Le Belize naît en 2000, succédant au placide Vénézia 42, il se démarque de son prédécesseur par une ergonomie et un design plus modernes ainsi que par la volonté d’offrir des performances en nette amélioration ; 130 unités ont été construites. Le succès de la version Maestro destinée aux propriétaires nous offrait l’occasion de revisiter ce bateau dans une déclinaison résolument tournée vers le voyage et la vie à bord.
Infos pratiques
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PRESENTATION GENERALE
Le Belize a peu évolué depuis son lancement, constat qui crédibilise les choix de départ et témoigne de l’expérience du chantier. Ce catamaran de 43’ semble posséder les atouts pour effectuer une longue carrière en production et devenir un des modèles phares de la gamme d’Aigrefeuilles. Belize n’a pas de prétentions sportives, mais sa polyvalence plait aux locataires et lui permet de s’adapter parfaitement à un programme de grande croisière familiale ! La version Maestro est une évolution qui s’adresse aux familles flâneuses : confortable, efficace, réellement adapté au long séjour en mer. Ses qualités nautiques réservent de bonnes surprises !
Belize n’a pas de prétentions sportives, mais sa polyvalence est son atout majeur.
SILHOUETTE
De profil, le Bélize est vraiment sympa et tire fort bien son épingle du jeu difficile des proportions : la nacelle assez courte s’intègre bien à la ligne générale et le roof autorise une implantation de bôme relativement basse ; les étraves droites, le franc-bord modéré et les sifflets de jupe renforcent la perception positive mais le liston et la plaque constructeur sont un peu massifs. Une personnalisation des flotteurs au moyen d’un kit décoratif intégrant des filets-couleurs et un transfert fantaisie au nom du bateau seront les bienvenus.
Lors de notre essai, le Belize Maestro s'est montré sous un jour excellent.
ARCHITECTURE ET CONSTRUCTION
L’expérience de Michel Joubert et de Bernard Nivelt en matière de design de multicoques leur permet de jouer habilement avec l’équation piégeuse qui régit les catamarans consensuels : il faut que le public les aime mais ils doivent aussi affronter les jugements d’amateurs plus éclairés ; le confort croît sans cesse mais les performances doivent être honorables, leur prix doit être contenu mais plus personne n’acceptera de compromis avec la fiabilité ou la sécurité …Compliqué ! Hors de l’eau le Bélize dévoile des oeuvres vives aujourd’hui classiques : les sections en U de la zone centrale de carène s’aplatissent vers la voûte ; le brion assez immergé précède des entrées d’eau dont la progressivité est agréable à l’œil. Les lignes sont suffisamment tendues pour lutter contre le tangage excessif et la finesse des ailerons comme leur allongement devrait donner de bons résultats. Les safrans, les embases sail-drive et les hélices bi-pales manifestent le souci d’une traînée réduite ; globalement la surface mouillée et la géométrie générale doivent permettre au Bélize 43 d’être bon marcheur à toutes les allures. Attention cependant à la surcharge et au centrage des poids, les carènes le supporteront mais le plaisir et l’efficacité se dégraderont en proportion. Ce modèle construit en série bénéficie d’une bonne rigueur d’exécution, les peaux sont « fermées » par stratification, l’emploi de tissus multi axiaux de qualité et la mise en œuvre sous-vide se sont généralisés. Du point de vue structure, l’expérience du constructeur et des designers permet d’obtenir un bateau solide et rigide. Certaines pièces peu visibles (faces internes des marches de jupes) ne sont pas gelcoatées. Les ailerons rapportés sont emboîtés et stratifiés dans un carlinguage sérieux, le chantier semble avoir calculé les conséquences d’un échouage violent qui ne devraient pas dépasser la nécessité de changer l’appendice. L’observation sous la nacelle met en évidence le décaissement du bordé interne (destiné à accroître le sentiment d’espace dans les coques) mais également la fluidité correcte, la hauteur de tunnel est bonne mais l’agilité au près sera rigoureusement conditionnée par la charge. L’utilisation du sandwich mousse-verre-polyester contient le poids lège aux alentours de 7.5 t, ce qui est intéressant compte tenu des prestations offertes et comparables aux catamarans du segment (Catana 431 : 7.6t, Privilège 435 : 8.3t, Outremer 43 : 6t, Lagoon 440 : 10.5t).
