Chez Multicoques Mag, nous avons toujours œuvré pour que les constructeurs de multicoques n’oublient pas les plus petits modèles. Si le marché des petits trimarans est bien ancré, celui des catamarans de moins de 40 pieds était en voie d’extinction… Depuis une dizaine d’années, la sortie de rares modèles ne suffisait pas vraiment à nous rassurer. Ce Bali Catsmart est donc un signal fort que nous souhaitons évidemment relayer ; vivement que Lagoon sorte lui aussi son 38 pieds, il est dans les cartons.
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Conditions : vent 6 à 10 nœuds, 2 ou 3 personnes à bord, mer peu agitée.
Que de chemin parcouru depuis le démarrage de la marque Bali ! En septembre 2014, le Bali 4.5 proposait une nouvelle façon de vivre sur l’eau en profitant, en termes de confort, de tout ce que pouvait offrir la formule catamaran. Une approche décomplexée qui a fait grincer les dents des plus conservateurs… mais qui a surtout fait ses preuves avec plus de 1 000 modèles construits en 8 ans – dont 400 ces 12 derniers mois ! La gamme compte actuellement 7 catamarans de 38 à 54 pieds ; c’est l’une des plus complètes sur le marché, et même la plus étoffée dans ce créneau de catamarans à voile de 11 à 17 m. Le lancement du plus petit modèle – officiellement présenté à l’International Multihull Show de La Grande-Motte – aurait pu laisser craindre une surenchère de confort rentrée au chausse-pied – il n’en est rien. Le Catsmart est même peut-être le plus Bali des Bali, puisque le premier modèle étudié était un catamaran de moins de 40 pieds, avant que le 4.5 finisse par s’imposer.
Plus toilé que le Catspace
Si le Catspace doit sans doute son vocable au fait que Bali 4.0 et Bali 4.1 étaient déjà « pris », l’emploi de « space » était plutôt bien trouvé, car c’est bien ce qui caractérise ce catamaran – volume et confort maximum pour seulement 40 pieds. A ce titre, c’est bien une réussite, mais au prix de quelques concessions en termes de performance. Le Catspace présente un fardage frontal important et son flybridge rogne sacrément la grand-voile. Au final, on peut arborer 79 m2 au près – voire 82 avec la grand-voile à corne. Le Catsmart, comme son nom l’indique, se veut malin. En s’affranchissant du flybridge, il récupère une grand-voile avec une bôme bien plus basse, et surtout peut accueillir des écoutes reculées pour un génois à recouvrement. Au final, le plan de voilure peut afficher jusqu’à 86,7 m2 au près, soit près de 5 m2 de plus que le Catspace, pour 800 kg de moins au peson. On atteint un rapport voilure/poids de 10,32 m2/t, contre 8,91 m2/t pour le Catspace. Repasser cette barre des 10 « dans le bon sens » n’est pas que symbolique ; après une quinzaine d’années où la plupart des catamarans de grande série se sont bien plus alourdis qu’ils n’ont gagné en surface de voilure, on note donc avec ce Catsmart un sacré changement de cap. Une tendance qui devrait s’inscrire dans la durée : les prochains Bali devraient donc être plus légers et plus toilés. Pour situer plus précisément le potentiel du Bali Catsmart face à ses concurrents les plus directs, afficher les ratios voilure/poids de ces derniers n’est pas inutile : on relève ainsi 11,9 m2/t pour l’Aventura 37, 14,33 m2/t pour le C-Cat 37 et enfin 9,11 m2/t pour l’Excess 11 en version Pulse Line.
