A l’heure où de plus en plus de constructeurs de multicoques semblent s’intéresser exclusivement aux unités de plus de 50 voire 60 pieds, le chantier italien Comar Yachts dévoile un catamaran de seulement 38 pieds capable de traverser un océan en offrant confort, habitabilité et performances. Un sacré cocktail que nous avons eu l’opportunité de partager au large de Miami avec Massimo Guardigli, à la fois patron de la marque et propriétaire de ce C-Cat 38.
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Conditions : vent d’est 10-15 nœuds, mer belle
Vous n’êtes peut-être pas familier avec la marque Comar Yachts, et pourtant, ce chantier né il y a 65 ans a écrit quelques-unes des plus belles pages du yachting à voile. On lui doit notamment les célèbres Comet, des monocoques de 52 à 100 pieds.
Depuis, le constructeur a lancé sa gamme de catamarans en 2015 avec le C-Cat 37, en collaboration avec Marc Lombard Yacht Design Group. Suit le C-Cat 48, et très bientôt les C-Cat 56 et 65, impliquant des cabinets d’architectes de renom, comme celui d’Enrico Contreas ou Yacht Design Collective.
L’idée derrière la création de ces catamarans, c’est de produire des multicoques confortables, très habitables, mais sans sacrifier les performances. Une philosophie qui ne se résume pas à des mots, puisque Massimo passe une bonne partie de l’année à bord de ses propres bateaux, ce qui lui permet d’améliorer constamment ses modèles.
Une version modernisée du C-Cat 37
Le C-Cat 38 ne part pas d’une page blanche ; il s’agit d’une version modernisée et améliorée du célèbre C-Cat 37. Ce nouveau millésime a été étudié avec Marc Lombard Yacht Design Group, mais la contribution du bureau d’études du chantier a été importante. Un peu plus long que son prédécesseur (73 cm), le C-Cat 38 a été pensé pour être un catamaran compact capable d’accueillir une famille à bord, mais aussi pour être autonome lors de longues traversées, et tout cela sans sacrifier les performances. Un pari ambitieux, mais qui semble d’ores et déjà réussi, puisque le catamaran, skippé par Massimo, a remporté l’édition 2024 de l’Atlantic Rally for Cruisers (ARC) dans sa catégorie. Le patron/marin et sa compagne – également impliquée dans la bonne marche de Comar Yachts – ont déjà passé plusieurs mois à bord de leur C-Cat 38, affinant chaque détail.
Sur le plan esthétique, le C-Cat 38 profite d’un joli coup de crayon, cela ne surprend pas de la part d’un chantier italien. Relativement compact, le multicoque affiche une ligne moderne avec des coques assez hautes au-dessus de l’eau, des étraves inversées, trois longs hublots latéraux joliment dessinés et un rouf légèrement arrondi du plus bel effet. Qui plus est, cette partie habitable est prolongée par un fin bimini qui accentue le profil aérodynamique tout en offrant une protection efficace au cockpit. Le catamaran profite également de deux longues jupes et d’une nacelle assez haute, un bon atout dans la mer formée.
L’accès à bord depuis les jupes rallongées est aisé, avec seulement deux marches pour rejoindre le cockpit. Ce passage peut être condamné par un filin en acier, mais pas plus ; il faudra donc être particulièrement vigilant si vous avez de jeunes enfants à bord.
Longueur oblige, le cockpit n’est pas immense, mais largement suffisant pour une unité de cette taille. L’agencement est très rationnel, avec une longue assise de chaque côté, un petit retour sur l’arrière et un tabouret mobile – ce qui permet, au total, d’asseoir facilement sept ou huit personnes. Une table de bonne dimension est installée sur la partie bâbord et, grâce aux toiles latérales, on est particulièrement bien protégé dans cet espace. Un capot de pont ouvrant permet également d’apporter un peu plus de luminosité, d’air frais et de jeter un œil sur le gréement, c’est bien pensé.
L’arrière du cockpit est dédié à la circulation entre les deux postes de barre et comporte une petite banquette avec un confortable dossier sur le tableau arrière, un bon endroit pour s’asseoir en navigation. Juste derrière, deux solides bossoirs permettent d’accrocher une annexe de 3,50 m de long dont la mise à l’eau se fait grâce à un ingénieux système de poulies. Massimo a installé deux panneaux solaires sur le dessus des bossoirs, un emplacement idéal pour capturer l’énergie solaire, mais aussi une manière d’abriter l’annexe. Là encore, c’est plutôt bien vu.
