Plus petit modèle actuellement au catalogue du chantier Catana, le 41, vite devenu 42, a été lancé voilà tout juste 10 ans… les (bonnes) occasions récentes et bien équipées de ce catamaran rapide et séduisant ne manquent pas !
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En 2008, Catana lancait son 41 ; une bonne nouvelle, puisque le chantier, plutôt focalisé sur des unités de plus en plus imposantes, s’intéresse alors à un modèle d'une taille bien plus raisonnable – et retrouve ainsi l’esprit des tout premiers Catana. On a donc affaire à un catamaran sensiblement plus léger que ses concurrents de même longueur : environ 9 tonnes, contre 11,5 pour le tout prochain Fountaine Pajot, 12,1 pour le Lagoon 42. A préciser que ces deux modèles, plus typés confort, proposent un volume bien supérieur. Le Catana 41 se veut donc une unité haut de gamme, performante et aux qualités marines reconnues. Deux ans après son lancement, le chantier a revu le plan d’aménagement de la nacelle et les manœuvres sur le pont. Le 41 devient 42. Aujourd’hui diffusé à une cinquantaine d’exemplaires, il est bien présent sur le marché de l’occasion, puisqu’à l’heure où nous bouclons ces lignes, 5 exemplaires sont proposés à la vente.

Des carènes innovantes
Si les coques n’affichent pas encore les étraves inversées – devenues en quelques années omniprésentes –, on relève tout de même un net effort sur le plan architectural. Les étraves du 41, très fines à la flottaison, présentent beaucoup de volume près du pont et un bustle sous la surface – comme sur les navires de commerce. Avantages de ce dessin : plus de vitesse grâce à une longueur maximum à la flottaison, excellente résistance à l’enfournement et moins de tangage. Le Catana 41 reste bien sûr fidèle aux dérives sabres, communes à tous les autres modèles de la marque. Les avantages ? Un cap au près bien meilleur que celui des catamarans dotés d’ailerons (2,70 m de tirant d’eau dérives basses, contre 1,20 m à 1,40 m pour les appendices fixes des concurrents de même taille) et la possibilité de les relever totalement ou partiellement suivant l’allure et/ou la vitesse. Soit un bonus en surface mouillée et l’opportunité d’équilibrer au mieux le bateau pour obtenir une barre neutre. Et la possibilité d’échouer dans seulement 80 cm d’eau – attention aux safrans tout de même. L’observation, vue de face, du tunnel formé par l’intérieur des coques et de la nacelle, permet de s’assurer que la "garde à la mer" est généreuse. Un redan imposant démarre au premier tiers des coques, afin d’assurer un peu plus d’aisance que ces coques fines ne pouvaient en procurer. Enfin, on remarque une nervure centrale sous la nacelle : elle fait office de déflecteur afin d’éviter les claquements des vagues, mais participe également à la rigidité du bateau.

Un plan de pont étudié pour les équipages réduits
Le plan de pont du 41 présente de grandes surfaces planes – passavants bien dégagés (pas de gêne des dérives, bien excentrées) et imposant trampoline. A noter également, de bonnes mains courantes et de nombreuses prises. On escalade facilement le rouf et donc le bimini grâce à une marche intégrée à la face avant. Au pied du mât, trois coffres sont découpés. Celui du centre est dédié au guindeau et à son mouillage. Juste devant le trampoline, deux soutes près des étraves et deux bancs confortables. Bravo pour les généreux taquets. D’abord, ils sont gros, et ensuite, il y en a deux à l’avant, un pour les gardes et encore deux à l’arrière.
Le cockpit est protégé par un bimini qui se veut discret – il est légèrement détaché du rouf. Le chantier a prévu une table décalée sur bâbord et des banquettes confortables. Pas de poste de barre contre le rouf, mais deux excentrés sur les coques. Certes, on y est plus exposé, mais la vue sur les étraves et le plan de voilure est parfaite. Sur le Catana 41, les manœuvres se répartissent entre les pieds de mât – drisses – et les postes de barre. Le 42, quant à lui, adopte des goulottes sous le cockpit pour faire ressurgir les bouts sur une robuste pièce en polyester, tout à l’arrière. Là, deux puissants winches et deux batteries de bloqueurs permettent de gérer les manœuvres. Les deux configurations sont bien adaptées aux équipages réduits – et même à la navigation en solitaire. Plus à l’arrière encore, des assises amovibles, les jupes lattées de teck parfaitement aménagées pour la baignade, le double palan d’écoute de grand-voile et une paire de bossoirs pour l’annexe.