Deux postes de barre
Une autre innovation marquante à bord du Catsmart est l’adoption de deux postes de barre, un sur chaque coque. On rejoint ici la philosophie de Nautitech et Excess, deux marques qui défendent le plaisir de naviguer – et de barrer. En revanche, pour tout le reste, on a bien affaire à un Bali ! Le design général, pour commencer, est fidèle aux autres modèles, avec un mât bien reculé sur le rouf. Le pontage en dur est au rendez-vous. Cette structure est évidemment plus lourde qu’un simple trampoline, mais elle présente l’avantage de proposer une grande surface « sèche » supplémentaire qu’on peut équiper de matelas et de tables. Xavier Faÿ, architecte du Bali Catsmart, a imaginé ce concept pour le Lagoon Power 43 (puis le Catlante 600) en pensant aussi (surtout) à ce qui se passe en dessous : l’effet « spatule géante » évite aux étraves de planter profondément dans les plus grosses vagues, soulageant le tangage et assurant une sécurité dynamique en cas de grosse mer de l’arrière. Le guindeau et la baille à mouillage sont installés dans un coffre dont le capot est monté sur vérin. Associé à une traverse arrière reculée au maximum, le pontage offre 66 m2 exploitables. Les passavants sont larges et bien dégagés. Pas de craquements ni de souplesse sou le pied, on a affaire à une construction rigide. Le constructeur a pensé à intégrer une petite échelle pour monter sur le rouf – les marches mériteraient d’être un peu plus larges. Les manœuvres sont réparties sur chaque bord : logique, puisqu’on dispose donc de deux postes de barre. Les drisses et bosses de ris en provenance du pied de mât sont masquées sous un faux pont pour épouser à angle droit le rouf puis le plat-bord. Le point de tire des écoutes de foc est étonnamment reculé ; plutôt que d’être reprises sur le rouf, les écoutes profitent de la légère échancrure que présente la naissance du bimini pour rejoindre elles aussi le plat-bord. Nous reparlerons plus loin des angles de remontée au vent. L’écoute de grand-voile et son traveller se règlent depuis l’arrière tribord, un peu à la Catana. Cette configuration tranche avec la « centralisation » de tous les bouts qu’on peut observer sur la plupart des catamarans modernes, mais s’avère tout à fait pratique et pertinente. Le cockpit – ou tout du moins ce qu’il en reste, puisque sa frontière avec la nacelle est donc floue – concentre les deux postes de barre, une banquette arrière de 1,75 m de longueur, une plate-forme arrière – elle relie les deux jupes arrière compactes. Le pont est donc un rectangle où toute la surface est exploitée. Certains catamarans anglais et le Gemini 35 américain ont exploré cette voie, mais pas à 100 %... Derrière le rail du traveller, un système de bossoirs pour l’annexe.
Les barres à roue font 73 cm de diamètre. Le constructeur, sur le plan ergonomique, a prévu qu’on puisse officier debout ou assis. Une tablette en contreplaqué pivotante fait office de cale-pied – pour le pied à l’intérieur. L’idée sur le principe est bonne, mais, dans la pratique, le panneau peut taper les jambes lors de mise en place, et surtout risque de se détériorer rapidement à cause de l’humidité – je pense à la face inférieure, plaquée contre le polyester si le panneau n’est pas relevé. En option, des biminis de barre seront proposés.
Vivant sous voile
Manœuvrer un catamaran de moins de 40 pieds, c’est un peu comme enfourcher une mobylette : tout est facile, intuitif et à portée de main. En plus, il y a de profondes bailles à bouts… Un vrai bonheur et un gage de navigation sans stress. Nous sommes équipés des deux moteurs de 30 CV Yanmar, option que nous recommandons. Pas besoin de propulseur d’étrave : on parvient à manœuvrer sans difficulté et à pivoter sur place en inversant les commandes des gaz (on peut les doubler sur le second poste de barre). En vitesse de croisière, on atteint 8,3 nœuds.
Etablir les voiles est un jeu d’enfant qu’on exécute dès la sortie du port. Si le rail de foc autovireur est bien en place devant le mât, notre modèle d’essai profite d’un génois à recouvrement – on gagne tout de même 12,5 m2. Les points de tire très reculés paraissent un peu excentrés. En réalité, ils sont si reculés que l’angle d’ouverture est de 12,5° là où la norme est établie à 11°. Dans les faits, génois bordé plat, l’écoute est au contact avec le bimini – un martyr inox a d’ailleurs été mis en place depuis notre essai. Le cap relevé est de 50° du vent réel. En théorie, on pourrait rentrer un peu d’écoute avec un in hauler. Mais cette opération ne correspondrait pas vraiment au programme de ce catamaran, et ne serait valable que sur eau plate. Avec du clapot, les ailerons trop courts pour assurer un cap très serré se traduirait par une dérive sensible.
