Le plus « petit » des Catana profite de l’expérience du chantier et des solutions éprouvées sur les autres modèles, pour se positionner avec de nombreux atouts dans le créneau des 40 pieds.
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Si la tendance générale du marché tend vers la construction d’unités plus importantes, la taille de 12 m environ, permet à un propriétaire d’envisager aussi bien des croisières hauturières, qu’estivales, tout en gérant des coûts de port et d’entretien encore acceptables. Cette longueur autorise également de profiter d’un confort appréciable, et reste manœuvrable en équipage réduit.

Le 401 s’inscrit parfaitement dans cette optique, avec toutefois au premier abord un prix d’achat quelque peu dissuasif. Certes si l’on compare les finitions, la qualité des emménagements, et de l’accastillage, sans oublier bien sûr les procédés de fabrication, ce prix devient justifié. Autant en finir tout de suite avec ce point, il vous faudra débourser 396 100 Euros HT, soit quelque 3,1 millions de francs TTC pour un Catana 401 barre en main. Pour ce montant, vous aurez le choix entre 10 versions différentes d’emménagements, sans supplément. Il semble que le marché de la plaisance se porte effectivement très bien, puisque à ce jour, 5 unités naviguent déjà et pas moins de 17 autres sont en commandes.
« Teresa III », le n°1 de la série que nous avons essayé, opère en Méditerranée en location à partir de Canet en Roussillon, base de l’usine Catana. Cette entreprise vient de doubler sa capacité de production, avec la construction d’un nouveau bâtiment, un troisième est déjà programmé pour la fin de l’année.

AMÉNAGEMENTS
Du fait de son utilisation en location, « Teresa III » est aménagé avec quatre cabines doubles, qui est la disposition maximum, en nombre de couchage des 10 versions proposées. Chaque coque reçoit une cabine double à l’avant et une à l’arrière, séparée par une salle de bain. La table à cartes disposée vers l’avant reçoit toute l’électronique désormais courante sur ce genre d’unité : radar Furuno M821, GPS/Plotter LCD Chart Brookes & Gatehouse, centrale de navigation Brookes & Gatehouse Hydra, VHF Shipmate RS 8300, décodeur météo Navtex Nav 4 ICS. A côté, le carré en U ouvert, permet de prendre les repas autour d’une table rabattable en deux parties avec tiroirs et bar encastré dans le pied. La cuisine est disposée en face, de chaque côté de l’accès au cockpit. A gauche, nombreux rangements et poubelle, plan de travail en Formica, évier 2 bacs, table de cuisson inox 3 feux, four traditionnel et micro ondes, et à droite le réfrigérateur de 200 litres. Tous les emménagements, ainsi que les planchers sont réalisés en sandwich de mousse. Les placages en noyer évite tout entretien et l’utilisation du teck massif dans tous les bordurages rehaussent l’esthétique et le côté chaleureux. Les finitions sont irréprochables, le carré est très clair et bien ventilé grâce à deux hublots ouvrants sur l’avant. L’éclairage des cabines est également particulièrement réussi, avec de larges hublots (900 x 300 mm) donnant une vue imprenable sur la mer. Notons toutefois que si vous mesurez 1,80 m environ, la descente dans les coques n’est pas des plus aisée. Il faudra vous contorsionner un peu, le roof vous obligeant à mettre la tête de côté. Nous avons trouvé que la descente à reculons était la solution. C’est sans doute une question d’habitude. En bas, toujours dans notre version, vous arrivez dans la salle de bain contremoulée. Il vous faudra enlever votre veste de quart pour y pénétrer. Aussi bien l’accès, que la taille du lavabo est étonnamment réduit. Quant à prendre une douche ? Réservé au petit gabarit ! Ce problème n’existe pas dans les versions propriétaires.
SUR LE PONT
Désormais adopté sur toute la gamme, le pont est totalement dégagé de toutes manœuvres. Toutes les drisses traversent le pont en pied de mât, passent sous le bateau dans un omega les préservant des attaques salines, pour réapparaître à l’arrière du cockpit sur un winch électrique Andersen 46 ST à deux vitesses. C’est fonctionnel, esthétique et très pratique. La prise de ris ainsi que l’envoi de la GV mouflée devient un jeu d’enfant. Sur chaque bord, les écoutes de génois ainsi que les commandes de dérives arrivent sur des bloqueurs Spinlock, permettant de libérer le winch Andersen 2 vitesses 46 ST électrique. Tout le pouliage Frederiksen est à bille. La double écoute de grand-voile revient sur deux winches Andersen 40 ST. Les besoins d’énergie sont distribués par 4 batteries de service de 115 AH, plus deux batteries moteurs de 60 AH, soit un totale de 580 AH. Chaque étrave reçoit un siège en teck dans lequel vous ne perdrez rien du spectacle des dauphins qui ne manqueront pas de vous accompagner. Deux grands coffres sur l’avant avalent sans difficulté les défenses et autres bouts d’amarrage. Le mouillage passe sous le trampoline pour revenir sur un guindeau électrique de 1 400 watts fixé au pied du mât dans un coffre. Chaîne et mouillage de secours y trouvent également leur place. Bien qu’à priori, du fait de l’agencement des manœuvres, vous n’ayez rien à faire sur le sommet du roof, si ce n’est manœuvrer le zip du lazy bag ou ranger un peu la grand-voile dans celui-ci, il vaut mieux le faire en eaux abritées. En effet, si la montée par l’avant est hasardeuse, puisque rien ne facilite l’accès (pas de marche, ni main courante, roof aux formes arrondies), la descente avec un peu d’humidité s’avère acrobatique.