Pour libérer de la place, les concepteurs ont donc installé les postes de barre complètement sur les côtés ; cette disposition garantit une très bonne visibilité sur la mer et sur le gréement. Chaque poste de barre est équipé d’un siège confortable et d’un petit bimini pour rester à l’abri du soleil ou de la pluie.
Pour se rendre sur le pont avant, on profite de passavants ; ils sont assez larges, et surtout peu encombrés. En effet, si toutes les manœuvres reviennent au cockpit, elles sont guidées et bien protégées, ce qui fait qu’elles ne se trouvent pas dans les pieds. En étant tatillons, nous aurions apprécié des capots de pont totalement flush, mais c’est un détail. Autre bon point, les filières sont assez hautes, ce qui est évidemment sécurisant. Comme sur de nombreux catamarans modernes, le pont avant mêle une partie trampoline pour gagner du poids, alors que la partie proche de la nacelle est rigide et renferme des coffres. C’est justement là que Massimo a installé son système de dessalinisation, mais l’on peut imaginer un peu ce que l’on veut, car la place ne manque pas. Chaque coque offre également un coffre pour les voiles ou les défenses, tandis que la poutre avant supporte l’étai et l’enrouleur de génois. C’est là aussi que l’on trouve le bout-dehors en carbone pour envoyer le spinnaker. Grâce à une petite marche, l’accès au pied de mât est assez aisé, et c’est également ici, sur le rouf, qu’ont été installés des panneaux solaires supplémentaires.
Un espace intérieur parfaitement exploité
Depuis le cockpit, une grande baie coulissante donne accès au carré intérieur. Là encore, il faut garder en tête que nous sommes sur un catamaran de 38 pieds seulement, et que l’espace est donc un peu compté. Pour autant, on trouve sur tribord un petit coin repas, avec une table autour de laquelle quatre ou cinq personnes peuvent prendre place. La partie bâbord est quant à elle consacrée à la cuisine et au poste de navigation avec l’électronique ; l’équipement est suffisant pour contrôler tous les paramètres nécessaires en croisière. L’aménagement est plein d’astuces, et chaque recoin a été exploité pour y loger des rangements, des étagères ou pour installer de l’électronique supplémentaire. Pas très vaste, la cuisine comporte néanmoins l’essentiel, à savoir un évier, une table de cuisson, un réfrigérateur et des rangements. Grâce aux grandes fenêtres installées tout autour, la luminosité est optimale, et des hublots ouvrant sur l’avant, dans le plafond et sur les côtés permettent d’aérer efficacement cet intérieur.
La (bonne) surprise continue avec l’espace nuit. En effet, en dépit de sa taille, le C-Cat 38 est disponible en versions 2, 3 et même 4 cabines, ce qui ouvre à ce catamaran les portes du charter. Le modèle de notre test était une version Propriétaire, c’est-à-dire avec deux cabines sur bâbord, tandis que la coque tribord était dédiée à la cabine Propriétaire. Sur bâbord, on trouve donc un couchage double sur l’arrière avec pas mal de rangements autour, alors que la pointe avant dispose d’un couchage simple (mais de bonne largeur) et d’un second lit au-dessus, une configuration idéale pour des enfants. Le cabinet de toilette est situé au milieu et doit être partagé par les deux cabines. Outre les nombreux rangements, ces espaces sont très lumineux grâce aux longs hublots de coque et profitent d’une bonne aération.
La cabine Propriétaire occupe toute la coque tribord avec un couchage queen size sur l’arrière, tandis que le couloir regroupe des rangements et une petite assise. Enfin, la pointe avant est occupée par une grande salle d’eau, avec lavabo, toilettes et une douche de bonnes dimensions. Comme sur bâbord, luminosité et aération sont optimales et l’on apprécie l’impressionnant espace de rangement.
De manière générale, même si l’on ne parle pas ici d’un catamaran de luxe, la construction semble sérieuse, les finitions sont de bon niveau et le niveau d’équipement correct.
