Grand frère du très populaire Iroquois, le Comanche 32 est tout aussi robuste, mais bien plus moderne. Il propose plus de confort, et une capacité de charge bien supérieure à celle de son petit frère.
Infos pratiques
- Le chantier : Comanche 32
- La fiche technique
- Découvrez notre vidéo exclusive
- Financez votre Comanche 32
- Assuez votre Comanche 32
- Articles autour du Comanche 32
Son rouf à facettes et ses étraves (très) inclinées confèrent évidemment au Comanche 32 une silhouette datée, mais ce modèle mérite l’attention, ne serait-ce qu’en raison de son tarif plutôt accessible. Malgré sa longueur réduite, le Comanche 32 se prête bien à la grande croisière : il est plutôt marin pour sa taille, et sûr grâce à ses quatre caissons étanches. En 1978, ce modèle s’intercale entre l’Iroquois 30 et le Cherokee 35, et propose une importante capacité de charge – toujours pour ses 32 pieds. Evidemment, pour un séjour de longue durée, on vivra à bord seul ou en couple de préférence. En standard, le Comanche était livré avec des quillons fixes afin de gagner du volume habitable dans les coques. On pouvait néanmoins commander des dérives en option (1,82 m de tirant d’eau en position basse). Les safrans sont protégés par des robustes skegs, autorisant un échouage sans stress. Ce modèle a également été décliné en version motor sailer avec deux moteurs diesel de 15 CV, un poste de pilotage intérieur et un plan de pont rehaussé.

Cette image met en évidence le gréement encore typé monocoque du Comanche 32 – mis à part le volume anti-chavirage en tête de mât !
Rouf large et mât reculé
Afin d’optimiser le volume habitable de cette unité relativement courte, l’architecte a opté pour un rouf très large – les passavants sont quasi inexistants. Les déplacements vers l’avant contraignent donc à escalader les superstructures. Un rail de fargue en aluminium ceinture les coques, des mains courantes sont à poste sur chaque bord, et tout l’ensemble de l’étrave est protégé par un puissant bastingage en inox. Un vaste trampoline agrandit le plan de pont. Quatre coffres sont découpés dans le pont. La configuration du gréement paraît aujourd’hui très moderne, puisque le mât, très reculé, prend appui sur le sommet du rouf. En revanche, point de génois à faible recouvrement et encore moins de foc autovireur : l’ancrage de la voile d’avant est reculé sur la poutre avant, elle-même en retrait des étraves. Dès lors, on a opté ici pour un génois très recouvrant et un gréement plutôt conforme à celui d’un monocoque des années 1970 – faible pied en latéral pour bien border le génois, bas-étai, double étage de barres de flèches dans l’axe, et même guignol pour raidir l’espar. De nombreux exemplaires ont été équipés de profils plus modernes. Le cockpit, quant à lui, adopte une architecture très simple, avec des assises sur tout le périmètre, des hiloires épaisses et surélevées – elles permettent d’accéder facilement au rouf – et un poste de barre légèrement décalé sur bâbord. Le siège est amovible. De nombreux Comanche 32 ont adopté un bimini en toile. A l’arrière, pas de jupes, mais des poupes pleines… on se contentera de l’échelle de bain.

Le franc-bord important des coques est encore augmenté au centre grâce à la tonture de pont inversée.
Carré XXL
L’accès à la nacelle, avec ses deux portes et son capot relevable, rappelle la descente d’un ancien monocoque… nous voilà très loin de l’ergonomie des multicoques contemporains. En revanche, mis à part un discret seuil, cockpit et plancher sont bien à niveau. Une capote protégera efficacement l’entrée de la pluie. Les ouvertures de la nacelle sont généreuses, y compris vers les étraves : la vue panoramique est assurée. Si la hauteur sous barrot se limite à 1,65 m, elle excède 1,80 m à bord de la version avec rouf rehaussé. Les boiseries ont été réalisées en teck – certainement l’essence qui vieillit le mieux. Le carré est assez grand pour accueillir 8 à 10 personnes. La table peut s’abaisser pour offrir un grand lit carré de veille – ou d’appoint – de 1,82 m de côté. Aucun espace n’est perdu à bord : les rangements sont aussi astucieux que nombreux. Une table à cartes est aménagée à bâbord, contre le cockpit. La cuisine s’approprie le centre de la coque bâbord. En face, à tribord, place à une grande salle de bains. Les deux pointes avant sont parfois aménagées en cabines simples – version Deluxe. A l’arrière, on découvre deux cabines doubles. A la fin des années 1970, elles étaient considérées comme spacieuses... aujourd’hui, une largeur de 1,20 m est bien sûr qualifiée d’insuffisante. Un bon point : grâce à la largeur du rouf, la hauteur sous barrot dans les cabines atteint 2,10 m.

