Lors d’un essai « standard », nous restons rarement une journée complète à bord. Parfois, au gré des opportunités de convoyage, il est possible de naviguer quelques jours. Jusqu’à présent, seuls les loueurs nous ont permis de pratiquer des essais longue durée d’une semaine. Cette fois, c’est un constructeur – Bali Catamarans – qui a joué le jeu. Bilan de 400 milles de croisière – menés un peu au pas de charge, il est vrai – en Méditerranée occidentale à bord du Catspace.
Infos pratiques
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Distance totale : environ 400 milles
Vent en navigation : 0 à 21 nœuds
Mer : calme à agitée
Notre aventure XXL n’aurait pas dû paraître dans ce numéro, mais dans le Hors-Série 17 Spécial Moteur ; c’est en effet le Bali Catspace Power que nous devions essayer pendant une grosse semaine. Au final, un problème d’hélice nous a privés de powercat... le constructeur nous a donc proposé le même modèle, mais en version voile. L’équipage déjà constitué est resté inchangé. Nous sommes donc sept – cinq adultes et deux enfants de 6 et 10 ans. Le modèle qu’on nous confie est une version Propriétaire. Il dispose de trois cabines doubles. Celle à l’avant tribord abrite un grand lit travers à la marche et un couchage simple supplémentaire, aménagé contre le bordé. Et il reste bien sûr les grandes banquettes du carré/cockpit. Les dates sont fixées à la deuxième semaine d’août. Officiellement, le chantier est fermé pour ses congés annuels, mais il reste heureusement quelques bonnes âmes pour assurer le suivi et la mise en main du catamaran. Car embarquer au débotté pour une semaine de croisière à bord d’un multicoque chantier en plein mois d’août n’a strictement rien à voir avec un parcours classique via la case location... Un Bali Catspace brut de mise à l’eau, c’est un catamaran fiabilisé par son convoyage depuis la Tunisie et juste équipé de ses voiles – gennaker en bonus –, d’une caisse à outils, d’une pharmacie et de la sécurité (fusées, bib, etc.). Et c’est tout. L’annexe et son moteur ? A nous de nous débrouiller... le tuyau d’eau et le petit accastillage ? Idem. Les oreillers, draps, couettes et autre linge font bien sûr partie de l’assortiment du parfait apprenti croisiériste, tout comme la batterie de cuisine, les couverts, le machine à café et tutti quanti. Quant à l’avitaillement, normal que nous nous en chargions ; cette tâche est dédiée à Norbert, tandis que Paul gère casseroles, poêles et autres couverts. Pour ma part, je m’occupe de l’aspect « technique ». Nous nous retrouvons à bord de Pretty Bali 11 avec trois voitures et une petite remorque à décharger. Grâce à Maria et notre partenaire Gala Boat, nous disposons d’une petite annexe semi-rigide (voir essai dans le MM n°210, rubrique Shopping). Le chantier a eu le temps de la gonfler et de la positionner sur les bossoirs. Il ne me reste plus qu’à installer un moteur de 6 CV et sa nourrice, empruntés à un petit croiseur à 550 km de là et divers équipements – manilles rapides, gaffe, tuyau d’eau, raccords, etc. J’embarque également à bord de l’accastillage et des bouts, au cas où.

Premier mouillage à cala Jugadora. Les enfants profitent évidemment de la baignade – le Bali, lui, a droit à une toilette de la ligne de flottaison et de ses hélices.
C’est la météo et le Covid qui commandent !
D’ordinaire, l’itinéraire d’une croisière est dicté par la météo, la taille et l’équipement du multicoque, et bien sûr les compétences et souhaits de l’équipage. Mais depuis plus d’un an, le coronavirus s’est invité au programme de croisière.