Un cata qui invite à la découverte des mers chaudes…
LA VIE A BORD
Rien de révolutionnaire à bord du Bélize mais l’approche rationnelle des équipements, les volumes, la luminosité générale concourent à un ensemble agréable et sans chichis. Le carré est accueillant, facile à vivre et la cuisine hyper pratique. Les meubles contremoulés et gelcoatés ne jouent pas la carte du faux luxe mais leur ergonomie et leur fonctionnalité sont réelles. Le flotteur bâbord accueille deux belles cabines doubles et un cabinet de toilettes-wc très complet. La pointe avant est dotée d’une couchette d’équipage. A tribord le « studio » padronal : cet espace privé, réellement bluffant sur un 43’, tient, en mer, les promesses qu’il suggère dans les salons nautiques. On y dort comme un pacha, le sofa invite à la lecture et les rangements sont aux standards hôteliers. Le compartiment toilettes avec douche, wc séparés et console coiffeuse mérite de positives et sincères appréciations (une couchette simple est logée dans le poste avant). L’ébénisterie (planchers lattés, meubles, parements de cloisons) est de bonne facture, certaines astuces décoratives méritent d’être notées (rideaux en cuir chromé).
A la manœuvre : l'accastillage est suffisant et de bonne facture…
SUR LE PONT
Toutes les fonctionnalités dévoilent à l’utilisation la maturité des concepteurs : les jupes sont larges et sécurisantes, les bossoirs en tube inox rationnels, les zones de manœuvres dégagées et ergonomiques. Les passavants sont larges et les déplacements sur le pont vraiment confortables. Sur le bateau essayé, les tensions de trampolines étaient parfaites. Une poutre composite relie le caisson structurel central à la traverse avant et se prolonge en un rostre-bout dehors permettant d’amurer gennaker ou spi asymétrique. Le plan de pont est clair et fonctionnel excepté les retours d’écoutes de GV bâbord et tribord : sont-ils bien nécessaires ? Même plébiscité par les utilisateurs ce système complique les réseaux et exerce une traction non compensée sur le vit de mulet. Le guindeau électrique commande un mouillage direct d’excellente conception !
Le poste de barre central est un modèle du genre : agréable et fonctionnel !
LE POSTE DE BARRE
Au risque d’étonner quelques lecteurs de Multicoques Mag je vais dire du bien d’un poste de pilotage central ! Celui du Bélize est un modèle du genre et m’a quelque peu réconcilié avec cette implantation : le siège, le diamètre de la roue elle-même, la disposition des commandes moteurs n’ont rien d’exceptionnel mais tout marche bien, tombe sous la main et l’effort de centrage dans le cockpit améliore le résultat général. La visibilité globale est très correcte, le petit pare-brise évitera les inondations accidentelles et le bimini top (sur la partie médiane duquel on peut marcher en confiance) ne gène pas. La liaison avec les safrans est mécanique; deux drosses en Vectran (réglables en tension) et une biellette rigide relient à travers la poutre arrière les deux secteurs de barre: simple, fiable et agréable !
Un plan de pont classique du chantier Fountaine-Pajot : c'est bien fait et agréable à vivre.
LES CALES MOTEURS ET LEUR ENVIRONNEMENT
Autre poste sensible sur un catamaran de croisière, l’accessibilité des systèmes: sur le Bélize l’ensemble de ces préoccupations a été rationnellement pris en compte… bravo ! On pénètre dans la cale par un panneau ouvrant et toutes les interventions sur les transmissions de barre, le pilote, les batteries sont à portée de main. Assis sur un faux plancher d’isolation phonique vous avez même accès aux filtres à gas-oil sans être exposé au raffut de la machine et à ses pièces en mouvement. Cette implantation est remarquable. Le silence de fonctionnement est optimisé par le cocon ainsi constitué.
La coque propriétaire est une réussite : belle, agréable à vivre, fonctionnelle et très spacieuse !
ESSAI EN MER
Les conditions météorologiques de cet essai qui se déroule sur deux journées sont variables en force (5 à 22 nœuds) mais pas en direction (que du près). Le modèle présenté arrivait de La Rochelle par la mer et notre terrain de jeu s’est étendu de La Ciotat à Cavalaire, tricotant des bords sur une centaine de miles. La prise en main commence par un contrôle du gréement et des voiles (Incidences), tout est rapidement checké sur cette unité bien préparée ; fait rare, les tensions des galhaubans sont parfaites. Nous sommes deux à bord, peu d’eau, peu de fuel et l’armement d’homologation. Le premier après-midi permettra de découvrir le bateau dans le détail. En mer, la brise d’Est est faible et debout. Le Bélize ne s’en tire pas mal du tout dans ces petits airs clapoteux, il monte au vent sans paresse, le loch suit bien les variations de la brise, les bords de près s’enchaînent et nous progressons contre un zéphir obstinément vissé sur nos étraves. Dans ce temps de confessionnal, le Bélize démontre sa cohérence géométrique et ses bonnes dispositions. Sous pilote, (quel bonheur de naviguer en petit comité avec un gros Autohelm 7000) puis à la barre, je constate l’agrément général du bateau et sa vivacité (qui est une bonne surprise !).
