Découvert au salon nautique de Gênes, le dernier né de la gamme Catana nous a tapé dans l'œil… A peine le salon terminé, nous embarquions à bord pour un essai.
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Le 52 pieds de Catana n'est pas un inconnu : nous avions eu la chance de l'essayer en 2003 dans sa version 522. Mais c'est bel est bien une nouvelle version de ce splendide catamaran de grande croisière qu'il nous est aujourd'hui proposé d'essayer. La météo n'est pas exceptionnelle, en ce samedi matin. Le port de Gênes se vide peu à peu des bateaux présentés à l'occasion du salon nautique. Sur le ponton, nous devinons de loin la silhouette reconnaissable entre mille du Catana. Une ligne harmonieuse, fluide, élégante… A peine le pied mis à bord, nous sommes frappés par les différences entre les anciennes version, et celle-ci, baptisée Ocean Class.
Une ligne reconnaissable entre mille : voici le dernier né du chantier Catana…
De nouveaux aménagements
Dans le 52 OC, les nouveaux aménagements sont beaucoup plus chaleureux, avec l'utilisation notamment de l'alcantara au plafond et du merisier pour les boiseries, qui dégage à la fois une sensation d'élégance et de modernité. Cette essence ayant l'avantage, d'après le chantier, de se patiner en teinte chaude avec le temps… En attendant, le résultat est bluffant est le sentiment de bien-être immédiat. En pénétrant dans le carré de cette unité de grand voyage, on découvre donc devant soi, la véritable pièce à vivre, et d'abord la table où il fera bon recevoir ses amis. A bâbord, le long de la cloison du roof, la cuisine est particulièrement bien conçue : larges plan de travail en résine granité, à la fois esthétique et pratique à l'entretien, nombre de rangements et tous ce qui vous permettra de cuisinier, au moins aussi bien qu'à la maison (table de cuisson et four - sublime - Force 10, réfrigérateur 200 l - conservateur 100 l, etc…). En face de la cuisine, la nouvelle table à carte, avec un meuble qui rappelle plus un bureau de direction qu'un "vulgaire" espace où lire ses cartes. Grand, pratique, esthétique, cet espace bureau est particulièrement réussi. Enfin, à tribord en entrant, on trouve le tableau électrique, et le groupe froid. La version essayé est la version "family" qui propose quatre cabines doubles, chacune équipé d'une vraie salle de bain. Là encore, espace et de nombreux rangements montrent que nous sommes bien à bord d'une unité prévue et organisée pour la vie à bord… Les menuiseries et la finition en général, sont d'excellente facture. A noter les hublots dans les cabines, dont la taille importante permet non seulement une excellente ventilation dans les mers chaudes, mais aussi une vue sur mer imprenable… Sous les planchers, les réseaux sont installés avec soins et repérés : on a pensé à l’entretien de ces grands bateaux "technologiques". Avec cette unité Ocean Class, le chantier a vraiment réussi a présenter une unité au design et à la décoration intérieure remarquable, avec des volumes intelligemment distribués et très agréables à vivre.
Un grand bravo aux voiles et surtout au génois léger sur bout-dehors très efficace.
Toujours plus…
Si les nouveaux aménagements sont réussis, les changements sont aussi importants à l'extérieur : en standard, le 52 OC est équipé d'un mât carbone de 21,50 m laqué d'un blanc immaculé du meilleur effet, réalisé par Alu Carbon. Une jolie perche, qui permet de gagner de nombreux kilos, là où ils font le plus de mal : dans les hauts ! On retrouve par ailleurs, ce qui a fait le succès des Catana, à savoir un accastillage aux meilleurs standards (dont six winches - trois électriques Lewmar - rail de génois et de GV Harken, etc…), un bout dehors qui accueille le génois léger (très efficace - voire plus loin) et des voiles qui vont se révéler parfaites… Bref, un bateau de voyage qui ne sera vraiment pas ridicule entre trois bouées… La preuve ? Le vent en ce jour d'essai s'obstine à ne pas vouloir dépasser les 5 ou 6 nœuds, ce qui pour faire naviguer un bateau de près de vingt tonnes, est un tout petit peu léger !