En cet été 2021, la zone méditerranéenne de l’Espagne tout comme la France ont connu un rebond épidémique, laissant craindre des interdictions de circulation entre les deux pays. Au final, nous y avons échappé. Je suis allé acheter un pavillon de courtoisie espagnol, bien décidé à l’envoyer dès la frontière franchie, à 20 milles au sud. La météo nous annonce un net renforcement de la tramontane – ce fameux et redouté vent de nord- nord-ouest typique de la région, faux jumeau du mistral – pendant 24 heures ; nous en profitons pour nous installer tranquillement, fignoler la préparation du catamaran et de l’avitaillement. D’entrée, les rangements se révèlent particulièrement généreux – soutes avant et coffres sur le pont, placards et volumes de stockage sous les banquettes, lits et planchers. La conception générale Bali, tout originale qu’elle soit, est intégrée quasiment instantanément par tous les membres de l’équipage, qu’ils soient expérimentés ou non. Mon ordinateur investit la table à cartes, orientée face à la route : ce sera mon bureau pour la semaine... Quant au frigo, il n’a rien à envier à ceux qu’on trouve à terre. Les enfants sont régulièrement emmenés à la plage, heureusement toute proche du port. La mise en place de la sellerie extérieure, qui compte une vingtaine de pièces, est laborieuse – ce serait tellement pratique de disposer de matelas et autres dossiers numérotés relatifs à un plan global... Le lendemain, le vent est annoncé nord, tournant nord-est en faiblissant, puis se renforçant temporairement loin au sud de Canet. Ensuite, pas de tramontane annoncée pour une semaine – c’est plutôt la canicule qui est à craindre sous le dôme de chaleur. Le programme qu’on avait imaginé avec le Catspace MY est maintenu pour notre catamaran à voile. Minorque, Majorque et retour, soit 400 bons milles. Forcément, ce parcours nous imposera beaucoup de temps en mer et a minima deux nuits en navigation – un vrai test, en somme... Avant notre départ, nous complétons les pleins d’eau. Nous remarquons que la porte intégrée au grand panneau basculant ne ferme pas à clé. Il manque la gâchette dans la porte ; cette pièce est identique à celle de la porte coulissante de la cabine Propriétaire. Du coup, nous démontons celle dont nous disposons, achetons deux boulons de 4 mm et installons le tout. Premier essai : la porte se ferme, pour ne jamais se rouvrir ! Nous voilà condamnés au mode open... Si le temps devenait vraiment mauvais, il resterait les baies vitrées pour aller et venir entre extérieur et intérieur.
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La fameuse porte Bali est une idée géniale à bord d’un catamaran de croisière – on a l’impression de vivre à bord d’un multicoque de 5 ou 6 pieds de plus... à tel point que recevoir 12 invités n’est pas un problème !
Prendre ses marques à bord
Les moteurs sont mis en route, la prise de quai est débranchée, les gardes enlevées : on se met en prise pour tendre les deux amarres arrière restantes. Je récupère à la nage ou presque les aussières avant, directement frappées sur la bouée – nous découvrirons au retour que le chantier dispose d’une rustique annexe toujours prête à cet usage. Je remonte sur le quai, récupère la passerelle et les derniers bouts : c’est parti ! Bon, on ne va pas encore très loin : première manœuvre pour s’apponter au quai carburant.
Nous prenons la mer avec les réservoirs pleins – 2 x 200 l. Le vent faible de nord-est est portant, la mer belle. Il nous motive à pratiquer le très classique voile et moteur avec le gennaker déroulé. La gestion de manœuvres est on ne peut plus simple et intuitive. Le winch tribord électrique est tout proche du barreur – au final, c’est lui qui reprend toutes les manœuvres, excepté l’écoute de gennaker bâbord. Bien incliné, il est parfaitement en ligne pour reprendre les bosses de foc et de genna- ker à tribord, mais également l’écoute de gennaker – le risque de surpattage est quasiment écarté. A bâbord, un second winch est en place, avec le même angle ; il est donc dédié à l’écoute de gennaker bâbord.
Malgré les gros moteurs dont nous disposons (2 x 40 CV au lieu des 2 x 19 ou 2 x 30 CV), la vitesse peine à atteindre 6 nœuds et le catamaran vibre beaucoup. Pendant ces premières heures de navigation, chacun prend ses marques à bord. Les très nombreux espaces de détente – pontage avant, flybridge, banquettes – permettent à chacun de s’installer avec de l’ombre ou pas, au vent ou à l’abri. D’entrée, la surface de farniente disponible de ce catamaran de (seulement) 40 pieds est bluffante. Le solarium installé derrière le poste de manœuvre est bordé par des dossiers-pavois sécurisants – un plus pour les jeunes enfants.