Très léger et bien toilé
Par rapport à son prédécesseur, le C-Cat 38 profite de nouvelles coques optimisées pour obtenir 0,9 nœud de plus que le C-Cat 37 par 10 nœuds de vent. Le catamaran bénéficie en option de deux dérives relevables. Le 38 de Massimo se contente de quillons… le poids du catamaran se limite à 5,6 t, soit 2,3 t de moins qu’un Aventura 37 de même gabarit. On relèvera également les déplacements du Bali Catsmart et de l’Excess 11, respectivement de 8,9 et 9 t – mais ces deux modèles sont bien plus larges et habitables. Si l’on ajoute à ce poids plume un mât de 14,22 m de haut (il est possible de commander un mât plus haut encore) et un plan de voilure plus puissant, on comprend bien qu’il y a moyen de s’amuser en navigation ; le ratio voilure/poids inédit de 13,95 m2/t avec le gréement standard ne fait que renforcer cette impression…
Il ne faut pas longtemps sous voile pour s’en rendre compte : dès nos premiers bords au large de Miami, force est de constater que le C-Cat 38 est un vrai avion de chasse. Ce modèle ne décevra pas les voileux les plus exigeants. Equipé en série d’un jeu de voiles Speed Sails, le catamaran ne demande vraiment pas beaucoup de vent pour s’élancer ; alors que nous sommes encore abrités, nous envoyons les voiles et, dès les moteurs coupés, le multicoque accélère là où nombre de concurrents mettent un peu de temps à se déhaler. Le jour de notre test, les conditions étaient assez tranquilles, avec un vent oscillant entre 10 et 15 nœuds, mais cela n’a pas semblé poser de problèmes à notre véloce C-Cat 38. Sous grand-voile et génois, avec 10 nœuds de vent, le catamaran file déjà à 6,5 nœuds, et il frôle les 8 nœuds quand le vent forcit un peu à 14 nœuds. Nous essayons plusieurs allures, et c’est au bon plein, à 60°, que le C-Cat offre les meilleurs résultats. L’envoi du Code 0 permet même de sentir l’accélération de manière assez spectaculaire pour un catamaran de croisière. Ainsi toilé, le 38 ne peine pas à dépasser 10 nœuds dans les mêmes conditions de vent. Nous n’avons pas eu l’opportunité d’envoyer le spi, mais le chantier évoque une vitesse moyenne de 14 à 15 nœuds. Selon Massimo, son Bellamossa a déjà atteint 20,5 nœuds, une valeur remarquable pour une unité de croisière de 38 pieds. De manière générale, dans des conditions de vent moyennes, le C-Cat est capable de tenir une vitesse de 8 à 9 nœuds, ce qui est très satisfaisant pour de la croisière. Outre la performance, nous avons véritablement apprécié la facilité de manœuvre de ce multicoque. Bien installé au poste de barre, le skipper profite d’une visibilité optimale, et toutes les drisses sont accessibles. Que ce soit lors des virements ou des empannages, tout se fait en douceur, et cela sans même profiter d’un foc autovireur. Bref, un catamaran facile à mener en équipage réduit, voire en solitaire.
Pour les jours sans vent ou pour évoluer dans une marina, le C-Cat est équipé de deux moteurs in-board de 20 ch et de deux réservoirs de carburant de 100 litres. Même si le carburant est également utilisé par le générateur, cela offre une autonomie convenable. Conçu pour les longues traversées, le catamaran dispose de deux réservoirs d’eau de 300 litres et, si vous optez pour un dessalinisateur, vous aurez une quantité d’eau quasiment illimitée
Conclusion
Avec le C-Cat 38, le chantier Comar Yachts démontre qu’il possède un excellent savoir-faire quand il s’agit de produire un catamaran compact, léger et performant. Au prix d’un volume à peine réduit, il offre la possibilité à de nombreux primo-accédants d’entrer dans l’univers du multicoque de croisière sans être contraints de cocher la case occasion. Avec un prix de départ inférieur à 500 000 € HT tout équipé et prêt à naviguer, le C-Cat 38 se positionne en effet face à des catamarans d’occasion de 40 pieds, et reste évidemment bien plus accessible que les multicoques neufs de 5 ou 6 pieds de plus qui constituaient il y a seulement 3 ou 4 ans le plus gros segment des ventes.
Aménagement astucieux
Catamaran parfaitement optimisé
Pas de panneaux flush
Descriptif technique
Architecte : Marc Lombard Yacht Design Group
Longueur hors-tout : 11,73 m
Largeur : 5,84 m
Tirant d’eau quillons : 1,30 m
Tirant d’eau dérives relevées : 0,98 m
Tirant d’eau dérives baissées : 2,24 m
Déplacement lège : 5,6 t
Hauteur du mât : 14,22/14,92 m
Tirant d’air : 16,94/17,63 m
Grand-voile : 45,3 m2
Génois : 32,8 m2
Gennaker : 80 m2
Code 0 : 56 m2
Motorisation standard : 2 x 20 ch
Eau : 300 l
Carburant : 2 x 100 l
Certification CE : Catégorie A
Prix : à partir de 380 000 € HT
Prêt à partir : 470 000 € HT