Dans cet espace, le "pacha" se sentira comme "à la maison"…
Après une confortable nuit passée au port d’Hyères nous reprenons la mer, il fait beau malgré un vent d’Est soutenu et cette journée de début de printemps nous offre des conditions intéressantes pour un test : un bon médium souffle ses 20 nœuds sur une mer peu agitée ; seule ombre au tableau (qui sera révélatrice des qualités de ce 43’) …ce sera du près, serré-serré ! Les manœuvres au moteur démontrent la parfaite adéquation des 27 Cv Yanmar, la motricité est bonne, les pivotements faciles, l’absence d’angle mort et le silence de fonctionnement rendent l’utilisation agréable ! Ces équipements correspondent à ce que l’on attend d’une installation mécanique à bord d’un catamaran. Sitôt les jetées franchies, nous envoyons la grande en 5/7 (grâce aux coulisseaux à billes et aux bonnes tensions de lattes) et déroulons le génois ; le Bélize démarre immédiatement, le cap et le sillage lèvent les premiers doutes quant au comportement de ce multicoque confortable! Bâbord amure nous faisons route sur la pointe orientale de l’île de Porquerolles que nous franchirons aisément après un petit contre-bord. La perception générale de cette navigation (qui peut être éprouvante sur certaines unités) est très positive, la vitesse, l’absence de dérive rendent l’allure agréable et soutiennent le plaisir de faire du près avec ce canote ! Entre 8 et 9 nœuds et demi par 18 nœuds de vent le Bélize manifeste ses qualités dynamiques et quelques relèvements successifs confirment l’efficacité des ailerons dans cette configuration de charge et d’état de la mer. Le bord suivant nous emmène plus au large sur une "piste" traditionnellement assez cassante : les conditions montent d’un ton, le _cat_ fait la preuve de sa facilité d’utilisation et de son agilité, bousculant avec une longue foulée le clapot maintenant bien formé. La brise souffle à 20 nœuds (parfois 22, 23) et le loch descend rarement en dessous de 10 nœuds à 50° du vent. Lège, le plan Joubert-Nivelt montre un comportement splendide, pas de tangage éprouvant, une bonne finesse d’attaque, peu de chocs sous la nacelle et une régularité parfaite. En abattant de quelques degrés le loch franchit la barre des 11 nœuds ! Le jeu de voiles de série (Incidence) participe à ces performances, tenue et qualité de coupe nous permettent de poursuivre avec de la puissance ; cette aptitude à faire une route rapide sans réglages ni réductions dans la brise me semble un atout maître de ce bateau tolérant et efficace. Le plaisir de barrer est réel malgré une démultiplication un peu excessive (qui facilite le travail du pilote), la transmission aux safrans (drosses Vectran et biellette rigide) démontre l’excellence de ce système simple et sensible. Les nombreux virements effectués confirment l’habileté et la capacité de relance (nous sortons à 5 nœuds sur l’autre bord !), la remise en vitesse s’effectue en quelques dizaines de mètres.
La salle d'eau de la version Maestro : là encore espace et confort sont au rendez-vous.
Conclusion
Même si les bons résultats obtenus par le Bélize lors de cet essai doivent être remis dans le contexte de conditions favorables de navigation (vent médium + déplacement lège), ils n’en restent pas moins représentatifs des qualités nautiques de ce multicoque. L’intégralité de cette agilité ne pourra être conservée en charge mais le propriétaire qui aura essayé son bateau dans cette configuration sera, sans doute, motivé pour en préserver l’essentiel et orientera la philosophie de son armement dans ce sens (dessalinisateur, gennaker, masses inertes contenues, etc…).
La version Maestro
L'aménagement intérieur du Bélize Maestro est une formule clés en main pour qui veut profiter d'une version "custom" sur un châssis de série éprouvé. Bien adapté à la réalisation d'une année sabbatique en famille, ce sera un bon choix pour ceux qui souhaitent des volumes "propriétaire" personnalisés sans se lancer dans une création trop individualisée. Délais de livraison courts, revente assurée et possibilité de location rationalisent le projet.
FICHE TECHNIQUE
Version essayée : Belize 43 Maestro Architectes : Michel Joubert-Bernard Nivelt Design intérieur : Olivier Flahaut Constructeur : Fountaine-Pajot Matériau : sandwich PVC/verre/Polyester isophtalique sous-vide Longueur : 13m Longueur à la flottaison : 12m Largeur : 7m Plan anti-dérive : ailerons fixes Tirant d’eau : 1.30m Tirant d’air : 19m Déplacement lège : 7t GV : 67m2 (coulisseaux à billes) Génois : 44m2 (enrouleur) Motorisation : 2X27Cv Yanmar Transmissions : Sail-drive et hélices bipales fixes Eau douce : 600l Gas-oil : 300l Prix de la version essayée : 310 000 Euros HT (+ 4000 ¤ de livraison et mise à l’eau)

Les plus
Agrément général Fiabilité Bateau confortable et marin
Les moins
Poutre avant composite massive Liston et plaque constructeur Quelques assemblages perfectibles (jupes arrière collées)