Le modèle le plus diffusé par le chantier Catana doit son succès aux nombreux périples accomplis à son bord. Quelle meilleure carte de visite qu’un loch qui affiche des dizaines de milliers de milles ?
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Mexico, notre catamaran témoin, est un des derniers 471 construits – le 83e sur 86 en tout. Un score très respectable pour une unité de plus de 14 m : c’est d’ailleurs le best-seller du chantier de Canet-en-Roussillon. C’est aussi un modèle emblématique. Celui qui a les plus beaux périples à raconter… « De très nombreux Catana 471 ont fait des tours du monde ou grands voyages avec à leur bord un couple, un marin solitaire ou une famille avec enfants, s’enthousiasme Nicolas Pistre, responsable marketing du chantier. C’est le bateau qui a fait la réputation de la marque et lui a donné cette image de bateau sûr de tour du monde, performant, confortable et facile à manœuvrer. C’est un bateau encore recherché pour ses qualités marines exceptionnelles. » Le voyage le plus extraordinaire revient sans doute à Bruno Nicoletti. Après une première circumnavigation à bord d’un Catana 44, il a effectué son second tour du monde par le grand Sud sur un Catana 471... à plus de 70 ans ! Diffusion record et grands voyages font de ce modèle un catamaran très recherché sur le marché de l’occasion. Le profil type des acheteurs ? Une famille prête à larguer les amarres ! La carrière du 471 ne se résume pas à une belle tranche de production de 1997 à 2006 : ce modèle a également été décliné dans une version suréquipée et typée propriétaire – le Catana 472 – avec une foultitude d’équipements de confort intérieur, mais aussi des sièges de barre réglables en hauteur, un gennaker amuré sur un bout-dehors en carbone… Le 471 a également poursuivi sa carrière l’air de rien sous le vocable 47 OC (comprendre Ocean Cruiser) jusqu’en 2009 avant d’être remplacé pour de bon par le 47 actuel. Vous avez suivi ?
Le chouchou de Catana
Si le staff de Catana apprécie toujours autant le 471, c’est sans doute que ce modèle est le bon compromis entre les premiers Catana un poil rustiques et la tendance démarrée au début des années 2000 vers des catamarans suréquipés – gréement carbone, électroménager, équipement électronique dernier cri. Le chantier a replacé depuis peu le curseur quelque part vers le réglage du 471, allez savoir pourquoi… Renaud Perrie, responsable des essais en mer et des convoyages, est un inconditionnel du 471 : « Pour moi, 47 pieds, c’est la bonne taille. On peut encore manœuvrer seul, sans équipage. Ça assure bien dans le mauvais temps, ça ne tape pas trop dans la mer. » Au chantier, on relève, sans trop se vanter, une pointe à 29,6 nœuds lors d’un surf sur une très grosse vague – franchement, je ne vous conseille pas de tenter de faire mieux – et une traversée du golfe de Saint-Tropez sur un flotteur… Nicolas Pistre préfère nous faire partager cette étonnante image des phoques installés sur les jupes d’un 471 : son propriétaire a fini par installer des filets, opération reconduite sur son nouveau Catana 50. On n’a pas forcément envie de partager son petit déj’ avec un éléphant de mer.
Dur, dur, la location sous les tropique !
Mexico n’est donc pas vieux, à peine sept ans, mais il a connu un traitement difficile : cinq ans de location aux Antilles, plus précisément en Martinique chez Dream Yachts Charter. Soit un soleil de plomb, une température élevée et beaucoup, beaucoup d’humidité… Les bateaux n’aiment pas du tout ! Extérieurement, notre 471 est nickel. Certes, la sellerie extérieure en skaï est cuite par les UV, elle ne ressemble plus à grand-chose et la peinture blanche des bossoirs s’écaille. Ça reste du détail : les postes de barre excentrés et l’accastillage – les manœuvres filent sous la nacelle et la grand-voile est contrôlée par une patte d’oie – sont opérationnels, le bateau est prêt à naviguer. On apprécie les passavants bien dégagés, la pente faible du rouf qui permet de grimper facilement zipper le lazy bag. Seul (petit) reproche : le cockpit est plus haut que la nacelle. A l’intérieur, l’impression de volume est bonne même si on est très en deçà des standards actuels – en tout cas ceux des chantiers Lagoon ou Fountaine Pajot.
Bonne hauteur sous barrot de 1,95 m, cuisine en long proche du cockpit, table à cartes face à la marche bien agencée avec plein de rangements et un tableau électrique complet – mais vissé –, la trame générale des emménagements est convaincante. La table de carré en deux panneaux forme un plateau de 144 cm par 88. On mange à six en se serrant un peu. Mexico est un quatre cabines (et autant de cabinets de toilette). C’est la version la plus diffusée, mais vous pourrez découvrir une déclinaison propriétaire – à vous la coque tribord – et une autre, six cabines, bien sûr dédiée au charter. Les cabines sont de bonne taille, avec des couchettes twin à l’arrière, c’est-à-dire modulables en deux simples ou une grande double. Plus que l’accès pas évident aux couchages, ce qui pêche à bord de Mexico, c’est l’état des boiseries : plan de travail de la cuisine, placage de soutien des banquettes de carré, pied du congélateur, douche de la cabine avant bâbord, le bois est souvent bien attaqué. Le chantier ne le cache pas ; il a lancé un vrai programme de refit – moteur, groupe, dessal’, sellerie, boiseries, etc. – qui s’est révêlé payant : Mexico vient d’être vendu pour vivre de nouvelles aventures… Mais ne vous désespérez surtout pas : un autre 471 quatre cabines vient de rentrer chez Catana !
Les + :
+ Unité rapide, capable de tenir des journées de mer de plus de 200 milles
+ Structure robuste capable d’encaisser les mers difficiles
+ Les dérives profondes autorisent un excellent cap au près
Les - :
- Boiseries sensibles à l’humidité
- Les hublots du rouf doivent être protégés du soleil
- Carré un peu juste
Les points à vérifier
Structure béton – le chantier étrenne ses renforts et autres crash boxes en Twaron – validée par des longs voyages : ce Catana est assurément à classer dans les catamarans costauds. Les premiers gréements en carbone (fin des années 1990) ont moins convaincu : à surveiller de près si l’unité que vous convoitez en est équipée. Notre unité test, après six ans sous les tropiques, accuse le coup à l’intérieur : de nombreuses parties des meubles en bois – douche, cuisine – sont déjà bien abîmées. Sur le pont, le bateau porte toujours beau si on ne se focalise pas sur la peinture blanche des bossoirs, écaillée.
FICHE TECHNIQUE
Chantier : Catana
Architecte : Christophe Barreau
Longueur hors tout : 15,70 m
Longueur de coque : 14,30 m
Longueur à la flottaison : 13,80 m
Largeur : 7,70 m
Tirant d’eau : 1,20/2,50 m
Poids lège : 12 t
Surface de grand-voile : 78 à 91 m2
Surface de génois : 28 à 52 m2
Gennaker : 82 m2
Moteur : 2 x 50 ou 55 ch
Production : 86 exemplaires de 1997 à 2006
Prix occasion : 300 000 à 400 00 euros