A la barre, au vent comme sous le vent, on voit bien le plan d’eau et les voiles. On a la sensation de mener un catamaran vif et de bonne volonté. Cette coque n° 1 pèse pourtant un peu plus lourd (200 kg) que les suivantes. Les différents relevés de vitesse que nous avons pu collecter sont plutôt positifs : lors du convoyage depuis la Tunisie, avec 18/20 nœuds de vent réel, le Catsmart marchait à 8 nœuds à 50° du vent. Avec un vent un peu plus faible de 15 à 18 nœuds au bon plein, la vitesse moyenne s’est établie à 7,5 nœuds. Les convoyeurs ont également essuyé un bon 25 nœuds : avec 2 ris et 2 tours de génois, à 90/100° du vent, le Catsmart caracolait entre 8 et 9 nœuds, avec une pointe à 12,3 nœuds. Xavier Faÿ, présent à bord lors de la navigation La Grande-Motte/Canet-en Roussillon, a relevé une pointe à 8,9 nœuds à 62° d’un vent apparent de 15,4 nœuds – pas compliqué pour l’architecte de se livrer pour nous à un rapide calcul trigonométrique pour afficher un vent réel de 13,6 nœuds à 95°. Lors de notre sortie, le vent était plus timoré – pas plus de 10 nœuds. J’ai noté une vitesse de 5 nœuds au travers avec le gennaker, avec seulement 7 nœuds de vent apparent. Une précision importante : notre Catsmart d’essai est doté d’hélices repliables.
Incontournable porte Bali…
Grâce à la fameuse porte oscillo-basculante – opportunément rebaptisée « porte Bali » –, cockpit et carré ne font qu’un. La manœuvre du grand panneau est facile, et transforme radicalement l’ambiance du bord, d’autant que les panneaux latéraux coulissants participent au concept ouvert/fermé. Un seul regret : un petit seuil de 2,5 cm ternit un peu la fluidité de circulation. Dommage, parce que la hauteur sous barrot, qui frise les 2 m, offre un sentiment de volume XXL. Le carré est décalé sur bâbord ; il présente une grande table de 175 par 95 cm. On peut s’y installer à 6 sans se serrer. Ce sera forcément plus compliqué en usage maximum avec l’option 10 couchages – s’ils sont tous occupés. Une prise 220 V (110v EN) sera mise en place sous la table du carré, de manière à pouvoir brancher un ordinateur ou une tablette. Sur tribord, on peu profiter d’une grande méridienne. Une table à cartes est aménagée en diagonale, un peu plus en avant. Là, les prises de courant sont bien en place. La cuisine en U occupe tout le fond de la nacelle – elle est immense pour un catamaran de seulement 38 pieds et riche en rangements.
Réfrigérateur et congélateur peuvent totaliser 215 l. Partout, les finitions et les matériaux employés témoignent d’un net effort qui se traduit par une impression de montée en gamme. Seuls les champs restés nus des couvercles de coffres en contreplaqué mériteraient une protection. Sur chaque bord, quatre marches (98,5 cm de plancher à plancher) mènent aux coques. Notre catamaran d’essai adopte la formule 3 cabines avec une coque dédiée au Propriétaire à tribord et deux cabines à bâbord. Le constructeur se targue d’offrir une inédite version « double Propriétaire » particulièrement séduisante sur le papier. Nous nous permettons de tempérer quelque peu cet enthousiasme, car cette déclinaison avec deux cabines seulement était déjà proposée à bord du Lagoon 380 et du 39. Du côté d’Aventura, le 34 et le 37 déclinent eux aussi cette formule. Si les deux constructeurs cités font état de commandes symboliques, Bali défend à l’issue du lancement du Bali Catsmart un bilan plus flatteur quant à cette version 2 cabines. Pour moi, c’est en tout cas l’aménagement le plus séduisant qu’on puisse imaginer. La coursive, la largeur des portes et la salle d’eau (elle est partagée) souffrent logiquement de cotes étriquées du côté deux cabines ; il n’en est rien dans la coque Propriétaire, qui se donne des airs de catamaran luxueux de 45 pieds, d’autant que la hauteur sous barrot est de 1,92 m. Le couchage arrière est large (1,50 m), confortable et facile d’accès (71 cm au-dessus du plancher). J’ai relevé de nombreux rangements et trois ouvertures pour assurer une bonne aération. Les grandes ouvertures des coques offrent une vue imprenable sur la mer, mais l’inverse est vrai pour votre anatomie dans les salles d’eau – des rideaux seront les bienvenus au port ou si le mouillage est fréquenté. Deux panneaux ouvrants sont prévus. Côté bâbord, on se contente de 2 panneaux ouvrants par cabine. Le couchage est perché à 81 cm ; il fait bien 2 m de long avec 1,36 m de large à la tête et 0,81 m aux pieds.