Quant à la fameuse « porte Bali », elle permet d’allier cockpit et carré en une seule zone, toujours parfaitement aérée grâce au grand panneau avant et aux baies vitrées latérales. La houle insignifiante nous invite à raser au plus près le redouté cap de Creus et de faire une courte halte dans la cala Jugadora. Le guindeau – mis à part le up et le down inversés – fonctionne parfaitement, et la pente de la baille bien étudiée pour le stockage de la chaîne. Le pontage en dur réduit sérieusement la taille de « la fenêtre » où se glisse la chaîne après le guindeau, mais il reste possible de gréer la patte d’oie facilement. Gare aux mains tout de même ; évitez de confier la télécommande à quelqu’un d’autre. Les bossoirs en inox, commandés par un bout qu’on peut reprendre sur le winch électrique, permettent de manipuler l’annexe très facilement et de bien la relever en navigation. Pour les enfants, premiers bains en eau turquoise ou presque – quelques taches seulement. La sonde de l’électronique du bord indique 22°C – encore un peu frais... Je profite de cet arrêt pour enfiler masque, tuba et palmes, puis nettoyer les hélices et les 50 premiers centimètres sous la ligne de flottaison. Algues et surtout coquillages ont bien profité de l’été. Le chantier, pris de court par le changement de multicoque, n’a pas eu le temps de procéder à un carénage.
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Pas de trampoline(s) à l’avant du Bali Catspace, mais un pontage intégral aménagé en cockpit et bain de soleil – toujours au sec, ou presque.
Première nuit en mer
Le soleil descend vers l’ouest ; après une heure et demie de pause, nous sommes prêts à prendre le large et à passer notre première nuit en mer, cap au sud-sud-est vers Minorque. Un dernier check dans les cales moteur : pas de traces d’eau ni d’huile ou carburant. L’accessibilité aux machines est bonne : il y a de la place autour du bloc moteur et du sail drive, ce qui est un avantage dans le cadre d’une maintenance régulière. Le bras de mèche, l’articulation avec la biellette aluminium inter-safran, la batterie de démarrage, les vannes et les filtres, tous ces éléments sont aisés à identifier et correctement accessibles. Le parc batteries service, quant à lui, est logé sous le plancher de la cuisine dans un coqueron dédié.
A relever l’ancre ! Nous attaquons nos 130 milles de traversée en mode gennaker/moteurs... mais le nettoyage des hélices et des coques porte ses fruits : plus de vibrations et plus d’un nœud gagné ! La grande cuisine en L sur tribord, accompagnée d’un grand passe-plat central, permet de préparer les menus de notre choix – avec vue imprenable sur mer, évidemment. Avant la nuit, les quarts sont distribués et un « kit de nuit » constitué : gilet flottant, bâton de cyalume et mini-torche étanche. A l’heure de dormir, force est de reconnaître que le sommeil est vite trouvé sous voile, mais pas au moteur, surtout à l’arrière. Le bruit est nettement moins fort dans la cabine avant tribord. Autre déconvenue pour les dormeurs de la cabine arrière tribord : la pompe du système d’eau est située très près de leurs oreilles ! Pour cette première nuit à bord, la grande porte est restée ouverte. Le plan de pont démontre son ergonomie soignée : on trouve partout une prise sous la main, tout particulièrement sur le trajet cockpit/flybridge. La mer reste globalement peu agitée et le vent changeant en force nous permet parfois de couper les moteurs – le deal est de naviguer à 5 nœuds minimum. La barre est douce grâce à sa transmission hydraulique, mais on ne sent pas grand-chose. De plus, elle est très (trop ?) démultipliée, ce qui rend difficile le bon suivi de la trajectoire dans les vagues. Le pilote est donc volontiers enclenché. Seul hic de la combinaison flybridge/gennaker : on ne voit pas grand-chose sous le vent. La veille est au final meilleure depuis la table à cartes. Pour certains à bord, c’est la première traversée en mer, un peu d’angoisse survient : pendant 10 heures, on ne voit plus de côte – à peine devine-t-on le halo orange de Barcelone, sur tribord – et il n’y a plus de réseau GSM ! Pendant mon quart de 0h00 à 3h00, j’ai la chance de croiser à deux reprises des dauphins joueurs – et un seul cargo, à plus de deux milles. La température de l’eau monte progressivement jusqu’à 26°C – elle atteindra 27 à 28 au fond des calas les mieux exposées au soleil. Au matin, les côtes de Minorque commencent à se découper de l’horizon ; le vent s’établit à 15/16 nœuds au travers, levant un court clapot. Nous filons à 7 nœuds sans forcer. A 14 h, nous mouillons par trois mètres de fond à l’est de l’immense plan d’eau abrité de Fornells, près de la cala Sabra Salada, mais les autorités portuaires nous demandent de nous installer sur l’autre rive, plus près de la ville. Précisons qu’aux Baléares, il est désormais interdit de déposer l’ancre sur les posidonies, ces algues protégées. Il s’agit donc de repérer les zones sableuses, un exercice pas forcément évident la nuit.

