles
Le flybridge a reçu son lot d’améliorations également ; la banquette du poste de commande, dont le dossier bascule pour se transformer en sofa une fois tourné vers le coin lounge, peut accueillir quatre personnes. Le bain de soleil est, lui aussi, bien plus grand, pouvant recevoir six personnes sur ses matelas. L’offre de fourniture d’énergie est adaptée aux demandes domestiques, puisque le catalogue propose 4,5 kW de panneaux solaires sur le roof et le T-top, des batteries au lithium et bien sûr un groupe électrogène, pouvant aller jusqu’à 20 kW. Ces options peuvent compenser la consommation des équipements comme la climatisation, la coolbox et autres ustensiles qui seront immanquablement choisis par le commanditaire.
Les conditions de notre essai n’ont pas été très agitées, puisque seulement 6 à 7 nœuds sont relevés sur une mer parfaitement plate. Pour limiter la surface mouillée, des redans élargissent les coques au-dessus de la flottaison. La rigidité de cette plate-forme, déjà naturellement assurée son pontage intégral, est encore améliorée grâce à des omégas longitudinaux. Le jeu de voile standard Elvström comprend une grand-voile de 115 m² et un solent autovireur de 59 m². Si ce dernier permet de remonter sans fatigue et sans être roulé pour partie même par bonne brise, nous préférons envoyer d’emblée, compte tenu du vent du jour, le Code 0 optionnel de 121 m² monté sur emmagasineur. Les bouts et drosses remontent sur des winches électriques vers la console de commande sur le flybridge, mais le gennaker peut être aussi manœuvré à l’aide de winches électriques sur chaque pavois du pont principal. L’écoute de grand-voile est doublée, principe hérité des Catana, mais ici, c’est aussi pour éviter les flexions du roof, sous lequel s’articule la porte basculante – laquelle ne peut souffrir d’aucun jeu. Dans tous les cas, cette configuration se gère très facilement en équipage réduit, ce qui correspond bien aux attentes des Propriétaires et des locataires de la marque. Malgré le vent faible et la surface vélique mesurée du Bali 5.8, nous sommes quand même capables d’atteindre 4 à 5 nœuds aux allures de près et un peu plus de six nœuds au portant – enfin jusqu’à 120 degrés du vent. L’efficacité forcément réduite de ce plan de voilure très sage est à l’évidence contrebalancé par le déplacement, on l’a vu, relativement léger.
Au moteur, on peut compter sur une vitesse de croisière de 8 nœuds, et 11 nœuds en vitesse maximum.
Conclusion
Le plus grand des Bali ne déroge décidément pas à l’ADN de la marque : à bord du 5.8, surface et volume se conjuguent en XXL. Associé à une optimisation des aménagements et du tarif, le confort proposé fera de ce nouveau flagship un best-seller pour la location aussi bien en Europe que sur le continent américain. Le marché des Etats-Unis semble en effet particulièrement ciblé, avec cette porte-échelle de coupée intégrée dans le bastingage. Le Bali 5.8 peut également prétendre séduire le marché du Propriétaire, avec ponctuellement la mise en charter plus haut de gamme grâce à des finitions bien plus avantageuses que celles du 5.4 et la possibilité de loger un équipage professionnel. Facile à manœuvrer, plutôt léger et bien placé en tarif, le Bali 5.8 est le support parfait pour faire découvrir la voile à une clientèle qui recherche le confort sur l’eau « comme à la maison ».
Tarif très concurrentiel
Qualité de finition en nette hausse
Equipage ou jouets nautiques, il faut choisir…
Plate-forme hydraulique un peu juste
Descriptif technique
Architecte : Xavier Faÿ
Architecte intérieur : Piaton-Bercault Yacht Design Longueur hors tout : 17,65 m
Largeur : 9,06 m
Tirant d’eau : 1,47 m
Déplacement lège : 24,9 t
Grand-voile : 115 m2
Solent autovireur : 59 m2
Gennaker : 121 m2
Motorisation : 2 x 80/115 ch Cabines : 3 à 6 + 1 équipage
Carburant : 1 200 l
Eau douce : 1 320 l
Homologation : A et B – 16 / C – 24 / D – 40
Prix : à partir de 1 449 000 € HT
Version essayée : 2 000 000 € HT