Vif et direct à la barre
A la barre, la prise est directe, presque ferme, mais pas désagréable. Le barreur prend du plaisir à créer du vent apparent. Déjà, sur le papier, son ratio voilure/poids de 12,7 m2/t le place clairement dans le camp des catamarans performants. Constat confirmé sur l’eau : le 41 se révèle particulièrement vif. Par 16 nœuds de vent réel, le GPS affiche gaillardement 6,5 à 7 nœuds au près. Grâce aux dérives, le cap est bon ; il ne demande qu’à être meilleur encore en rentrant les points de tire du foc. Aux allures débridées, le 41 met le turbo : 8 à 9 nœuds en permanence. Le bateau atteint sans difficultés les 12 nœuds par 20 nœuds de vent. Par force 4, on navigue tout dessus. La grand-voile à corne et le génois à fort recouvrement apportent une belle puissance, facilement encaissée par la structure de 7 m de largeur.
Avantage au 42 pour la nacelle !
Inutile de tourner autour du pot : l’aménagement de la nacelle du Catana 41 n’a pas convaincu, avec sa cuisine repoussée à l’avant et son carré qui jouxte le cockpit, entravant la circulation. Raison pour laquelle, dès 2010, Catana présente sous le vocable 42 une nacelle entièrement repensée. Et finalement conforme à la tendance générale – cuisine qui jouxte le cockpit, carré et table à cartes repoussés à l’avant.
Les coques proposent, selon les versions, trois ou quatre cabines. La première version, la plus recherchée, réserve la coque tribord au propriétaire. Elle est aménagée par une vaste couchette double à l’arrière (au format terrestre, c'est-à-dire 200 cm x 140 cm). Les matelas sont épais et la hauteur est au minimum de 91 cm. Les sommiers à lattes, la menuiserie, l’aération et l’éclairage sont très soignés, et les rangements omniprésents. Cette coque abrite également un bureau et un vaste cabinet de toilette. A bâbord, une descente par cabine. Elles encadrent le cabinet de toilette. Le volume offert à l’avant est logiquement un peu plus compté qu’à l’arrière, avec une largeur maximum de 1,32 m.

Conclusion
On retrouve chez ce modèle l’esprit des Catana des années 1990. Des catas rapides, marins, bien construits, et capables de traverser les océans en toute sécurité. Ce n'est peut-être pas pour rien que le nom "42" a été repris – c’était celui d’un des tout premiers modèles du chantier. En revanche, la finition est infiniment plus soignée que celle de la première génération. Le 41/42 marque également un nouveau cap, avec un prix plus accessible. Car, si la surenchère d’équipements (mât carbone et lave-linge en série) faisait des Catana des années 2000 le top en matière de confort, elle se soldait par un surcoût de pratiquement 100 % comparé à un modèle équivalent de grande série. Reste que les différents niveaux d’option – Ocean Class, Neo – justifient encore un delta de prix assez large à l’achat d’occasion.
Les points à vérifier
Avec ses œuvres vives renforcées par un bouclier Kevlar® et une liaison pont/coque entièrement reprise par stratification et non seulement vissée et collée comme cela se pratique chez la plupart des autres constructeurs, le chantier garantit sa structure cinq ans sans sourciller. De bon augure quant au vieillissement de ce Catana. C’est plutôt les voiles, moteurs et cordages qu’il est souhaitable d’inspecter – surtout pour les unités qui ont beaucoup bourlingué.
On aime
Catamaran performant et plaisant à barrer
Sûr par gros temps
Nacelle bien protégée du soleil
On n’aime pas
Aménagement de la nacelle du 41
Différence de niveau entre le cockpit et la nacelle
Etroitesse des couchages avant
Fiche technique :
Chantier : Catana
Architectes : Christophe Barreau et Linea Concept
Matériau : sandwich vinylester/Twaron®
Longueur hors tout : 12,58 m
Longueur à la flottaison : 12,37 m
Largeur : 6,86 m
Tirant d’eau : 0,80/2,70 m
Déplacement : 8,90 ou 9,28 t
Surface de grand-voile : 70,00 m2
Surface de génois : 43,00 m2
Surface de gennaker : 60,00 m2
Moteurs : 2 x 30 ou 39 cv diesel
Capacité eau : 670 l
Capacité gazole : 430 l
Production : 48 depuis 2008
Prix occasion : de 190 000 à 280 000 € HT