Le flybridge oblige à remonter la bôme, et donc à réduire la surface de grand-voile... mais la convivialité est irréprochable !
Mouillage de rêve à Minorque
L’annexe nous permet de descendre à terre et de profiter de Fornells, une bourgade très attachante avec ses maisons de pêcheurs toutes blanches. Après une nuit tranquille, nous décidons de mettre le cap à l’ouest. La petite houle de nord-est combinée à un vent de nord prévu l’après-midi limite l’accès à la plupart des mouillages, ; heureusement que la grande cala Algaiarens est à peu près protégée, surtout sa branche la plus à l’est, où nous parvenons à dénicher un bel emplacement avec moins de quatre mètres d’eau sous les quillons. Le voilà, notre premier mouillage de rêve ! Paul a des amis en vacances sur l’île. Rendez-vous est pris, ils débarquent avec femmes et enfants à 12 pour le déjeuner – qu’ils nous promettent de préparer. On a eu le temps de leur glisser que le Bali dispose d’une plancha... Avec l’annexe, j’embarque depuis la plage toutes les affaires de nos invités – eux décident, à l’unanimité, de rejoindre Pretty Bali 11 à la nage. Nous voilà 19 à bord, et les garçons investissent la précieuse plancha. Chacun s’installe où bon lui semble : des groupes se forment sur le flybridge, à l’avant et bien sûr dans le carré ouvert. Nous avons installé les deux tables avant, mais au final, elles n’ont pas été utilisées. A aucun moment nous ne nous sentons à l’étroit. Le Catspace s’accommode même si bien de ses visiteurs que nous décidons de naviguer tous ensemble jusqu’à Ciutadella, distante d’à peine 15 milles.
Le vent de nord-nord-est a fraîchi à 15 nœuds et le ciel est chargé de sable ocre du Sahara. Quelques gouttes ne parviennent même pas à nous rafraîchir. Malgré le nombre de passagers, les manœuvres ne posent aucun problème. Nous sommes rapidement sous grand-voile haute et gennaker : le GPS, malgré notre charge impressionnante, tient 7 nœuds de moyenne. Les deux palans permettent de régler aisément la grand- voile – angle de la bôme mais également vrillage de la chute. Parvenus à Ciutadella, nous demandons à tout hasard une place – en vain, tout est réservé. Nous débarquons tous nos invités sur le ponton car- burant. Le pompiste est quelque peu surpris de voir débarquer autant de monde sur son ponton. Quelques minutes plus tard, alors que je fais le plein, de violentes bourrasques d’air brûlant balaient subitement la ville. En quelques secondes, la température passe de 28 à 40°C. Sirocco ou tornade sèche selon les explications locales, ce phénomène semble la conséquence du fameux dôme de chaleur qui surplombe le sud de la Méditerranée occidentale. Cette météo agitée a quelque peu perturbé la quiétude du mouillage urbain de la cala Platja Gran – de nombreux bateaux ont chassé et se retrouvent bord à bord. Les prévisions, jusqu’alors très paisibles, annoncent désormais des rafales possibles à plus de 20 nœuds de tous les secteurs : pas terrible quand on pratique le mouillage forain ! Le vent dominant annoncé reste à l’est, aussi, nous privilégions à la nuit tombante le spot de S’aigua dolça, bien ouvert à l’ouest en cas de départ précipité. Impossible ou presque de descendre à terre – ce n’est pas grave, Norbert a pris ses marques en tant que maître cuistot du bord. Au final, mis à part que nous sommes contraints de remouiller vers minuit à cause d’un évitage anarchique, la nuit est plutôt calme. Le lendemain, nous optons pour une vraie journée de détente/ baignade. Nous jetons notre dévolu sur Platja de Son Saura : la zone de mouillage est large et relativement sauvage. L’eau turquoise est magnifique, mais nous ne sommes pas tout seuls. Quelques amis de Paul nous rejoignent avec un bateau à moteur et emmènent les enfants découvrir les petites calanques voisines de la côte sud.
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Le poste de manœuvre et de pilotage offre une excellente vue sur le plan d’eau – sauf quand le gennaker est bien bordé.