Conclusion
Le pré-lancement du Bali Catsmart était prometteur, avec déjà 30 unités vendues… à l’issue du lancement officiel orchestré lors de l’International Multihull Show, force est de constater que le constructeur a tapé dans le mille, puisque le carnet de commandes est grimpé jusqu’à 100 catamarans ! De l’aveu même de Boris Compagnon, directeur commercial du Groupe Catana, il s’agit du meilleur démarrage jamais constaté pour un nouveau Bali. Le Catsmart est probablement le multicoque qui s’est le plus vendu pendant ces 4 jours à La Grande-Motte. Et c’est tant mieux ! D’abord parce que cet engouement prouve que de nombreux acheteurs sont intéressés par des multicoques de moins de 40 pieds, et ensuite parce que ce Catsmart est incontestablement un catamaran réussi et bien né – un coup de cœur qui vaut bien une couverture !

Xavier Faÿ : le mot de l’architecte
Xavier Faÿ, l’architecte de tous les Bali, fait bien partie de l’équipe – il était présent à la conférence de presse qui s’est tenue lors de l’International Multihull Show et porte la même veste de quart Décathlon que le staff Bali.
« En moins de 10 ans, les Bali ont évolué tout en restant fidèles à des valeurs fortes – pontage avant rigide, exploitation maximum de la surface disponible, carré/cockpit commun, groupe froid généreux. Le Bali 4.5, sans la porte oscillo-basculante, était un peu timoré. Les modèles suivants, guidés par le marché de la location, en ont logiquement donné plus. Aujourd’hui, on est arrivés à un stade de maturité. Pour moi, c’est bien plus intéressant de dessiner un Bali plutôt qu’un multicoque 100 % performance. J’aime le défi qui consiste à offrir le meilleur compromis avec les moyens dont on dispose, en accord avec les contraintes industrielles. J’ai d’ailleurs un rapport très étroit avec le bureau d’études Bali. Pour le Catsmart, on a demandé moins en faisant l’impasse sur le flybridge. Du coup, on a pu sensiblement augmenter la surface de voilure. Ce nouveau catamaran est agile, vivant : j’ai pris du plaisir à le barrer lors du convoyage retour vers Canet- en-Roussillon. Le Catsmart est assurément la quintessence de Bali ! »
Déclinaison en 2, 3 ou 4 cabines
Confort et habitabilité records pour un 38 pieds
Passages de porte étroits dans la coque avec deux cabines
Seuil de porte à l’entrée de la nacelle
Descriptif technique
Concepteur : Olivier Poncin
Architecte : Xavier Faÿ
Design intérieur : Piaton-Bercault
Longueur hors-tout : 11,78 m
Longueur à la flottaison : 11,20 m
Largeur : 6,46 m
Tirant d’eau : 1,1 m
Déplacement lège : 8,4 t
Déplacement en charge max : 12 t
Surface de voile au près max : 86,7 m2
Grand-voile : 46/46,7 m2
Génois à recouvrement : 40 m2
Solent autovireur : 27,5 m2
Code 0 : 53 m2
Spi asy : 135 m2
Cabines : 2 à 4
Couchages : 4 à 8 + 4
Carburant : 400 l
Eau : 660 l
Motorisation : 2 x 20/30 CV Yanmar
Homologation CE : A
Prix : 325 450 € HT
Principales options en € HT :
Version 2 cabines : 2 150
Pack Excellence : 54 500
Pack Elegance : 9 780
Pack électronique : 10 210
Grand-voile à corne, lazy-jacks et lazy-bag : 5 450
Gennaker : 5 710
Bout-dehors : 2 380
Accastillage de spi : 1 680
2 x 30 CV au lieu de 20 : 4 240
Hélices repliables : 2 880
Générateur 4 kW 230 V : 20 910 Générateur 5 kW 120 V : 22 390 (EN)
Kit panneaux solaires 2 x 100 Wc : 2 540
Chauffage nacelle + coques : 13 810
Aménagement coqueron avant : 2 770
Carré convertible en couchage double : 1 860
Eclairage sous-marin : 4 580
Plancha gaz : 2 280
Dinghy 2,80 m + HB 5 CV
Système son : 1 300
Radar : 5 170
Préparation et livraison en Tunisie avec kit mouillage et amarrage : 11 880