Les deux postes de barre sont un modèle de confort. Le répétiteur fixé au centre du roof, avec ces gros chiffres est très visible de la barre, la vue sur l’avant est totalement dégagée. Le poste tribord reçoit les commandes moteur. De chaque bord, une partie des bancs de cockpit se transforment en relax grâce au dossier modulable. Très agréable pour la bronzette, cette disposition se transforme en piège lorsque vous passez du pont au cockpit. Tout d’abord vous devrez enjamber l’écoute de génois en travers du passage, et contourner le trou formé par le relax. La plus grande attention et surtout aucune précipitation sont nécessaires pour éviter ces deux embûches. Également livré en série le mât carbone laqué blanc réalisé par Espace Composite. La bôme signée JP Maréchal reste en aluminium. L’arrière du cockpit s’orne de 2 bossoirs également en carbone supportant un Zodiac de 3,10 m équipé d’un moteur HB Yamaha de 4 CV. Derrière chaque poste de barre une ouverture pratiquée dans l’hiloire permet l’accès aux jupes arrières aménagées de larges marches en teck et d’une échelle de bains. La circulation ne pose aucun problème.
EN MER
Démarrage des deux Volvo sail drive diesel de 30 CV, munis d’hélices tripales repliables. Il faut regarder les comptes tours pour s’assurer de la mise en marche, ou bien vérifier que l’eau de refroidissement sort bien, car aucun bruit ni vibration ne permet de détecter le fonctionnement. L’isolation extérieure et intérieure est remarquable, à 2000 t/mm, le bruit dans les coques est imperceptible. La puissance des 2 x 30 CV est présente pour les manœuvres de port. En jouant uniquement sur les commandes, sans toucher la barre, le 401 se manie avec une facilité déconcertante, et nous permet de nous glisser entre les deux 471 voisins. La Tramontane est au rendez-vous lors de cet essai avec une météo prévoyant du NW de 15/22 nœuds. La grand-voile de 52 m2 est envoyée à la sortie de port. Moteurs coupés nous sommes à 9 nœuds sous grand voile seule à 100 ° du vent. Comme toujours avec la Tramontane dans cette région, la mer est peu formée le long du littoral et les rafales sont parfois violentes. Génois de 42 m2 déroulé en totalité, le speedo grimpe à plus de 10 nœuds à 45° du vent.

Le passage dans l’eau est franc et à de rares exceptions les embruns viendront rincer le cockpit, sans jamais atteindre le barreur. Confortablement installé sur le siège, la souplesse de barre est parfaite, et permet de ne pas fatiguer même par gros temps. Les rafales se font plus fortes, 27/30 nœuds, et le 401 avec tout dessus accélère instantanément. En débridant un peu à 90°, les arrières se soulèvent légèrement et nous voilà à plus de 20 nœuds dans un confort hors norme et en toute sécurité. Les étraves soulagent et c’est le grand bonheur. Le retour au près, afin de conserver un bon cap, amène à prendre un ris dans la grand voile et 4 tours dans le génois. Avec 25 nœuds de vent réel, la vitesse s’établit à 9,7 nœuds, ce qui permet de tailler beaucoup de route, toujours dans un confort très appréciable et en sécurité.

CONCLUSION
En navigation le Catana 401 se montre très véloce avec de franches accélérations. Le maniement aussi bien à la voile qu’au moteur est aisé. La douceur des barres et le confort permettent au barreur d’assurer de longues heures sans fatigue. Sans conteste, ce bateau est très vivant, performant et sécurisant. La construction, les prestations fournies et les finitions sont de belles factures, l’ensemble, de haut de gamme, à part quelques loupés évoqués plus hauts, font du Catana 401 une belle réussite.
Caractéristiques techniques
LHT : 12,50 m Longueur flottaison : 12,00 m Largeur : 6,70 m Poids lège : 6,200 kg T.E : 0,70/2,00 m Motorisation : 2 x 30 CV Eau : 400 l Dessalinisateur : 500 l/j Gas-oil : 200 l Jauge brute : 27 Tx Architecte : Christophe Barreau Constructeur : Catana SA – ZT – 66142 Canet en Roussillon Cedex