Les falaises de Majorque
A 18 h, le ciel a repris sa teinte ocre-gris, et les quelques nœuds de vent thermique de secteur sud se sont évanouis. Du vent de nord-est est annoncé en soirée, pour mollir dans la nuit. Nous reprenons la mer, cap sur Majorque. Je vise la baie d’Alcudia, où je connais un mouillage tenable tant que le vent n’est pas nord-ouest. Notre traversée de 30 milles démarre donc au moteur pour passer à la voile. A l’approche de l’imposant cap Farrutx, la mer se creuse un peu et le vent forcit. Les conditions deviennent bien plus clémentes sitôt les caps enroulés. A minuit, la jetée à demi démolie du mouillage d’Es Caló apparaît sous ma lampe torche. Le plan d’eau est calme – même si des williwaws déboulent sans crier gare des crêtes montagneuses. Quelques bateaux ancrés pour la soirée lèvent le camp, nous laissant pratiquement seuls. Tôt le matin, je me lève pour prendre des photos avec l’annexe au lever du soleil – le ciel est enfin tout bleu ! On débarque ensuite à terre – j’avais promis un mouillage incroyable à mon équipage, et je crois qu’il n’a pas été déçu ! Cette petite virée nous permet de rencontrer un garde du parc marin et de nous promener sur un sen- tier extraordinaire, bordé de chamaerops humilis sous les pins. Plus tard dans la journée, nous profitons d’une brise thermique de 12 à 15 nœuds pour traverser la grande baie d’Alcudia ; c’est le moment de prendre des photos sous voile. Encore une fois, dès le débridé sous gennaker, les performances du Bali Catspace, eu égard à son volume et à son fardage, sont surprenantes – dans le bon sens ! En revanche, le louvoyage sous foc autovireur est logiquement moins convaincant ; on attend dans ces conditions 15 nœuds de vent réel pour dépasser les 5 nœuds à 50/55° du vent réel. Précisons que nous ne disposons pas de corne de grand-voile et que nos hélices sont des tripales fixes. Nous relâchons pour l’après-midi sous le vent de l’isla Alcanada, juste au nord-est d’Alcudia. Le mouillage ne figure pas dans notre guide, mais il est pourtant très plaisant. Willy retrouve son copain Joseph, en vacances sur l’île avec sa mère – tous deux passent quelques heures à bord avec nous pendant que Paul tente le wingfoil – sans parvenir pour l’heure à voler. Dégonflé, il trouve facilement sa place dans la soute avant bâbord avec les tables du cockpit avant. A tribord, le tuyau d’eau, quelques amarres et tous les pare-battages sont stockés sans peine.
Un seul bémol : il manque des marches ou une échelle pour accéder facilement au fond de ces impressionnants volumes de stockage. En fin d’après-midi, nous contournons le cap del Pinar pour nous mouiller à Pollença. La baie offre un excellent abri, tout particulièrement au nord-est du port. Nous profitons de la soirée pour nous offrir un restaurant. Isaac, six ans, se défoule dans l’aire de jeu en bord de plage. Une fois à bord, l’absence de vent se traduit par une chaleur jusqu’alors inhabituelle. Certains d’entre nous démarrent leur nuit à la belle étoile, d’autres dans le carré – les cabines ont moins la cote ! A noter dans la cabine avant tribord : la cinématique des portes, dans le cas où celle des toilettes n’est pas fermée, peut conduire au blocage de la porte d’accès. La seule solution est alors de passer par le capot si personne n’est dans la cabine pour ouvrir...
Le lendemain matin, on procède au plein d’eau – le retour vers la France se profile, d’autant que la météo annonce un flux de sud-est faible à modéré particulièrement favorable. Maud profite des douches du port pour (enfin) se faire un long shampooing. L’équipage se promène en ville – il fait déjà très chaud. Norbert a rendez-vous avec un couple d’amis, nous les embarquons sur le quai avant de mouiller de nouveau dans la baie. Un peu plus tard, l’annexe effectue sa dernière rotation. Côté mouillage majorquin, le dernier sera celui d’isla de Formentor. Le site était il y a peu équipé de corps-morts, mais aujourd’hui, tous les visiteurs mouillent sur ancre. A 16 h, nous faisons route faire l’impressionnant cap Fromentor, avant de prendre un cap au nord.

La table à cartes, orientée face à la route, peut faire office de bureau avec vue sur mer ; il profite également de la fraîcheur offerte par le grand panneau frontal ouvrant.
On n'est pas tout seuls au large de Barcelone...
Le vent de sud-est est bien au rendez-vous : une fois de plus, le gennaker est de sortie. Les sommets de Majorque disparaissent progressivement dans l’horizon. Cette dernière tra- versée démarre bien – bon vent belle mer. Le coucher du soleil s’accompagne de l’évanouissement de la brise. Fini le silence, les moteurs tournent !