Vous voici à la barre du Catana 52 OC, un vrai plaisir…
Essai en mer
Nous sommes donc prêt à prendre la mer : la météo est capricieuse, est malgré ce qui avait été annoncé, nous n'avons ni soleil, ni vent… Mais il en faut plus pour nous gâcher ce bon moment qui s'annonce. Avec sa grande largeur, et sa taille importante, le 52 OC s'extirpe de sa place de port avec une facilité déconcertante. Les barres à roue gainés de cuir sont très agréables, et seule la sensibilité des commandes moteurs peut légèrement perturber au début. Dès la sortie du port, nous profitons des quelques rayons de soleil, pour mettre à l'eau l'annexe, afin de faire quelques photos avant la pluie qui ne saurait tarder à venir… Cette mise à l'eau n'est vraiment qu'une formalité, grâce aux différents winches parfaitement bien positionnés : il y a en neuf en tout, et les manœuvres en sont grandement facilité. C'est vraiment ce qui fait l'un des plus de ce bateau : on peut vraiment le manœuvrer en équipage réduit, voire en solo, sans aucune difficulté, grâce à l'accastillage bien dimensionné et parfaitement adapté. Toutes les manœuvres reviennent au cockpit, et le gros winch central en position verticale sur la poutre arrière est toujours aussi agréable à utiliser. D'autant plus que les grandes longueurs de bouts prennent naturellement place dans les coffres du bras, laissant ainsi une place nette dans le cockpit. C'est donc grâce à ce winch électrique que nous hissons la grand-voile en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire. Simple et efficace, même si la puissance du winch (taille 53) doit vous faire redoubler de prudence : il faut bien surveiller que tout monte tranquillement sans blocage, au risque de tout arracher… Le vent tournoyant gentiment autour de nous, nous décidons ensuite de dérouler le génois léger afin d'essayer de déhaler le 52. Avec ce vent instable en force comme en direction (pas plus de 7 nœuds…), le Catana 52 OC nous a pourtant montré un potentiel tout à fait insoupçonné. Il faut dire que lors de l'essai du 522, nous avions eu des conditions beaucoup plus agréables : 25 à 27 nœuds de vent pour des bords entre 13 et 20 nœuds selon les variations d’une brise marine assez lourde qui levait un sérieux clapot. L’aptitude à surfer était rapidement mise en évidence, même si l’impression de vitesse était atténuée par la taille et le franc-bord du bateau. Aujourd'hui, rien de tout cela… Dans le souffle d'air au large de Gênes, le Catana se déhale tranquillement pour atteindre une vitesse de 4,5 nœuds… Pour garder cette vitesse, il faut sans arrêt jouer de la barre et des réglages, mais le cata montre une bonne volonté évidente dans des conditions qui ne sont vraiment pas faîtes pour le mettre en avant. A noter que le bimini rigide reste d'une surface modérée, offrant un abris suffisant, sans pour autant oblitérer la vision la grand-voile. Mais les meilleures choses ont une fin, et le vent finit par tomber complètement. Nous en profitons alors pour faire les essais et relevés au moteur, sur une mer d'huile. Là encore, le Catana montre une très bonne volonté : A fond, à 3000 tours/minutes sur les deux moteurs, nous avons atteint la vitesse de 10,3 nœuds, alors qu'en vitesse de croisière, à 2600 tours minutes, le 52 OC évolue à 9,4 nœuds. Plus que confortable…
Le fameux winch central qui équipe les Catana. Pratique et surtout très sécurisant. Sur les prochains OC, les winches seront des Lewmar.
Une construction haut de gamme
On ne change pas une équipe qui gagne… On retrouve donc la méthode de construction qui a fait la réputation des Catana : les coques et le fond de nacelle proviennent d’un premier moule. De l’extérieur vers l’intérieur, on trouve : le gel-coat, des tissus tri-axiaux haute résistance et l’âme en mousse PVC 75Kg/m3 de 20 mm. La peau intérieure, dernier rempart en cas d’impact majeur, est constituée de tissus tri-axiaux aramide (Kevlar). Le pont est également en sandwich, d’épaisseurs variables (20 à 40 mm !). Les deux pièces maîtresses sont mises en œuvre sous vide avec de la résine vinylester. Le chantier stratifie aux coques et au fond de nacelle une vingtaine de cloisons faisant office de raidisseurs. Ces éléments structurels sont en nid d’abeille, renforcés d’unidirectionnels Carbone, leurs liaisons avec le pont et le roof seront collées après assemblage. Cet ensemble homogène permet d'offrir une plate-forme particulièrement rigide, permettant même de lever le bateau par ses cadènes !
La cuisine est particulièrement bien conçue, fonctionnelle et en plus très esthétique…
Conclusion
Avec les nouvelles versions Ocean Class, le chantier démontre encore une fois tout son savoir-faire. Le 52 OC est un catamaran indéniablement marin, rapide et sécurisant. Avec ses dérives sabres, son mât carbone et son jeu de voile en Dacron solide et performant, il permet d'envisager des croisières rapides, dans un aménagement à la fois confortable, luxueux tout en étant parfaitement adapté à la vie en mer. Une unité de prestige capable de transformer une circum-navigation en famille ou entre amis en un grand moment de plaisir.
ON APPRÉCIE :
- Les qualités marines - Le sérieux général - La lutte contre les poids mal placés - Qualité d’accastillage - La qualité de vie à bord
ON APPRÉCIE MODÉRÉMENT
- Budget global (achat + dépenses et compétences d’entretien)
Vitesses moteurs
T/mn vitesse en nœuds 800 3,8 1000 4,5 1200 5,3 1400 6 1600 6,8 1800 7,2 2000 7,8 2200 8,5 2400 9 2600 9,4 2800 9,9 3000 10,3
FICHE TECHNIQUE
Longueur hors tout : 17.30 m Longueur coque : 15.80 m Flottaison : 15.30 m Largeur : 8.60 m Poids lège : 20 T Tirant d’eau : 1,35 m/2.60 m Tirant d’air : 24 m Mât : 21.50m Grand voile Elvström Dacron : 76 m2 Solent autovireur Dacron sur enrouleur Elvström : 36 m2 Génois léger Dacron Elvström sur enrouleur et bout dehors : 92 m2 Moteurs : 2 X 75 CV Eau : 800 l Gas-oil : 1380 l Jauge : 56 Tx Constructeur : Catana Architecte : Christophe Barreau Prix : 1 101 396 Euros HT