Le rouf particulièrement large réduit à presque rien la largeur des passavant
Mini cata hauturier
Bien toilé et pas trop lourd, le Comanche 32 se déhale plutôt bien, même par petit temps. Son plan de voilure bien équilibré offre à ce catamaran une excellente évolutivité. En revanche, le bas-étai et le grand génois ne favorisent pas la fluidité des virements de bord – une autre époque. Le cap au près est très correct, de l’ordre de 50°. On peut espérer des vitesses moyennes de l’ordre de 7 à 8 nœuds. La hauteur du fond de nacelle et son rainurage marqué limitent les chocs dans la mer, même quand les vagues sont courtes. Autant de qualités qui ont logiquement incité les propriétaires à s’engager dans des projets de navigation hauturiers. Ne tenez donc pas compte de la réserve de flottabilité que certains Comanche 32 ont arborée jusqu’au début des années 1980 : vous ne chavirerez pas à la première rafale ! Les motorisations observées sont très diverses : moteur hors-bord en puits relevable, deux hors-bords sur chaise sur les poupes, un diesel central avec double transmission, ou encore deux diesels. Les données du constructeur annonçaient une vitesse moyenne de 7 nœuds avec un hors-bord de 25 CV et 8 nœuds avec les deux diesels de 15 CV.
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
La documentation du Comanche 32 à la fin des années 1970.
Conclusion
Un catamaran âgé de 40 ans est bien sûr loin, très loin d’être neuf… Pour autant, de nombreux Comanche ont eu droit à un refit – lequel sera plus ou moins convaincant. Dans tous les cas, et pourvu que le prix demandé soit raisonnable, ce modèle est un support intéressant pour un projet « grande croisière minimum ». A noter également : sa largeur cantonnée à 4,20 m autorise le Comanche 32 à emprunter tous les canaux, ou presque.
LES POINTS À VÉRIFIER
La construction certifiée par le Lyod’s est évidemment un gage de sérieux et de robustesse ; de fait, la structure des Comanche 32 s’avère indestructible. Les coques en polyester sont chapeautées par un pont en sandwich balsa/polyester sur des cloisons en bois. Une reprise des efforts du gréement est assurée par un châssis métallique. Gréement, accastillage, système de barre, électricité, plomberie, moteur(s) et voiles méritent en revanche une soigneuse inspection. L’état des unités sur le marché est très variable suivant la qualité du ou des refits dont a pu profiter le catamaran. L’embase du mât, aménagée dans une réserve assez profonde, favorise l’humidité : le sabot de pied mât en bois a pu en souffrir.
Les +
Catamaran marin et sain par gros temps (pour sa taille)
Volume habitable intéressant
Prix attractif
Les -
- Pas de jupes arrière
- Ergonomie du plan de pont datée
- Grand génois à recouvrement
FICHE TECHNIQUE
Constructeur : Sail Craft LTD.
Architecte : J. R. Macalpine-Downie
Longueur de coque : 9,78 m
Longueur à la flottaison : 8,76 m
Largeur : 4,21 m
Tirant d’eau : 1,00 m
Déplacement : 3 820 kg
Tirant d’air : 13,66 m
Surface de voile au près : 52,2 m2
Grand-voile : 17,37 m2
Génois : 34,83 m2
Moteur : 1 ou 2 x HB 15 à 25 CV en puits ; 1 ou 2 x IB 15 CV
Production : environ 80 exemplaires de 1978 à 1982
Prix : 20 000 à 35 000 €