Nous reprenons les mêmes quarts que ceux de la nuit de notre trajet aller. Mais, contrairement à cette première traversée particulièrement calme, notre retour est bien plus agité : partout, des feux se promènent sur l’horizon. L’AIS nous permet d’anticiper la plupart des trajectoires, mais un voilier sur notre tribord se retrouve si près que Paul vient me réveiller pour s’assurer de la bonne manœuvre. Echange d’éclairage à la lampe torche, nous évitons la collision – il y a parfois du monde, au large ! Rapidement, les lueurs orange de Barcelone pointe à l’avant bâbord. Au petit jour, nous retrouvons la côte de la Costa Brava au niveau de Tossa de Mar. Le paysage est magnifique. Tôt le matin, le plan d’eau est aussi calme que peu fréquenté, si ce n’est quelques pêcheurs. Mais à l’approche de grandes stations balnéaires comme Palamos, nous sommes surpris par l’effervescence. Les calas sont superbes, mais... déjà bondées, à terre comme sur l’eau. Nous poursuivons notre route au moteur, à raser les caps et en nous faufilant entre les quelques îlots. Nous assurons une courte pause déjeuner/baignade à Cala S’Antiga, au sud des îles Medes. L’après-midi, la brise thermique se lève, nous assurant une belle navigation cap au nord. Le temps presse si on souhaite arriver avant la nuit à Canet ; Rosas, Cadaquès, Portlligat évoquent Salvador Dali et mériteraient bien sûr quelques jours de croisière supplémentaires.
Idem pour les calas du cap de Creus – nous aurons juste le temps de reconnaître celle où nous nous sommes arrêtés à l’aller. Juste avant que le soleil ne disparaisse derrière les premiers contreforts de la chaîne pyrénéenne, Pretty Bali 11 est amarré à bon port, clôturant un long sillage de 400 milles...
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Pollença est une ville côtière très agréable ; en plus d’un port assez vaste, le plan d’eau dispose d’une immense zone de mouillage.
Au cœur de la Costa Brava, Calella de Palafrugell est un village étonnamment préservé, et typique avec ses maisons blanches et ses barques de pêcheurs.
Les +
+ Performances très correctes vu le confort offert
+ Ergonomie générale
+ Facilité de manœuvre
+ Capacité d’accueil incroyable pour sa taille
+ Très nombreux rangements
+ Possibilité de commander des puissants moteurs de 40 CV
Les -
- Transmission de barre hydraulique trop démultipliée
- Pas de plan d’installation de la sellerie extérieure
- Insonorisation des moteurs insuffisante
- Cinématique des portes de la cabine avant à revoir
- Pompe mal placée – contre la tête des dormeurs de la cabine arrière tribord
- Pas d’échelle ou de marches dans les soutes avant

DESCRIPTIF TECHNIQUE :
Constructeur : Bali Catamarans
Concepteur : Olivier Poncin
Architecte d’intérieur : Samer Lasta
Longueur : 12,05 m
Largeur : 6,56 m
Tirant d’eau : 1,1 m
Poids lège : 9,2 t
Déplacement maximum : 12,8 t
Grand-voile : 49 m2/52 m2 en version à corne
Solent autovireur : 30 m2
Code 0 : 52 m2
Spinnaker asymétrique : 90 m2
Tirant d’air : 18,23 m
Matériau de construction : sandwich mousse/verre/ polyester (process infusion), parement vinylester sur les œuvres vives. Pont sandwich en injection RTM.
Motorisation : Yanmar 2 x 19 CV ou 2 x 30 CV ou2 x 40 CV, transmissions saildrive/hélices tripales fixes
Capacité eau : 2 x 350 l
Carburant : 2 x 200 l
Réservoir à eaux noires : 55 l
Alternateurs : 2 x 125 A
Batteries : 2 x 130 A
Réfrigérateur-congélateur : 265 l
Prix de base :
- 3 cabines : 314 100 € HT
- 4 cabines : 309 500 € HT
Principales options en € HT
- Pack Excellence : 49 200
- Moteurs Yanmar 40 CV à la place des 19 CV : 5 260
- GV à corne avec lazy bag et lazy jacks : 5 040
- Code 0 complet avec câble anti-torsion et écoutes : 5 130
- Accastillage de Code 0 (bout dehors, emmaganiseur...) : 5 780
- Hélices repliables : 2 510
- Panneaux solaires 200 W : 2 320
- Dessalinisateur 105 l/h : 14 270
- Livraison, mâtage, préparation et mise en main sur place en Tunisie : 10 210
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